07/21/2009

Wafa Sultan : « J’ai décidé de combattre l’islam »

Exclusif Bivouac-ID : vidéo sous-titrée en français

« J’ai décidé de combattre l’islam. Attention, je dis bien : combattre l’islam. Pas l’islam politique, pas l’islam militant, pas l’islam radical, pas le wahhabisme, mais l’islam tout court. Je crois vraiment que l’Occident a inventé ces termes pour satisfaire au politiquement correct. En Syrie où j’ai grandi, on dit juste islam. L’islam n’a jamais été mal compris, l’islam est le problème. »

Transcription de la vidéo :

Présentatrice : Wafa est une psychiatre syro-américaine née de parents musulmans très pratiquants. Un évènement a changé sa vie alors qu’elle était étudiante en médecine à Alep en Syrie. Son professeur a été assassiné dans la classe en plein cours par des membres des Frères musulmans aux cris d’Allahu Akbar. On imagine le traumatisme que cela représente. Ce meurtre a conduit Wafa a rejeter sa foi. En 1989, Wafa a immigré aux Etats-Unis avec son mari et ses enfants. Quelques années plus tard, elle a écrit un essai sur les carences du monde musulman et de l’islam.

Cela attira l’attention d’Al Jazeera qui l’invita à débattre avec un imam. Ce débat fut diffusé sur Al Jazeera, Memri le remarqua et le traduisit. Depuis, il a été vu par des millions d’internautes, il est sur YouTube. Wafa continue à dénoncer les menaces de l’islam à Washington, au département de la Sécurité intérieure des États-Unis, sur Fox news, CNN, Voice of America, partout dans le monde sur d’innombrables médias. En 2006, Time magazine l’a classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde, et elle écrit actuellement un nouveau livre « Prisonnière échappée, pourquoi Dieu est un monstre ». Le Dr !

: Mesdames et Messieurs, je ressens toujours le besoin de rire de moi-même pour masquer cette tristesse profondément ancrée dans mon coeur, surtout lorsque je parle des femmes dans l’islam. A présent je suis libre, mais je ne peux oublier ma nièce, mariée de force à son cousin à l’âge de 10 ans. Lui en avait plus de 40. Son mariage était valide et légal en accord avec la charia parce que Mahomet, prophète de l’islam, épousa sa deuxième femme alors qu’elle avait 6 ans, lui en avait plus de 50. Je me souviens toujours de ma nièce revenant chez son père le suppliant de ne pas la renvoyer chez son mari. Il lui répondait que pour l’islam il était honteux qu’une femme quitte la maison de son mari, et que Dieu la récompenserait de lui obéir. A l’âge de 25 ans, ma nièce s’est suicidée en s’immolant par le feu. Elle est morte brûlée vive, laissant 4 enfants.

En 2002, la police religieuse saoudienne empêcha des écolières de sortir d’un bâtiment en flammes, car elles n’étaient pas habillées selon les règles de l’islam. Il y avait environ 800 jeunes filles dans cette école, quand la tragédie a eu lieu. Selon la presse saoudienne, que je ne crois pas, au moins 15 filles sont mortes. Je crois le bilan bien plus lourd.

A cause de cela, et de tant d’autres tragédies humaines dont j’ai été le témoin durant les 30 premières années de ma vie, j’ai décidé de combattre l’islam. Attention, je dis bien : combattre l’islam. Pas l’islam politique, pas l’islam militant, pas l’islam radical, pas le wahhabisme, mais l’islam tout court. Je crois vraiment que l’Occident a inventé ces termes pour satisfaire au politiquement correct. En Syrie où j’ai grandi, on dit juste islam. L’islam n’a jamais été mal compris, l’islam est le problème.

Mais personne ne dit la vérité, personne ne regarde en face la cause du terrorisme qui est cette machine à laver le cerveau appelée islam. L’islam ne dépend pas de moi, ni d’aucun musulman, l’islam, c’est précisément ce que le prophète Mahomet a dit et fait. Pour comprendre l’islam, il faut lire la biographie de Mahomet. C’est très traumatisant, très choquant. Il a épousé sa seconde femme quand elle avait 6 ans, il en avait plus de 50.

Je reviens de France, où j’ai débattu avec une musulmane pakistanaise, ministre de la femme au Pakistan. Lorsque j’ai énoncé ces faits à l’assistance, elle a dit : « Mensonge ! Elle avait neuf ans, pas six ! » C’est comme si un policier vous arrêtait parce que vous roulez à 160 km/h, et que vous lui répondiez : « Mensonge ! Je roulais à 150, pas à 160 ! » « Elle avait neuf ans, pas six…»

Il a épousé sa seconde femme, c’était sa belle-fille. Il avait adopté ce fils, et à l’époque, [ce mariage] n’était pas accepté par la culture arabe pré-islamique, alors il a déclaré à ses fidèles : « Dieu m’a dit que l’adoption est interdite. » Et croyez-le ou non, l’adoption a alors été interdite par l’islam, rien que pour justifier son mariage avec sa belle-fille. Sa troisième femme, Sofia, était juive. Il est clairement écrit et documenté dans nos livres scolaires qu’il a attaqué sa tribu, il a tué son père, son frère, et son mari, et le jour même, il a couché avec elle.

Voila ce qu’est l’islam, il faut le savoir, il faut comprendre que l’islam est le problème. J’en ai assez de ces occidentaux qui me demandent d’adoucir mon message. J’en ai assez de ces gens qui me demandent : « Essayez-vous de changer 1,3 milliard de personnes ? » Oui, c’est ce que j’essaye de faire ! Oui ! Non seulement j’essaye, mais je les changerai !

Je veux que vous sachiez que la première des valeurs que j’ai apprises dans ce grand pays, c’est qu’on peut réaliser l’impossible si on croit en soi-même. Je ne crois pas qu’en moi-même. Je crois en des millions de femmes musulmanes comme Nonie Darwish et Ayaan Ali, et nous travaillons ensemble pour changer 1,3 milliard de musulmans. Ils doivent comprendre qu’ils ont le choix entre changer ou être écrasés.

Je vous en prie, ne laissez pas votre pensée civilisée vous empêcher de défendre votre merveilleux pays. S’il vous plait, défendez vos valeurs. S’il vous plait, défendez votre liberté. Défendez le paradis où vous vivez. Ne tenez rien pour acquis. J’ai savouré chaque instant de ma vie en Amérique. Se promener seule dans la rue, sans se faire traiter de putain est un don du ciel pour moi. Rien que pouvoir discuter avec un voisin, sans se voir accusée d’adultère, c’est un don du ciel pour moi Pouvoir boire un café toute seule au Starbucks, c’est un don du ciel. Je vous en prie, ne tenez rien pour acquis. S’il vous plaît, défendez ce beau pays.

Mon rêve est de voir mon pays, la Syrie, aussi libre que l’Amérique, et non le contraire. Quand j’étais en Syrie, je pleurais beaucoup. Maintenant que je suis libre, je pleure encore plus, pour toutes ces femmes restées là-bas. Mon rêve est de les libérer un jour. Puisse-t-il être le rêve de toute l’humanité. Merci beaucoup. Dieu vous bénisse, Dieu bénisse l’Amerique.

05/28/2009

Anders Fogh Rasmussen: Western values above all

Politiken May 2009

There is one thing, which stands above everything else, when Anders Fogh Rasmussen looks back upon his time as Prime Minister: Western values.

There is almost something symbolic about Anders Fogh Rasmussen's (V: Classical Liberal) temporary office in the Foreign Ministry.

From the corner office in the State Ministry he is now back at the groundfloor again - At eyelevel with the Danes. Exactly there, at the very place where one way or the other the whole thing started.

Because when Anders Fogh Rasmussen today summarizes the project, with which he got the voters total support to bring into life in November 2001, it dealt with regaining the voters confidence to the politicians, whom for years had ignored the Danes worries over the increasing immigration, the sloppy justice policy og the elite's domination and know-all attitude.

Proud of the results
Fogh declares, that he is proud of the factual results, he has entrusted to Lars Løkke Rasmussen (The new Prime Minister replacing Fogh). A historical low unemployment rate, a considerable decrease in immigrant family reunions, and a solid ceiling for taxation. Nevertheless it isn't the "factual account" in Fogh's reign, which occupies him the most, but the bottom line in the battle of values, he had put on the political agenda.

A battle, which sent Danish soldiers in war in Iraq, divided the parliament and settled up against the cultural radical influx, that Western values of freedom are better than any other forms of governing.

"First and foremost I want to say, that it was and is a value based - and firm attitude project. One could summarize it in one word and say, what I would like to leave my mark on, is 'Cultural [Classical] Liberalisme' - And with that you are welcome to perceive as the contrary to Cultural radicalism" says Anders Fogh Rasmussen.

Free spirited and a firmness on [Western] values
The coming Secretary General of NATO is busy putting the words on the project, which a majority of the Danes has preferred 3 times in a row instead of a new Social Democratic led government, which has with but a few exceptions been the tradition throughout the 20th century.

"To be a Cultural [classical] Liberal is a combination of free spririt and a firm attitude towards values. I feel a strong connection with the European tradition of enlightenment. The believe in the individual as a being of reason. The believe based on enlightenment and education. It concludes with the bottom line attitude, that one has to be critical towards autorities - That I am in the settlement with the know-all expert might. We deserves a society with the freedom to be different, a society with pluralism, where we do not interfere with, what people believe, what they eat, how they are dressed - Yes, there have to be space for both the funny and far out people"

Speaking about Denmark as just being a country without multiplicity Fogh often had to listen to, but he rejects it.
Under his leadership the government on the contrary has shown openness in face of international currents. Openness for active participation in international co-orporations plus an engagement to undertake a responsibility in the world,he thinks.

"The extrovert free spirited attitude - And that being combined with a firmness on values, wherein the first element is demand and consequence".

Demanding is to show respect
"You can't just pay-out money to young people - You have to say, that if you don't want to work, if you don't want to educate yourself, then you close the wallet. You can't just say, that it doesn't matter, if you contribute or do not contribute - If you have got that attitude, that it doesn't matter, then it is the same as saying, that nobody and nothing matters, and from you we can't expect anything"

Because demanding is to show respect, he affirms.

"That to make demands and show consequence - Is in reality to respect other people: It is, whether we talk about the social system or opholding justice" Says Fogh and turns the conversations towards his battle of values.

"The other part is the firmness of values. That is to say, that there exist as a fact some absolute values in our society. That is why I strongly reject the cultural relativism - According to which, that you can not say, if something is better than something else.
Of course you can, freedom of speech is better than censorship and dictatotship. Equality between women and men is better than oppression of women. The seperation between politics and religion is better than a so called theocracy - That is, a society ruled by priests.

Cultural radicals are deeply pessimistic
According to Fogh cultural [classical] liberalism is in sharp contrast to cultural radicalism, the [classical] liberalism is founded on the believe in progress, believing in the future, whereas you often experience cultural radicals as "deeply pessimistic". It is therefore the cultural [classical] liberals have taken over the national political agenda, and that is something, Fogh isn't ashamed off at all.

The Danish identity has played a central role in connection with the shift of power, and that it should always be, he thinks.

"I don't believe in the abstract human being - The abstract cosmopolitan, there doesn't belong anywhere at all. we are all born into a certain community, an identity, from where our world begins. So it belongs to be a cultural [classical] liberal, that at the same time we are open towards the rest of the world, we have got a clear foundation in our national identity, and is conscience about, what it means to be Danish."

"As a cultural liberal you have got the believe, that there have to be a strong national community, and a strong national identity. You have to take as a starting point, that we are all born into a community. We Danes are born into a national Danish community - That is our identity. And it is my clear understanding, that the stronger the identity, the more you are ready to fight for those values, our Democracy is founded on"

Danish special forces in Afghanistan
As a newly appointed Prime Minister back in January 2002 Fogh decided to send Danish special forces into Afghanistan. A difficult decision, but in spite of that he was never in any doubt that it was the right thing. The same goes for the decision to send Danish soldiers into Iraq on a tight political mandate - a historical decision. But Fogh rejects the very notion, that it divided the Danish population.

"The very fact, that I was elected to be the Prime Minister and re-elected twice since, disprove, that I shopuld have divided the population. So we have to be careful to distinguish - What is parliament and what is the people, and what is the medias? All the polls are showing a broad majority in support of for exampel the policy based on [Western] values.

But the war in Iraq and Afghanistan stands for Fogh as natural offshots from the battle of [Western] values, he had made his project since 2001.

"It is about values and principles. When the Danes wishes for freedom and peace, then we also have to contribute with efforts. We can't just let it be something others have to fight for"

And principles, values and attitudes will always stand as the final difference on Fogh and his opponents, he thinks. Because since 2001 there have not been any tampering with the project's foundation.

"Fact is, the case that we won the election in 2001, is exactly the same, as we won in 2005 and 2007. Because, when it comes to the economy, then we have got the tax ceiling, and when it comes to the opinion making, then we have the immigration policies. Both elements were decisive in 01, 05 and 07.

"Was I any surprised it would would be decisive - No, in 2001 we knew, that we had two positions of strength. To which point it would be upheld into the taking of office, we couldn't know in advance. So in that regard I am positively surprised it has shown such a strength" Says the former Prime Minister.

03/03/2009

Radu Stoenescu interview Geert Wilders

par  Annie Lessard, Marc Lebuis

« Le 19 février dernier, Geert Wilders a fait une conférence à Rome, au Grand Hotel Palatino. Il était invité par des militants anti-fondamentalistes italiens. Fitna, a été projeté, et un débat a eu lieu avec l’auditoire. A l’issue de ce débat, Radu Stoenescu a pu s’entretenir avec Geert Wilders, et obtenir cette interview exclusive pour Riposte Laïque ».

Nous vous rappelons que l’équipe de Riposte Laïque vient de publier un livre, « Les dessous du voile ». Voir (ici) pour la présentation du livre, et lire sur Riposte Laïque :  Comment commander notre livre, que vous viviez en France ou à l’étranger ?

Cette semaine, les médias rapportaient que la formation de Geert Wilders est en tête des sondages. C’est une excellente nouvelle, qui démontre que les citoyens soutiennent ceux qui ont le courage de défendre la démocratie et la liberté contre l’offensive de l’islamofascisme et ses collaborateurs dhimmis dans la classe politique, les médias, la police de la pensée politiquement correcte et ailleurs.

***

Geert Wilders : Je n’ai rien à voir avec Le Pen, je suis ami avec Ayaan Hirsi Ali, et je ne veux pas que l’islam impose sa loi, propos recueillis par Radu Stoenescu, Riposte Laïque, Numéro 78, lundi 2 mars 2009

Riposte Laïque : Dans votre film, Fitna, vous avez comparé le Coran à Mein Kampf, pourquoi ?

Geert Wilders : Je pense que l’islam ne devrait pas être considéré une religion comme une autre. Bien sûr, c’est une religion dans le sens où il y a un Dieu, des symboles religieux, des lieux de culte, mais c’est avant tout une idéologie totalitaire. Nous pensons que l’islam est incapable de s’adapter ou de s’intégrer dans une société non islamique. C’est une idéologie suprématiste, qui veut régir non seulement la vie de ses fidèles, mais aussi la société même. On devrait la comparer au stalinisme ou au fascisme, non au christianisme ou au bouddhisme. C’est pourquoi je compare le Coran à Mein Kampf, et je n’ai pas été le seul. Winston Churchill l’a fait dans un livre pour lequel il a reçu le prix Nobel en 1953.

L’islam est une menace pour toutes nos valeurs. Croyez-moi, si l’islam réussit à s’imposer, il n’y aura plus de place pour rien d’autre que lui. Il n’y aura pas de place pour les athées, pour les apostats, pour les chrétiens, car c’est une idéologie totalitaire. Cependant, je fais une distinction entre l’idéologie et les personnes : je vois l’islam comme une menace barbare, mais je n’ai rien contre les musulmans. Je ne hais personne. En effet, la majorité des musulmans de mon pays respectent la loi, et s’occupent de leurs vies, mais si l’importance de l’islam croît, notre société changera. Selon la conception musulmane de la « takkya », les musulmans peuvent mentir sur la nature de leurs idées quand ils vivent dans un pays non musulman.

C’est pourquoi mon parti propose de stopper l’immigration venant des pays musulmans. Les Pays-Bas ne sont pas un pays musulman. La plus grande maladie actuelle de l’Europe, c’est le relativisme culturel. Non pas le multiculturalisme, mais cette fausse idée politiquement correcte et gauchiste, qui prétend que toutes les cultures sont égales, ce qui est absurde. Quand on compare la culture chrétienne avec la culture musulmane, on peut constater énormément de différences. Comme Wafa Sultan l’a dit : comparer le christianisme à l’islam, c’est comparer la rationalité à la barbarie.

Riposte Laïque : Que pensez-vous de la nouvelle administration américaine ?

Geert Wilders : C’est un peu tôt pour se prononcer. Je respecte le vote du peuple américain, mais personnellement je n’aurais pas voté pour Obama, même si 90% des Néerlandais auraient voté pour lui. Donnons lui du temps pour voir quelle sera sa politique au Moyen Orient, par rapport à l’Iran, et Israël notamment.

Riposte Laïque : En Europe, nous avons des lois qui interdisent les mouvements politiques totalitaires. Il existe une décision datant de 2001 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, concernant un parti islamiste turc, qui dit explicitement que les associations qui font la promotion de la Charia sortent du cadre démocratique, et sont une menace pour les Etats. Pourquoi ne traduisez-vous pas en justice les groupements musulmans, si vous considérez que l’islam est un mouvement totalitaire ?

Geert Wilders : Tout d’abord parce que les groupes musulmans sont assez malins pour ne pas déclarer ouvertement qu’ils veulent instaurer la Charia. Je suis pour une totale liberté de parole, et je pense que personne ne devrait être inquiété pour ses propos. J’aimerais qu’il y ait une sorte de Premier amendement à l’américaine en Europe. La liberté d’expression devrait être totale, avec ce bémol que l’on n’a pas le droit d’inciter à la violence.

C’est vrai que promouvoir la Charia, c’est inciter à la violence, et il faut trouver les moyens légaux de combattre cela. La plus grande menace en Europe, ce sont ces groupes qui veulent instaurer des lois inspirées de la Charia. Nous avons même vu au Pays-Bas, un ministre de la justice, M. Donner, qui a déclaré au Parlement que si la majorité des Néerlandais était pour la Charia, il l’accepterait. Il n’est même pas musulman, et il a déclaré que si une majorité de Néerlandais décidait démocratiquement d’abandonner la démocratie, il l’accepterait ! C’est ce genre de dhimmi, de couard qui gouvernent nos pays aujourd’hui. Ils céderaient sur tout.

C’est pourquoi il faut certes combattre ces mouvements qui promeuvent la Charia, mais aussi et surtout combattre cette classe politique qui ignore le problème de l’islamisation de notre société, et regarde ailleurs. Il y a quelques années, lors d’un sondage aux Pays-Bas, un tiers des Marocains de moins de 21 ans qui y vivent était pour l’instauration de la Charia au lieu de la démocratie. Cela montre la gravité du problème, car ces jeunes pèseront sur notre avenir. Pour ne pas parler de Gordon Brown et de ce qu’il vient de faire : pour la première fois dans l’histoire de l’Europe, un parlementaire européen est arrêté et détenu alors qu’il est invité par un autre parlementaire. C’est pourquoi la première chose à faire, est de retrouver un sens de la fierté et de l’honneur, et de voter pour les partis qui veulent défendre la liberté.

Riposte Laïque : Est-ce que vous pensez que ces politiciens ne voient pas le problème parce qu’ils sont paresseux ou bien est-ce un aveuglement volontaire ?

Geert Wilders : Ils ignorent le problème pour plusieurs raisons : la première, c’est qu’ils ont peur. Ils ont peur d’être considérés comme politiquement incorrects, d’être qualifiés d’extrémistes, de xénophobes ou de racistes. Il y a énormément de personnes qui essaient de nous mettre, mes collègues et moi, dans cette case, et de nous marginaliser. Mais nous ne sommes pas des marginaux : un électeur néerlandais sur six voterait pour mon parti aujourd’hui.

Ensuite, beaucoup de ces politiciens et de ces partis gauchistes dépendent du vote musulman. A Rotterdam par exemple, aux dernières élections, le Parti socialiste n’a gagné que grâce au vote musulman. La troisième raison, c’est qu’on manque de dirigeants politiques véritables en Europe. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a plus de véritable volonté politique, qui, lorsqu’elle identifie un problème, cherche à le résoudre, même si la solution n’est pas agréable ou populaire.

Cependant, le vent est en train de tourner. Pas seulement au Pays-Bas, avec mon parti, mais à travers toute l’Europe, la voix de personnes qui ne sont pas des xénophobes, mais des démocrates qui veulent arrêter l’islamisation et défendre leurs libertés, se fait de plus en plus entendre. Il est minuit moins cinq, mais c’est un signe positif tout de même. Il y a un fossé énorme entre les politiciens et le peuple. Mais la voix du peuple exprime de plus en plus souvent son souci quant à l’islamisation de la société.

Riposte Laïque : Avez-vous des problèmes judiciaires, à cause de votre film et de votre combat anti-islam ?

Geert Wilders : Oui, j’ai beaucoup de soucis, et on peut voir que ce n’est pas très payant de parler contre l’islamisation, car on devient très vite une cible. Tout d’abord, la Jordanie envisage toujours de me traduire devant ses tribunaux. C’est pourquoi à chaque fois que je vais à l’étranger, mon gouvernement demande au gouvernement du pays qui m’accueille une déclaration écrite qu’il ne me remettra pas au gouvernement jordanien, si jamais celui-ci demandait mon extradition. Pourquoi ? Parce que j’ai insulté Allah, ou Mahomet, et cela est puni selon la loi jordanienne.

Deuxièmement, un imam intégriste aux Pays-Bas m’a traduit devant les tribunaux pour avoir utilisé son image dans Fitna, et exige des centaines de milliers d’euros de dédommagement, pour l’avoir soi-disant « diffamé ». Si vous connaissiez le gars, vous verriez que c’est vraiment très difficile. Troisièmement, j’ai ce problème maintenant avec la Grande Bretagne. Je dois faire appel, voir un juge britannique, car le gouvernement néerlandais, dans sa couardise, ne veut pas passer par les instances européennes pour contester mon expulsion de Grande Bretagne. Quatrièmement, la Cour d’Appel d’Amsterdam a trouvé recevable la plainte pour incitation à la haine, que la Cour de justice avait initialement rejetée. Donc, j’ai encore un procès sur le dos. Mais je ne me laisse pas abattre, et mon parti devient plus fort chaque jour.

Riposte Laïque : En France, on vous catalogue comme raciste, comme un émule de Le Pen. Comment vous définiriez-vous ?

Geert Wilders : Je ne suis pas un extrémiste, et je n’ai rien à voir avec Le Pen. Je me bat juste pour la défense de ma culture, pour que les Pays-Bas ne deviennent pas un petit Maroc ou une petite Turquie, pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat, pour que la Charia n’y soit pas introduite, pour l’égalité des hommes et des femmes, des homosexuels et des hétérosexuels. Je ne fais pas de distinctions basées sur la couleur de la peau ou sur le sexe. Je ne veux par exemple avoir aucun contact avec le British National Party, ce sont véritablement des racistes. Cependant, je ne suis pas un relativiste en ce qui concerne la culture. Je pense que notre culture judéo-chrétienne est meilleure que l’islam.

Riposte Laïque : Les musulmans ne sont pas des relativistes culturels non plus, non ?

Geert Wilders : Oui, en cela on devrait prendre exemple sur eux.

Riposte Laïque : Les chantres du relativisme culturel disent aux immigrants d’être fiers de leurs racines. Ne sommes-nous pas, les autochtones, les seuls « immigrants » à ne pas être autorisés à être fiers de leurs racines ?

Geert Wilders : Vous avez totalement raison.

Riposte Laïque : Comment votre vie a-t-elle changé après être devenu la cible des musulmans ?

Geert Wilders : En fait, j’ai totalement perdu ma liberté : j’ai vécu dans des baraques de l’armée pendant six mois, j’ai même dormi en prison. Depuis un an, depuis la sortie de Fitna, c’est encore pire, car j’ai aussi reçu des menaces d’Al Qaïda. Certains musulmans sont fanatiques. Et certains sont vraiment dérangés. Ils ne veulent pas débattre, mais juste vous tuer. Quelques jours avant l’assassinat de Théo van Gogh, j’ai été placé sous protection policière 24 heures sur 24.

Quelques semaines après la sortie de Fitna, j’ai invité six imams à un débat public, trois modérés et trois intégristes, et aucun n’est venu. Un m’a traduit devant les tribunaux, un autre a dit que je devais m’excuser pour mon film, et les autres n’ont donné aucun signe. Malheureusement, ils ne sont pas capables de supporter la critique. Je suis donc toujours entouré par beaucoup de forces de police. Je dois prévenir les forces de sécurité deux jours à l’avance de tous mes déplacements et de mes rendez-vous. On perd toute vie privée.

Riposte Laïque : Vous vivez donc en fait comme dans un régime totalitaire, puisque vous avez perdu toute vie privée ?

Geert Wilders : Oui, j’ai démarré le Parti de la Liberté, mais j’ai perdu la mienne. Je suis content de vivre dans un pays qui assure ma protection.

Riposte Laïque : Quelles sont vos relations avec Ayaan Hirsi Ali ?

Geert Wilders : Nous étions collègues dans le même parti. Nous avons écrit des articles ensemble, organisé des conférences ensemble, nous avons même vécu dans les mêmes baraques de l’armée. Nous sommes de très bons amis. J’ai un peu perdu le contact avec elle depuis qu’elle est partie aux Etats-Unis, mais elle me soutient, je pense qu’elle est d’accord avec 90% de ce que je dis.

Riposte Laïque : A votre avis, quelles sont les raison pour lesquelles la presse française en a fait une icône, tandis qu’elle vous diabolisait ?

Geert Wilders : C’est plus facile de faire une icône d’une immigrée somalienne, qui défend les droits des femmes, ce pourquoi je la soutiens intégralement, que d’un politicien blond, qui parle d’une manière directe et sans fioritures, mais cependant honnête. L’élite politique est effrayée par cela car ils savent que cela peut leur coûter des voix, et qu’il se pourrait aussi que j’aie raison sur nombre de points qu’ils ne veulent pas changer. Donc leur tactique, c’est de dire que vous êtes un xénophobe, et si cela ne marche pas auprès du public, de vous copier. Mais les gens, au moins au Pays-Bas, ne sont pas dupes. En France, on ne me connaît pas.

Riposte Laïque : Est-ce que vous serez candidat aux élections européennes ?

Geert Wilders : Mon parti se présente à ces élections, oui. Mon parti est nouveau, il y a quelques années, nous avons participé pour la première fois aux élections néerlandaises, et nous avons eu 6% des voix, c’est-à-dire neuf sièges sur les cent cinquante de la chambre basse de notre parlement. Aujourd’hui, si on regarde les sondages aux Pays-Bas, on nous crédite de 15% d’intentions de vote, ce qui fait de nous la seconde force politique du pays. Donc oui, nous participerons aux élections européennes, et je pense que nous ferons un très bon résultat.

Riposte Laïque : Quelle sera votre politique au niveau européen ?

Geert Wilders : Notre parti n’est pas très favorable à la manière dont l’UE fonctionne aujourd’hui. D’abord, nous pensons qu’il doit y avoir moins d’Europe, moins de décisions supranationales, et plus de souveraineté nationale. Nous sommes contre le traité de Lisbonne, car il nous ferait perdrait encore plus de souveraineté, par exemple en ce qui concerne les décisions à propos de l’immigration. Nous voulons que ce soit le gouvernement néerlandais qui décide qui peut entrer sur le territoire national, et non Bruxelles. Ensuite, nous voulons une UE plus petite. Nous voulons laisser des pays comme la Roumanie ou la Bulgarie quitter l’UE. Je pense que ce sont des pays corrompus, et qu’ils n’auraient jamais dû entrer dans l’Union. Les Pays-Bas sont un des plus grands contributeurs nets au budget de l’UE : nous y versons environ 4,5 milliards d’euros par an. Et spécialement en ces temps de crise, je pense que cet argent devrait être dépensé dans notre pays. Au niveau européen donc, nous voulons maintenir un coopération économique, mais nous ne voulons pas d’une Europe politique.

Riposte Laïque : Au niveau européen, avec quelles forces politiques travailleriez-vous ?

Geert Wilders : Peut-être que nous serons indépendants. En tout cas, nous ne serons pas dans le groupe de Le Pen, de Mussolini, ou de Vadim Tudor. Il y a des possibilités d’alliance, avec le Parti du peuple danois par exemple, qui nous ressemble. On verra notre force après les élections.

Riposte Laïque : Quelles sont les mesures que vous prendriez pour arrêter l’islamisation de la société ?

Geert Wilders : La première, c’est d’arrêter l’immigration. Il y a déjà eu deux invasions islamiques : la première a été arrêtée à Poitiers, l’autre à Vienne en 1683. Aujourd’hui, on assiste à la troisième invasion, et ce n’est pas par une guerre, mais par l’immigration. Parfois, j’aimerais que ce soit une guerre ouverte, car alors, on verrait l’ennemi en face, alors qu’aujourd’hui l’invasion se fait légalement, par l’immigration et la natalité. Deuxièmement, mettre l’accent sur une politique de retour des immigrés dans leurs pays d’origine. Rendre plus attractive cette option volontaire, car je ne veux mettre personne dehors par la force. Troisièmement, on voit que les personnes de culture musulmane sont surreprésentées dans les statistiques criminelles, et je suis favorable au renvoi dans le pays d’origine des immigrés délinquants. Même si elles ont la double nationalité, on étudiera des moyens de les déchoir de leur nationalité néerlandaise. Bien sûr, pas pour n’importe quel délits, mais pour les crimes. Sarkozy n’aurait pas dû abolir la « double peine ». Quatrièmement, il faut restreindre la présence des symboles musulmans dans la sphère publique.

Riposte Laïque : Etes-vous optimiste pour l’avenir ?

Geert Wilders : Je suis un réaliste, mais quand je vois les gouvernements européens actuels je suis assez pessimiste. Cependant, lorsque je regarde les personnes, les électeurs, je vois un changement. Les gens en ont marre.

01/26/2009

Mother Teresa: Saint or Scandal?

Here’s a video of Christopher Hitches and Bill Donohue arguing about Mother Teresa:

Donohue is a very angry man. I can’t believe he asked Hitchens “Do you want to take this outside?”

So much for the ethics of Jesus!

12/11/2008

Spencer interviews Geert Wilders, Part 2

You can find Part 1 here. And in this part of my conversation with Geert Wilders, producer of Fitna and warrior for free speech, we discuss the "racism" canard and much more.

12/10/2008

Debate: Islam -- Threat or Not? Part 4

Here is the fourth part of last summer's FreedomFest 2008 debate between Professor Daniel Peterson and Robert Spencer on the topic of "Islam: Threat or Not?," beginning the Q&A period.

You can see Part 1 here; Part 2 here; and Part 3 here.

08/18/2008

Avi Lewis, commie rat @ Al Jizz, interviews John Bolton

* A year ago the great Ayaan Ali Hirsi ripped him a  brand new asshole on Canadian TV.  Now this unspeakable moonbat has moved to Al Jizz of all places and sounds off just as clueless and stoopid as he did then. But Bolton doesn’t pull any punches.

Watch it if you can bear it:

Part One:

Part two:

Pamela:

Money quote on Lewis’s contention that the US is operating on Iran, Bolton: “I don’t read a lot of fiction”
heh
and this gem  ‘Citing Seymour Hersh is like citing the Easter Bunny”
lol

08/12/2008

Opstekertje van Max Pam


Bron:  Desmet Live

Zie ook The Max Pam Globe

07/11/2008

The Libel Tourist

An illuminating film on the Rachel Ehrenfeld case:

This documentary short film, produced by the Moving Picture Institute, shows how Saudi billionaire Khalid Bin Mafhouz exploits the British legal system and sues for libel whenever he is the subject of a terrorism accusation.

Directed by MPI fellow Jared Lapidus, the film explains how Mahfouz filed a libel suit against Dr. Rachel Ehrenfeld, author of Funding Evil; How Terrorism is Financed -- and How to Stop It. The suit was not filed in the United States, where the book was published and sold, but instead in London, where Mahfouz associates ordered 23 copies online. The judge ordered all copies of the book pulped, and ordered Ehrenfeld to pay the legal fees and damages, despite the fact that nothing in her book about Saudi funding of terrorism was ever disproved.

Ehrenfeld, however, is fighting back. In The Libel Tourist she speaks about her shocking experience of modern-day book burning by British courts, and the First Amendment lawsuit she filed against Mahfouz. Unfortunately, on December 20, 2007, NY State Court of Appeals sidestepped the First Amendment rights and protections.

Learn more about the case at www.LibelTouristMovie.com and at www.acdemocracy.org
Learn more about MPI at www.thempi.org

04/04/2008

Sharia: Islam’s Warden

By Jamie Glazov FrontPageMagazine.com

Frontpage Interview’s guest today is Abul Kasem, an ex-Muslim who is the author of hundreds of articles and several books on Islam including, Women in Islam. He was a contributor to the book Leaving Islam – Apostates Speak Out as well as to Beyond Jihad: Critical Views From Inside Islam.

FP: Abul Kasem, welcome back to Frontpage Interview.

Kasem: Thank you Jamie. It is my pleasure to be interviewed by Frontpage.

FP: I would like to discuss Islamic law with you today and how it dictates almost every single aspect of human life.

I think the best way to begin is with how Sharia is the life-force of Islam.

Kasem: To be sure, we must understand why Sharia is the life-force of Islam, and why Islam must impose (by force, if needed) Sharia to the entire world. Once we grasp this tenet, then we can understand how and why myriad specific Sharia laws affect lives.

The basic tenets of Sharia emanate with the assumption that Allah has chosen the believers (i.e., the Muslims) to rule the world. It might sound fascistic, but make no mistake: the Qur’an is absolutely determined to hand over the rule of the world to the followers of Islam: more specifically, to the Bedouin Arabs. Because Islam = Arabism. In the Qur’an (3:104, 3:110) Allah says that Arabs are the best of people ever created.

In verse 2:143 Allah says He changed Qiblah to distinguish between Muslims and non-Muslims. Maulana Maududi, the ideological guru of the current Islamists explains this verse in this manner: This constitutes the proclamation appointing the religious community (ummah) consisting of the followers of Muhammad to religious guidance and leadership of the world. In the second place there is an allusion to the change in the direction of Prayer from Jerusalem to the Ka'bah. People of limited intelligence could see no significance in this change of direction although the substitution of Jerusalem by the Ka'bah amounted to the removal of the Children of Israel from their position of world leadership and their replacement by the ummah of Muhammad (peace be on him).

Maududi, in connection with verse 2:145, even writes: To deviate from that knowledge to please others is tantamount to offending the prophetic mission and is inconsistent with the gratitude that the Prophet ought to feel for having been favoured with the position of world leadership.

In the above sentences Maududi clearly states that the Muslims are the chosen people of Allah to rule the world. This ruling must be done with Allah’s laws, which is Sharia.

In verse 2:150 Allah says that by instructing them to turn their faces to the sacred mosque (Kaba) He has bestowed a great favor to the Muslims. Maududi explains this favor in this manner: The 'favour' here refers to the position of world leadership and guidance from which God removed the children of Israel and which was then conferred upon this ummah.

The highest reward that can be granted to a people in recognition of its righteousness is its designation, by God's command, to the leadership of the world in order to guide the entire human race to godliness and righteousness. What is said here, therefore, is that the command to change the qiblah was a sign of installation of the Muslims to leadership. Hence, the Muslims should follow the directives of God if for no other reason than that ingratitude and disobedience might deprive them of the honour that had been bestowed upon them.

FP: So this is why Sharia is the backbone of Islam, right?

Kasem: Yes, it is the heart and soul of Islam. Without Sharia Islam is a toothless tiger or a poisonless snake. Sharia empowers Islam with the legal power to enforce its draconian, barbaric, uncivilized, and cruel provisions. Sharia gives Islam the arms and legs to force the world to submit to Islam.

In many verses of the Koran Allah steadfastly announces that whoever deviates from Sharia is a kafir and he/they must be fought upon (i.e., killed) by the Muslims.

According to ibn Kathir, in verse 2:151, Allah declares that He had sent Muhammad (as a favor) to preach the Qur’an and to teach Sharia laws which the pagans of Mecca did not know

According to verse 4:64 Allah had sent Muhammad to invite people to obey Allah’s orders, that is, Sharia laws.

To provide more fire power, ibn Kathir say that in verse 5:44, Allah declares that whoever does not want to abide by Allah’s law, Sharia, is a kafir. This includes the Christians ( 5:47 ). Mind you, in Islam, a kafir must be fought upon (killed) or forced to submit to Sharia laws.

In verse 9:73 Allah urges the believers (i.e., the Muslims) to make war on unbelievers and hypocrites and show firmness (be harsh) against them. The eminent exegete of the Qur’an, ibn Kathir writes that Allah has commanded the Muslims to fight with sword the disbelievers, to strive against the hypocrites with tongue and has annulled lenient treatment of them. According to ibn Kathir perform with sword jihad against the disbelievers and be harsh with the hypocrites with words; this means establishing Islamic penal laws, i.e. Sharia laws against them. Ibn Kathir further says that verse 9:73 cancels verse 2:256, the so-called verse on ‘no compulsion’ on religion.

Here are few more Qur’anic verses which unambiguously declare the supremacy of Sharia.

Allah will decide by His law (judgment, Sharia) between various sects (between the Jews and the Christians—ibn Abbas)…27:78

Allah is the Law-giver; He has appointed Muhammad to implement the only correct laws (Sharia laws)…45:18

Allah created the heavens and the earth to implement justice to all (Sharia law)…45:22

Muhammad is to strike hard against the unbelievers (fight them with weapons and armaments—ibn Kathir. Fight them with swords—Jalalyn), hypocrites (punish them according to Sharia laws—ibn Kathir) and to be firm (harsh) against them; the abode for the unbelievers and the hypocrites is hell...66:9

The absolute supremacy of Sharia is upheld in the Cairo Declaration of Human Rights in Islam (1990). Article 22 of this declaration concludes that all rights and freedoms mentioned are subject to the Islamic Sharia, which is the declaration's sole source.

Strangely, Sharia gets furher boost when the Archbishop of Canterbury Dr Rowan Willams submits to dhimmitude by espousing that certain provisions of Sharia are inevitable in the United Kingdom .

Amazingly, even President Bush submits to Sharia when he initiates dialogue with OIC (Organisation of Islamic Conference) and to follow up, sends his special envoy Mr. Sada Cumber (March 5, 2008) to meet the OIC Secretary General Prof. Ekmeleddin Ihsanoglu.

Thus, due the apathy of the civilized world, it is apparent that Sharia is slowly but steadily building up momentum to engulf the entire world. The only way to halt this incursion of Sharia is a firm rejection of it by the entire world population, irrespective of what their politically correct governments are doing to please Islam and the Arabs. We must not forget that Islam equals Arabism.

FP: What, in your view, is the element of Sharia that nurtures injustice?

Kasem: The most unfair element of Sharia is that it repudiates the fundamental principle of justice, that is: equality in the eye of law. In Sharia, Muslims and non-Muslims are not equal. This inequality extends even to the treatment of Muslim women. Muslim women are not treated as equal to Muslim men in the tenets of Sharia. Here is a glaring example: According to Saudi law (strictly based on Islamic Sharia) the life of a Muslim male is much higher than a non-Muslim man, and the life of female Muslim is much lower than that of Muslim man.

For instance:

WALL STREET JOURNAL: - The Wall Street Journal, April 9, 2002). In Saudi Arabia, the concept of blood money as per Islamic Shariat (If a person has been killed or caused to die by another, the latter has to pay blood money or compensation), as follows:

100,000 riyals if the victim is a Muslim man

50,000 riyals if a Muslim woman

50,000 riyals if a Christian man

25,000 riyals if a Christian woman

6,666 riyals if a Hindu man

3,333 riyals if a Hindu woman

That is, a Muslim man's life is worth 33 times that of a Hindu woman

The inequality of Muslims and non-Muslims is enshrined in the Qur’an and hadis. Here are a few examples:

A Muslim must not be killed for killing an infidel (Hadis and ibn Kathir’s interpretation of verse 5:45 ).

Believers and non-believers are not equal…6:50, 28:61, 32:19, 35:19-22, 38:28, 39:9, 40:58, 45:21, 59:20, 67:22, 68:35

That is why Sharia is a great insult to a civilized world.

FP: Ok, so let’s move on. Tell us how Islamic law dictates every single aspect of human life.

Kasem: I can give a sample of Sharia laws as enunciated in several authentic Islamic sources. Mind you these laws are not from the dead pages of history. Many of these laws are vigorously enforced in Islamic countries.

The Sharia laws I will discuss are extracted from:

Reliance of the Traveller (Umdat al-Saliq) translated by Nuh Ha Mim Keller. These laws are indicated with alphanumeric.

Sharia the Islamic Law by Abdur Rahman I. Doi.

The Hedaya (commentary on the Islamic Laws) translated by Charles Hamilton.

So where would you like to begin?

FP: How about with marriage and sex?

Kasem: Fair enough:

The husband’s permission is required for a wife to work (Doi, p.117).

Beating a wife is allowed (Doi, p.130).

The wife must worship the husband. Unbridled freedom of modern women is not good (Doi, p.132).

Muslim women can’t marry unbelievers under any circumstances (Doi, p.138).

The guardian of a woman must be a male. A woman cannot be married by herself. A widow can marry by herself (Doi, p.141).

Hanafi, Shafii and Maliki rate the marriage of a minor boy or a girl as lawful (Doi, p.142).

A Muslim man is allowed to have four wives at one time (Hedaya, p.31; Doi, p.147).

A law against polygamy is against the Qur’an. Not a single Hadith is against polygamy; modernists reject Qur’an and Sunnah. Satisfy more wives (Doi, p.152).

Prohibition on polygamy is a violation of Sharia provision. Court does not understand biological need. Follow Muhammad (59:7) (Doi, p.153).

A drop of semen is the greatest sin (Doi, p.236).

Adoption is not allowed in Sharia (Doi, p.463).

Circumcision is obligatory for both men and women (foreskin for men, prepuce of clitoris for women) (e4.3, p.59).

Wudu (ablution)—use not less than 0.51 litre of water (e5.24(1), p.66).

Ghusl (bath)—use not less than 2.03 litres of water (e5.24(2), p.66).

Make repeated love, do repeated ablution (e5.29, p.67).

Human private parts are impure; do not touch them with your hands (e7.4, p.74).

Stoning to death for adultery (married person, man or woman) (o12.2, p.610).

Fornication: scourge 100 stripes and banish 81 km for 1 year (for unmarried persons) (o12.2, p.610).

Men scourged standing, women sitting (o12.5, p.611).

Stone the adulterer/adulteress even in severe cold or illness (o12.6, p.611).

Sodomy and lesbianism considered as adultery; same punishment; kill both for sodomy (p17.2, p.665).

To get united with the previous husband a divorced wife must marry another person, have complete sex with him and get divorced by him voluntarily (Hedaya, p.15, n7.7, p.565; p29.1, p.673).

When making love, no talking (r32.7, p.767).

Unlawful for a man to look at a woman who is not his wife or one of his unmarriageable kin (m2.3, p.512).

Husband and wife cannot look at each others genitals’ (m2.4 p.513).

Unlawful for a woman to show any parts of her body to an adolescent boy or a non-Muslim woman (m2.7, p.513).

Whatever is unlawful to look is also unlawful to touch (m2.9, p.513).

A woman must not conduct her own marriage; she requires a male guardian (m3.4, p.518).

A non-Muslim man cannot be the guardian of a Muslim woman; a Muslim man cannot be the guardian of a non-Muslim woman (m3.4, p.519).

A male guardian of a virgin woman may force her to marry a man of his choice (m3.13, p.522).

Arab women cannot marry non-Arab men (because Allah has chosen the Arabs above others) (m4.2(1), p.523).

A man of lowly profession cannot marry the daughter of higher profession (m4.2(3), p.524).

When the husband settles the dower (bride money) or defers it, a wife must immediately submit her private parts to her husband’s demand for sex, unless she has legitimate ground of not doing so; if she requests to wait the maximum waiting time is three days (m5.1, p.523).

A husband has the full right to enjoy his wife’s person, from the top of her head to the bottom of her feet (m5.4, p.526).

It is unlawful for a Muslim woman to marry a non-Muslim man (m6.7(5), p.529).

Husbands are not obliged to provide doctor’s fees, medicines and cosmetics to wives; they must provide only food, cloths and housing; rebellious wife doesn’t get anything (Hedaya, p.140; m11.4, p.544).

A Muslim man is allowed to beat his wife or wives (the Qur’an, 4:34 ; m10.12, p.541; o17.4, p.619).

If wife refuses sex, the husband is not obliged to support her until she surrenders her person to the husband (m11.9, p.545).

A divorced wife gets maintenance only for maximum three months (Hedaya, p.145, Shafii law, no support during her waiting period if pregnant, then support is on daily basis until she gives birth (m11.10 (3), p.546).

A son is obliged to finance his poor father’s marriage (m12.5, p.549).

Husband divorces wife instantly even under torture, compulsion, alcohol, narcotics and jokes; then he can marry a new set of four wives and continue the cycle (Hedaya, p.81, 253; n3.5, p.560).

The only way for a wife to get divorce is to convince the sharia court and also to pay money to her husband (Hedaya, p.112; n5.0, p.562; n7.7).

FP: How about using the bathroom?

Kasem: Visiting lavatory—cover head, cover feet, carry stones (odd number, minimum three), and say prayer (e9.1, p.76).

Entering toilet—left foot first; exiting toilet right foot first, offer prayer (e9.1, p.76).

After urinating men squeeze the penis with the left hand from base to head (of penis); women squeeze the front (vulva) between thumb and forefinger; in both cases three times (e9.1(11), p.76).

Do not defecate with front facing the sun, the moon or the sacred in Jerusalem , Kaba (e9.0(16), p.77).

When no water available do wudu, ghusl using dirt (e12.0, p.84).

FP: Praying, eating and drinking?

Kasem: Beat a child (10+) for not praying and fasting (f1.2, p.109).

Not praying is unbelief; penalty is execution (f1.3, p.109).

Pray wearing ankle length shirt and a turban (f5.7, p.122).

Use a tooth stick before every prayer/reciting the Qur’an (e3.2, p.57).

Drinking alcoholic drink—strike 40 stripes…o16.2

Muslims cannot eat meat slaughtered by Zoroastrians, apostates, idol worshippers, and the Christians of the desert Arab tribe (j17.2, p.364).

FP: Apostasy and jihad?

Kasem: Making sarcasm is leaving Islam (o8.0, p.595).

Kill the apostates of Islam (o8.1, o8.2, p.596).

No indemnity required for killing an apostate (o8.4, p.596).

No expiation is required for killing an apostate of Islam (o5.4, p.593).

Jihad means to war against the non-Muslims (lesser jihad, based on 2:216, 4:89, 9:36 ) (o9.0; p.599).

Jihad is warfare to establish the religion of Islam (greater Jihad)…p.599

Basis for Jihad:

(1) fighting is prescribed (2:216).

(2) slay them wherever you find them (4:89).

(3) fight the idolatry utterly ( 9:36 ).

Hadith: I have been commanded to fight—Bukhari.

To go forth in the morning—Muslim

Jihad is a communal obligation (o9.1; p.600).

Jihad is obligatory for every Muslim who is able to perform it, male or female (o9.3, p.601).

Caliph makes war upon the Jews, the Christians, the Zoroastrians…..by first inviting them to enter Islam, if no success then pay jizya, if no jizya then kill them (o9.8, p.602).

Women and children captured in a jihad operation become the slaves of Muslims; the women’s previous marriage is immediately annulled (o9.13; p.604).

Arab idolater must become Muslims or die (o9.9, p.603).

In a jihad operation Muslims can kill old men (40+) and monks (o9.10, p.603).

Male captives’ fate is decided by the Caliph; this includes gratuitous killing of male captives (o9.14, p.604).

Truces are permitted but not obligatory. When uppermost—no truce until some interest is served---‘so do not be fainthearted and call for peace when it is you who are the uppermost’ (the Qur’an 47:35).

If weak then make truce for 10 years.

If possibility of making Muslim--then establish 4 months truce.

Spoils are for free male Muslims (o10.0, p.606).

Dhimmis are: 1. the Jews 2. the Christians 3. Zoroastrians 4. Samarians and Sabians 5. Adherents of religion of Abraham (o11.1, p.607).

Not included in Dhimmi: idol worshippers, no sacred book, Sikhs, Bahai, Mormons, Qadianis. Books revealed after Islam are not acceptable (o11.2, p.607).

The Dhimmis’ public behaviour and dress must be Islamic (o11.3, p.607).

Minimum jizya is one dinar (4.235g of gold) per year; maximum jizya—no limit; no woman, children or insane is to pay jizya (o11.4, p.p.608)/

Dhimmis must comply with Islamic rules except drunkenness, can’t greet them with as-salamu alaikum, must keep to the side of the street, no high building, no wine display, no church bell, no new churches, not stay in Hijaz for more than 3 days (o11.6, p.608).

FP: How about some miscellaneous rules that we may have skipped?

Kasem: Women’s testimony in Business transactions is half of men’s (the Qur’an 2:282, Hedaya, p.637; o24.7, p.637).

Women’s testimony is not accepted in Hudood cases (Hedaya, p.353; o24.9, p.638).

Evidence of a female singer and slave (male or female) is not admissible (Hedaya, p.361).

Music, song dance haram (r40.0, p.774).

Slavery—allowed (w13.0, p.871).

Masturbation, unlawful (Qur’an 23:5-7) (w37.0, p.932).

Smoking unlawful (w41.1, p.940).

Insurance unlawful (w42.0, p.942).

Interest haram (w43.0, p.943).

Photography—sometimes OK, sometimes not Ok (w50.0, p.958).

TV, offensive, unlawful (w50.10, p.964).

Citizenship in an Islamic country, severely restricted (o11.0, p.607).

It is offensive to send Muslim children to day care centers run by non-Muslims (m13.3, p.552).

Muslim women’s Blood-Money is half of Muslim men’s; Jews and Christians one-third; Zoroastrians one-fifteenth (only sons, not daughters can claim Blood-Money) (o4.9, p.590).

Toothpaste is offensive; use a twig (from Arak tree, miswak) or tooth stick instead (e3.0, e3.1, p.53).

Clip moustache, shaving beard is unlawful/offensive (e4.1(2), p.58).

Visiting sick non-believers is merely permissible (g1.2, p.222).

FP: So what do all these rules -- and there are myriad more -- say about Sharia?

Kasem: These rules demonstrate that Sharia is barbaric, hateful, imperialistic, and unjust. Civilization cannot progress with such archaic and unfair laws.

FP: Abul Kasem, thank you for joining Frontpage Interview.

Kasem: Thank you, Jamie. It was a pleasure to expose the nature of Islamic Sharia.

                   


                   

Jamie Glazov is Frontpage Magazine's managing editor. He holds a Ph.D. in History with a specialty in U.S. and Canadian foreign policy. He edited and wrote the introduction to David Horowitz’s Left Illusions. He is also the co-editor (with David Horowitz) of The Hate America Left and the author of Canadian Policy Toward Khrushchev’s Soviet Union (McGill-Queens University Press, 2002) and 15 Tips on How to be a Good Leftist. To see his previous symposiums, interviews and articles Click Here. Email him at jglazov@rogers.com.

04/02/2008

Ik vind nog steeds dat Wilders zijn film moet laten zien

Bron: P-Magazine (lees ook)

De Deense cartoonist Kurt Westergaard onderneemt juridische stappen omdat Geert Wilders ongevraagd zijn beruchte Mohammedcartoon in zijn antikoranfilm Fitna liet zien. Daarmee schendt Wilders het copyright, ook al verwijdert hij de spotprent uit de film. In het exclusieve interview met Westergaard, dat vanaf dinsdag 1 april in P-magazine staat, zegt de cartoonist dat Wilders beslist zijn film moet laten zien, omwille van het recht op vrije meningsuiting. Hij maakte zelfs speciaal voor ons een spotprent over Wilders. Dat was twee dagen voor de politicus zijn film uitbracht. We vroegen de tekenaar of hij daarna nog altijd dezelfde mening was toegedaan.

KURT WESTERGAARD: “Ik vind nog steeds dat Geert Wilders zijn film moet laten zien. Maar dit gaat over iets anders, namelijk het copyright. Ik wil weten waar mijn cartoon voor wordt gebruikt. Meneer Wilders heeft mij nooit gevraagd of hij ze mocht publiceren. De spotprent is bedoeld om het misbruik van terrorisme in de islam aan te tonen, níet voor andere doeleinden. Ik weet ook wel dat het geen zin heeft om dit constant te controleren want de cartoon is een eigen leven gaan leiden en wordt overal gepubliceerd. Maar als ik de kans krijg om het wel in de hand te houden, zoals in dit geval, dan onderneem ik juridische stappen. Samen met de Deense Bond voor Journalisten. Als cartoonist wil ik niet geïdentificeerd worden met een bepaalde politieke beweging, het is juist belangrijk om onpartijdig te blijven.”

Wilders heeft de cartoon inmiddels verwijderd. Laat u de aanklacht nu vallen?

WESTERGAARD: “Dat laat ik aan de advocaat over. Ik weet niet wat er verder gebeurt, misschien moet Wilders een bepaald bedrag betalen, ter compensatie. Maar geld is niet het belangrijkste, waar het om gaat is dat mijn copyright wordt gerespecteerd.”

03/27/2008

'JIHAD ON OUR DOORSTEP'

German Spy Chief Warns of Al-Qaida's Growing Strength in North Africa

SPIEGEL talks to Ernst Uhrlau, the president of Germany's foreign intelligence agency, the BND, about the risk of attack by Islamist terrorists in Germany, how German Muslims are training in camps in Afghanistan and the risk from al-Qaida in North Africa.

The fight against Islamist terrorism is becoming increasingly globalized as intelligence agencies around the world cooperate and share information. One of the major nodes in that network is Germany's foreign intelligence agency, the Bundesnachrichtendienst (BND), which is based in Pullach in Bavaria.

 

Together with Germany's domestic intelligence agency, the Office for the Protection of the Constitution, the BND keeps an eye on the activities of Muslim extremists in Germany and abroad. Although there has never been a major Islamist terror attack in Germany, a number of Islamist plots have been hatched in the country -- the most famous of which being the 9/11 attacks, which were partly planned by a terror cell in Hamburg.

In recent years, there have been two major plots to carry out attacks in Germany, both of which failed for different reasons. In 2006, two Lebanese men -- popularly known as the "suitcase bombers" -- tried to detonate bombs on trains in Germany. The plan failed when the bombs failed to explode, due to flaws in their construction.

Then in 2007, German authorities foiled a plot by a three-strong terror cell in the Sauerland region. The men, two of whom were German converts to Islam, had planned to target US Army bases and airports in Germany. The conspiracy, which was uncovered after a months-long surveillance operation by the German authorities, sparked fears that the kind of "home-grown" terrorism seen in the United Kingdom had spread to Germany.

SPIEGEL talked to Ernst Uhrlau, head of the BND, about the fight against Islamist terror, the dangers posed by converts to Islam and how marginalization of Muslims can lead to radicalization.

SPIEGEL: Mr. Uhrlau, last September three Islamists were arrested in the village of Oberschledorn in the Sauerland region. They were in the process of storing explosives for use in a number of potentially devastating attacks. Six years after Sep. 11, 2001, are terrorists now taking aim at Germany?

Uhrlau: We are part of a broad European danger zone. Militant Islamists have already planned attacks seven times. According to information obtained by Germany's Federal Criminal Police Office, we must now assume that it is highly likely that further attacks are planned. We are worried that in the future we will not be able to prevent all the operations.

SPIEGEL: What role does Germany play in the terrorists' strategy?

Uhrlau: On the one hand, we are a target for attack by Islamist terrorists. One example is the Cologne suitcase bombers -- two Lebanese men who deposited homemade explosive devices in German regional trains in the summer of 2006. The fact that the device didn't explode was apparently due to mistakes the men had made in assembling the bombs. On the other hand, we are also a place where terrorists prepare attacks they intend to carry out in other countries. For example, the so-called Meliani Group used Frankfurt as a base in 2000 when it planned an attack on a Christmas market in Strasbourg, France.

SPIEGEL: Where did these terrorists come from?

Uhrlau: They were North Africans who had been living in Germany for a long time. In this context, we are watching the activities of al-Qaida in North Africa with great concern. A handful of groups have become ensconced there, largely unobserved, and are strengthening (terrorist leader Osama) bin Laden's terrorist network. What is evolving there brings a completely new quality to the jihad on our doorstep.

SPIEGEL: How much influence have the al-Qaida network and Osama bin Laden's propaganda had on potential terrorists in Germany so far?

Uhrlau: The Meliani Group had no connection to al-Qaida. But the preparations for Sep. 11, 2001 bear the handwriting of bin Laden and al-Qaida. The attacks against America were orchestrated from the Hamburg cell run by Ramzi Binalshibh and Mohamed Atta, and that was a direct connection to al-Qaida.

SPIEGEL: Did the suitcase bombers and the explosives makers arrested in Oberschledorn receive instructions from someone outside Germany?

Uhrlau: No, there was no connection to bin Laden. But this sort of remote control isn't even necessary. Even a small, independent group can prepare and carry out extremely serious attacks. Obtaining the necessary materials, like the explosives and the triggers, is relatively easy.

SPIEGEL: The Oberschledorn group consisted of a Turk and two Germans who had converted to Islam. Which of them was the dominant force?

Uhrlau: The Germans were the leaders. They were true fanatics.

SPIEGEL: Are religious converts especially dangerous?

Uhrlau: Most converts are peaceful people who have discovered Islam as part of a personal search for meaning. But converts that end up in extremist circles often have a tendency -- just like political renegades -- toward absolute intolerance and a high degree of radicalism. This makes them especially valuable for militant Islamic networks.

SPIEGEL: How many converts are there who are prepared to use violence?

Uhrlau: We are talking here about two or three dozen people who the intelligence agencies are keeping a close eye on. Where do they travel? Who do they meet? Which mosques do they attend? Is the imam in whom they confide a recognized religious scholar? Or are we dealing with backyard mosques, with sheiks and imams who preach violence, as was the case with the Al-Quds mosque in Hamburg's St. Georg neighborhood frequented by Mohamed Atta and his accomplices?

SPIEGEL: How do intelligence officials become aware of these people? They must have been noticed in some way before they could be placed under observation.

Uhrlau: In the case of converts, the police and the Office for the Protection of the Constitution are often tipped off by people close to the converts, sometimes from teachers and fellow students who have noticed unusual changes in young people. For instance, a group of German high-school students suddenly announced that they wanted to become Muslims and join the jihad. They were quite serious, not just showing off.

 

'We Are on the Side of the Hated Americans'

SPIEGEL: According to a survey conducted by Germany's Allensbach Institute in 2006, 98 percent of Germans associate Islam with violence and terrorism. Many of the more than 3.5 million Muslims living in Germany feel that they are under general suspicion as a result of this attitude. The constant warnings about terrorism, like the ones you have given here, only reinforce the mistrust.

 

Uhrlau: The generalization that Islam and Muslims are dangerous does indeed tend to have more of an alienating and radicalizing effect than a de-escalating effect. But the truth is that we have a very broadly diversified Islam in Germany. The Muslims in Germany come from many nations. There are Turks, Iranians and Arabs, but also Asians from the Far East. Besides, there are various branches of Islam: Sunnis, who make up the majority, Shiites, most of Iranian extraction, as well as Alevis, who are primarily from Turkey.

SPIEGEL: Is this differentiation relevant for the intelligence agencies?

Uhrlau: We have to pay closer attention when it comes to the Sunnis. Who is a follower of Wahhabism, for example? This is an especially radical interpretation of the faith, which originated in Saudi Arabia, a country allied with the West. On the other hand, many see Iran, a Shiite theocracy, and its controversial nuclear program under President Mahmoud Ahmadinejad as a threat to world peace. And yet Iran does not play a significant role in our threat analysis relating to jihad terrorism. To the best of our knowledge, the Shiites are not receptive to al-Qaida's way of thinking.

SPIEGEL: But isn't it risky to rule out possibilities like this?

Uhrlau: Given the dimensions of the potential threat, if you believe that everything is possible then you can no longer use the tools of observation and information-gathering in a targeted manner. Based on my past experience working for the Office for the Protection of the Constitution, I know that not all left-wing extremists are terrorists, for example. Differentiation is crucial to targeted information gathering.

SPIEGEL: The Office for the Protection of the Constitution focuses primarily on Turkish organizations within the Islamist scene in Germany.

Uhrlau: Turkish Islam traditionally plays an important role for the domestic intelligence agencies. Milli Görüs, the largest Islamist organization in Germany with about 26,000 members, is under observation. With its extremist worldview, it poses a threat to our constitutional democratic order. But it is not an organization that preaches violence. Germany's 2.5 million Muslims of Turkish origin come from a secular country that is strongly oriented toward the West, a country where militant fundamentalist movements are relatively insignificant -- unlike Lebanon, say, where the radical Hezbollah has many supporters.

SPIEGEL: Does this mean that we should be pleased that the Turkish variety of Islamism is so strong in our country?

Uhrlau: At least we don't have the kinds of problems that the United Kingdom and France are facing because of their colonial past. The Pakistani Muslims in England and the North African Muslims in France come from countries in which Islamist beliefs and violence play a more important role in parties and movements than in Germany. This is also reflected among the immigrant population.

SPIEGEL: Your counterparts in Paris and London are concerned about so-called home-grown terrorism. Is this something that we also have in Germany?

Uhrlau: The arrests in Oberschledorn are evidence that we also have this phenomenon in Germany. Even though many of the potential terrorists were born and grew up in Europe and do not stand out, they feel marginalized. As a reaction to this, the second or third generation of immigrants reverts much more strongly to its roots. In the process, religious belief becomes decisive. A process of isolation begins that leads to a parallel society. They are convinced that they must defend their own religion and values against the majority Western society.

SPIEGEL: Feeling misunderstood and wanting to defend your faith is one thing, but wanting to killing "infidels" is another.

Uhrlau: A fanatic prepared to commit violence sees himself as part of the ummah, the Muslim community of believers. He perceives any attack on his fellow Muslims -- be it by the Israelis in the Gaza Strips or by the Americans in Iraq -- as an attack on himself and his religion. Someone like this is an easy target for jihad or al-Qaida propaganda and can be recruited for the holy war against the "infidels."

SPIEGEL: Did the refusal of the Social Democratic and Green Party coalition government under former Chancellor Gerhard Schröder to take part in the Iraq war reduce the risk of attack in Germany? Will a stronger German military presence in Afghanistan increase it?

Uhrlau: Jihad is triggered by current political developments. The jihadists do not reward us for having stayed out of the Iraq war. And whether we increase our presence in Afghanistan is irrelevant for the Islamists. As far as they are concerned, Germany is already not a neutral country. We are on the side of the hated Americans and we traditionally support Israel, which they consider a "Zionist entity."

SPIEGEL: How large is the army of jihadists in Germany?

Uhrlau: We estimate that there are a few hundred extremists who are prepared to commit acts of violence. Up to 700 people are under various levels of observation by German intelligence and security agencies. Most of them live in our midst. A small proportion of these people, however, stand out by being frequent travelers. We currently know that more than a dozen people, including converts, have traveled to Afghanistan and Pakistan in recent years, where they seek contact with like-minded people.

SPIEGEL: So you simply allow these potential terrorists to go about their business?

Uhrlau: As long as there is no concrete evidence that they are making preparations for attacks, we have no other choice. But we do attempt to monitor their movements and determine their destinations. Not all of them are potential bombers -- some are traveling as couriers. The Islamists are very familiar with the technical possibilities which the intelligence agencies have at their disposal. Hence important messages are delivered in person.

SPIEGEL: Can you prove direct contacts to al-Qaida?

Uhrlau: We follow them into the inaccessible tribal areas in Pakistan and Afghanistan ...

SPIEGEL: ... where al-Qaida's terrorist training camps are located ...

Uhrlau: ... and we try to find out what they are doing there and with whom they are meeting. A lot of information is due to intensive cooperation with intelligence agencies in countries through which these suspects pass on their way to the Hindu Kush region. Some are briefly detained and questioned for other offences on their way back. But the fact that we are on their tail doesn't really deter them. They continue undaunted. This doesn't necessarily have to lead to the construction of a bomb. Some specialize in propaganda, in recruiting other activists or in conveying information.

 

'The Challenge Posed by Islamist Terrorism is Global'

SPIEGEL: What role does the Internet play in all this?

Uhrlau: One that we must not underestimate. The Internet is where ideas for attacks are dreamed up, where terrorist know-how is made accessible to the public and where concrete operation plans are shared. This takes place in hidden chat rooms and Web sites, some of which are elaborately protected. Some of these dead letter boxes are so well protected by encryption algorithms that even intelligence agencies need years to crack them.

 

SPIEGEL: But in that case, online surveillance, which has provoked so much controversy in Germany, doesn't help you much either.

Uhrlau: It would indeed help us, by enabling us to penetrate the secure forums more easily.

SPIEGEL: What is the importance of these forums for the terrorists?

Uhrlau: The ones that are relatively harmless campaign for jihad, are filled with hate and propaganda and inflame their visitors with attack videos and emotional music. The militant forums show examples of successful attacks and films of terrorists who became martyrs by committing an attack. They also provide instructions for mass murder. They describe in detail, for example, how to set up an explosive vest so that it causes the greatest possible destruction.

SPIEGEL: The Cologne suitcase bombers also downloaded the instructions for how to make their bombs from the Internet.

Uhrlau: Luckily, some things don't always work in practice the way the terrorists imagined they would. Is it possible in Germany to test a home-made bomb to see if it works? Not really. This is why some travel to the training camps in Afghanistan or look for test sites in North African training camps.

SPIEGEL: How close are the BND and the Office for the Protection of the Constitution agents to these individuals? Do you work with Muslim informers or undercover agents?

Uhrlau: That's a sensitive area. Intelligence agencies should never reveal how good their connections are. But naturally we use connections to Muslim organizations in order to identify changes and processes of radicalization at an early stage.

SPIEGEL: Despite all their efforts, however, the intelligence agencies still haven't managed to truly penetrate into the Islamist groups.

Uhrlau: On the contrary, they do gain access to extremist circles, as the success of the Obershledorn operation demonstrated. We had information about these people at a very early stage, when we were told that two close friends of the two German converts were being trained in Pakistani terror camps. This information was received before an observation team working for the Office for the Protection of the Constitution observed members of this group, on New Year's Eve 2006, possibly scouting out an American military barracks as a target for an attack.

SPIEGEL: This example suggests that various agencies are working closely together.

Uhrlau: With the Joint Counterterrorism Center (GTAZ) in Berlin's Treptow district, which was established in 2004 and includes the BND and 36 other agencies, we created a well-functioning system of communication and cooperation that allows us to detect and prevent terrorist activities early on, and to support the criminal prosecution agencies. The constant presence of representatives of the German states and the various federal agencies, including the Office of the Federal Prosecutor, has led to an extraordinary professionalization of the German security and intelligence community.

SPIEGEL: What exactly does that mean?

Uhrlau: Take, for example, the case that was just described, in which two people believed to be German citizens were arrested in Pakistan. The report was also sent to the GTAZ. There, information was compared: What sort of people were they? Where did they live? Who has further information about them? Are they in contact with others who are already on file somewhere? We exchange this sort of information with the other institutions. That way we make sure that no agency keeps its information to itself.

SPIEGEL: Do you also pass on information you have obtained from your partner intelligence agencies in other countries?

Uhrlau: The challenge posed by Islamist terrorism is global. That's why our cooperation must also be international. This works well. The success in Obschledorn last September, for example, was the result of broad international cooperation between German and American intelligence agencies, as well as with Turkish agencies.

SPIEGEL: And how willing to help are intelligence agencies in Muslim countries?

Uhrlau: We are in regular contact. I travel a great deal within the wide Islamic crisis zone, from Morocco to the Arabian Peninsula and to the northern part of the Persian Gulf.

SPIEGEL: And are you welcome everywhere in the Middle East?

Uhrlau: We are dealing with very varied forms of government in this region. But there is a mutual interest not to allow the terrorists to succeed.

SPIEGEL: Despite everything, isn't the prevention of an attack still a matter of luck?

Uhrlau: Yes, luck is part of it. But the chances improve when we proceed systematically and know our trade.

SPIEGEL: Mr. Uhrlau, thank you for this interview.

Interview conducted by Norbert F. Pötzl and Dieter Bednarz. Translated from the German by Christopher Sultan.

03/21/2008

Spencer interviewed about Oriana Fallaci

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We will not see your like again

Menno Ludriks is a Dutch student who is working on a piece entitled "The Life and Work of Oriana Fallaci," for which he interviewed me. Here is the interview.

Did you knew Oriana Fallaci personally, if yes, what were your impressions of her?

Yes, I did, and I had immense admiration, respect, and affection for her. She passionately believed in the message of The Rage and the Pride and The Force of Reason, and she had a firm conviction that the survival of Western civilization was at stake.

What gives Oriana Fallaci the right to (or not the right to) criticize Muslims and their culture?

What gives anyone the right to criticize anyone or anything? People criticize others when they believe that what they are doing is wrong and harmful. Muslims’ entry in huge numbers into Europe and particularly into Italy and Tuscany made the question of the jihad ideology and Islamic supremacism very personal for Oriana, as she saw many things that she held dear seriously threatened. When all too many of those immigrants came not in order to become Europeans but in order to work ultimately to impose upon Europe a radically different societal model that institutionalized discrimination against women and non-Muslims, and denied freedom of speech and freedom of conscience, it became incumbent upon not just Oriana but upon all free people to speak up, and to criticize.

Do you believe that Oriana Fallaci is in fact a racist (although she herself claims in The Rage and The Pride p.83) “that the problem has nothing to do with a race, but it has to do with a religion”?

No. Islam is not a race, and resistance to Islamic supremacism is not a racial matter. It is a religious and political ideology, and like other ideologies, it can be opposed, and should be insofar as it is incompatible with otherwise universally accepted notions of human rights.

Do you agree with her that the Islam is indeed a problem (in the US and Europe)?

Elements of Islam are the problem. Muslims who reject them sincerely and work against those elements are not the problem. But the imperative to subjugate non-Muslims under the rule of Islamic law, and many elements of that law itself, are indeed the problem, as they are directly incompatible with the dignity of the human person and the equality of rights of all people.

Do you agree with the statement that “Western culture is superior to Islamic culture” (The Rage and The Pride p. 93)?

Yes. Just look at the UN’s Universal Declaration of Human Rights. It is itself flawed, as it suggests that these rights are granted to individuals by the state, but just look at the enumerated rights: they are derived from the Western, Judeo-Christian tradition, not from Islamic tradition, and have never been generally accepted in the Islamic world.

Is the Quran the “most stupid and dangerous book in the world” (The Force of Reason p. 63)?

I haven’t read all the books in the world. But certainly the Qur’an’s program for violence and Islamic supremacism is dangerous for non-Muslims, and should be rejected by all free people, including Muslims themselves, who if they continue to hold to the uniqueness of the book should at least reject literalism in those particulars and some others.

Is “Europe becoming more and more a province of Islam, a colony of Islam”?

Yes.

What does it exactly mean to be ‘Islamophobic’? And is it right, useful or relevant to call a writer like Oriana Fallaci an ‘Islamophobe’?

I reject the terms “Islamophobia” and “Islamophobe.” They are manipulative coinages designed to suggest that resistance to the global jihad and Islamic supremacism is not a matter of love for Western (or any other non-Muslim) culture and the defense of universal human rights, but is instead a pathology, a manifestation of bigotry that is fundamentally irrational and must be rejected. There have been 10,000-plus jihad terror attacks that have been perpetrated around the world since 9/11, and supremacist statements made by Islamic leaders the world over. To call a healthy awareness of this and resistance to it “Islamophobia” simply manifests either an inexcusable complacency or an outright complicity with the jihadists.

Oriana Fallaci was not Islamophobic. She was Islamorealistic.

Cathy Young (also a journalist) states “that book The Rage and the Pride makes hardly any distinction between radical Islamic terrorists and Somali street vendors who supposedly urinate on the corners of Italy’s great cities”. What do you think of this statement?

It is monumentally ignorant and complacent. Cathy Young clearly has no idea of the cultural contempt for Europe and everything it stands for that is inculcated into even Somali street vendors in mosques in Europe.

Christopher Hitchens (also a journalist and author) who described the book The Rage and the Pride on The Atlantic as “a sort of primer in how not to write about Islam”. What do you think of this statement?

I think that Christopher Hitchens has in this and other statements provided us with a sort of primer on how not to write about the defense of the Western civilizational and cultural patrimony.

What is according to you more important, the freedom of speech, or the freedom of religion?

Both are important. But without freedom of speech, i.e., the freedom to offend others without being killed or jailed or otherwise punished for doing so, is the foundation of any pluralistic society. Of course, the Muslims who are now raging against freedom of speech do not want a pluralistic society, but rather one in which Islamic law reigns supreme.

03/20/2008

Hans Jansen versus Harry de Winter

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Geplaatst door Joop

03/10/2008

Wafa Sultan: “You give yourself the right to adopt a religion that orders you to kill others and you say, it's a religion don’t come close to it?”

 

The full (47 minutes) Original (Arabic, not subtitled) live debate video footage that Al-Jazeera deleted from its Website could be downloaded  from our server  here.

Wafa Sultan part 1 English subtitle



Wafa Sultan part 2 English subtitle



Wafa Sultan part 1 Arabic (partial)


Wafa Sultan part 2 Arabic (partial)
       
   

03/07/2008

Arab-American Psychiatrist Wafa Sultan Clashes with Egyptian Islamist Tal'at Rmeih

 The following are excerpts from a debate between Arab-American psychiatrist Wafa Sultan and Egytian Islamist Tal'at Rmeih, which aired on Al-Jazeera on March 4, 2008.

Egyptian Islamist Tal'at Rmeih: "The West only understands the language of force. Contacts with the West which are not based on real force are futile. One day, America declared that the North Korean nuclear dossier would be referred to the U.N. Security Council. North Korea issued a one-line declaration: 'Korea will consider this to be a hostile act of war.' The Americans bit their tongues, and that was it. The West understands nothing but the language of force, and attacks nobody but the weak. Therefore, our nation – with all its people, and organizations, institutions, rulers, and subjects – is required to adopt a resolute stand of resistance and confrontation in the face of these criminal and hostile acts. The West, in this confrontation, which is not divorced from the massacres that are taking place in Palestine and Iraq…The embassies of Denmark, Holland, France, and the U.S. are not more precious to us than Iraq, which has been destroyed, or than Palestine, which is experiencing a real – not fabricated – holocaust. These countries are subject to a holocaust and a massacre. How can we confront this? By Allah, if we issued a communiqué, signed by all the Arab and Islamic organizations and institutions, the West would bite its tongue and stop all this. By Allah, if the Arab summit decided to boycott Denmark, they would all be disgraced. By Allah, if the masses of the nation would gather for one hour only around the embassies of Denmark, those despicable lowlifes would be in a position of retreat, not attack."

[…]

Arab-American Psychiatrist Wafa Sultan: "All religions and faiths, throughout the history of humanity, have been subject to criticism and affronts. With time, this has helped in their reform and development. Any belief that chops off the heads of its critics is doomed to turn into terrorism and tyranny. This has been the condition of Islam, from its inception to this day. Islam has sentenced [its critics] to prison, and whoever crosses the threshold of that prison meets his death. The Danish cartoons have managed to break down the first brick in the wall of that prison, and to open up a window, through which the sunrays enter, after a lengthy darkness. The Danish newspaper exercised its freedom of speech. Liberties are the holiest thing in the West, and nothing is more important. But if Islam were not the way it is, those cartoons would never have appeared. They did not appear out of the blue, and the cartoonist did not dig them out of his imagination. Rather, they are a reflection of his knowledge. Westerners who read the words of the Prophet Muhammad 'Allah has given me sustenance under the shadow of my sword' cannot imagine Muhammad's turban in the shape of a dove of peace rather than in the shape of a bomb. The Muslims must learn how to listen to the criticism of others, and maybe then they will reexamine their terrorist teachings. When they manage to do so, the world will view them in a better light, and consequently, it will draw them in a better light. The reactions of the Muslims, which were characterized by savageness, barbarism, and backwardness, only increased the value of these cartoons, and gave them more importance than they merited, simply because they proved that these cartoons were true, and that the message they were conveying was true. The Muslim is an irrational creature ruled by instincts. Those teachings have deprived him of his mind, incited his emotions, and reduced him to the level of an inferior creature that cannot control himself or react to events rationally."

[…]

Tal'at Rmeih: "God help me. First, Islam is too great to be harmed by the publisher of the cartoon, or by that woman who is talking over there. The truth is that everything she said is 100% false, I'm sad to say. It seems to me that the American and Zionist intelligence agencies have begun to produce people who are hostile to their own nation."

[…]

Dr. Faysal Al-Qassem, Moderator: "How come freedom of expression in the West is sacred only when it comes to degrading the Muslims? Are they allowed to talk about the Holocaust? Are they allowed to talk about Christianity? That is the question. Cinemas were burned down in the West when they talked about Christ."

Wafa Sultan: "I live in America, and I never heard of a single cinema that was burned down here. Where do you get your information from? It sounds as if you are living in America, not me."

Moderator: "In France."

Wafa Sultan: "This is completely baseless. You should criticize your own beliefs just as Christians criticize their beliefs."

[…]

Moderator: "Don’t you think that you are treating the viewers like fools? You present some trivial reactions as barbaric. Have you forgotten that the country in which you live destroyed Iraq in its entirety, killing 1.5 million Iraqis and driving five million out of their homes? Didn't you see the dozens of children annihilated in Gaza, in a holocaust, as Israel itself admits? When a man blows himself up, he becomes a terrorist, but when you annihilate an entire people, whole countries, it is considered a humanitarian act?! Who are you kidding?"

[…]

Wafa Sultan: "Why are they upset about what is going on in Gaza, while the Koran says to them: 'They shall kill and be killed.' So here they are – killing and being killed. What's wrong with that?"

Tal'at Rmeih: "Leave the Koran out of it.  If you want to talk politics, go ahead."

Moderator: "I beg you to stick to politics.  He talked only about politics."

Wafa Sultan: "Dr. Faysal, you know that you cannot separate Islam from politics. Islam is not a religion, but politics. You must let me express my views the way I want. When you called me, you didn't say I was not allowed to discuss Islam or the Koran. Islam says to them that they will 'kill or be killed', and here they are—killing and being killed. So what's wrong with that? They want to be martyred and to meet their black-eyed virgins, and Israel is merely helping them get what they want. What's wrong with that? If you want to change the course of events, you must reexamine your terrorist teachings, you must recognize and respect the right of the other to live, you must teach your children love, peace, coexistence, and productive work. When you do that, the world will respect you, will consider you in a better light, and will draw you in a better light."

Moderator: "Can you denounce the Zionist massacres in Gaza? That's a simple question. Do you have the courage to do so?"

Wafa Sultan: "I can denounce the Palestinians and the Israelis alike. Hamas chose this path, and you have to pay the price for your choices. When you decide you want peace – I am sure that Israel wants peace, but as long as you keep reciting those teachings, which are full of hatred, rancor, and terrorism, you will be unable to make peace with others. You must recognize and respect Israel's right to live. You must teach your children love, peace, and coexistence. Only then will there be peace."

[…]

Moderator: "Do you dare to say that the number of people who died in the Jewish Holocaust is even one less [than what they claim]? Do you dare to say that? Why don't you dare to even touch on Jewish history – let alone on Jewish religion and sanctities? Why do you flex your muscles only against the oppressed Muslims?"

Wafa Sultan: "Why do you want me to deny historical documents that confirm that the Holocaust took place? If there was no proof, I would deny it. But I cannot deny history, knowledge, and documents confirming that the Holocaust indeed took place. Why do you want me to deny the facts?"

Moderator: "From what she says, it is clear that she has no problem denying the holy books, but she is adamant about not denying historical documents."

Wafa Sultan: "Can you as a Muslim deny the massacre of the Jews of the Bani Qureyza tribe, by Muhammad and his followers?"

[…]

Tal'at Rmeih: "There is a gang that controls [the West], and you are not allowed to criticize Israel or the Holocaust. Anyone who criticized the Holocaust was placed on trial. Noam Chomsky wrote one line about the Holocaust in a book, and the book was recalled from the market. Bernard Lewis – that great philosopher – said something about the Holocaust and was placed on trial. What did the American president say to the U.S. forces sent to the Philippines? He gave them two orders: 'Kill all people above the age of ten, and convert [the rest] to Christianity.'"

[…]

Wafa Sultan: "Did you invite me to the show to hear hollow speeches, which have been around for 1,400 years?"

Tal'at Rmeih: "Allah be praised, we have an identity and a culture."

Wafa Sultan: "How can someone who believes in killing people who do not pray possibly criticize liberties in the West? This is a farce. What past is he defending? Is he defending the invasions and lootings?"

Tal'at Rmeih: "I am defending the past of the Islamic nation, which was the beacon of knowledge for the entire world…"

Wafa Sultan: "…polygamy, beheadings, chopping of heads and feet on alternate sides, accusing people of heresy, and drinking camel urine, as a cure for all ailments – is this the past he is defending?"

Tal'at Rmeih: "No, I am defending a magnificent past of a magnificent nation, which was the cradle of knowledge and civilization, at a time when the most that people in the West could do was to catch a rabbit and scurry back to their caves. This nation has made the greatest contribution to civilization and humanity. Our religion is not complete without recognition of other religions. We are the ones who have called for tolerance and respect for religions."

   

Laughing religion off the planet - an interview with Pat Condell

With over 5 million hits on YouTube, and another couple of million on LiveLeak, Pat Condell is a leading voice of atheism on the internet. He is also a stand-up comedian, a playwright, a former lumberjack, a talk-show panelist, and a subscriber to The Freethinker.

Pat Condell
We tracked the blaspheming infidel down to a garden shed in London and asked him a few questions.

The Freethinker: Your first Youtube video was a response to the Blasphemy Challenge. Was this your first foray into the world of internet video? If so, did you imagine that it would snowball like it did?
Pat Condell: Yes, it was. I didn’t know what to expect. I was looking for ways to publicise my stand-up show when I heard about the Blasphemy Challenge. It looked like fun, so I devised a little rant about how much I deny the holy spirit (quite a lot, as it happens), made the video in my garden shed and posted it on YouTube. The positive response convinced me that this was a medium I should explore further.

I didn’t know much about YouTube, but I guessed that most of the audience would be in America, so I made ‘Hello America’ about how I see the relationship between our two countries. Again the response was very positive, especially from Americans. It was viewed thousands of times in a few days, and I realised I could reach a lot more people like this than in a lifetime of performing in small theatres. So I mothballed the stand-up show, much of which was topical anyway, and decided to make more videos.

Then somebody alerted me to LiveLeak, a site with a more newsy edge than YouTube. I posted my videos there and ‘The trouble with Islam’ took off. To date it has had more than 1,750,000 hits, and with 380,000 on YouTube, it’s now been seen well over two million times.

FT: What do you like about internet video as a medium?
PC: It’s open to anyone. We no longer have to ask someone else’s permission to communicate with a wider audience.

I’ve been criticising religion for years, but only in comedy clubs. Whenever I tried to do it in the mainstream media I was censored, especially by the BBC where jokes about the subject are always heavily edited, and it’s virtually impossible to say anything at all about Islam.

The internet allows all of us to bypass these self-appointed gatekeepers and communicate our ideas without interference.

FT: How has becoming an “internet celebrity” changed your life?
PC: Thanks, but I’m not any kind of celebrity. I’m just speaking my mind. My personal life hasn’t changed, I’m glad to say, because I’m very happy with it as it is.

FT: Your attacks on religion in general, and Islam in particular, have led many people to describe you as “fearless”. Are you?
PC: No. I get death threats and I take them seriously. However, I’ve never responded well to bullies, and I have no intention of starting now.

FT: Christian evangelist Dinesh D’Sousa has accused you of being smug. How do you respond to this?
PC: People have called me a lot worse. I’d never heard of this guy until someone directed me to his blog. Since then I’ve read his book on Christianity, and I didn’t see anything in it to warrant respecting his opinion on anything, so he can call me whatever he likes.

FT: Do you still do stand-up?
PC: I haven’t worked the circuit full time for years. I wrote my last show specifically to say something about religion. Confronted first hand by the political correctness at the BBC, I felt the subject was being falsely represented and legitimate opinion was being censored. As a result, religion, and Islam in particular, was getting an inflated idea of its own importance. Stand-up was the medium I knew best, and as I didn’t see anybody else in the comedy world queuing up to address this situation I elected myself.

FT: How would you describe your personal philosophy?
PC: I’m a vegetarian and I strongly support animal rights. (I hope that’s OK with Jesus.)
I find it hard not to smile at religion’s conceit that we’re superior to animals on the basis that we have souls and they don’t, when five minutes in a slaughterhouse would convince anyone that, if anything, it’s animals who have the souls and human beings who don’t.

As for my opposition to religion, it’s not about theology – I couldn’t care less whether God exists or not – it’s a civil rights issue. I believe everyone should be free to determine their own experience in life and not have it imposed by someone else. We don’t need our reality filtered through religious dogma any more than we need spring water adulterated with chemicals.

FT: What is your favourite thing about religion?
PC: If nothing else it is genuinely inclusive. Nobody is rejected, as it doesn’t require intelligence, only faith. Not that some intelligent people aren’t religious. There are people with biochemistry degrees who devote their lives to proving Genesis true. Nobody could call those people unintelligent, but they are fools.

The best thing about religion is that it’s so transparently absurd it can’t possibly last forever. I’m convinced it will only take a small shift in human consciousness for it to be laughed off the planet, and I hope I’m still around when that happens.

FT: What about the future? Will we see a collection of your videos on the market?
PC: Yes. The Richard Dawkins Foundation is issuing a non-profit DVD of my first thirty-five videos which should be out soon.

FT: What can we do to resist the growing influence of religion?
PC: We can speak out. That’s what the internet is for, and it’s the only reason my voice is being heard. We need to make as much noise as religious people do, and with as much certainty about our right to do so.

Nobody should be bullied into showing respect they don’t think is deserved. If you hear somebody claiming special treatment because of their faith you’re entitled to say: “No, I object to this. It offends me, it insults my beliefs, and it’s a violation of my human rights.”

Use their tactics if you feel strongly enough. Make a nuisance of yourself. Make an official complaint. Take it to a tribunal. As an atheist you’re part of a minority whose beliefs are constantly ignored and marginalised while religious prejudice is pandered to and encouraged, and you have every right to be offended by that.

Also, I would urge everyone to join the National Secular Society and the British Humanist Association, both of whom do excellent work in the cause of sanity.

Remember, one person on their own can’t do much, but a million people each doing a little every day can change things very quickly.

03/03/2008

Gregorius Nekschot Interview on Danish TV

Source: Youtube

Short interview with Dutch Islam Cartoonist Gregorius Nekschot and Ajiedj Bakas. The latter wrote a book about self censorship among artists in Europe. Comments are in Danish and interview is conducted in English.

Translation of Danish introduction:

Not only in Denmark do we have an on going discussion about the limits of free speech.
In Holland many artists censor them selves, simply because of fear of the muslims. But here you can meet an artist who found a solution to that problem; he works under cover using a pseudonym. But that doesn't stop Gregorius Nekschot. The artist has received death treats just like Jyllands Posten's Kurt Westergaard, which is why he works anonymously. But he continues, unlike many others.

Related: Watch interview with Jyllands Postens's cartoon artist Kurt Westergaard English subtitles here.


Hizb-ut-Tahrir demostration 15 february 2008 Copenhagen Dk

About the muhammed cartoons published by 17 danish news papers:


02/15/2008

le Proche-Orient, l'islam et nous

 


Crédits photo : Le Figaro

Le philosophe Régis Debray et l'ancien ambassadeur d'Israël en France Élie Barnavi, débattent de la situation en Israël, des religions et du rôel de l'Europe.

LE FIGARO. Régis Debray, vous évoquez dans la préface de votre livre un «voyage au bout de la haine» . Faut-il penser que vous êtes revenu de Terre sainte encore plus désabusé sur les capacitésde tolérance des religions ?
Régis DEBRAY. Disons plus lucide, et encore plus inquiet. Le drame réside en ceci que les religions révélées sont autant meurtrières que vivifiantes. La cohésion collective qu'elles assurent implique une démarcation par rapport à l'identité voisine. Autrement dit les religions, et plus largement les cultures, construisent des murs en même temps que des rassemblements. Et je ne vois pas comment on peut unir sans séparer. Cette dimension tragique est inhérente non au spirituel mais au fait collectif du religieux.

Vous évoquez longuement vos rencontres avec les chrétiens d'Orient. Le moins qu'on puisse dire est que vous êtes pessimiste quant à leur avenir.
R. D. J'ai trouvé des minorités chrétiennes assaillies par la violence, par l'exode, la dénatalité, le chômage. Entre l'étau israélien et l'hostilité islamique, ils sont suspects pour tout le monde. L'Occident les lâche : trop arabes pour la droite et trop chrétiens pour la gauche. Ce sont pourtant eux qui ont modernisé le monde arabe. Au Xe siècle, ils ont traduit en arabe la culture grecque et au XXe, ils ont été à la pointe de la laïcisation. Ils ont joué un peu le même rôle que les Juifs en Occident au XIXe et subissent un antichristianisme qui rappelle l'antisémitisme d'antan. Et l'invasion américaine en Irak a empiré la donne, en provoquant l'exode massif des chrétiens assimilés à une cinquième colonne. M. Bush a pour ainsi dire islamisé à mort toute la région.

E. B. D'accord pour le constat. J'ajouterais que vu d'Israël le dialogue est d'autant plus difficile que les chrétiens se veulent encore plus arabes que les autres Arabes. Certains d'entre eux, comme les Grecs orthodoxes, sont violemment antisionistes. Sans compter qu'une dimension antisémite reste vive. Les Églises d'Orient, hostiles à Vatican II, n'ont pas admis que le pape aille à la synagogue de Rome ni à Jérusalem pour nouer des relations avec Israël. Si on ajoute à cela que Bethléem n'est plus une ville chrétienne on comprend leur désarroi. Finalement, c'est en Israël que les Églises se portent le mieux puisque la liberté de conscience y est garantie et qu'elles ont moins à y subir qu'ailleurs la pression islamiste.

Au fil de vos rencontres, on a parfois l'impression que vous faites preuve de compréhension à l'égard des islamistes, notamment ceux du Hezbollah…
R. D. Attention, oui, fascination, non. Il est grotesque et contre-productif de couper les ponts avec ces forces-là. Nous entretenons leur expansion. Les Américains bien sûr, mais aussi les Européens qui se cachent derrière eux. La religion prend la relève d'une faillite des mouvements laïcs, à laquelle nous avons contribué.

E. B. Régis Debray sous-estime les responsabilités du monde musulman dans ses propres déboires. Il y a une crise de l'islam comme civilisation. Tous les ismes, socialisme, nationalisme etc. que la modernité occidentale a proposés au monde arabe se sont écroulés. Et il ne reste plus en lice que l'islam politique. On nous invite à distinguer différents types d'islamisme, entre d'une part celui qui accepterait la règle du jeu et d'autre part un fondamentalisme de type al-Qaida. Il y a des nuances entre eux, mais tous les islamistes, il suffit de voir leurs 6 000 sites sur Internet, partagent une même lecture dogmatique de l'islam qui constitue un danger non seulement pour nous Occidentaux, mais aussi pour les musulmans qui en sont les premières victimes.

Cette radicalisation n'était-elle pas l'intérêt d'Israël ?
R. D. De fait, Israël a favorisé l'éclosion du Hamas, pour faire pièce au Fatah. Même s'il vaut mieux, pour la propagande, avoir un ennemi outrancier que raisonnable, je crains que les événements lui donnent tort…

Régis Debray, votre évocation d'Israël, qualifié de «démocratie ethnique», est équivoque. On sent que vous êtes déchiré entre admiration et réprobation…
R. D. Je reconnais mon ambivalence. Israël de 1948 n'est pas celui de 2008. Je suis partagé entre mon admiration éthico-intellectuelle pour un formidable exploit de modernité laïque et suis rebuté par la remontée d'un nationalisme théologique qui fait revenir au premier plan l'archaïque et le tribal. Quand je vois des colons, francophones ou américains, arborer devant le mur des Lamentations I am a superjew et faire les fiers-à-bras en tee-shirt devant les Arabes, je suis consterné.

Dans La Révolution européenne,Elie Barnavi et Krzysztof Pomianfont l'éloge de l'Europe comme la meilleure du monde possible. Que peut-elle faire pour cette régiondu monde ?
R. D. L'Europe paie largement l'Autorité palestinienne et ses 150 000 fonctionnaires. Elle finance aussi les infrastructures des Territoires, routes, écoles, hôpitaux. Israël les démolit régulièrement. L'Europe paie et se tait ! Elle aurait pu conditionner son aide à l'Autorité, qui soulage l'occupant, au respect des accords et du calendrier en Cisjordanie, où la colonisation continue de plus belle. L'Europe s'offre une bonne conscience avec de l'humanitaire. Pourtant, sortir de sa passivité serait servir les intérêts à long terme d'Israël. Mais l'Europe ne peut pas se distinguer de l'Amérique pour des raisons historiques : elle craint de se faire taxer d'antisémitisme.

02/01/2008

MAM : «Je veux mettre fin à la propagande terroriste»

Propos recueillis par Jean Chichizola et Marie-Amélie Lombard-Latune.

Michèlle Alliot-Marie : «L'anticipation est essentielle dans la lutte contre le crime en général et le terrorisme en particulier. Elle est la meilleure des protections.» (Bouchon/le figaro)
Michèlle Alliot-Marie : «L'anticipation est essentielle dans la lutte contre le crime en général et le terrorisme en particulier. Elle est la meilleure des protections.» (Bouchon/le figaro)

Le ministre de l'Intérieur s'inquiète des agissements d'individus isolés influencés par Internet et d'une menace d'attentat chimique.

Michèle Alliot-Marie, qui sera entendue mardi par la commission des lois de l'Assemblée nationale, a décidé de réunir chaque semaine les responsables de la lutte antiterroriste.

LE FIGARO. Quelle est aujourd'hui la première menace terroriste pour la France ?

Michèle ALLIOT-MARIE. Le terrorisme islamiste est bien sûr notre première préoccupation. Des groupes liés à al-Qaida, au Maghreb, au Liban ou dans la zone pakistano-afghane peuvent vouloir frapper des Français expatriés ou des militaires en opération. Ils peuvent chercher à perpétrer des attentats sur notre sol. Enfin, des fanatiques isolés et fragiles peuvent être manipulés en France même par ces groupes et devenir des kamikazes en puissance. Ce fut le cas il y a quelques mois pour un islamiste interpellé par la Direction de la surveillance du territoire dans l'est de la France.

Comment ces individus peuvent-ils être manipulés ?

Parfois par les membres de réseaux, mais aussi par le biais d'Internet. On y trouve aujourd'hui la propagande terroriste mais aussi des conseils pour fabriquer des explosifs ou même des armes chimiques.

Craignez-vous particulièrement une attaque chimique ?

Les groupes terroristes connaissent très bien le fonctionnement de nos sociétés et cherchent à y semer la terreur la plus dévastatrice et la plus médiatique. Une attaque chimique provoquerait un effet de panique.

Comment mieux lutter contre une telle utilisation d'Internet par les terroristes ?

C'est une de mes préoccupations majeures, et l'une des priorités que j'ai assignées aux services. Cela nécessite du matériel supplémentaire, des effectifs spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité, des moyens juridiques. Je veux que nous puissions arrêter la propagande terroriste, découvrir les réseaux opérationnels, remonter jusqu'à eux et les empêcher de nuire.

De nombreux sites Internet sont domiciliés dans des pays étrangers, et notamment aux États-Unis, ce qui rend leur interdiction plus difficile…

J'irai prochainement aux États-Unis pour étudier avec les responsables américains comment renforcer notre efficacité antiterroriste, tout en respectant naturellement les libertés fondamentales. J'ai également régulièrement des discussions avec mes partenaires européens sur ce point.

Il y a quelques jours, un groupe de jeunes, présentés comme des «anarcho-autonomes», a été interpellé par les services de police qui les soupçonnaient de visées terroristes. Peut-on parler d'un retour du terrorisme d'extrême gauche ?

C'est un phénomène limité mais incontestable. Depuis plusieurs mois, j'étais encore ministre de la Défense, j'ai souligné les risques d'une résurgence violente de l'extrême gauche radicale. Le passé nous a montré que la faiblesse des partis politiques extrêmes ouvre souvent la voie aux groupuscules terroristes comme Action directe, les Brigades rouges ou la Fraction armée rouge. L'anticipation est essentielle dans la lutte contre le crime en général et le terrorisme en particulier. Elle est la meilleure des protections. Dès mon arrivée à l'Intérieur, j'ai voulu une direction de la prospective et de la stratégie et j'ai chargé la future Direction centrale du renseignement intérieur de suivre tout particulièrement ces phénomènes.

Croyez-vous à une résurgence de tels groupes en France ?

Nul ne peut le prévoir. Mais la situation évolue extrêmement vite. En quelques mois, depuis l'élection présidentielle, on est passé des slogans radicaux aux cocktails Molotov et aujourd'hui à la volonté de fabriquer de véritables engins explosifs.

A-t-on une idée de l'importance de cette mouvance violente ?

Ce sont quelques dizaines d'individus rassemblés dans des petits groupes informels à l'idéologie assez sommaire. Ils se caractérisent par leur rejet de toute espèce d'expression politique démocratique et leur discours extrêmement violent. Autant de motifs qui m'ont poussée à renforcer leur surveillance par les services de renseignements et de police judiciaire.

01/27/2008

Oriana Fallaci interviews

Door Hans den Hollander

Voor de bewonderaars van Oriana Fallaci, waaronder ik mezelf ook reken, vermeld ik hier het volgende nieuws

Op de site van «Corriere della Sera» werd op 17 januari j.l. bekend gemaakt dat er enkele gedeelten uit interviews met Oriana Fallaci door Charlie Rose uit 2003 (dus 3 jaar voor haar overlijden) op YouTube te zien waren.

Die interviews stonden inderdaad op YouTube op 17 en 18 januari. Op 18 januari heb ik het eerste van de drie delen gekopieerd en de dag erna, toen ik de rest wilde kopiëren, was alles van YouTube verdwenen.

Gelukkig stonden in het artikel van de «Corriere» de links vermeld, die nog steeds functioneren, maar helaas ben ik niet in staat het formaat van deze video’s te kopiëren. Is er misschien iemand die dit wel kan kopiëren?

De interviews beginnen met opnames uit 1992. Halverwege het tweede deel zijn de beelden uit 2003, waarop Oriana te zien is zoals ze drie jaar voor haar overlijden was. Een strijdlustige, oudere vrouw, adrem en gevat die niet al te zeer door de ziekte waaronder ze leed getekend leek.

De interviews zijn in het Engels, dus zullen geen grote problemen opleveren. De conclusie uit het laatste interview heb ik hieronder even samengevat:

Over haar boek “The Rage en The Pride” uit 2001):

«…… the origin of the turmoil that this book has caused in Europe and not only in Europe …… you cannot split the Islamic terrorism, the terrorism that we have been victim of for 20, almost 30 years now and that arrived to 11 September…. You cannot split it from the ideology which originated it, from the world that originates it, which is the world of Islam. Many don’t like it, many others agree. Discussion is open, but I don’t change my opinion.»

De links naar de drie interviews volgen hierna:

Oriana Fallaci intervistata da Charlie Rose (1): http://mediacenter.corriere.it/MediaCenter/action/player?uuid=274a184e-c543-11dc-8929-0003ba99c667

Oriana Fallaci intervistata da Charlie Rose (2): http://mediacenter.corriere.it/MediaCenter/action/player?uuid=95eec452-c543-11dc-8929-0003ba99c667

Oriana Fallaci intervistata da Charlie Rose (3): http://mediacenter.corriere.it/MediaCenter/action/player?uuid=b40fd7aa-c543-11dc-8929-0003ba99c667

11/21/2007

Interview exclusive de Wafa Sultan

Par Véronique Chemla pour Guysen International News

sultan-medium 

Née en Syrie, Wafa Sultan s’est installée aux Etats-Unis en 1989. Agée de 48 ans, cette psychologue est une Américaine musulmane aux idées modérées. Elle est devenue célèbre en février 2006 lors de sa participation à un débat sur Al-Jazeera, traduit et diffusé par MEMRI. Elle y décrivait le clash entre « la civilisation et le retard » du monde musulman. Selon Time Magazine (avril 2006), elle est l’une des 100 personnes les plus influentes, dont « le pouvoir, le talent et l’exemple moral transforment le monde ». Elle a accordé une interview à GIN le 13 novembre 2007, à Paris.

Guysen : Qu’entendez-vous par clash entre « la civilisation et le retard », la démocratie et la rationalité, la liberté et l’oppression ?

Wafa Sultan : Le retard signifie vivre au Moyen-âge alors qu’on vit en réalité au XXIe siècle.
G : Comment expliquez-vous que les gens sont emprisonnés dans cette période ancienne ?
W S : Parce que les gens ont conservé les mentalités du Moyen-âge. Vous ne faîtes pas cela quand vous vivez au XXIe siècle. Il vous faut changer votre système de croyances, votre pensée et vos idées afin de les adapter à votre époque.
G : Pour vous, ce retard est constitué de la barbarie, du fait que la femme est traitée comme une bête, de l’ignorance massive parmi le monde musulman… Ce sont des conclusions de deux rapports célèbres du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) en 2002 et 2005. Pourquoi le monde musulman est-il dans cette situation grave ?
W S : Choisissez un pays musulman. N’importe lequel. Qu’y observez-vous ? Rien, si ce n’est ce retard, la pauvreté, la dictature, l’ignorance, la maladie… Pourquoi ? Nos vies dans le monde musulman sont le produit des enseignements islamiques, car nos vies sont ce que sont nos croyances. Vous ne pouvez pas améliorer votre vie tant que vous ne voulez pas améliorer vos croyances. Votre situation résulte de vos comportements qui sont liés à vos croyances. Donc, pour changer votre situation, vous devez changer vos comportements, et donc vos croyances.
G : C’est difficile de changer ses croyances…
W S : C’est difficile, mais ce n’est pas impossible. C’est ce que je veux dire à l’Occident. Je vis depuis 17 ans aux Etats-Unis. J’y ai appris que rien n’est impossible.
G : Vous pensez que l’islam est une religion et une idéologie…
W S : Bien sûr.
G : Vous condamnez le lien entre l’islam et la violence, ou plutôt la manière dont certains utilisent l’islam pour tuer…
W S : Je pense que la religion islamique n’a jamais été mal comprise. Je pense que l’islam est le problème, mais personne n’ose dire cette vérité. Personne ne veut analyser précisément les racines profondes du problème. L’islam n’est pas seulement une religion, mais aussi une idéologie politique. Un musulman qui se veut un vrai musulman doit accepter l’islam à la fois comme religion et comme idéologie politique.
G : Vous citez certaines phrases du Coran qui comparent les juifs et les chrétiens à des animaux…

W S : Bien sûr. On nous a fait un lavage de cerveaux dès le plus jeune âge pour que nous croyions en cela. L’islam est composé du Coran et des hadîths. Il y a un célèbre hadîth – un hadîth est une parole du prophète Mahomet – qui dit : « Le jour [de la résurrection] les arbres et les rochers crieront : « Un Juif se cache derrière moi, viens et tue-le ! »
G : Vous dîtes qu’aucun juif n’a tué quiconque dans un restaurant allemand. Des Palestiniens ont tué dans des restaurants israéliens…
W S : Seuls les musulmans défendent leur religion, leur enseignement, en tuant, en détruisant les églises et temples, en brûlant les ambassades. Je n’ai jamais entendu dire qu’un juif s’est fait exploser dans un restaurant allemand.
G : Que proposez-vous ? Adapter le Coran ? Changer le Coran ?
W S : Je n’ai aucun espoir dans l’islam. Mais j’espère en les musulmans car ce sont des êtres humains comme on en rencontre dans toutes les communautés. Il y a parmi eux des personnes bien ; il y en a de mauvaises. La plupart utilisent leur bon sens. Donc nous pouvons changer leurs mentalités. Je n’ai aucun espoir à l’égard de l’islam car quand une idée est corrompue, on ne peut pas la réformer, mais on peut en changer. Il est possible de changer l’esprit qui croyait en cette idée. On peut remplacer cette idée ou ce système de pensée par un meilleur système de pensée. Vous ne pouvez pas réformer une idée corrompue : elle est corrompue. Jetez-la et remplacez-la par une meilleure idée.
G : Vous sentez-vous musulmane ou athée ?
W S : Je ne pratique pas l’islam. Je n’y crois plus. Je ne suis aucune religion. Je me considère culturellement comme musulmane. Ce n’est pas mon choix d’être ou non musulmane. Je suis née et j’ai été élevée dans la religion musulmane. C’est dans ma peau. Je ne peux pas enlever ma peau.
G : Quelle est votre position à l’égard des juifs et de l’Etat juif ?
W S : Je crois que les juifs ont le droit de vivre dans leur pays en paix.
G : Avez-vous rencontré des musulmanes critiques à l'égard de l'islam ou favorables à une réforme de l’islam, Ayaan Hirsi Ali, Irshad Manji, Taslima Nasreen ?
W S : J’ai rencontré la plupart d’entre elles. Chacune d’entre nous a une approche différente du problème. Le monde doit entendre nos voix, quelles que soient nos approches respectives.
G : Vous êtes née en Syrie. Qu’est-ce qui vous a fait changer ?
W S : Je n’ai pas changé en une nuit. Cela m’a pris beaucoup d’années pour devenir ce que je suis aujourd’hui. Par ma nature, j’aime poser des questions et douter afin d’arriver à une conclusion. Je pose toujours des questions. Je n’accepte pas qu’on m’impose quoi que ce soit. C’est mon caractère, et cela a joué un rôle pour que je devienne ce que je suis maintenant. Etre une femme issue d’un background musulman a joué un rôle. Etre mariée à un homme large d’esprit a joué un rôle. Emigrer d’un pays musulman vers les Etats-Unis et y vivre depuis 17 ans ont joué un rôle.
G : Que pensez-vous de la controverse sur les dessins danois ?
W S : Je ne suis pas contre eux. Les musulmans ont besoin d’apprendre à écouter les autres, même s’ils n’aiment pas ce qu’on dit d’eux. Il nous faut continuer à critiquer l’islam pour le forcer à être réformé et changé. Je ne sais pas si vous vous souvenez des réactions des musulmans aux propos du pape. Elles étaient moindres que leurs réactions aux dessins. Plus vous agissez, moins les musulmans seront réactifs.
G : Nous devons être fermes à l’égard des extrémismes, ne pas être lâches, faibles…
W S : Absolument. L’Occident souffre d’un manque de connaissance sur les réalités des mondes arabe et musulman. L’Occident ne pourra jamais gagner cette guerre tant qu’il ne comprendra pas l’esprit, la mentalité musulmane. Vous avez besoin de vous informer sur l’islam, vous forger votre jugement et le confronter à vos questions sur la religion.
G : Quels sont vos projets ? Allez-vous écrire un livre ?
W S : J’ai écrit un livre qui est entre les mains de l’éditeur. J’espère qu’il paraîtra dans deux à trois mois. Ce n’est pas facile de suivre le processus éditorial. C’est un bon livre. Dans sa première partie, il traite de ma vie personnelle. Dans sa seconde, il présente ce que l’Occident doit savoir sur l’islam. Le lecteur pourra lier ma vie personnelle à ce que je dis sur l’islam.

Vous pourrez voir la vidéo de cette interview sur Guysen TV
Images de Jérémy Nedjar Photos : © Véronique Chemla et MEMRI

10/20/2007

Wafa Sultan : « L’occident sous-estime la perversité de l’islam »

A l’occasion d’un séjour de 2 semaines en Australie, Dr Wafa Sultan, psychiatre, syrienne de naissance, a rencontré les dirigeants du pays. Elle les a mis en garde, estimant que les pays occidentaux devaient surveiller de près tous leurs ressortissants musulmans.
Selon elle, l’Australie et les Etats-Unis ont été abusés en étant amenés à croire qu’il existait une interprétation modérée de l’islam.

Wafa Sultan a déclaré que les musulmans subissaient un «lavage de cerveau dès le plus jeune âge, leur faisant croire que les valeurs occidentales étaient néfastes, et que le monde serait un jour soumis à la charia». Read the rest of this entry »

Un choc entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent en êtres humains.

 

Vidéo : une interview au succès planétaire

[voir le texte]

« Le choc dont nous sommes témoins dans le monde n’est pas un choc des religions ou un choc des civilisations, c’est un choc entre deux opposés, entre deux ères.

C’est un choc entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une mentalité qui appartient au XXIe siècle.
C’est un choc entre la civilisation et l’arriération, entre civilisé et primitif, entre barbarie et rationalité.
C’est un choc entre liberté et oppression, entre démocratie et dictature.
C’est un choc entre les droits de l’homme d’un côté, et leur violation d’un autre côté.
C’est un choc entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent en êtres humains.

Les musulmans doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’humanité, avant d’exiger que l’humanité les respecte

A-t’on jamais vu un seul Juif se faire sauter dans un restaurant allemand ? A-t’on vu un seul Juif détruire une église ? A-t’on vu un seul Juif s’insurger en tuant des gens ? Les Musulmans ont rendu trois statues de Bouddha à l’état de gravats ; a-t’on vu un seul Bouddhiste brûler une mosquée, tuer un Musulman ou brûler une ambassade ?

Seuls les musulmans défendent leur croyance en brûlant des églises, en tuant des personnes et en détruisant des ambassades. Cette voie ne mènera à rien.

Les musulmans doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’humanité, avant d’exiger que l’humanité les respecte ». [texte complet]

Vidéo : interview du 30/09/2006 (Télévision danoise) 

[lire le texte de l’interview]

« Je ne crois pas que l’islam puisse être réformé »

Je ne crois pas que l’islam puisse être réformé. Je n’y crois vraiment pas. Je crois que l’islam sera transformé et il faudra des chefs religieux intrépides et des gens très fin pour conduire à cette transformation. Si l’islam était transformé, alors oui, il aurait un rôle à jouer dans notre monde. [texte complet]

« Je ne crois pas qu’il y ait de musulman modéré »

 Vidéo : Wafa Sultan au sommet de l’islam laïc

Le problème de l’islam est profondément enraciné dans ses enseignements : l’islam n’est pas seulement une religion, l’islam est aussi une idéologie politique, qui prêche la violence et applique son programme par la force.

Je ne crois pas qu’il y ait de musulman modéré. Je crois qu’il y a des modérés en terme de culture, des musulmans culturels modérés, mais pas en ce qui concerne la religion. Parce qu’en islam, vous devez croire à tous les préceptes comme étant sacrés. Vous ne pouvez pas les changer, vous devez les accepter comme ils sont, sinon vous n’êtes tout simplement pas musulman.

Nous devons extirper la politique de l’islam, et confiner l’islam aux lieux de culte et aux foyers. C’est la seule solution. [texte complet]

« Les musulmans sont otages de l’islam »

En tant que musulmans, nous avons été otages de notre propre système ; depuis des siècles, nous avons été otages de notre propre prison.
Je vois la publication des caricatures comme la première fissure dans les murs de notre prison, parce que, en tant que prisonnier, il est quasiment impossible de mettre à bas les murs de notre prison. Vous avez besoin de quelqu’un à l’extérieur pour vous aider à le démolir. [texte complet]

10/14/2007

Nous sommes en guerre contre l’islam

octobre 12th, 2007 — John Doe

Traduits d’une interview de Ayaan Hirsi Ali dans le magazine Reason

Reason : Devrions-nous reconnaître que la religion a parfois déclenché des mouvements d’émancipation qui pourraient faire entrer l’islam dans la modernité ? Par exemple, l’esclavage aux Etats-Unis a été combattu par les catholiques. L’église polonaise a contribué à la défaite de Jaruzelski… Pensez-vous que l’islam pourrait être à l’origine de changements politiques et sociaux similaires ?

Hirsi Ali : Uniquement si l’islam est vaincu. Car actuellement, c’est le versant politique de l’islam, expansionniste et avide de pouvoir, qui a pris le dessus sur le soufisme et l’islam «pacifique».

Reason : Voulez-vous dire si l’islam radical est vaincu ?

Hirsi Ali : Non. L’islam tout court. Une fois qu’il sera vaincu, il pourra muter en quelque chose de pacifique. Il est extrêmement difficile de parler de paix actuellement. La paix ne les intéresse pas.

Reason : Voulez-vous dire qu’il faudrait écraser 1,5 milliards de musulmans ? Que voulez-vous dire quand vous dites qu’il faut «vaincre l’islam» ?

Hirsi Ali : Je pense que nous sommes en guerre contre l’islam. Et qu’il n’y a pas de demi-mesure dans la guerre. L’islam peut-être vaincu de différentes manières. Tout d’abord, il faut arrêter de répandre l’idéologie elle-même. Actuellement, il existe des occidentaux qui se convertissent à l’islam ; ce sont parfois les plus fanatiques. Il existe également une infiltration de l’islam dans les écoles et dans les universités. Il faut que cela soit stoppé. Il faut interdire que les symboles et les effigies [ndlr : drapeaux, croix etc…] soient brûlés. Il faut regarder les musulmans dans les yeux, bander ses muscles et dire : «Ceci est un avertissement. Nous n’acceptons plus cela». Il vient un moment où un ennemi doit tout simplement être écrasé.

Reason : Militairement ?

Hirsi Ali : De toutes les façons possibles. Et si vous ne le faites pas, il vous faudra vivre alors en vous apprêtant à être écrasé.

Reason : Allons-nous réellement vers quelque chose de si terrible ?

Hirsi Ali : Oui, je pense que c’est vers cela que nous allons. Parce que l’Occident est dans le déni de la réalité depuis longtemps. Il n’a pas répondu à certains signaux qui étaient moins forts et plus faciles à traiter. Il faut maintenant faire des choix. Voila le dilemme : l’Occident est une célébration de la vie, de la vie de tout le monde, même de celle de ses ennemis. Comment pouvez-vous être à la fois fidèle à cette philosophie et en même temps vous défendre contre un ennemi puissant qui cherche à vous détruire ?

Reason : George Bush, qui n’est pas la personne la plus conciliante que l’on connaisse, a déclaré à maintes occasions que nous ne sommes pas en guerre contre l’islam.

Hirsi Ali : Si l’homme le plus puissant de l’Occident déclare cela, alors, sans le vouloir, il laisse les islamistes radicaux penser qu’ils ont déjà gagné. Il n’existe pas d’islam modéré. Il existe des musulmans passifs, qui ne suivent pas toutes les règles de l’islam, mais il n’y a bien qu’un seul islam, défini comme la soumission à la volonté de Dieu. Et il n’y a rien de modéré en cela.

Reason : Et lorsque même un critique de l’islam aussi virulent que Daniel Pipes déclare : «L’islam radical est le problème, mais l’islam modéré est la solution», a-t’il tort ?

Hirsi Ali : Il a tort. Désolé. (…)

Reason : En Hollande, vous vouliez introduire un permis spécial pour les écoles islamiques.

Hirsi Ali : Je voulais que ces écoles disparaissent. Je voulais qu’elles soient fermées, mais mon parti a dit que cela ne serait pas voté. Les dirigeants m’ont dit en privé qu’ils étaient d’accord avec moi, mais que nous n’obtiendrions pas de majorité. Ca n’a pas abouti.

Reason : Votre proposition allait à l’encontre de la constitution hollandaise qui garantie la liberté d’enseignement des mouvements religieux. Vous battriez-vous de nouveau contre cela ?

Hirsi Ali : Absolument

Reason : Et ici aux USA, vous militez pour l’interdiction…

Hirsi Ali : l’interdiction de toutes les écoles musulmanes. Fermez-les. Cela semble extrémiste, je sais. Il y a 10 ans, les choses étaient différentes, mais maintenant le génie jihadiste est sorti de la bouteille. J’ai dit la même chose en Grande-Bretagne et en Australie, et on me répond toujours : “la constitution ne l’autorise pas”. Mais d’où viennent ces constitutions ? Il n’existait aucune école musulmane quand ces constitutions ont été rédigées. Il n’y avait pas de jihadistes. Ils ne pouvaient même pas y penser.

Les constitutions occidentales ne sont pas infaillibles. Elles sont le produit de la raison et la raison nous enseigne que l’on ne progresse que quand on analyse la situation et que l’on agit en conséquence. Aujourd’hui, les circonstances sont différentes, la menace est différente. Les constitutions peuvent être adaptées. Et parfois elles le sont. La constitution américaine a été amendée plusieurs fois. Les constitutions ne sont pas comme le coran, non négociables, intangibles et figées.

Je suggère de fermer les écoles musulmanes. Vous me répondez «non, ça n’est pas possible». Le problème que je pointe du doigt devient de plus en plus massif. Vous me dites alors «OK, nous allons les décourager d’en ouvrir.» Et malgré cela, le problème continue de prendre de l’ampleur. Et dans quelques années, la situation sera si mauvaise que vous prendrez la décision que je préconisai. Mais trop tardivement (…)

Reason : Pensez-vous que les musulmans sont mieux intégrés aux USA qu’en Europe ?

Hirsi Ali : (…) Oui, j’ai l’impression que les musulmans sont beaucoup mieux intégrés ici qu’en Europe. Etre assimilé ne veut pas dire que vous ne deviendrez pas jihadiste, mais la probabilité semble beaucoup moins forte qu’en Europe.

Tout d’abord, aux USA, il n’y pas réellement d’Etat providence. En Hollande, Mohammed Bouyeri avait tout le temps nécessaire pour préparer le meurtre de Theo Van Gogh. Aux Etats-Unis, les musulmans doivent trouver du travail. Ce qui pousse les gens à s’assimiler ici, c’est parce que c’est cela qu’on exige d’eux. Les gens ne sont pas chouchoutés par le gouvernement et les allocations.

Il existe une forte culpabilité aux Etats-Unis, mais elle est liée aux noirs américains et aux indiens, pas aux musulmans ou aux autres immigrés. L’américain moyen ne fait pas de différence entre les immigrés, qu’ils viennent de Chine, du Vietnam ou de pays musulmans.

La culpabilité en Europe est très différente. Elle se réfère au colonialisme, à l’apartheid en Afrique du Sud, à l’holocauste… La situation est beaucoup plus complexe, et les européens sont plus réticents quand il s’agit de dire «non» aux immigrés.

Les immigrés musulmans ne sont pas venus en Europe avec l’idée de s’assimiler : ils sont d’abord venus pour travailler, gagner de l’argent et repartir. Les générations suivantes sont venues non pas pour travailler mais pour profiter de l’Etat-providence et des allocations de toutes sortes. L’assimilation ne les préoccupe pas vraiment. (…)

Reason : le mot «tolérance» est probablement l’un des plus importants pour définir la façon dont les hollandais se voient eux-mêmes. Cela fait qu’il est très facile quand l’on est critiqué de se dire victime d’intolérance, et de là, discriminé, ou victime d’islamophobie, ou de racisme…

Hirsi Ali : Il faut revenir au sens premier du mot «tolérance». Il signifiait que l’on pouvait être en désaccord, mais sans recourir à la violence. Cela impliquait une réflexion critique sur soi, cela ne voulait pas dire tolérer l’intolérance. Cela signifiait aussi un haut degré de liberté individuelle.

Puis les musulmans sont arrivés. Et ils n’avaient pas grandi avec cette compréhension de la tolérance. Très vite, la tolérance s’est retrouvé redéfinie par le «multi-culturalisme» et l’idée que toutes les cultures et toutes les religions sont égales.

Cela a créé de grandes attentes parmi les musulmans. On leur a dit qu’ils pouvaient conserver leur propre culture, leur religion etc… Et le vocabulaire s’est rapidement transformé et désormais, si vous critiquez une personne de couleur, vous êtes raciste, et si vous critiquez l’islam, vous êtes islamophobe.

Reason : Le corollaire du mot «tolérance» est probablement «respect». Le supposé manque de respect est devenu un abcès de fixation entre l’islam et l’occident. (…) Pensez-vous que c’est cela que les musulmans veulent réellement, du respect ?

Hirsi Ali : Cela n’a rien à voir avec le respect. Cela a à voir avec le pouvoir. L’islam est une idéologie politique. Mais je pense qu’en réalité, le problème n’est pas l’islam. C’est l’Occident le problème. L’Occident est persuadé que son système est invincible, que tout le monde se modernisera de toute façon, que ce que l’on voit dans les pays musulmans est une demande de respect. Ou que c’est à cause de la pauvreté, ou de la colonisation, ou que sais-je encore…

Cette idée occidentale qui veut que si nous les «respectons», ils nous respecterons, que si nous sommes conciliants ou accommodants, le problème disparaîtra, est un leurre.

Le problème [de l’islam] ne disparaitra pas. Affrontez-le, où il deviendra de plus en plus massif. [lire toute l’interview en anglais]

10/11/2007

'The Trouble Is the West'

Ayaan Hirsi Ali on Islam, immigration, civil liberties, and the fate of the West.

| November 2007

It was a heinous murder that made the best-selling memoirist Ayaan Hirsi Ali internationally famous, but she was neither the victim nor the perpetrator. The corpse was that of Theo van Gogh, a writer and filmmaker who in November 2004 was stabbed, slashed, and shot on an Amsterdam street by a Dutch-born Muslim extremist of Moroccan descent.

The assassin, driven to rage by Submission, a short film Van Gogh had made about the poor treatment of women under Islam, left no doubt about his motives. A letter he pinned to his victim’s chest with a knife was a call to jihad. It was also a death threat against Ayaan Hirsi Ali, a member of the Dutch parliament. She had persuaded Van Gogh to make Submission and had written the movie’s script.

Then 35, Hirsi Ali had already seen plenty of turmoil. She had endured a heavily religious upbringing in Somalia, Saudi Arabia, and Kenya, including a brutal circumcision to keep her “pure.” She chafed under the yoke of an embittered and sometimes violent mother and longed for a father who was perennially absent—often imprisoned or in hiding, due to his opposition to the Somali dictator Siad Barré.

In July 1992, Hirsi Ali defied her family’s wishes, refusing to marry the man to whom her father had betrothed her. She fled Kenya for the Netherlands, gaining refugee status and finding employment as a cleaning woman and a factory worker. She assimilated quickly, learning perfect Dutch and studying political science, a choice that led to a job as an analyst at the Labor Party’s think tank. There, to the consternation of her bosses, who had been courting the Muslim vote, Hirsi Ali worried out loud about Holland’s ever-burgeoning immigrant community and the rising tensions between Muslims and the native Dutch.

In Rotterdam, the Netherlands’ second-largest city, immigrants—mostly Muslims from Morocco and Turkey—had become a majority, with Amsterdam well on its way to a similar demographic sea change. That might not have been a problem, Hirsi Ali argued publicly, if the Dutch had only encouraged the newcomers to embrace the country’s culture the way she had. But the country’s multiculturalist mind-set, paired with the national inclination to tolerate almost any form of behavior, had led to minorities’ ghettoization and to a certain lawlessness. Dutch Muslims were largely content to stay in the neighborhoods they formed together, Hirsi Ali observed. Raised on a steady diet of Islamic preaching and Middle Eastern and North African satellite TV channels, many of them rejected the Dutch way of life as hedonistic, even sinful.

Hirsi Ali wasn’t shy about mentioning the Muslim community’s self-imposed insularity, or the crime wave involving disproportionate numbers of second- and third-generation Dutch Moroccans. But mostly she agitated against the oppression of local Muslim women by male family members: forced marriages, denial of education opportunities, domestic slave labor, and, in some horrific cases, honor killings. By extension, she criticized the native Dutch for turning a blind eye to the injustices in their midst, and for tolerating those who themselves refused to tolerate alternative lifestyles.

It was a shock and a revelation to see a young, black, Muslim woman championing causes previously associated with middle-aged white male pundits who had often been dismissed as racists or Islamophobes. Hirsi Ali’s star rose quickly, especially after she accepted an offer from the VVD, Holland’s pro-market party, to run for parliament. By then, she was receiving a stream of death threats from radical Dutch Muslims and their sympathizers. Once she won her parliamentary seat, the hate mail intensified. A security detail shadowed her everywhere. Van Gogh’s murder proved the threat was all too real.

Throughout her parliamentary career, which lasted from 2003 to 2006, Hirsi Ali reaped both praise and controversy. She continued writing and speaking out in favor of free speech and the right to offend. 2004 was an especially turbulent year both privately and publicly. In May she swore off Islam and all religion. Van Gogh’s assassination made her internationally famous, and she garnered a spot on Time’s list of the 100 most influential people in the world and a European of the Year Award from the European editors of Reader’s Digest. Even the readers of De Volkskrant, a newspaper that had long embraced unfettered multiculturalism, were enthralled: They chose Hirsi Ali as their Dutch Person of the Year at the end of 2004.

In May and June of last year, a tempest in a teacup erupted over her alleged truth-twisting at the time of her Dutch asylum application. (She allegedly used false biographical data.) Hirsi Ali had already decided to move on. The publication of her autobiography, Infidel, was imminent. Early whispers about a resident fellow position with the American Enterprise Institute, a conservative think tank in Washington, D.C., turned out to be correct. Hirsi Ali moved to America, and she joined the institute in the fall of last year.

In June, Hirsi Ali talked with the Dutch-born journalist Rogier van Bakel in Washington, D.C. Comments can be sent to letters@reason.com.
Reason: Tell me how you came to the United States and the American Enterprise Institute.

Ayaan Hirsi Ali: I was a member of parliament back in the Netherlands, and my party asked if I wanted to run for the next elections, in 2007. I declined. Prime Minister Jan Peter Balkenende’s cabinet was very precarious anyway; every two or three weeks we thought the government would fall, which would mean elections, which would force all of us members of parliament to think about what we were going to do next. So I had already decided I didn’t want to run for elections, and wanted instead to go back to being a scholar. Cynthia Schneider, who was then the U.S. ambassador to the Netherlands, said she’d be delighted to take me around in the United States and introduce me—to the Brookings Institution, the Johns Hopkins Institute, Georgetown University, the RAND Corporation. I balked at paying a visit to the American Enterprise Institute, though.

Reason: Why the initial aversion?

Hirsi Ali: Because I thought they would be religious, and I had become an atheist. And I don’t consider myself a conservative. I consider myself a classical liberal.

Anyway, the Brookings Institution did not react. Johns Hopkins said they didn’t have enough money. The RAND Corporation wants its people to spend their days and nights in libraries figuring out statistics, and I’m very bad at statistics. But at AEI they were enthusiastic. It turns out that I have complete freedom of thought, freedom of expression. No one here imposed their religion on me, and I don’t impose my atheism on them.

Reason: Do you see eye to eye with high-profile AEI hawks such as former Bush speechwriter David Frum and former U.N. Ambassador John Bolton?

Hirsi Ali: Most of the time I do. For instance, I completely and utterly agree with John Bolton that talking to Iran is a sheer waste of time.

When I was with the Labor Party, I’d get into trouble because the party bosses determined that some of what I wrote, or proposed to write about, wasn’t conducive to their policies or to electoral success. But at AEI there are no such restraints. As long you can argue it with some intelligence, no one interferes.

Reason: Religion is hardly inconsequential in European politics, but it’s virtually a prerequisite for electability here: If you’re not devout, forget about it; you won’t be elected to public office.

Hirsi Ali: I’m not going to become president, and I’m not going to run for Congress. Your Constitution doesn’t allow it. [Laughs.]

Reason: But do you feel at all uncomfortable with that heavy emphasis on religion in American public life?

Hirsi Ali: Yes. And the good thing is—and that’s what I’ve tried to tell all my European friends—I’m allowed to say so.

I think that it’s a great mistake for this country to reject a very good atheist. I mean, when you have two candidates, and one is an atheist and the other is a religious person and the atheist would make the better public official, it’s a great loss not to elect him. Anyway, atheists here can forward their agenda and fight back safely without risking violence.

I accept that there are multitudes seeking God, seeking meaning, and so on, but if they reject atheism, I would rather they became modern-day Catholics or Jews than that they became Muslims. Because my Catholic and Jewish colleagues are fine. The concept of God in Jewish orthodoxy is one where you’re having constant quarrels with God. Where I come from, in Islam, the only concept of God is you submit to Him and you obey His commands, no quarreling allowed. Quarreling or even asking questions means you raise yourself to the same level as Him, and in Islam that’s the worst sin you can commit. Jews should be proselytizing about a God that you can quarrel with. Catholics should be proselytizing about a God who is love, who represents a hereafter where there’s no hell, who wants you to lead a life where you can confess your sins and feel much better afterwards. Those are lovely concepts of God. They can’t compare to the fire-breathing Allah who inspires jihadism and totalitarianism.

Reason: In Infidel, you point out many positive religious experiences you had as a Muslim. For instance, you describe Mecca’s Grand Mosque as a place of vastness and beauty. You praise the kindness that you experienced there, a sense of community, a lack of prejudice. Are there times when you miss that aspect of being a practicing believer?

Hirsi Ali: I’d love to go and visit the Mosque in Mecca again, just for the sheer beauty of it, not for God—much the way a non-Catholic might go to Vatican City because of the beauty of the buildings and the artifacts. There’s a sense of calm in such places that’s wonderful, and there’s the awe you feel because of what humanity can accomplish.

But do I miss the religious experience? The feelings of belonging and family and community were powerful, but the price in terms of freedom was too high. In order to be able to live free, I’ve accepted living with the pain of missing my family. As for community, I experienced a very deep sense of community with my friends in Holland.

Reason: Should we acknowledge that organized religion has sometimes sparked precisely the kinds of emancipation movements that could lift Islam into modern times? Slavery in the United States ended in part because of opposition by prominent church members and the communities they galvanized. The Polish Catholic Church helped defeat the Jaruzelski puppet regime. Do you think Islam could bring about similar social and political changes?

Hirsi Ali: Only if Islam is defeated. Because right now, the political side of Islam, the power-hungry expansionist side of Islam, has become superior to the Sufis and the Ismailis and the peace-seeking Muslims.

Reason: Don’t you mean defeating radical Islam?

Hirsi Ali: No. Islam, period. Once it’s defeated, it can mutate into something peaceful. It’s very difficult to even talk about peace now. They’re not interested in peace.

Reason: We have to crush the world’s 1.5 billion Muslims under our boot? In concrete terms, what does that mean, “defeat Islam”?

Hirsi Ali: I think that we are at war with Islam. And there’s no middle ground in wars. Islam can be defeated in many ways. For starters, you stop the spread of the ideology itself; at present, there are native Westerners converting to Islam, and they’re the most fanatical sometimes. There is infiltration of Islam in the schools and universities of the West. You stop that. You stop the symbol burning and the effigy burning, and you look them in the eye and flex your muscles and you say, “This is a warning. We won’t accept this anymore.” There comes a moment when you crush your enemy.

Reason: Militarily?

Hirsi Ali: In all forms, and if you don’t do that, then you have to live with the consequence of being crushed.

Reason: Are we really heading toward anything so ominous?

Hirsi Ali: I think that’s where we’re heading. We’re heading there because the West has been in denial for a long time. It did not respond to the signals that were smaller and easier to take care of. Now we have some choices to make. This is a dilemma: Western civilization is a celebration of life—everybody’s life, even your enemy’s life. So how can you be true to that morality and at the same time defend yourself against a very powerful enemy that seeks to destroy you?

Reason: George Bush, not the most conciliatory person in the world, has said on plenty of occasions that we are not at war with Islam.

Hirsi Ali: If the most powerful man in the West talks like that, then, without intending to, he’s making radical Muslims think they’ve already won. There is no moderate Islam. There are Muslims who are passive, who don’t all follow the rules of Islam, but there’s really only one Islam, defined as submission to the will of God. There’s nothing moderate about it.

Reason: So when even a hard-line critic of Islam such as Daniel Pipes says, “Radical Islam is the problem, but moderate Islam is the solution,” he’s wrong?

Hirsi Ali: He’s wrong. Sorry about that.

Reason: Explain to me what you mean when you say we have to stop the burning of our flags and effigies in Muslim countries. Why should we care?

Hirsi Ali: We can make fun of George Bush. He’s our president. We elected him. And the queen of England, they can make fun of her within Britain and so on. But on an international level, this has gone too far. You know, the Russians, they don’t burn American flags. The Chinese don’t burn American flags. Have you noticed that? They don’t defile the symbols of other civilizations. The Japanese don’t do it. That never happens.

Reason: Isn’t that a double standard? You want us to be able to say about Islam whatever we want—and I certainly agree with that. But then you add that people in Muslim countries should under all circumstances respect our symbols, or else.

Hirsi Ali: No, no, no.

Reason: We should be able to piss on a copy of the Koran or lampoon Muhammad, but they shouldn’t be able to burn the queen in effigy. That’s not a double standard?

Hirsi Ali: No, that’s not what I’m saying. In Iran a nongovernmental organization has collected money, up to 150,000 British pounds, to kill Salman Rushdie. That’s a criminal act, but we are silent about that.

Reason: We are?

Hirsi Ali: Yes. What happened? Have you seen any political response to it?

Reason: The fatwa against Rushdie has been the subject of repeated official anger and protests since 1989.

Hirsi Ali: I don’t know. The British sailors who were kidnapped this year—what happened? Nothing happened. The West keeps giving the impression that it’s OK, so the extremists will get away with it. Saudi Arabia is an economic partner, a partner in defense. On the other hand, they—Saudi Arabia, wealthy Saudi people—spread Islam. They have a sword on their flag. That’s the double standard.

Reason: I want my government to protest the Rushdie fatwa. I’m not so sure they ought to diplomatically engage some idiots burning a piece of cloth or a straw figure in the streets of Islamabad. Isn’t there a huge difference between the two?

Hirsi Ali: It’s not just a piece of cloth. It’s a symbol. In a tribal mind-set, if I’m allowed to take something and get away with it, I’ll come back and take some more. In fact, I’ll come and take the whole place, especially since it’s my holy obligation to spread Islam to the outskirts of the earth and I know I’ll be rewarded in heaven. At that point, I’ve only done my religious obligation while you’re still sitting there rationalizing that your own flag is a piece of cloth.

We have to get serious about this. The Egyptian dictatorship would not allow many radical imams to preach in Cairo, but they’re free to preach in giant mosques in London. Why do we allow it?

Reason: You’re in favor of civil liberties, but applied selectively?

Hirsi Ali: No. Asking whether radical preachers ought to be allowed to operate is not hostile to the idea of civil liberties; it’s an attempt to save civil liberties. A nation like this one is based on civil liberties, and we shouldn’t allow any serious threat to them. So Muslim schools in the West, some of which are institutions of fascism that teach innocent kids that Jews are pigs and monkeys—I would say in order to preserve civil liberties, don’t allow such schools.

Reason: In Holland, you wanted to introduce a special permit system for Islamic schools, correct?

Hirsi Ali: I wanted to get rid of them. I wanted to have them all closed, but my party said it wouldn’t fly. Top people in the party privately expressed that they agreed with me, but said, “We won’t get a majority to do that,” so it never went anywhere.

Reason: Well, your proposal went against Article 23 of the Dutch Constitution, which guarantees that religious movements may teach children in religious schools and says the government must pay for this if minimum standards are met. So it couldn’t be done. Would you in fact advocate that again?

Hirsi Ali: Oh, yeah.

Reason: Here in the United States, you’d advocate the abolition of—

Hirsi Ali: All Muslim schools. Close them down. Yeah, that sounds absolutist. I think 10 years ago things were different, but now the jihadi genie is out of the bottle. I’ve been saying this in Australia and in the U.K. and so on, and I get exactly the same arguments: The Constitution doesn’t allow it. But we need to ask where these constitutions came from to start with—what’s the history of Article 23 in the Netherlands, for instance? There were no Muslim schools when the constitution was written. There were no jihadists. They had no idea.

Reason: Do you believe that the U.S. Constitution, the Bill of Rights—documents from more than 200 ago—ought to change?

Hirsi Ali: They’re not infallible. These Western constitutions are products of the Enlightenment. They’re products of reason, and reason dictates that you can only progress when you can analyze the circumstances and act accordingly. So now that we live under different conditions, the threat is different. Constitutions can be adapted, and they are, sometimes. The American Constitution has been amended a number of times. With the Dutch Constitution, I think the latest adaptation was in 1989. Constitutions are not like the Koran—nonnegotiable, never-changing.

Look, in a democracy, it’s like this: I suggest, “Let’s close Muslim schools.” You say, “No, we can’t do it.” The problem that I’m pointing out to you gets bigger and bigger. Then you say, “OK, let’s somehow discourage them,” and still the problem keeps on growing, and in another few years it gets so bad that I belatedly get what I wanted in the first place.

I respect that it needs to happen this way, but there’s a price for the fact that you and I didn’t share these insights earlier, and the longer we wait, the higher the price. In itself the whole process is not a bad thing. People and communities and societies learn through experience. The drawback is, in this case, that “let’s learn from experience” means other people’s lives will be taken.

Reason: When I read Ian Buruma’s review of your book in The New York Times, I felt he wasn’t being fair to you when he wrote that you “espouse an absolutist way of a perfectly enlightened west at war with the demonic world of Islam.” But maybe that’s a pretty apt description of what you believe.
Hirsi Ali: No, that’s not fair. I don’t think that the West is perfect, and I think that standing up and defending modern society from going back to the law of the jungle is not being absolutist.

I don’t know what Buruma saw when he went to Holland [to research Theo van Gogh’s assassination for his book Murder in Amsterdam], but Theo rode to work on his bicycle one morning, and a man armed with knives and guns took Theo’s life in the name of his God—and that same man, Mohammed Bouyeri, wasn’t born believing that. The people who introduced this mind-set to Bouyeri took advantage of the notion of freedom of religion and other civil liberties.

Samir Azouz, another young man in Holland convicted of terrorist plotting, attended a fundamentalist Muslim school in Amsterdam which is still open. He had maps of the Dutch parliament. He wanted to kill me and other politicians. He wanted to cause murder and mayhem congruent with the set of beliefs that he was taught in school using Dutch taxpayers’ money. Now go back in time a little. Isn’t it extremely cruel when you put yourself in the shoes of that little boy? He was just going to an officially recognized school in a multicultural society. Everyone approved—and now he’s being punished for it. He’s in jail.

Reason: One of the things in your book that struck me was that many of the women in the book made religious choices that seemed entirely free. Your childhood teacher, Sister Aziza, chose to cover herself “to seek a deeper satisfaction of pleasing God.” You described dressing in an ankle-length black cloak yourself, and how it made you feel sensuous and feminine and desirable and like an individual. There’s also the scene where many women in your own Somali neighborhood, including your mother, began dressing in burkas and jilbabs after encountering a preacher named Boqol Sawm. You and they apparently did so of their free will, without any obvious coercion. So what’s the problem with that?

Hirsi Ali: I really thought Sister Aziza was convincing, and I wanted to be like her. And she talked about God and hell and heaven in a way I hadn’t heard before. My mother would only scream, “Pray, it’s time to pray!” without ever explaining why. Sister Aziza wasn’t doing that.

But she did teach us to hate Jews. I must confess to a deep emotional hatred I felt for Jews as a 15-, 16-, 17-year-old living in Kenya. You almost can’t help it; you become part of something bigger. I think that’s how totalitarian movements function and that’s what’s wrong with them. You lose your faculty of reason. You’re told, “Don’t think for yourself. Just follow the leader.”

“Hate people.” OK. “Kill people.” OK, fine.

Reason: But I don’t think that you, at the time, would have said that you had lost your faculty of reason. Nor would your mother have copped to that. You and the other women believed you were all making a perfectly free, rational choice to dress religiously. And why not?

Hirsi Ali: Boqol Sawm is a Somali man who was offered a scholarship to go to Medina to learn true Islam. He was indoctrinated in Medina, and then he was sent with a message to go out and be a missionary, and that’s what he was doing and he did it voluntarily. No one kidnapped him. And he convinced a lot of people.

Reason: Isn’t it all in the eye of the beholder? When you say he was indoctrinated, he would say, “I was enlightened. I was gaining knowledge of my one true faith.”

Hirsi Ali: I agree with you. When I was with Sister Aziza I thought I was being enlightened. I wasn’t aware of all the terms that we are using now: fundamentalism, radical Islam, jihadism, and so on. We were simply true and pure Muslims. We were seeking to live as true Muslims, practicing true Islam, which you find in the Koran. But it’s a problematic ideology because it demands subservience to Allah, not just from believers but from everyone.

Reason: Having lived in the United States for about a year now, do you find that Muslims in the United States have by and large integrated better here than they have in Europe?

Hirsi Ali: Since I moved here, I’ve spent most of my time in airports, in airplanes, in waiting rooms, in hotels, doing promotion for Infidel all over the world, so the amount of time I’ve actually lived in the U.S. is very small. But yes, I have the impression that Muslims in the United States are far more integrated than Muslims in Europe. Of course, being assimilated doesn’t necessarily mean that you won’t be a jihadist, but the likelihood of Muslims turning radical here seems lower than in Europe.

For one thing, America doesn’t really have a welfare system. Mohammed Bouyeri had all day long to plot the murder of Theo van Gogh. American Muslims have to get a job. What pushes people who come to America to assimilate is that it’s expected of them. And people are not mollycoddled by the government.

There’s a lot of white guilt in America, but it’s directed toward black Americans and native Indians, not toward Muslims and other immigrants. People come from China, Vietnam, and all kinds of Muslim countries. To the average American, they’re all fellow immigrants.

The white guilt in Germany and Holland and the U.K. is very different. It has to do with colonialism. It has to do with Dutch emigrants having spread apartheid in South Africa. It has to do with the Holocaust. So the mind-set toward immigrants in Europe is far more complex than here. Europeans are more reticent about saying no to immigrants.

And by and large, Muslim immigrants in Europe do not come with the intention to assimilate. They come with the intention to work, earn some money, and go back. That’s how the first wave of immigrants in the Netherlands was perceived: They would just come to work and then they’d go away. The newer generations that have followed are coming not so much to work and more to reap the benefits of the welfare state. Again, assimilation is not really on their minds.

Also, in order to get official status here in the U.S., you have to have an employer, so it’s the employable who are coming. The Arabs who live here came as businessmen, and a lot of them come from wealthy backgrounds. There are also large communities of Indian and Pakistani Muslims, who tend to be very liberal. Compare that to the Turks in Germany, who mostly come from the poor villages of Anatolia. Or compare it to the Moroccans in the Netherlands, who are for the most part Berbers with a similar socio-economic background. It’s a completely different set of people.

And finally, there’s the matter of borders. In America, Muslim immigrants typically pass through an airport, which means the Americans have a better way of controlling who comes in—a far cry from Europe’s open borders. Forty years ago, when Europe began talking about lifting borders between countries to facilitate the free traffic of goods and labor, they weren’t thinking about waves of immigrants. They thought of Europe as a place people left. America, on the other hand, has always been an immigration nation, with border controls that have been in place for a long time. I know the southern border is difficult to monitor, but for Arab Muslims and Pakistanis coming to America, it’s very hard to enter illegally.

Without passing any moral judgment, those are the differences between the two places.

Reason: Are you concerned about the efficacy of your message? Do you worry that, at least in the short term, you have exacerbated the miserable treatment of women under much of mainstream Islam by prompting moderate Muslims to turn inward to their religion because they really don’t want to follow the path of the apostate Hirsi Ali?

Hirsi Ali: Young men now want to become terrorists in response to something I’ve written, that sort of thing? I don’t think that is the case. If we continue that reasoning, we’ll never scrutinize anything. Can we ever write? Can we ever criticize anything?

Reason: You write in your book that you would never have voted for Pim Fortuyn, the murdered leader of an anti-immigration party who had been considered a candidate for the Dutch prime ministership. I wonder what ideological differences you had with him.

Hirsi Ali: It wasn’t an ideological difference I had with Pim Fortuyn. In the Netherlands, new parties provoke change; they’re shock parties. They don’t carry out policies. Also, Fortuyn had no experience and had an explosive temper. Don’t get me wrong; he would have been a wonderful addition to the Dutch parliament, because rhetorically he was far stronger than all the other candidates. But I don’t think he really wanted to become prime minister. He was only joking.

Reason: He was?

Hirsi Ali: I think he was. He was a flamboyant hedonist. To be a prime minister, you sleep about four hours a night. So anyway, I wouldn’t have voted for him. I’ve always voted for the establishment.

Reason: You don’t sound like an establishment-supporting kind of person. You’re supposed to be a big rebel.

Hirsi Ali: Yeah, but there are rebels and rebels. There are rebels who are always against something, like the Socialist Party in the Netherlands. To them, rebelling itself is the aim. That’s where they get their thrill from. But I’m rebelling for something. I want something to be established.

Reason: Tolerance is probably the most powerful word there is in the Netherlands. No other word encapsulates better what the Dutch believe really defines them. That makes it very easy for people to say that when they’re being criticized, they’re not being tolerated—and from there it’s only a small step to saying they’re being discriminated against or they’re the victims of Islamophobia or racism or what have you.

Hirsi Ali: We have to revert to the original meaning of the term tolerance. It meant you agreed to disagree without violence. It meant critical self-reflection. It meant not tolerating the intolerant. It also came to mean a very high level of personal freedom.

Then the Muslims arrived, and they hadn’t grown up with that understanding of tolerance. In short order, tolerance was now defined by multiculturalism, the idea that all cultures and religions are equal. Expectations were created among the Muslim population. They were told they could preserve their own culture, their own religion. The vocabulary was quickly established that if you criticize someone of color, you’re a racist, and if you criticize Islam, you’re an Islamophobe.

Reason: The international corollary to the word tolerance is probably respect. The alleged lack of respect has become a perennial sore spot in relations between the West and Islam. Salman Rushdie receiving a British knighthood supposedly signified such a lack of respect, as did the Danish cartoons last year, and many other things. Do you believe this is what Muslims genuinely crave—respect?
Hirsi Ali: It’s not about respect. It’s about power, and Islam is a political movement.
Reason: Uniquely so?
Hirsi Ali: Well, it hasn’t been tamed like Christianity. See, the Christian powers have accepted the separation of the worldly and the divine. We don’t interfere with their religion, and they don’t interfere with the state. That hasn’t happened in Islam.
But I don’t even think that the trouble is Islam. The trouble is the West, because in the West there’s this notion that we are invincible and that everyone will modernize anyway, and that what we are seeing now in Muslim countries is a craving for respect. Or it’s poverty, or it’s caused by colonization.
The Western mind-set—that if we respect them, they’re going to respect us, that if we indulge and appease and condone and so on, the problem will go away—is delusional. The problem is not going to go away. Confront it, or it’s only going to get bigger.

Rogier van Bakel is a freelance journalist and runs the blog Nobody's Business.

10/10/2007

Ex-moslim Wafa Sultan ’Er is geen beschaving in de islamitische geschiedenis

Bron : De Pers Ik vind dat de islam niet als geloof moet worden behandeld

Wafa Sultan is een 59-jarige Amerikaanse psychiater, geboren en getogen in Syrië. Ze woont nu achttien jaar in Amerika. Na de aanslagen van 11 september 2001 begaf ze zich geregeld in het politieke debat over de islam en geweld, maar werd pas beroemd na een geruchtmakend interview op de Arabische zender Al Jazeera. Ze trok hierin fel van leer tegen een imam. Haar ster is sindsdien rijzende. Time Magazine riep haar uit tot een van de invloedrijkste mensen van 2006.
Ik word zachtjes op mijn schouder getikt. Een forse, blanke man vraagt op gedempte toon of ik op iemand zit te wachten. Geschrokken van deze onverwachte benadering zeg ik dat ik om twaalf uur op deze plek (lobby van een chique hotel in een kleine gemeente in Californië) een afspraak met Wafa Sultan heb. Of ik een wapen bij me draag, vraagt hij, alsof mijn antwoord ook ja had kunnen zij
Nadat hij met zijn collega de hotelkamer waar het interview plaats zou hebben, bekeken én afgekeurd heeft, regelen ze een grote vergaderzaal. Een van de mannen blijft het hele interview in de kamer zitten. Welkom in de wereld van een van de felste criticasters van de islam, de Syrisch-Amerikaanse psychiater Wafa Sultan, voor wie dit soort veiligheidsmaatregelen inmiddels bij het dagelijkse leven hoort.
De naam Geert Wilders, noch een beschrijving van zijn kapsel, zegt haar iets. Maar als ze over zijn oproep tot een verbod op de Koran hoort, zegt ze: ‘Oh ja, daar heb ik inderdaad van gehoord. Die man heeft helemaal gelijk! Vroeger riep ik dat de westerse regeringen meer druk op islamitische regeringen moesten uitoefenen om hun schoolboeken te veranderen, omdat die bol staan van haatdragende teksten. Maar dat heeft geen zin meer omdat het Westen nu toestaat dat hier ook islamitisch onderwijs gegeven wordt. En dat is een zeer, zeer grote fout. De dreiging die van de islam in het Westen uitgaat, is veel serieuzer dan het Westen zich realiseert.’

Beschrijft u die dreiging eens?

‘Vertel mij nu eens wat de islam ons leert? Niets dan haat dragen. Wie niet in de islam gelooft, moet gedood worden. Van jongs af aan worden we [de moslims, red.] gehersenspoeld over onze missie op aarde: vechten voor de islam. Dat stelt de Koran duidelijk: doden of gedood worden. Ik vind dus niet dat de islam een geloof is. Het moet ook niet als een geloof behandeld worden, het is een politieke ideologie die haat verkondigt.’

En hoe zit het met de mensen die zeggen dat de islam een boodschap van vrede is?

‘Óf ze misleiden anderen óf ze weten weinig over de islam. U bent waarschijnlijk bekend met het principe van ‘Al Takiyya’. Het betekent dat moslims mogen misleiden en liegen om hun doel te bereiken.’
In uw beroemde interview op Al Jazeera zegt u dat er geen sprake is van een ‘botsing van beschavingen’? Wat bedoelde u daarmee?
‘Wat zijn onze criteria om een beschaving te definiëren? Waar vind je beschaving in de islamitische wereld? Ze beschouwen zichzelf als beschaafd terwijl ze het niet zijn. Er is geen beschaving in de islamitische geschiedenis!’

In Iran had je toch een grote beschaving...

‘Het was een Perzische beschaving. Dat is iets anders. En de Iraniërs zijn heel trots op hun pre-islamitische beschaving en de islam maakte dat helemaal kapot. De Iraniërs werden gedwongen om in de islam te geloven. Moslims hebben nooit voor de islam kunnen kiezen, omdat het [verspreiden van het geloof, red.] middels landverovering ging.’
Gelooft u in een reformatie van de islam?
‘Nee, ik denk niet dat we de islam kunnen reformeren. Het concept reformatie stamt uit de Middeleeuwen en het betekent ‘teruggaan naar de wortel’ en het vasthouden daaraan. Toen de christenen teruggingen naar huns roots, werden ze met het Nieuwe Testament en het leven van Jezus geconfronteerd. Maar als moslims teruggaan naar hun roots, zien ze de Koran en het leven van Mohammed. Bent u bekend met het leven van Mohammed? Het is één groot trauma! Het is werkelijk schokkend. Ik geloof dat de islamitische reformatie op dit moment gaande is en dat is wat Osama Bin Laden doet. Hij gaat terug naar de wortels van de islam. Osama Bin Laden is een reformist.’

Maar hoe zit het dan met het moderniseren van de islam?

‘Hoe kun je het leven van Mohammed moderniseren?! In onze schoolboeken stond een bekend verhaal: Mohammed onthoofdde in één nacht achthonderd joden en sliep vervolgens met een joodse vrouw nadat hij haar vader, broeder en man had vermoord. Hoe kun je dit verhaal reformeren? Nou?! Wat is de morele les die we onze kinderen vertellen door hun te dwingen om dit soort levensbeschrijvingen te lezen? Het is een zeer beangstigend verhaal voor de menselijke geest.’
Misschien moet je het in de culturele context van de tijd plaatsen?
‘Het probleem is dat de Koran duidelijk zegt dat Mohammed een rolmodel voor iedere moslim moet zijn en geloof het of niet: Mohammed is sindsdien een rolmodel geweest. Je mag hem niet bekritiseren, maar dient in zijn voetsporen te treden. Naar mijn mening is Osama Bin Laden de ware moslim, omdat hij het leven van Mohammed kopieert.’

En hoe zit het met de gematigde moslims? Heeft u daar vertrouwen in?

Als je met gematigd bedoelt dat mensen weigeren zich met terroristische acties in te laten, dan is de meerderheid van de moslims gematigd. Maar als je met gematigd mensen bedoelt die geen terrorisme plegen én ook actie ondernemen om het te stoppen, dan slinkt die meerderheid snel en wordt het een heel kleine minderheid. Hoe vaak hoor je moslims zich uitspreken tegen Osama Bin Laden en het terrorisme? Niet echt vaak. En ik geloof dat diegenen die zich gematigd noemen, vooral de niet-Arabische moslims, niet veel over de islam weten. Inderdaad, je kunt ze gematigd noemen in de zin dat ze matige kennis over de islam hebben. Om de islam volledig te begrijpen, moet je goed Arabisch kunnen schrijven en lezen. Ik heb de Koran altijd bij me en welke vertaling je ook leest, het gaat om de vertaling van de betekenis, maar niet om woord bij woord. Bovendien, iedereen die de Koran vertaalt, probeert heel politiek correct te zijn. De Koran in het Arabisch is anders dan in welke taal dan ook.’

Is er iets fundamenteel mis met de islam?

‘Ja, absoluut. Het gaat om de houding jegens ‘de anderen’. Het is je missie als moslim op aarde om de islam met het zwaard te verspreiden: moslims worden gehersenspoeld en denken dat de islam ooit de hele wereld gaat veroveren. En hun missie is om dat proces te bespoedigen. Op de Saoedische vlag staat een zwaard. Het statement daarboven zegt: ‘Er is geen God dan Allah en Mohammed is Zijn boodschapper’. Als de vlag de ziel van een land moet vertegenwoordigen, welke boodschap gaat er dan van deze vlag uit?’

Maar op de vlag van sommige Noord-Europese landen staat toch ook vaak een kruis?

‘Dat is prima. Ik heb ook geen moeite met Allah of Mohammed op een vlag. Een davidsster of een halvemaan op een vlag, dat maakt me niets uit. Maar de relatie tussen Mohammed en het zwaard, daar maak ik me zorgen over.’
Gaat het nu om de islam of om de wijze waarop de moslims de islam gebruiken?

‘Nee, de islam is het probleem en niet de manier waarop mensen de islam interpreteren. In de Koran staat: ‘Ik zal angst in de harten van de ongelovigen slaan, en hun harten en hun vingertoppen zal ik vernietigen’. Als je je volgelingen vraagt om hoofden af te kappen, hoe kun je dat aan je kinderen op een vredelievende manier uitleggen?’

Je ziet zulke zinnen ook in de Thora en in de Bijbel.

‘De mensheid wordt op dit moment geconfronteerd met een probleem, eigenlijk een crisis: de islam. En niet met het judaïsme of christendom. De wereld heeft geen problemen met de joden, waarom zouden we ons daar druk over maken? Joden zijn maar met vijftien miljoen mensen op deze wereld. Maar als slechts twee procent van de moslims radicaliseert, zal de hele wereld een crisis beleven. Ik ben ervan overtuigd dat elk geloof een slechte kant kent. Net als bij een ziekte. Als ik tegen je zeg dat een patiënt van me verkouden is, dan zeg ik dat die patiënt ‘ziek’ is, toch? Maar als hij terminale hersenkanker heeft, zeg ik nog steeds dat hij ‘ziek’ is. Toch is er een groot verschil tussen de twee patiënten.’
En wat heeft de islam?
‘De terminale fase van hersenkanker! Je kunt het behandelen noch genezen.’
Dit is toch een heel trieste boodschap van u?
‘Het is inderdaad triest. De waarheid is altijd triest. We vinden het altijd moeilijk om die onder ogen te zien.’

Hoe ziet u het in de westerse landen waar vele moslims wonen?

‘De hele wereld is getuige van een enorme crisis en alleen een gezamenlijke aanpak kan deze crisis het hoofd bieden. Je kunt het probleem niet oplossen als je het niet eerst onderkent. Het probleem van het Westen is dat het Westen geen benul heeft van de problemen en de werkelijkheid van de islamitische en Arabische wereld. Het Westen snapt de mindset van de moslims niet. Je kunt bijvoorbeeld niet tegelijkertijd Nederlander én moslim zijn, omdat de Nederlandse regering geen islamitische regering is. Een moslim mag zo iemand niet boven zich dulden. Dat mag niet van de islam.’

U klinkt nu erg als Geert Wilders, onze parlementariër.

‘Je kunt geen Fransman, Amerikaan, Nederlander of Brit zijn en tegelijkertijd moslim, behalve als je de mensen misleidt. Moslims zijn in het Westen om de islam te verspreiden en om de westerse constitutie te vervangen door de islamitische sharia [wetgeving]. Alles zal afhangen van de houding die het Westen ten aanzien van deze crisis zal aannemen. En ik vind niet dat het Westen het tot dusver goed gedaan heeft. Mijn boodschap aan de Nederlandse bevolking is: leer over de islam. Ik ben niet van plan het Westen tegen de moslims op te zetten. Moslims zijn immers mijn volk, mijn familie. Ik kan toch niemand opzetten tegen mijn moeder, mijn broers en zussen?! Maar je kunt het probleem niet bestrijden als je de echte oorzaak niet onder ogen ziet. Laat je niet misleiden door moslims die zeggen dat de islam een boodschap van vrede is. Dat is mijn boodschap.’

Heeft u van mijnheer Jami gehoord, die een Comité voor Ex-moslims heeft opgericht?

‘Wat goed van hem! Ex-moslims moeten zich beschermd voelen, willen zij uit hun schulp kruipen en zich uitspreken. Maar zelfs hier in het Westen... U ziet toch mijn situatie... Ik krijg dagelijks doodsdreigingen: maar ik ben een Amerikaanse burger en Amerika geeft enorm om zijn burgers.’
Hoe ziet u de toekomst van de islam in Europa of in het Westen?

‘Om door te kunnen gaan met mijn boodschap moet ik optimistisch zijn. Het internettijdperk stemt mij optimistisch. Wat ik tegenwoordig hoor, was tien jaar geleden onmogelijk. Internet brengt op sneaky wijze informatie de islamitische gevangenis in. Je kunt moslims niet meer beknotten. De waarheid kan niet meer verborgen blijven. Internet opent de hele wereld zodat we onderscheid tussen slecht en goed kunnen maken. En als je de moslims de vrijheid gunt, stort de islam in één klap in! Maar u kent de islamitische wereld: je mag geen kritiek leveren of ruimte voor twijfel overlaten. Ze [moslims, red] weten niet wat het beste voor hen is en ze kennen evenmin de vrijheid om te kiezen.’ ‘De islam is het probleem, niet de interpretatie’Over Ayaan Hirsi Ali
‘De eerste keer dat we elkaar zagen was toen we allebei door Time Magazine uitgenodigd waren. We renden op elkaar af en omhelsden elkaar. Maar we hadden al e-mailcontact. Ik ben er trots op haar als vriendin te hebben. Zij is een heel sterke en krachtige vrouw; ik word al heel lang door haar boodschap geïnspireerd. Jullie zijn een heel sterke vrouw kwijtgeraakt en dat is heel jammer voor Nederland.’
Over haar geloofsbeleving
In het verleden heeft Wafa Sultan zich nooit heel duidelijk over haar eigen geloofsbeleving uitgelaten. In dit interview is ze heel duidelijk: ‘Nee, ik ben geen moslim. Ik geloof niet in de islam en ik praktiseer het evenmin. Ik ben een ex-moslim en daar ben ik ook trots op. Soms zeg ik dat ik ‘cultureel-moslim’ ben, omdat het niet mijn keuze was om het te zijn of niet te zijn. Zo ben ik nou eenmaal geboren. Ik kan mijn huid toch niet afstropen, bij wijze van spreken. Mijn houding, mijn lichaamstaal. Het is allemaal moslim. Ik kan het niet ontkennen. Maar het is nooit mijn keuze geweest om het te zijn of niet te zijn. Ik geloof niet in de islam. Ik geloof wel in God, maar ik volg niet een bepaald geloof. Het geloven in God geeft me een fijn gevoel. Ik geloof in God, ongeacht of Hij er is of niet is. Ik kan Hem niet bewijzen, misschien is het een Haar, waarom altijd over Hem spreken?!’

09/17/2007

Defending Our Own Civilization

Jamie Glazov interviews the dreaded Jihad Watch Director at FrontPage:

Frontpage Interview's guest today is Robert Spencer, a scholar of Islamic history, theology, and law and the director of Jihad Watch. He is the author of seven books, eight monographs, and hundreds of articles about jihad and Islamic terrorism, including the New York Times Bestsellers The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades) and The Truth About Muhammad. His latest book is Religion of Peace?.

FP: Robert Spencer, thank you for joining Frontpage Interview.

Spencer: Thanks, Jamie. I am a great admirer of your work and it is always good to talk with you.

FP: Likewise sir.

What inspired you to write this book?

Spencer: For six years now, almost invariably when I would talk about the elements of Islam that jihadists use to justify violence and make recruits among peaceful Muslims, people would respond by referring to violence in the Bible and the sins of Christianity. Over time I came to see that the all-pervasive sense of guilt and self-hatred that blankets the West in this age of the dominance of multiculturalism is the single greatest obstacle keeping us from meeting the ideological challenge that the jihadists present. Insofar as Westerners are ashamed of the Judeo-Christian tradition, and so many are, they will not defend it.

This is not a matter of faith. Whether or not one is Jewish or Christian, Judeo-Christian civilization has given the world numerous ideas of human rights that the jihadists directly challenge: freedom of conscience, the equality of dignity of men and women, equality of rights before the law for all, and more. Islamic Sharia offers a radically different model of society. We in the West need to recognize this and stand up for our own civilization, culture, and heritage. If we are too paralyzed by guilt and consumed with self-hatred to defend our own civilization, we certainly won't keep it.

FP: Ok, so let's build on these themes. Can you talk a bit about why the lib-Left wages war on Christianity and keeps quiet about Islam? This is a pathology in the context of Islamic jihadists being the real threat to free societies.

Spencer: Well, Jamie, this phenomenon is so all-pervasive that I thought it deserved book-length treatment. Ayaan Hirsi Ali said it well to a Leftist interviewer in Canada a few weeks ago: "You grew up with freedom, and so you think you can spit on freedom." They take it for granted, without realizing how severely it is imperilled. Would Leftists prefer to live in an Islamic society rather than in one that is or was Judeo-Christian? If they would, they will be, eventually, quite unpleasantly surprised: they will discover that many of the liberties they enjoyed were made possible by core assumptions of the Judeo-Christian civilization they helped to subvert, and that those liberties are not upheld under Islamic law.

FP: I disagree with you in the sense that I think that the Left realizes very well how severely imperilled our society is in the face of radical Islam. Just like in the days of communism, the Left venerates tyranny and yearns for submission under it. The Left knows exactly what it is doing when abetting and supporting an entity that it knows it itself will be consumed by. There is a logic to why leftist intellectuals support societies that butcher intellectuals, why leftist feminists support societies that mutilate women and why leftist homosexuals and minorities worship societies that barbarize homosexuals and minorities. It's a death wish based on self-loathing. But perhaps this deeper discussion between us belongs in another forum.

Let's continue: in what ways is Christianity a religion of peace and Islam not a religion of peace?

Spencer: In terms of your disagreement with me, I think you have a fascinating thesis, and I think it is well worth exploring. It is noteworthy, as you yourself have pointed out elsewhere, that both the Left and the jihadists envision an earthly utopia enforced by terror: the Left has demonstrated this every time it has gained power, and Sharia is a recipe for a totalitarian reign of terror in the name of justice and right, as the Taliban showed. I look forward to discussing this further with you and getting your thoughts on this.

So getting back to Christianity and Islam: Islam is unique among religions in having a developed doctrine, theology, and legal system mandating warfare against unbelievers. This is found in the Qur'an and Sunnah, as well as in Islamic jurisprudence. Many like to point to violent passages in the Bible as an alleged equivalent to this, but actually the Bible contains no open-ended, universal command for believers to wage war against unbelievers, as does the Qur'an (9:5, 9:29, 2:190-193, etc.). The violent passages in the Bible are also spiritualized by most exegetes, while mainstream Muslim commentators going back to Muhammad's first biographer, Ibn Ishaq, and including many modern authorities (such as Imran Ahsen Khan Nyazee of the International Islamic University and many others) see the Qur'an's violent passages as taking precedence over other, relatively peaceful passages.

Jesus taught, "Love your enemies" (Matthew 5:44). The Qur'an tells Muslims to be "ruthless to unbelievers" (48:29). When one commits violence in the name of Christianity, he is transgressing against Christ's teachings, but the jihadists make and sustain the case among their fellow Muslims that they are the believers who are being truly faithful to Islamic teaching.

FP: Why is there no distinction between Church and State in Islam? What are the consequences of this reality?

Spencer: The ideas of the non-establishment of a state religion, and the equality of rights of all before the law, both of which are essential to any viable republican government, arose in a Christian context. The philosopher and cultural analyst Roger Scruton observes that Christ's "Render therefore to Caesar the things that are Caesar's; and unto God the things that are God's" (Matthew 22:21) "contrasts radically with the vision set before us in the Koran, according to which sovereignty rests with God and His Prophet, and legal order is founded in divine command."

From a Muslim perspective, this is a virtue. Seyyed Hossein Nasr, a professor at George Washington University and author of many books about Islam, suggests that Christianity was incomplete because, unlike Islam, it offered no comprehensive system for governance. Nasr asserts that because Christianity "had no Divine legislation of its own, it had to absorb Roman law in order to become the religion of a civilization." Therefore "in Christian civilization law governing human society did not enjoy the same Divine sanction as the teachings of Christ. In fact this lack of a Divine Law in Christianity had no small role to play in the secularization that took place in the West during the Renaissance." By contrast, "Islam never gave unto Caesar what was Caesar's. Rather, it tried to integrate the domain of Caesar itself, namely, political, social, and economic life, into an encompassing religious worldview."

The jihadist Sayyid Qutb stated this idea more bluntly in 1948. After criticizing both the Communist world and the West for their materialism, he continues: "But Christianity.cannot be reckoned as a real force in opposition to the philosophies of the new materialism; it is an individualist, isolationist, negative faith. It has no power to make life grow under its influence in any permanent or positive way..Christianity is unable, except by intrigue, to compete with the social and economic systems that are ever developing, because it has no essential philosophy of actual, practical life. On the other hand, Islam is a perfectly practicable social system in itself.It offers to mankind a perfectly comprehensive theory of the universe, life, and mankind." In short, it offers a totalitarian, theocratic vision -- which might be quite attractive to true believers like Qutb, but remains less appealing to dissenters.

Scruton notes that in contrast to this theocratic framework within Islam, "the fifth-century Pope Gelasius I made the separation of church and state into doctrinal orthodoxy, arguing that God granted 'two swords' for earthly government: that of the Church for the government of men's souls, and that of the imperial power for the regulation of temporal affairs." While the understanding of the relationship between the two has been the source of a great deal of controversy, "throughout the course of Christian civilization we find a recognition that conflicts must be resolved and social order maintained by political rather than religious jurisdiction." One reason why this is so important is for the protection of minorities and dissenters -- freedom of conscience, Scruton says, "requires secular government."

Scruton, of course, is not referring to the aggressively anti-religious secularism that has dominated the public discourse on religion in the United States for several decades now, but simply to the non-establishment of a state religion. Only a state in which there is no established religion can people of differing religions live together in harmony, enjoying equality of rights before the law. Freedom of conscience can only be guaranteed where one is free to change his religion, or to have no religion at all, without incurring a death sentence or any other legal penalty.

FP: Many Muslim extremists love to paint the West as being rampant with "immorality" and the Islamic world as being somehow "pure." But is the Islamic world really more "moral" than the West?

Spencer: Jihadists routinely deride Western freedom as libertinism: "In essence," one explained, "the kufr [unbelief] of Western society can be summed up in one word which is used over and over to justify its presence, growth, and its glorification... Freedom. Yet what such a society fails to comprehend, is that such 'freedom' simply represents the worship and enslavement to desires, opinions, and whims, a disregard for what is (truly) right, and a disregard for the Creator of the Heavens and the Earth."

However, as much as American conservatives may deplore the depravity of pop culture today, they should not allow themselves to be placed on the defensive by the Islamic moral critique - and not just because of the hypocrisy of the jihadists in making this critique. In reality, the freedom at which the jihadists sneer is an essential component of any genuine morality. "Australian law guarantees freedoms up to a crazy level," remarked the controversial Australian Mufti, Sheikh Taj al-Din al-Hilali - but without freedom, even "up to a crazy level," morality is hollow. The secular West, with all its irreligion and debauchery, provides the only authentic framework for genuine virtue. Without the freedom to choose evil, the freedom to choose what is good actually amounts to nothing more than coercion. If an individual is forced to be good, he may display an outward conformity, but this conformism bears no other resemblance to the genuine virtue that is manifested in a choice to do good when one could just as easily choose the opposite.

Yet this coercion is a fundamental element of Sharia law, with its stonings and amputations. The Ayatollah Khomeini admitted this without apology: "Whatever good there is exists thanks to the sword and in the shadow of the sword! People cannot be made obedient except with the sword! The sword is the key to Paradise, which can be opened only for the Holy Warriors!"

The alternatives are not to try to appease the jihadists by deriding permissiveness in accord with their cultural critique or to turn a blind eye to the genuinely revolting aspects of pop culture. In fact, one of the most potent recruiting tools the jihadists have today is their ability to present themselves as those who are loyal to God, as opposed to a Western world full of blasphemers and libertines. Thus a shrewd response to the jihadists' ideological critique of the Western world would be to point out that the Judeo-Christian tradition, with its principle of individual freedom as a prerequisite for virtue, offers a superior (yes, superior) vision of God and the world than that offered by the Ayatollah Khomeini and his sword as the key to Paradise. Certainly there is great moral evil in the West, as there is everywhere else in the world, but that moral evil is an unavoidable byproduct of the freedom without which there can be no genuine adherence to moral norms.

Such a response would give content to the oft-repeated avowal that America is offering "freedom" to the Islamic world. Rather than allowing the jihadist characterization of that freedom as mere libertinism to go unanswered, an explanation of the elements of genuine virtue would take the substance out of the jihadist moral critique altogether.

FP: Who is threatened by militant Islam? Who are the potential victims?

Spencer: Everyone is threatened by the Islamic jihad in various ways, except the Muslim male jihadists themselves. The Islamic law the jihadists want to institute institutionalizes the subjugation of women and non-Muslims, denies freedom of conscience, inhibits freedom of speech and freedom of inquiry. So who is not among the potential victims?

FP: Overall, what role is the Left playing in this terror war?

Spencer: One of obfuscation and denial, with a smattering of outright identification with those who would destroy us. There is plenty of denial and wilful ignorance about the jihad threat on the Right also. It is long past time for both sides to stop playing politics with this threat, and to take steps to secure our national survival.

FP: What are Islam's and Christianity's disposition toward reason? What are the effects of these dispositions?

Spencer: Nietzsche once noted that "there is no such thing as science 'without any presuppositions.' A philosophy, a 'faith,' must always be there first, so that science can acquire from it a direction, a meaning, a limit, a method, a right to exist." It may be jarring to those who believe that faith and reason are at odds, and that religions are all the same, but it is nevertheless a historical fact that modern science took its presuppositions from Christianity, and that Islam gave modern science no impetus at all.

The Qur'an explicitly refutes the Judeo-Christian view of God as a God of reason when it says: "The Jews say: Allah's hand is fettered. Their hands are fettered and they are accursed for saying so." (5:64) In other words, it is heresy to say that God operates by certain natural laws that we can understand through reason. This argument was played out throughout Islamic history. Muslim theologians argued during the long controversy with the Mu'tazilite sect, which exalted human reason, that Allah was not bound to govern the universe according to consistent and observable laws. "He cannot be questioned concerning what He does." (Qur'an 21:23).

In contrast to the dogmatic stagnation of the Islamic world, science was able to flourish in Christian Europe during the same period because Christian scientists were working from assumptions derived from the Bible, which were very different from those of the Qur'an. The Bible assumes that God's laws of creation are natural laws, a stable and unchanging reality-a sine qua non of scientific investigation. In the 13th century, St. Thomas Aquinas even went so far as to assert that "since the principles of certain sciences-of logic, geometry, and arithmetic, for instance-are derived exclusively from the formal principals of things, upon which their essence depends, it follows that God cannot make the contraries of these principles; He cannot make the genus not to be predictable of the species, nor lines drawn from a circle's center to its circumference not to be equal, nor the three angles of a rectilinear triangle not to be equal to two right angles." (Emphasis added)

Such ideas could never have taken root in the Islamic world. They would have been tantamount to saying that Allah's hand was fettered.

FP: What reactions do you expect to your book? What reactions have there been to your book?

Spencer: I expect the usual venom and distortion of my thesis from Muslim and non-Muslim apologists for jihad in the U.S. I'd like to begin a dialogue with those who believe, like Richard Dawkins, Sam Harris, and Christopher Hitchens, that religion itself is the problem. John Derbyshire has begun this with an elegantly written review at Pajamas Media, to which I have been invited to reply. I have written a reply, and hope PJM will publish it soon.

FP: What do you hope to achieve with Religion of Peace?

Spencer: I hope that all those people -- Jews, Christians, Hindus, Buddhists, secular Muslims, atheists, etc. -- who enjoy the benefits of Judeo-Christian Western civilization will be moved to mount a more spirited defense of that civilization in its hour of greatest peril.

FP: Robert Spencer you are a true soldier. Thank you for having the nobility and the courage to tell the truth and for your priceless contribution to the West's fight for freedom. We hope to talk to you again soon.

Spencer: Thank you, Jamie. I admire your courage and that of everyone at FP for your willingness to discuss these issues openly and freely, despite the political correctness that blankets us and the smears and intimidation that are at this point virtually the only non-lethal weapons remaining to the politically correct Left and the apologists for jihad.

09/15/2007

Islam bedeutet Unterwerfung

Michael Friedman diskutiert mit Pax Europa-Vorsitzenden Udo Ulfkotte und dem Imam der Frankfurter Nuur-Moschee Hadayatullah Hübsch.



Deel 2


Deel 3

Googlen op Ulfkotte op Youtube levert veel kijk- en luisterplezier

09/10/2007

Liberal Institute Interview with Robert Spencer

From The Liberal Institute:

ROBERT SPENCER is the Director of Jihad Watch, and the author of seven books, mostly on Islam and jihad. Two recent works were New York Times best-sellers: The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades) in 2005, and The Truth About Mohammed in 2006. His current book was published several weeks ago and is called Religion of Peace? Why Islam Isn't and Christianity Is. Mr. Spencer granted this exclusive interview to The Liberal Institute in early September of 2007.

Liberal Institute: What aspects of Islam do you find most problematic?

Robert Spencer: The institutionalized discrimination against women and religious minorities, the denial of the freedom of conscience, the deeply rooted approval of slavery -– these are several of the most problematic aspects of traditional Islam.

LI: Muslims say Islam means "peace" and jihad means "self-improvement." Is this true?

Spencer: In Arabic Islam means “submission” and jihad means “struggle.” While that struggle can take the form of self-improvement, the primary meaning of jihad in the Qur’an and Sunnah is warfare against unbelievers in order to subjugate them under the rule of Islamic law.

LI: Is the enemy of the West radical and extremist Islam -- as George Bush and almost all pundits say -- or is it moderate and mainstream Islam?

Spencer: The key problem here is that few analysts take the trouble to investigate the meaning of these terms, or Islam itself. If Islam at its core is peaceful and no more political than Judaism or Christianity, then certainly moderate and mainstream Islam pose no threat to the institutions and societies of the West. But if Islamic doctrine is inherently political and supremacist, then one cannot reasonably assume that no Muslims in the West will be pursuing this political and supremacist agenda, and not only by means of terrorism, but by many other methods as well.

LI: Norman Podhoretz says the world is currently engaged in World War IV: [WW III being the Cold War] the West vs. Islam. To what extent and in what sense is this true?

Spencer: This is true in the sense that the conflict is much larger than Iraq and Afghanistan, larger than Israel -– indeed, it encompasses the whole world, as violent jihad movements can be found from Nigeria to Indonesia and in the West as well. But this term also risks giving the impression that the conflict is entirely military, when in fact the Islamic supremacist agenda is advancing today through numerous non-military means.

LI: Samuel Huntington calls the current conflict a "clash of civilizations." Is this a good description?

Spencer: Yes, although only one civilization -– the Islamic one -– thus far generally recognizes it as such.

LI: You defend Western Civilization vigorously and heroically -- but you call it "Judeo-Christian." Isn't it more accurate to call our Western World "Greco-Roman" or "Enlightenment liberal?"

Spencer: I don’t see this as an Either/Or proposition, but as Both/And one. I focused on the Judeo-Christian aspect because that is both the element of Western civilization most frequently attacked by the jihadists (cf. Adam Gadahn of Al-Qaeda in his extended critique of Christian doctrine last year), as well as by atheists in the U.S. (Dawkins, Harris, Hitchens) who see Christianity and Christians as part of the problem along with the Islamic jihadists, not as part of our civilization that is worth defending.

But I myself have no problem working with atheists and with anyone who is interested in defending the West from the jihad.

LI: Most people say the essence of Islam is "the five pillars:" pray, repeat the motto, give alms, fast for a month, visit Mecca. But isn't it more truthful and useful to say the essence of Islam is "the two pillars:" jihad (war) and sharia (slavery)? Don't almost all Muslims want to conquer the world in the name of their God, and then rule it according to divine law?

Spencer: The five pillars do indeed encompass the ordinary practice of Islam for most Muslims. However, it is undeniable that all the schools of Islamic jurisprudence teach that it is part of the responsibility of the Islamic community to struggle (wage jihad) against unbelievers in order to extend the supremacy of Islamic law (Sharia). Sharia doesn’t equal slavery, but it does mandate a second-class status of inequality for non-Muslims. Do “almost all Muslims” want to make this supremacist agenda a reality? Perhaps in theory, but the number of those who are actively working, whether by peaceful or violent means, to bring this about does not remotely constitute “almost all” Muslims. In Islam, as in all religious traditions, there is a spectrum of belief, knowledge, and fervor. To say that all the schools of Islam teach something is not to say that all Muslims hold to it.

LI: Is it fair to say that most Muslims, even in the West, essentially believe in three things for the "infidels:" Convert or Conquer or Kill?

Spencer: This is based on Qur’an 9:29 and Muhammad’s instructions in Sahih Muslim 4294 to invite the non-Muslims to accept Islam, and if they refuse that to invite them to enter the Islamic social order by paying the jizya, the non-Muslim poll tax, and accepting subservient status, and if they refuse both, to go to war with them. Since this triple choice of conversion, subjugation, or war is founded on Muhammad’s words, it is hard for serious and knowledgeable Muslims to reject it explicitly.

LI: Muslims claim they aren't genocidal. But isn't it a fact that the three most beloved Muslims of the past century are jihadi fundamentalists Osama bin Laudin, Ayatollah Khomeini, and Sayid Qutb?

Spencer: There is no doubt that these three men are very popular. But although Osama has targeted Western civilians, none of these three have advocated genocide. Rather, they wanted to subjugate the non-Muslim world under the rule of Islamic law.

LI: What do atheists fail to understand in the current battle royal for the soul of the planet?

Spencer: They fail to understand that not all religions pose an equivalent threat to generally accepted notions of human rights, and that therefore to lump them all together is to alienate potential allies against the genuine threat of jihadism.

LI: If someone wanted to clear his mind quickly of ignorance and propaganda about Islam, what three or four books should he read?

Spencer: Infidel by Ayaan Hirsi Ali; Islam and Dhimmitude by Bat Ye’or; Muhammad by Maxime Rodinson.

LI: You refer to the West today as "self-hating" and "suicidal." But why are we this way? What should we do about it?

Spencer: We have been taught for decades now that the West is responsible for all the evil in the world. I suspect that this is a guilty reaction to the West’s success and prosperity. I believe in the face of it that we need to recover a sense of the value of our own civilization, no matter where we may stand in reference to its founding impetuses. Many elements of Western civilization -- the freedom of conscience, the equality of rights of women and men, and more -- are threatened by the jihad imperative. That gives us an opportunity to throw off multiculturalist relativism and state firmly that we stand for certain values that are superior to those offered by the jihadists, and are ready to defend them.

LI: What are the main points -- six years after 9/11 -- Westerners still fail to understand about Islam in general and the global jihad in particular?

Spencer: Islam is not a religion of peace. It has an inherently political character that is being brought to the West by immigrants, and will cause more trouble in the future. The jihadists have not hijacked it. Peaceful Muslims should be encouraged but do not have a sufficiently influential voice in the Islamic world to allow them to be counted on. The jihadists will not be bought off by negotiations or concessions. This is the revival of a 1,400-year-old war, and we need to be prepared for the fact that it will not end anytime soon -- and prepared to defend ourselves militarily and ideologically.

LI: The American government speaks of today's worldwide struggle as "the long war." What do we need to do to quickly win it?

Spencer: It cannot be won. It can be managed, and not lost. Initiate a Manhattan Project to find alternative energy sources, and free us from foreign policy dependence on Saudi Arabia. Realign our alliances with Egypt, Pakistan, etc., so as to make foreign aid contingent on their actively working to restrict the preaching of Islamic supremacism in their mosques. End Muslim immigration to the U.S., since there is no reliable way to distinguish jihadists and potential jihadists from peaceful Muslims. Reclassify American Muslim groups as political groups, subject to all the scrutiny and accountability of political groups, unless they renounce political Islam and Sharia definitively and clearly, and back up their words with actions.

All that is just for starters.

08/21/2007

Medeslachtoffer Jami: Aanval was waarschuwing

'Het maakt me boos dat ik dit moet bewijzen.' Exclusief vertelt de jonge vrouw, die samen met ex-moslim Ehsan Jami door drie jonge allochtonen werd mishandeld, haar verhaal aan Leon de Winter. Zij hoopt zo de media die twijfelen aan de echtheid van de molestatie tot zwijgen te brengen.

Ehsan Jami
Jami kreeg een 'soort karatetrap' tegen zijn kin

Bron : Elsevier Ex-moslim Ehsan Jami werd zaterdag 4 augustus samen met een jonge vrouw door drie, vermoedelijk islamitische, jongeren mishandeld. Nadat hij werd aangevallen ontving Jami, voorzitter van het comité voor ex-moslims, tientallen dreigtelefoontjes.

Ook werd het 22-jarige PvdA-gemeenteraadslid overgebracht naar een beveiligd huis op een geheime locatie. Toch werd er in de media getwijfeld over het verhaal van Jami, onder meer afgelopen woensdag in NRC door columnist J.A.A. van Doorn.

De jonge vrouw (19) die getuige was van de mishandeling van Jami en zelf ook werd aangevallen, wil de media niet te woord staan. Voor Elsevier maakt ze een uitzondering. Ze wil niet dat haar naam bekend wordt.
Waar kwamen jullie vandaan?

'We hadden net boodschappen gedaan en waren onderweg met de tram. Toen we uitgestapt waren, na een paar meter, nog op de tramhalte, rende er een Somalische jongen op ons af. Hij riep: "Wacht! Wacht!" En hij riep ook: "Wat zeg je allemaal over de islam?"
Het gebeurde allemaal snel, opeens was hij vlakbij en hij gaf Ehsan een vuistslag in zijn gezicht. Ik sprong er tussen om ze uit elkaar te houden. Die jongen pakte mijn arm en tegelijkertijd trok hij aan mijn haren om mij weg te trekken. Hij schudde me heen en weer.'

Waren jullie daar alleen?
'Het was er niet zo druk. Aan de andere kant van de tramhalte zat een man en die keek toe. Een Nederlandse man. Hij keek alleen maar, zo van: wat gebeurt daar? Na afloop waren er wel mensen die naar ons toe kwamen.'

Heb je die Somalische jongen niet zien staan toen jullie uitstapten?

'Nee. Wij stapten in het voorste deel van de tram uit en ik heb niets gezien, maar ik heb tegen de politie gezegd dat het zo kan zijn dat die jongens achterin zijn uitgestapt en ons hebben gevolgd, maar de politie vond dat onwaarschijnlijk.'

Was dat een halte waar Ehsan vaker uitstapt?

'Ja, dat is de halte waar hij altijd uitstapt. Het kan dat zij hem vaker daar hebben gezien.'

Hoe oud was die Somalische jongen?

'Ik schat hem tussen de 22 en 25 jaar oud.'

Uit de media heb ik begrepen dat het in totaal ging om drie jongens.

'De Somalische jongen was de eerste. De politie denkt dat er sprake was van een val. Hij kwam van de ene kant, en de andere twee jongens kwamen van de andere kant.

Eerst dacht ik: die Somalische jongen is in zijn eentje, maar op een gegeven moment kwamen die andere twee ook op ons af. De ene was ook Somalisch, die andere een Marokkaan – dus het ging niet om twee Marokkanen, zoals in de krant stond.'
Dus het eerste wat die Somalische jongen deed was: hij gaf Ehsan een klap. En toen? Wat herinner je je?
'Ik stond voor Ehsan om hem te beschermen want Ehsan had een black-out gekregen door die vuistslag. Hij lag even op de grond maar krabbelde weer op. Hij was helemaal in de war. De plastic tas met de boodschappen lag op de grond. Ik stond voor hem en de Somalische jongen probeerde bij Ehsan te komen maar dat lukte hem niet.

Toen verschenen die andere twee. Ik stond machteloos. Ik dacht: mijn god, hoe kan ik die jongens bij Ehsan vandaag houden? Maar ik werd bij Ehsan vandaan gesleurd. Ze scholden me uit, ze spuugden op me.'
Scholden ze ook jou uit?
'Ja, ook mij. Ik riep: "Wat doen jullie? Dit is niet normaal!" En zij antwoordden: "Kanker op!" En ze spuugden.'
Welke scheldwoorden?
'Veel woorden met kanker. Kankerhomo. Kankerjood. Over de islam zeiden ze ook een paar dingen. "Je gaat eraan!" zeiden ze. Ik weet ‘t niet precies want ik luisterde eigenlijk niet. Op een gegeven moment schreeuwde iedereen door elkaar heen.

Toen gaf een van de jongens een soort karateschop tegen Ehsans kin. Ehsan viel op de grond.'
Was dit incident een waarschuwing?
'Ja, dit was duidelijk een waarschuwing.'
Hoe lang duurde ‘t?
'Het gaat zo snel, en ook weer langzaam, je weet ‘t niet. Toch wel een minuut, denk ik.'
En die meneer aan de overkant van de tramrails keek toe?
'Ja. En toen kwam de tram en toen waren ze weg.'
Dat was de reden waarom ze wegrenden?
'Nee. Ze renden al eerder weg, na de trap. Ehsan lag op de grond maar had zijn mobieltje gepakt. Ze zeiden: "We maken deze kankerlijer wel ‘n andere keer dood." Toen renden ze weg. Ik troostte Eshan, daarna kwam de tram. En toen ging ook die meneer weg.'
Kwamen er daarna getuigen?
'Ja, een groep jongeren kwam naar ons toe, die hebben ook aangifte gedaan, ze hadden alles gezien vanuit het park, ook een oudere man en een oudere vrouw lopend naast hun fiets kwamen naar ons toe.'
Heeft de politie foto’s van Ehsan gemaakt?

'Ja. Hij bloedde aan zijn rechterarm en op zijn schouder, daarvan hebben ze foto’s gemaakt. Hij bloedde ook in zijn mond. De politie was er binnen twee minuten. Twee aardige politievrouwen. Ze namen ons mee naar het bureau en daar werden we ondervraagd, apart van elkaar.

De politie dacht dat Ehsan zijn arm had gebroken want hij kon die niet bewegen, maar hij wilde niet naar het ziekhuis en toen hebben ze een ambulance gebeld en is Ehsan op het bureau door twee ziekenbroeders behandeld. Hij had wonden maar had gelukkig niets gebroken.'
Hoe lang zijn jullie op het bureau geweest?

'Ongeveer anderhalf uur, denk ik.'

En jij, heb jij ergens last van?

'Nee, niet echt, alleen op m’n arm had ik, omdat ze me zo hard hadden vastgepakt, bloeduitstortingen. De volgende dag was het blauw. En ze hebben aan m’n haar getrokken.
Er wordt hier en daar betwijfeld of dit incident echt gebeurd is, onder meer door Vrij Nederland en J.A.A. Van Doorn in NRC en Trouw. Wat vind je daarvan?

Het maakt me boos dat ik dit moet bewijzen. Dagen heb ik als een zombie geleefd. Ik kon gewoon niet geloven dat zoiets was gebeurd, dat iemand zo voor je ogen in elkaar wordt geslagen.'
Waarom zou iemand als professor J.A.A. van Doorn twijfel zaaien?
'Ik denk dat hij een hekel heeft aan Ehsan. Misschien wil die meneer aandacht trekken, een andere reden zie ik niet. Hij kent Ehsan niet, hij is er niet geweest, hij onderzoekt ’t niet. Er zit kennelijk veel haat in meneer Van Doorn, of hij wil graag publiciteit. Eén van de twee. Het is heel raar. Ehsan wordt een beetje met Ayaan vergeleken. Misschien heeft hij een hekel aan zulke mensen.'
Wat is er met jullie plastic tas met boodschappen gebeurd?

'We zouden ‘s avonds naar een barbecue gaan en hadden een fles wijn gekocht. Die brak toen Ehsan werd geslagen en op de grond viel. Die fles zat nog in de tas en daardoor kwamen er vlekken op de achterbank van de politieauto.

Op het bureau kregen we een schone plastic tas voor de rest van de boodschappen. We vonden het naar van die vlekken, maar die politievrouwen zeiden dat ‘t niet zo erg was.'


Interview met Jami


Bron de Youtubesite van Moussa Aynan, daarin een interview met Terstal

08/11/2007

‘Geloofsafval kan ook zonder te kwetsen’

Bron: Volkskrant

PvdA-leider Wouter Bos heeft tot nu toe gezwegen nadat partijgenoot en gemeenteraadslid in Leidschendam-Voorburg Ehsan Jami afgelopen weekeinde in elkaar werd geslagen. Jami, leider van het comité van ex-moslims in oprichting, toonde zich ontevreden over het gebrek aan medeleven van de partijtop. Bos, officieel nog met vakantie, reageert.

Hebt u Jami intussen gesproken?
‘Nee, ikzelf niet, omdat er afspraken zijn dat twee mensen het contact met hem onderhouden. Dat zijn partijvoorzitter Ruud Koole en Aleid Wolfsen.’

Ook niet gedacht, kom ik moet die jongen toch eens bellen.
‘Nee, daar zijn duidelijke afspraken over.’

En u hebt nu niet de behoefte om te zeggen, ik ga eens langs.
‘Dat zal zeker gebeuren, al helemaal nu er sprake is van doodsbedreigingen. Maar de gesprekken met Ehsan Jami zijn de afgelopen maanden niet allemaal zonder rimpelingen verlopen. Een aantal partijgenoten heeft geprobeerd contact met hem te leggen, dat is niet altijd goed bevallen.’

Waarom is dat niet altijd goed bevallen?
‘Er zijn vertrouwelijke gesprekken geweest die daarna in de openbaarheid kwamen. Dat is heel vervelend. Ik las gisteren in de NRC dat Jami zegt dat Afshin Ellian de beveiliging in één dag heeft geregeld, terwijl de partij dat in vier maanden niet voor elkaar kreeg. Ellian zelf heeft dat gecorrigeerd. We hebben ook meegemaakt dat Jeroen Dijsselbloem heeft gepraat met Ehsan over zijn beveiliging, en ook daarvan geeft Ehsan in de pers een andere versie. Dat vind ik jammer.’

Verwijt u hem iets?
‘Nee. Hij is een jonge jongen met weinig politieke ervaring, die voor een belangrijke zaak strijdt. Dat er af en toe wat misgaat, neem ik hem absoluut niet kwalijk.’

En die belangrijke zaak, hoe beoordeelt u die dan?
‘We zijn de enige partij die in beginsel- en verkiezingsprogramma ondubbelzinnig stelling neemt voor het recht om uit het geloof te treden, ook als dat de islam is. Wij zijn de enige partij met heel prominente moslimpolitici die stelling neemt voor een tolerante en liberale islam. Dus er kan geen twijfel zijn waar de PvdA op dit punt staat.’

Vindt u dat Jami wild om zich heen slaat, bijvoorbeeld als hij Mohammed een verschrikkelijke man noemt?
‘Hij heeft het volste recht om die uitspraken te doen. En als hij beveiliging nodig heeft, moet hij die krijgen. Maar als de vraag is, moet je kwetsende uitspraken doen over Mohammed om geloofsafval te bepleiten, dan zeg ik nee.’

Wilt u dat hij bij de partij blijft?
‘Ik zou het fijn vinden als hij bleef. Ik ben ook trots dat dit soort debatten juist in de PvdA plaatsvinden. In de VVD of de SP heb je dit debat niet omdat het witte partijen zijn. Wij zijn een partij met allochtone kiezers en bestuurders. Dat brengt kwetsbaarheid met zich mee, bijvoorbeeld als het gaat over de Armeense genocide, dubbele nationaliteiten of cliëntelisme. Maar het is ook een enorme kracht, omdat wij eerder dan andere partijen draagvlak krijgen onder het moslimvolksdeel voor het aanpakken van problemen. De PvdA wil wel heel veel stromingen herbergen. Maar wij herbergen geen stroming die pleit tegen het recht op geloofsafval. Ehsan Jami heeft niet het alleenrecht op het debat over geloofsafval. Wij hebben veel mensen in de partij, ook ex-moslims, die dezelfde dingen bepleiten als Ehsan. Dus in die zin is hij niet bijzonder. En zij doen dat zonder de onrust te veroorzaken die hij veroorzaakt.’
Hij is wel iemand die door zijn harde aanpak spanningen oproept.
‘Niet wat betreft het recht op geloofsafval. Maar op het moment dat hij of de mensen om hem heen dat recht gelijkstellen aan het beledigen van moslims of hun geloof, heb ik geen enkele behoefte om me daar als partij achter te stellen. Ik vind het niet de rol van een partij te oordelen over een geloof. De methoden van Aboutaleb, Marcouch, Albayrak en Arib, maar ook Asscher, Koole, Bos en Terstall, om hetzelfde te bepleiten, zijn vele malen effectiever. Je hebt geen belediging nodig om dat doel te bereiken. Je hoeft mij niet te vertellen dat er binnen de islamitische gemeenschap mensen zijn die vinden dat er géén recht is op geloofsafval. Voor die mensen is geen plaats in de partij. De positie van de PvdA is duidelijk. Ehsan is meer dan welkom om daar aan mee te doen. Maar de PvdA zal zich niet achter een comité stellen dat denkt dat de manier om dat doel te bereiken, bestaat uit het beledigen of kwetsen van mensen vanwege hun geloof.’

08/06/2007

Is Islam Compatible with Liberal Democracy?

An interview with Ayaan Hirsi Ali at The Aspen Ideas Festival (2007).

Six parts of 10 minutes each.

Interview by Clive  Crook

Clivecrook

Not to be aired on Dutch televison, which is/was too politically correct for her message

Bron :Youtube user PiroNiro

 

08/03/2007

Khalil is de toekomst

Bron : De Pers Minister Vogelaar zei het al: onze cultuur wordt ook islamitisch. In de praktijk wordt daar hard aan gewerkt. Door Khalil Aitblal bijvoorbeeld, een jonge ster onder de Nederlandse moslimleiders.

Vroom en conservatief, maar niet wereldvreemd of vervaarlijk. Wellevend en toegankelijk, maar geen fel pleitbezorger van de westerse democratie. Niet onkritisch over de islamitische praktijk, kritischer over negatieve beeldvorming door niet-moslims.

Dat is de houding van nogal wat jonge moslims met maatschappelijke posities. Ook van Khalil Aitblal. Bestuurder van de Marokkaans-Amsterdamse moskeekoepel UMMAO. Een plek die hiervoor werd bezet door de huidige stadsdeelvoorzittter in Amsterdam-Slotervaart, de PvdA-coryfee Ahmed Marcouch. Maar vergeet Marcouch. Vergeet ook PvdA-staatssecretaris Ahmed Aboutaleb. Zij zijn gelovige moslims, maar secularisten vergeleken bij de de nieuwe generatie moslimleiders.

Bedrijfskundige Aitblal (Amsterdam, 1978) zat in het zakenleven maar switchte naar een – betaalde –baan bij de Vrijwilligerscentrale Amsterdam. Nu werkt hij aan een evenementenbureau voor moslims, waarmee hij onder meer ‘Allah made me funny’ naar Nederland wil halen, een groep Amerikaanse, islamitische stand-up comedians.

En hij zit bij IslaamAangenaam, een club islamitische jongeren die geloofsgenoten wil aansporen zich in te zetten voor de samenleving.

Wat is er aangenaam aan de islam?

‘Dat die me continu stimuleert om evenwicht te zoeken. In alles wat ik tegenkom, in alle levensfasen. Een levenswijze waardoor je je steeds weer bewust bent van je rol in de samenleving. Die continu een beroep doet op je intellect. Het is geen pure moet-wel-mag-nietgodsdienst.

Neem het hoofddoekverbod op scholen in Frankrijk. Je kunt zeggen: de hoofddoek is een plicht, dus ik ga niet naar school. Maar ook: ik draag mijn hoofddoek tot de ingang. Want uiteindelijk is het in de islam een grotere verantwoordelijkheid om onderwijs te krijgen dan om een lapje stof op je hoofd te hebben.’

We zitten in Podium Mozaïek, een voormalige kerk in Bos en Lommer die is omgebouwd tot theater voor wereldmuziek, en Aitblal zit hier graag. Er wordt alcohol geschonken. Vrij Nederland noemde Aitblal onlangs ‘streng orthodox’. Maar de meeste moslims met dat predikaat zouden hier niet komen.

Het imago van de islam is niet zo aangenaam: ernstig, beklemmend.

‘Over de kleinste dingen in de islam kun je vragen stellen en is er discussie onder geleerden. Alleen, de laatste tijd praten we misschien niet graag over verantwoordelijkheid en serieuze dingen. Tja, als jouw motto is ‘je leeft maar één keer, doe alles wat God verboden heeft’, dan klinkt het misschien ernstig om te zeggen dat je als mens verantwoordelijk bent voor andere mensen, voor alle mensen.’

Met als doel de weg naar het paradijs, waar moslims alles ineens wél mogen. Drank, seks…

‘Een moslim legt niet bij alles wat hij doet de link: zo kom ik dichterbij het paradijs. Ik ben ervan overtuigd dat ik zo wil leven. Met liefde en verantwoordelijkheidsbesef.’

Zit er niets in dat geloof waar u wel eens moeite mee heeft?

‘Nee. De achterliggende gedachte is me altijd duidelijk.’

Een willekeurig nieuwsitem over de islam. In Iran zijn een man en een vrouw gestenigd wegens overspel.

‘Als moslim ben ik bezig met de samenleving om me heen. Niet met alles daarbuiten. Maar goed, ik vind zoiets zelf niet gebruikelijk. Ik sta er niet helemaal achter. Die wetten zijn er. Hoe we daarmee moeten omgaan in de huidige tijd, daar is wel discussie over.

Maar waarom wordt elk gesprek over de islam getrokken naar dat soort kwesties, die meestal ver buiten onze samenleving staan?’

U werpt zich op als ambassadeur van de islam. Dan helpt het toch ook niet als u moet opboksen tegen al die ellende in islamitische samenlevingen?

Hij schiet in de lach. ‘Ja, ál die ellende! Het is maar dít hoor!’ Hij houdt zijn duim en wijsvinger bij elkaar om te laten zien hoe klein de problemen zijn. ‘Het wordt alleen groot gebracht. Goed nieuws is geen nieuws. Er gebeurt veel goeds in de islamitische wereld. Maar het is de macht van de beeldvorming. En die heb ik tegen.’

U staat bekend als kalm. Maar onlangs schoot u publiekelijk uit uw slof. Bij een discussie over het Comité voor Ex-Moslims ontplofte u bijkans en noemde u de voorman, Ehsan Jami, ‘een snotneus die net van de borst van zijn moeder is’.

‘Ja, ik raakte geëmotioneerd. Er zaten moslims in het panel die een goede afspiegeling zijn van de moslims in Nederland en die zeiden: iedereen is vrij om te doen wat hij wil en als je leven wordt bedreigd, moeten we met zijn allen achter je gaan staan. Maar dan roept zo iemand: ja, maar het echte probleem is niet de vrijheid van geloof, maar dat moskeeën als paddenstoelen uit de grond schieten. De moslims konden daar echt iets moois doen voor de beeldvorming en dat werd hen ontnomen.’

Beeldvorming. Dat woord gebruikt Aitblal vaak. ‘Ik zeg: we zijn allemaal één. Het moeilijkste daarbij is tegen de macht van de media ingaan.’ Wij in Nederland kunnen, vindt hij, een voorbeeld nemen aan het Verenigd Koninkrijk, waar het multiculturele ideaal minder ter discussie staat. ‘Engeland is gehechter. De groepen in de samenleving beter op elkaar afgestemd. Na de metro-aanslagen werd meteen veel gedaan aan anti-polarisering en anti-generalisering. In Nederland zie je dat de invloed van een bepaalde gebeurtenis op de beeldvorming zó groot is. De angst in één keer voelbaar. Niemand wil dat Theo van Gogh… dat zoiets gebeurt. Op het moment dat het dan toch gebeurt, wordt het zo’n opgeblazen verhaal. Er is meer aandacht voor de negatieve kanten dan voor de krachten die ons bij elkaar houden. Ik zie wel een stijgende lijn. Mensen gaan de negatieve berichtgeving over moslims relativeren.’

Minister Vogelaar van integratie zei pas dat de cultuur in Europa ook islamitisch zal worden.

‘Goed interview! Ze laat zien dat moslims deel zijn van de samenleving. En ik juich toe dat zij de overheid islamitische instellingen wil laten subsidiëren. Het geeft aan dat de islam hier een van de grootste godsdiensten is. En blijft groeien.’

U bent een van de mensen die de nieuwe cultuur van Vogelaar opbouwen. Hoe gaat die eruit zien?

‘Veel van onze ouders komen uit een samenleving, waarin iedereen dacht als zij. Sommigen wisten daarmee om te gaan, maar héél veel ouders leven nog in die cirkel. Jongeren komen op school andere mensen tegen en dat zet ze aan het denken. Dat proces moet worden gekanaliseerd. Daarvoor is een islamitische infrastructuur nodig. Maar er zal hier niet zo veel veranderen. Ik denk dat veel van de islamitische normen en waarden overeenkomen met de joods-christelijke traditie. Barmhartigheid en zorg voor naasten zijn waarden in elk geloof. De komst van de islam is daarop alleen een aanvulling, een versterking.’

De islam is toch wel meer dan dat? Wat is de impact op Nederland, over een paar decennia? Wat is die infrastructuur waar u over spreekt?

‘Stel, er zijn ooit drie, misschien wel zes miljoen moslims in Nederland. Dan zijn er in ieder geval veel meer moskeeën nodig – er is nu al een tekort aan vierkante meters. Die moskeeën zullen multifunctionele gebouwen zijn, waar jongeren met hun vragen terecht kunnen. Waar gediscussieerd wordt. En er zullen veel meer Nederlandse imams zijn. Prekend in het Nederlands. Er zullen veel instellingen zijn voor islamitisch onderwijs. Islamitische geleerden ook. Er zal thuiszorg zijn op islamitische grondslag – dat begint al – en islamitische banken. Maar wat ik probeer te zeggen: het is een natuurlijk proces. De identiteit van Europa heeft zich altijd ontwikkeld. Ook nu. Over vijftig jaar is het misschien weer allemaal anders. Dan zit het hier misschien vol Russen en Chinezen. Zo lang iedereen zich aan de kaders van de wet houdt, moet er voor al die verscheidenheid ruimte zijn.’

We leven toch niet uitsluitend op grond van de wet samen?

‘Natuurlijk zijn er ook morele kaders, maar die zijn voor iedereen anders.’

Ja, maar we komen elkaar tegen, met al die verschillende morele kaders. Net nog op de radio: de Hogeschool Rotterdam heeft richtlijnen opgesteld. Studenten móeten vrouwen een hand geven als ze in het onderwijs gaan werken. Het botst.

‘Ik denk dat juist een school zich moet verdiepen in de motieven van iemand die geen hand geeft. Is dat werkelijk gebrek aan respect of iets anders? Hoe dan ook vind ik het gunstig dat dit speelt. Ik denk dat men zich uiteindelijk zo positief in elkaar heeft verdiept dat het geen issue meer is.’

U bedoelt misschien dat zo’n school een achterhoedegevecht voert. In de toekomst zijn de bestuurders van de Hogeschool mogelijk zelf moslims die – zoals u wenst – veel meer begrip hebben voor iemand die geen handen schudt. En de werkomgeving zal voor een groter deel uit moslims bestaan, dus daar zal het ook zo snel niet opspelen…

‘Ik zie in ieder geval dat de volgende generaties met elkaar zijn opgegroeid. Dat een autochtone jongen op straat Marokkaanse, Turkse en Surinaamse woorden gebruikt. Ik zie dat een Marokkaanse jongen meedoet aan carnaval. Dat een oer-Hollandse jongen eens voor de lol meedoet met de ramadan.’

Vastberaden: ‘Ik zie het positief in.’

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07/16/2007

Interview met geheime schrijver die heilig islamitisch boek strafbaar acht

Vijand van Koran heeft ‘zuiver geweten’

De anonieme auteur die onlangs pleitte voor een verbod op het verspreiden van de Koran voelt dat zijn geweten is gezuiverd: hij heeft ons gewaarschuwd.

 
AMSTERDAM ...Het artikel dat in april verscheen in Liberaal Reveil leidde tot grote beroering. Ene M.S.H. Frankenvrij – een pseudoniem – schreef dat wat in de
Koran staat strafbaar is en dat er een nieuwe, vredige versie moet worden geschreven. En dat in het blad van de keurige Teldersstichting, wetenschappelijk
bureau van de VVD.

Contact met Frankenvrij is lastig. Het gaat per e-mail en via via, dus doorvragen is er niet bij.

Wat wilde u bereiken?

‘Dat een zo groot mogelijk publiek op de hoogte raakt van zeer belangrijke feiten omtrent het wezen van de islam, en zich daadwerkelijk zelf in deze materie verdiept, onder andere door de Koran te lezen.’

Uw ideeën werden afgewezen, ook door de VVD. Hoe vond u de reacties?

‘Verreweg de meeste reacties zijn afkomstig van personen die zich niet in de materie hebben verdiept, doch die geijkte, oppervlakkige meningen –
beter gezegd: dooddoeners – uiten en de opinion leaders, met hun verborgen motieven, napraten. De reacties van personen die de Koran daadwerkelijk
hebben gelezen, zijn vrijwel allemaal zeer positief.’ ‘Opvallend vond ik de zeer positieve reacties bij de leden van de PvdA Amsterdam. Die blijken zich zeer
grote zorgen te maken dat de PvdA afglijdt tot een confessionele islampartij. Voor die vrees bestaat ook de nodige reden. Neem het feit dat het Amsterdamse gemeentebestuur de bouw van een moskee met twee miljoen gesubsidieerd blijkt te hebben.’

Uw idee lijkt onwerkelijk, uw taalgebruik is archaïsch. Is het scherts?

‘Er zit in mijn artikel geen enkele scherts. De vraag treft mij, omdat ik van schertsen houd. De reden is, denk ik, dat in de boeken die ik bespreek – primair de Koran, en als toetssteen de Bijbel – ook, voor zover mij bekend, geen enkele scherts voorkomt. In de praktijk, met name de rooms-katholieke, pleegt overigens wel degelijk geschertst te worden.’

Gaan we meer van u horen of bent u tevreden?

‘Ik zal tevreden zijn wanneer genoeg Nederlanders zich serieus in de islam verdiepen, daar is tijd voor nodig.’

‘De Koran staat al 25 jaar in mijn boekenkast. Toen Theo van Gogh door een fundamentalistische islamiet werd vermoord, voelde ik mij schuldig dat ik niet eerder publiekelijk voor de primitiviteit en gewelddadigheid van de islam gewaarschuwd had en gewezen had op het feit dat door de Koran haat wordt gezaaid en tot geweldsmisdrijven wordt opgeroepen. Deze publicatie heeft mijn geweten voor een groot deel gezuiverd. Ik kan tenminste zeggen dat ik gedaan heb wat in mijn vermogen ligt en dat ik duidelijk heb gewaarschuwd, zoals de profeten in het Oude Testament deden.’

‘Of het volk luistert, of beter gezegd: de notabelen, blijft de vraag. Meestal niet - zie eveneens het Oude Testament. Maar ik blijf hopen op een positieve reactie die de Nederlandse beschaving en rechtsorde herstelt door de islamitische ondermijning daarvan hard aan te pakken. Dit blijft mij bezighouden. Of ik mij tot verdere publicaties gedwongen zal zien, kan ik nu niet zeggen.’

Het omstreden artikel staat op www.depers.nl/frankenvrij

07/14/2007

Gunnar Heinsohn - Un continent de perdants…

Voici enfin une traduction. Il s’agit d’un long extrait d’une interview que Gunnar Heinsohn, professeur de sociologie à l’Université de Brême, a récemment accordée au magazine danois Sappho. Il y rejoint malheureusement l’avis de Mark Steyn quant à l’avenir de l’Europe

________________

L’interview débute par une présentation des travaux du prof. Heinsohn. Il y définit un concept, l’« excès démographique de la jeunesse ». Cet excès démographique se traduit par une situation où les 15 à 29 ans constituent au moins 30% d’une population donnée. Selon ses études, cette situation peut compromettre la stabilité de la société – et pas seulement s’il s’agit d’une population pauvre, ce serait même plutôt le contraire : une population accablée cherche juste à survivre, mais dans une population en bonne condition, physique et mentale, les jeunes gens « excédentaires » auront tendance à consacrer leur énergie à la recherche de positions sociales valorisantes – trop rares. Ce qui peut engendrer la violence.

Le prof. Heinsohn présente pendant l’interview quelques exemples historiques de troubles au moins partiellement causés, selon lui, par ce phénomène – la révolution bolchevique, la montée du fascisme dans les années 1920, les débuts du mouvement maoïste, et, bien plus loin dans le temps, l’expansion européenne (l’établissement des colonies espagnoles, portugaises, etc.) du XVIème siècle.

À notre époque, le « problème » palestinien actuel présente les caractéristiques de ce phénomène, et il en discute longuement. Je ne m’étendrai pas trop là-dessus, car un article du prof. Heinsohn vient de paraître dans « Le Monde » à ce sujet (« Gaza, les raisons de la violence », 19.6.2007, édition papier du 20.6). Il y conclut que « la démographie galopante » des territoires palestiniens « continuera de produire en grand nombre des jeunes hommes sans perspective d’emploi ni aucune place dans la société, et dont l’unique espoir sera de se battre pour s’assurer l’une et l’autre ». C’est ce qu’il dit également dans l’interview du journal danois. Et c’est l’argent occidental qui soutient cette explosion démographique…

Il s’élève donc ainsi contre l’idée prédominante en Occident selon laquelle on peut contrer la guerre et la violence en résolvant le problème de la faim et de la pauvreté dans le Tiers-Monde. Ses recherches montrent qu’« au contraire, lorsqu’on élimine le problème de la pauvreté matérielle immédiate dans un pays souffrant d’un excès de jeunes, on cause l’escalade de la violence ».

Le journaliste en vient donc à lui poser la question suivante…

UNE CLASSE DE PERDANTS

– Ne serait-ce donc pas une bonne solution que de laisser ces « fils excédentaires » venir en Europe ?

– En Europe, tous les pays – sans exception – sont des nations vieillissantes qui ne se reproduisent plus suffisamment [pour remplacer les générations]. Elles se sont donc embarquées dans un processus où elles « mangent » mutuellement leurs jeunes talents. Pourquoi ne recherchent-elles pas ces jeunes talents en Afrique, dont la population a tant augmenté (~100 millions de personnes en 1900, deux milliards estimées en 2050 !) ? Pourquoi pas dans le monde islamique, qui a connu une explosion démographique similaire ? Pourquoi l’Amérique cherche-t-elle les jeunes talents en Allemagne, pourquoi le Danemark recrute-t-il des Polonais ? Parce que les pays du Tiers-monde n’ont pas le niveau d’éducation requis dans les pays développés, qui ne peuvent maintenir leur position que par l’innovation. Pour ce faire, ils ont besoin de jeunes gens qui ont grandi dans une société de haute technologie. Ce n’est pas que les Africains ou les Musulmans soient moins intelligents que les autres, c’est juste qu’ils ne sont pas socialisés d’une façon qui les rende utiles dans nos sociétés.

– Au Danemark, nous avons maintenant un grand nombre d’immigrants originaires de pays islamiques, des gens très instruits, de même que leurs descendants, des médecins, des avocats, etc. Mais beaucoup d’entre eux sont tout aussi peu intégrés que les moins instruits. Ils restent tout aussi radicaux et islamistes que s’ils n’avaient pas reçu d’éducation supérieure … ?

– Je laisserai l’évaluation des conditions danoises aux Danois. Cependant, on constate la même chose en Angleterre. Nous avons là une population dans la population, à savoir les Pakistanais, qui ont le taux de naissance le plus élevé de tout le pays, et qui sont les plus dépendants des allocations sociales. Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront.

Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants.

Par contre, au Canada, où je passe une partie de l’année depuis vingt ans, on trouve une politique complètement différente. Ils disent : notre politique d’immigration se fait sur une base simple. Tout nouveau Canadien, né ici ou venu de l’étranger, doit être plus doué que ceux qui l’ont précédé ; parce que seule l’innovation nous permettra de conserver notre position dans la compétition mondiale. Je veux donc que mon fils soit plus intelligent que moi. Et croyez-le ou non : 98% des immigrants canadiens ont de meilleures qualifications professionnelles que la moyenne des Canadiens. En Allemagne et en France, le chiffre est de 10%. Là où nous jouons la quantité, ils jouent la qualité.

Et pourquoi ? En Allemagne, parce que les gens avaient peur d’être traités de racistes ; et il semblerait que tous les pays européens souffrent de cette peur de faire des choix.

LE CINQUIÈME VILLAGE

– Ne pourrait-on pas partiellement expliquer cela en disant que les partis de gauche ont importé une réserve d’électeurs ?

– En France, on a vu les Africains et les Algériens voter pour Ségolène Royal. À cela, il faut ajouter un autre phénomène, que l’on peut observer entre autres en Allemagne. Ici, certains des Allemands « de souche », comme on commence à les appeler, qui constituent 85% de la population, commencent à émigrer. À peu près 150.000 Allemands quittent le pays chaque année, la plupart à destination du monde anglo-saxon. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont prêts à recevoir 1,5 million d’immigrants instruits par an, et ils font tout ce qu’ils peuvent pour leur faciliter les choses.

Il n’est pas étonnant que de jeunes gens travailleurs et motivés, de France et d’Allemagne, choisissent d’émigrer. Ainsi, ils n’ont pas seulement à subvenir aux besoins de leur propre population vieillissante. Sur 100 jeunes de 20 ans, les 70 Français et Allemands doivent soutenir aussi 30 immigrants de leur âge ainsi que leur progéniture. Cela est la cause de découragement dans la population locale, en particulier en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Alors, ils s’enfuient.

L’Europe vient de mettre au point, en janvier 2007, ses principes quant à l’immigration. Et ils sont très différents de ceux du Canada. Notre premier critère pour laisser des gens s’installer dans l’UE est qu’ils aient ou non été victimes de discrimination. Principe suivant : si la personne a de la famille dans l’UE, son accès est favorisé. Troisième principe : les gens se trouvant déjà illégalement en Europe doivent être régularisés. Et enfin, seulement en quatrième place, on retrouve le principe anglo-saxon voulant que l’immigrant doive pouvoir s’intégrer au marché du travail.

Le but de tout ceci est de renforcer l’Europe face aux Anglo-Saxons en termes de « soft power ».

Je suis très pessimiste face à l’avenir. La situation de l’Europe me rappelle le principe du « Cinquième village » dans les Länders du Brandebourg et de Poméranie Occidentale, qui ont fait l’expérience d’une population déclinante. Quatre villages sont abandonnés, et leur population est rassemblée dans le cinquième village. Mais ça ne fait pas augmenter le taux de natalité du cinquième village. Et après quelque temps, le cinquième village est lui aussi peuplé de vieilles personnes, et il n’y a pas de jeunes gens dans le coin pour pourvoir à leur pension.

Ce qui va se produire pour une quarantaine de nations entre la Bretagne et Vladivostok est similaire. Certaines deviendront des « cinquièmes villages » et retrouveront un nouveau souffle, d’autres imploseront tout simplement. Je prédis que toutes les nations slaves imploseront. Idem pour les trois pays baltes et pour tous les états des Balkans. La question est de savoir si la France et l’Allemagne deviendront des « cinquièmes villages ». Je pense que la Scandinavie en sera un. De même que la péninsule ibérique, l’Irlande et l’Angleterre. Mais je ne suis pas sûr que le reste du continent y parviendra.

LES JEUNES PARTENT

– Mais aura-t-on toujours affaire à des nations dans le futur ? Si l’Europe finit par acquérir une majorité musulmane, il n’est pas certain que les Danois, les Allemands, les Français etc. se plient à la charia. Ne verrait-on pas alors les populations indigènes se retrancher dans leurs propres enclaves, d’où ils tenteraient de se défendre, comme on l’a vu dans les Balkans ?

– C’est bien entendu une possibilité, mais il faut se demander qui sera là pour rester et se battre ? Quelqu’un comme moi, peut-être, parce que je suis plus ou moins forcé de rester. Mais si j’étais un jeune Allemand de souche de 18 ans, une fois l’école secondaire terminée, je ferais ce que la plupart font déjà. Je voudrais étudier dans le monde anglo-saxon, et j’émigrerais. Je ne voudrais pas rester et me battre. Le monde anglo-saxon a besoin de 50 millions d’immigrants qualifiés dans les 30-40 ans à venir, les jeunes gens qualifiés d’Europe occidentale seront donc incités à s’y installer au lieu de rester et de se battre.

Une possibilité serait de cibler l’immigration chinoise. Si nous avions en Allemagne la même proportion de Chinois qu’au Canada, nous en aurions trois millions. Mais la possibilité de l’immigration chinoise n’a même pas été envisagée en Europe.

La Chine est le pays qui vieillit le plus vite au monde après l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud. Nous considérons d’habitude la Chine comme un géant endormi. Moi j’y vois une source dont les pays occidentaux pourraient tirer le meilleur. Et ils le feront. Pour le moment, les riches Chinois se soucient de transférer leurs avoirs en Suisse, parce qu’avec le peu d’enfants qui y naissent, les gens de 40 ans et plus n’ont aucun espoir de toucher une pension un jour. En Chine, le taux de fertilité a baissé jusqu’à 1,6 enfant par femme. Le pays perd déjà 500.000 de ses meilleurs ressortissants chaque année. Les jeunes ne voient pas d’espoir de se constituer un fond de pension dans leur propre pays. Ils s’installent donc à Taiwan, à Hong Kong, à Singapour, au Canada, etc.

En Allemagne de l’Est, ils viennent juste de décider de démolir 400.000 appartements. Il n’y a personne pour y habiter, et les appartements inoccupés ruinent les banques en faisant baisser les loyers et le prix du logement. En Allemagne de l’Ouest aussi, nous perdons de la population. Nous avons cessé de récupérer les immigrants les plus inadaptés. Pour attirer des jeunes gens compétents, nous pourrions leur offrir une maison. C’est ainsi que le Brandebourg a obtenu les Huguenots français au XVIIème siècle. Mais je doute que cela fonctionne aujourd’hui.

LE RÉARMEMENT DÉMOGRAPHIQUE ?

– Serait-il imaginable que les Européens commencent soudainement à se multiplier, pour répondre à l’obligation morale de perpétuer leur peuple et leur culture ? C’est ce qui s’est produit après la conquête du Québec français par les Britanniques. Les prêtres catholiques ont mis la pression sur les familles pour qu’elles soient nombreuses, et cet effort démographique a porté ses fruits… ? Le prof. Heinsohn ne donne guère de chances à une telle stratégie. Cela requerrait des mesures draconiennes, que les Européens n’accepteraient pas. Les promesses financières ne marcheront pas, excepté pour les gens de peu d’éducation et de bas rang social, et cela aggraverait la situation.

– Regardez le peuple polonais, dit Heinsohn – qui est né en 1943 dans la ville maintenant connue sous le nom de Gdansk, mais qu’il appelle toujours Danzig. « C’est une nation possédant de fières traditions. La Pologne a sauvé l’Europe des Mongols, des Turcs et des Bolcheviques, et a fini par mettre à bas le communisme. Et pourtant, ils ont un taux de fertilité encore plus bas que les Allemands. Ils en sont à 1,2 enfant par femme. De plus, ces 15 dernières années, ils ont déjà perdu deux millions de leurs meilleurs éléments. Peut-être les émigrants disent-ils à leurs parents qu’ils reviendront, mais ils ne le feront pas. C’est pourquoi je dis que des pays comme la Pologne, le Lituanie et la Lettonie sont condamnés. Ils ne sont pas attractifs pour les migrants. Idem pour la Russie. Qui veut aller vivre en Russie ? Et regardez les membres les plus récents de l’Union Européenne, la Bulgarie et la Roumanie. La Roumanie est le premier pays dans le monde où il y ait plus de retraités que de travailleurs actifs, et on les a laissé entrer. Idem en Bulgarie, dont la population a un taux de croissance négatif record. Les jeunes partent, et la conscience tranquille, parce qu’ils croient que demain, Bruxelles paiera pour leurs parents. L’UE a donc accepté 27 millions de personnes qui voulaient entrer pour s’assurer une pension. Et dans les milieux européens, on se réjouit d’avoir attiré autant de monde, des millions de citoyens de plus que les USA. « Ca nous fortifiera », croient-ils.

Je vois donc peu d’issues. Cependant, je cite dans mon livre l’exemple de la Californie, qui a fait demi-tour dans les années 1990, ce qui signifie que même la population blanche – à l’exception des Latinos, qui ont un taux de fertilité plus élevé – a pu passer de 1,3 à 1,8 enfant par femme. Ce n’est pas encore le taux de remplacement des générations, mais c’est néanmoins un changement notable. Et c’est énorme parce que la Californie est la région la plus avancée du monde. Vers la fin des années 1980, on pronostiquait que le taux de fertilité continuerait de baisser, mais au début des années 1990 de nouvelles études ont montré que les femmes ne voulaient plus se contenter de leur travail, et peu de temps après on a vu le taux de fertilité progresser.

En Europe, on a balayé [cette observation] du revers de la main, en l’expliquant par le fait que les Américains sont « tellement conservateurs », mais ce n’est pas vrai en Californie, qui de bien des façons a été la pionnière de l’Occident. Cependant, je ne vois rien de similaire en Europe. Bien sûr, la France a deux enfants par femme, mais sur cinq nouveaux-nés, deux sont déjà arabes ou africains. En Allemagne, 35% de tous les nouveaux-nés sont déjà d’origine non allemande, et les non-Allemands y commettent près de 90% des crimes violents. Comme je l’ai déjà dit – les mères sont payées pour mettre des enfants au monde, ainsi que leurs filles, et les hommes se mettent à la criminalité.

Ou bien prenez l’exemple tunisien. Une femme tunisienne a 1,7 enfant en moyenne. En France, elle en a bien souvent 6, parce que le gouvernement français la paie pour ça. Bien entendu, l’argent n’a jamais été destiné aux Tunisiennes en particulier, mais les Françaises ne sont pas intéressées par cet argent, tandis que les Tunisiennes ne sont que trop heureuses de le recevoir.

– Nous devrions donc faire une discrimination ?

– Ca ne marchera pas. C’est trop tard. Si vous commenciez à faire de la discrimination, vous seriez traînés devant toutes les cours de justice existantes. C’est à ça que le monde anglo-saxon a échappé en discriminant à la frontière. Pas sur la base de la race ou de l’ethnie, mais sur la base des qualifications. Ils rejettent les gens qui ne sont pas qualifiés. Mais bien souvent ils les rejettent avec un conseil amical – quand une personne se voit refuser l’entrée à Ottawa ou Canberra, les autorités de l’immigration lui conseillent bien aimablement de tenter sa chance en Allemagne, par exemple. « Parce que le système est différent là-bas. »

– Comment voyez-vous la situation politique de l’Europe dans vingt ans ? Pas d’État-providence, pas de démocratie ?

– En ce qui concerne le continent européen, Irlande, Angleterre et Scandinavie mises à part, je crois que même les prévisions démographiques pessimistes s’avéreront trop optimistes. Ces prévisions suggèrent que les jeunes resteront en Europe et y élèveront leurs propres enfants, mais cela ne se passera pas ainsi. Une étude datant de 2005 a montré que 52% des allemands âgés de 18 à 32 ans veulent partir. Ils ne le feront peut-être pas, mais ils nourrissent cette idée. Les jeunes vraiment qualifiés partent. Les seuls qui soient vraiment fidèles à la France et à l’Allemagne sont ceux qui vivent du système social. Parce qu’il n’y a pas d’autre endroit pour eux. L’Amérique, le Canada, l’Australie comptent sur l’arrivée de nos jeunes les plus qualifiés, et ils en récupéreront beaucoup. Cela mettra fin à l’innovation et freinera la croissance économique de l’Europe. En Allemagne, nous perdons déjà des milliards et des milliards de rentrées parce que nous manquons de gens qualifiés pour occuper les postes. Nous avons deux millions d’emplois sans titulaires – et six millions de personnes en âge de travailler dépendantes du système social, et les deux ne sont pas complémentaires. Le groupe des gens dépendant de l’état grandit chaque année, il y naît des enfants, mais les places vacantes ne se remplissent pas.

C’est comme deux pays qui seraient fermés l’un à l’autre. L’État-providence ne peut pas perdurer. Nous ne pouvons pas non plus espérer résoudre le problème démographique par l’immigration chinoise, puisque les Chinois ne veulent pas immigrer dans un système où ils auraient à payer non seulement pour les pensions d’une population vieillissante mais aussi pour les allocations de millions d’autres personnes.

Nous devons décréter qu’il n’y a qu’une catégorie de personnes qui peut compter sur l’aide du gouvernement, ce sont les gens mentalement ou physiquement handicapés. Personne d’autre ne devrait espérer de l’aide. Cela semble froid et cynique, mais les bases de nos systèmes sociaux ont été jetées au XIXème siècle, lorsque les familles avaient 10 enfants. Si leur père mourait à la suite d’une chute d’un échafaudage, il fallait bien que quelqu’un s’occupe de la famille. La situation actuelle est très différente.

Si vous allez en Australie, vous ne recevrez pas d’allocations pour vos enfants. Tout au plus bénéficierez-vous d’un petit dégrèvement fiscal. En revanche, un citoyen australien peut garder 80% de ce qu’il gagne en brut.

– Comment les choses ont-elles pu tourner aussi mal dans une Europe qui avait cette vision grandiose de paix, de coopération et de progrès, et qui avait une confiance illimitée dans ses capacités ?

– Cela a commencé à mal tourner vers 1980. Mais le grand tournant, en Allemagne, n’advint qu’en 1990. C’est lorsque les portes furent ouvertes toutes grandes à une immigration massive, constituée de gens pour ainsi dire sans qualifications. Entre 1990 et 2002, l’Allemagne autorisa l’entrée à 13 millions de personnes. Les choses ont commencé à mal tourner pour la France à la même période. Nous ne pouvons que limiter l’impact de ce fardeau sur notre système social en légiférant. Nous devons décréter que tout enfant né après une certaine date sera totalement pris en charge par ses parents. Ce sera une révolution. Mais on n’en parle même pas ici en Europe.

Fin de l’article : le prof. Heinsohn parle d’une réforme du système d’allocations sociales menée aux USA sous l’administration Clinton, limitant dans le temps l’aide aux mères célibataires, et de leur effet – le type de réforme qui s’est pourtant avérée positive mais qui est actuellement impensable en Europe. Ensuite, il revient, interrogé par le journaliste, sur le Moyen-Orient, sur l’Irak, et sur l’excès démographique de la jeunesse. Sa position tendrait à rester à l’écart de ces conflits, à laisser le « jeu » se dérouler, éventuellement en aidant à distance le camp « le plus sympathique »…

Note: Le prof. Heinsohn avait écrit en mars 2006 dans le Wall Street Journal un article qui traitait déjà de ces thèmes, et qui avait été traduit en français par Objectif-Info.com : “Ce sont les bébés qui gagnent les guerres“.

La « palestinianisation » de l’Europe

Par Jamie Glazov
FrontPageMagazine.com |

Traduction: Pistache,

L’invitée de Frontpage est aujourd’hui Bat Ye’or, la plus grande autorité qui soit sur la dhimmitude. Son dernier essai est Eurabia: l’axe euro-arabe, qui vient de sortir en italien.

FP: Bat Ye’or, bienvenue dans Frontpage.

Bat Ye’or: Heureuse d’être ici à nouveau. Merci Jamie.

FP: Votre livre sur Eurabia est sorti en français en 2006, et paraît maintenant en italien. Des versions en néerlandais et en hébreu suivront cet automne. Y a-t-il des différences avec la version américaine?

Bat Ye’or: Oui, il y a des différences. J’ai écrit l’édition américaine en 2004, espérant alerter le public américain des changements qui affectent profondément l’Europe sur les plans démographiques, religieux, culturels et démocratiques. Ces transformations modifieront les relations de l’Europe avec l’Amérique et agrandiront le fossé qui les sépare. Cette situation n’est pas particulièrement liée au président Bush, bien que sa forte foi chrétienne soit une raison majeure de son impopularité en Europe. Le problème central est lié à la satellisation de l’Europe par le monde arabe et musulman – le résultat d’une politique poursuivie depuis plus de trente ans par choix, par crainte et par cupidité. Le poids démographique arabe et musulman en Europe s’associe au flux des capitaux arabes, à la globalisation des marchés, et aux énormes investissements financiers européens dans les pays arabes.

Tout ceci crée d’importants liens euro-arabes ainsi que des pressions, qui déterminent une politique basée sur l’opportunisme économique. L’Union Européenne gère plusieurs programmes pour les étudiants arabes. Elle finance d’innombrables ONGs pro-arabes, et a établi de puissants réseaux euro-arabes pour coordonner une position commune contre les U.S.A. et Israël dans le monde académique, chez les intellectuels, les journalistes, et les syndicalistes. Les États européens financent et charpentent la guerre idéologique palestinienne contre Israël. Nous avons récemment vu le Syndicat National des Journalistes de Grande-Bretagne voter en faveur du boycott des produits israéliens. L’an dernier, c’était l’Association Nationale des Professeurs de l’Enseignement Supérieur (NATFHE en anglais) qui votait l’adoption d’un « boycott silencieux » des universités israéliennes et de leurs professeurs et étudiants. Cette politique est mise en place par les réseaux euro-arabes qui unissent les associations européennes et arabes.

Bruce Bawer - While Europe slept

Il y a une collaboration pesante, presque d’acier, à tous les niveaux institutionnels entre l’Europe et les pays de la Ligue Arabe. L’anti-américanisme européen et l’anti-sionisme s’élaborent au sein de cet organe de liaison arabo-musulman. A moins que l’Amérique n’accepte d’entrer dans un processus destructif de reddition et de soutien moral à l’idéologie jihadiste, similaire à celui qui corrompt l’Europe, l’hostilité européenne ne disparaîtra pas ; au contraire, elle s’accroîtra. L’Europe est maintenant enchaînée au monde arabo-musulman et ne peut se désengager ou changer de cap. Blair a essayé de le faire et a échoué lamentablement. En fait, après dix ans à la tête de son gouvernement, il porte une responsabilité majeure dans cette triste situation.

FP: Qu’est-ce qui a changé depuis la publication de Eurabia: l’axe euro-arabe en Amérique (janvier 2005)?

Bat Ye’or: La situation s’est aggravée sur tous les fronts. Aux débuts de la guerre en Irak (au printemps 2003), il y avait quelque espoir qu’un gouvernement démocratique arrive au pouvoir et donne la justice et la paix à son peuple. Mais l’élimination de la tyrannie, grâce aux forces de la Coalition, n’a fait que mettre en évidence les pires forces délétères et inhumaines qui consument les sociétés arabo-musulmanes. La guerre en Irak a exposé les erreurs américaines, les divisions occidentales et l’imprévoyance pour confronter le jihad mondial. La situation chaotique que l’on voit là-bas et le processus de nucléarisation de l’Iran ont fortifié les islamistes. De plus, la lamentable réponse du gouvernement Olmert au Hezbollah au Liban et le triomphe électoral du Hamas à Gaza ont conforté l’impression d’une débâcle israélienne et occidentale dans le monde arabe et musulman. La Grande-Bretagne a été humiliée et n’a pas réagit fermement au kidnapping de quinze de ses marins par l’Iran. Au lieu de cela, les journalistes et le monde universitaire britanniques s’en sont violemment pris à Israël pour apaiser les gouvernements musulmans et en particulier les Palestiniens qui avaient enlevé, contre espoir de rançon, un journaliste de la BBC. Un tel comportement est typique de la dhimmitude : le Chrétien dhimmi, ayant trop peur d’attaquer son oppresseur musulman, retourne sa frustration impuissante contre une innocente victime dhimmie plus faible, le Juif. Ces relations triangulaires sont une constante dans le tissu social et politique de la dhimmitude pendant plus d’un millénaire et jusqu’à nos jours.

La haine de l’Amérique, la culture antisémite, l’inversion cynique de la vérité, le soutien donné aux tueurs et aux ravisseurs et le fait de prendre parti pour eux, expriment un humiliant sentiment d’impuissance. La Grande-Bretagne est devenue le chien qui aboie pour ses protecteurs : les islamistes et les Palestiniens. Cette situation ne se limite pas à la Grande-Bretagne, mais peut-être est-ce parce que l’Angleterre fut l’une des nations les plus fières et les plus puissantes d’Europe, l’une parmi les trois pays victoriaux les plus importants de la Seconde Guerre Mondiale, que cette déchéance et cette humiliation auto-consenties sont si traumatisantes. Certains Européens s’opposent bien sûr à de telles politiques, mais les directives européennes ont tendance à entraver les droits démocratiques par un contrôle totalitaire, telle une nasse, de la culture, des médias, et des universités.

Qui plus est, de l’autre côté de l’Atlantique, l’alliance latino-arabe encouragée par Zapatero « l’Andalou » isole davantage l’Amérique. La tactique visant à diviser l’Occident pour l’affaiblir est en train de réussir.

FP: Vous avez introduit un nouveau concept: le « palestinisme ». Qu’est-ce que cela signifie exactement?

Bat Ye’or: Je pense que c’est précisément le palestinisme qui est à l’origine de la décadence de l’Europe. C’est une idéologie basée sur une théologie du remplacement, dans laquelle la Palestine remplace Israël. Ayant été conçue et promue par des intellectuels et des politiciens européens et arabes travaillant de concert, elle combine le pire des deux cultures. Pour le monde arabe et musulman, le palestinisme incarne l’idéologie et les intentions du jihad contre un peuple dhimmi rebelle. Il est donc fondé sur une culture et une théologie musulmane qui refuse l’indépendance territoriale et la souveraineté à un peuple non musulman quel qu’il soit.

Le palestinisme s’oppose à Israël sur deux points principaux :

1) les Juifs, étant un peuple dhimmi, ne peuvent gouverner des Musulmans, et encore moins libérer et gouverner leur pays, tout particulièrement s’il a été conquis et colonisé par le jihad dans le passé – ce qui est le cas d’Israël, de l’Espagne, des Balkans, de la Hongrie et d’autres parties de l’Europe. Les Juifs doivent être ramenés sous le joug de l’islam. Et ceci s’applique aussi, bien entendu, aux Chrétiens ; Chrétiens comme Juifs doivent être réduits à la soumission et à la dhimmitude.

2) La doctrine musulmane rejette la Bible, elle n’accepte pas qu’elle constitue l’histoire du peuple d’Israël et la source du christianisme. Les Musulmans croient que le récit biblique, tel qu’il est transcrit dans le Coran, est l’histoire du peuple musulman et de prophètes musulmans. Pour cette raison, ils nient le patrimoine historique et ancestral des Juifs et des Chrétiens en Terre Saine. Pour eux, les deux Testaments ont une source islamique, et décrivent une histoire islamique puisque les personnages de la Bible et Jésus lui-même (Issa) étaient musulmans. Le judaïsme et le christianisme sont considérés comme des falsifications de l’islam. C’est au cœur même de l’idéologie – disons même de la doctrine – du palestinisme, et de sa guerre contre Israël.

Les courants européens ont ajouté à tout cela un antisémitisme chrétien traditionnel, qui condamne les Juifs à l’exil perpétuel jusqu’à leur conversion. La guerre palestinienne contre Israël, fortement encouragée par beaucoup en Europe, se révéla être une magnifique opportunité de poursuivre et de maintenir une culture de haine et de dénigrement des Juifs – aujourd’hui, de l’état d’Israël – et d’offrir un soutien moral et politique à un second holocauste. L’Europe s’est avérée être le plus grand supporter et le plus grand bailleur de fonds des Palestiniens, ainsi que leur mentor idéologique.

FP: L’Europe s’est « palestinisée », n’est-ce pas? Quelles ont été les conséquences de tout ceci pour l’Europe?

Bat Ye’or: Les conséquences pour l’Europe sont multiples et variées, profondes et, semble-t-il, irréversibles. Le palestinisme a été l’outil le plus efficace pour diviser, affaiblir et détruire l’Occident. Mais ce processus ne put avoir lieu que parce qu’un appareil institutionnel, la Communauté Européenne – devenue l’Union Européenne en 1993 – en a fait un instrument de politique étrangère.

Tandis que dans le monde arabe et musulman le palestinisme était l’outil des jihadistes pour éradiquer l’indépendance et la liberté du peuple dhimmi juif, sa signification fut autre en Europe. Le soutien non officiel de la Communauté Européenne au jihad de la Ligue Arabe pour délégitimer Israël a rétabli une culture de haine qui est autodestructrice pour l’Europe elle-même. Quoique les Européens en pensent aujourd’hui, l’intégralité de leur culture spirituelle et humaniste vient des prophètes bibliques, de la libération des Hébreux de l’esclavage, de la promotion de l’égalité et de la dignité des êtres humains, des valeurs salvifiques que sont l’humilité, l’autocritique, la demande du pardon, de l’éloge de la paix et de la séparation de la religion et de l’État, etc. Toutes les fêtes chrétiennes sont des fêtes juives christianisées. Les livres saints judaïques sont les livres saints chrétiens.

Rejoindre le camp des jihadistes implique la suppression de ces liens qui charpentent et soutiennent le christianisme, l’affaiblissant ainsi, et le laissant prêt à s’écrouler. Et la haine détruit davantage celui qui la couve que sa victime. S’allier aux jihadistes signifie adhérer à l’idéologie jihadiste qui cherche à imposer une règle islamique totalitaire au monde entier, une vision qui ne conçoit pas la diversité humaine en termes d’égalité, et qui n’accepte ni la critique, ni la liberté d’expression, ni d’opinion. Cela signifie que tant le christianisme que le judaïsme, en tant que religions et que civilisations, doivent être récusés et méritent d’être détruits.

Le palestinisme s’efforce de supprimer les liens entre le christianisme et le judaïsme parce qu’il professe que le christianisme est né de l’islam, d’un Jésus qui était un prophète musulman – l’Issa coranique – et très différent du Jésus juif dépeint par les quatre évangélistes – eux-mêmes nourris de l’Ancien Testament et non du Coran. En Europe, le remplacement théologique du judaïsme déclenché par le palestinisme affecte aussi la politique. A l’exception de commentaires désobligeants, les médias évitent de mentionner Israël, comme si déjà il n’existait plus, le supprimant ainsi par un boycott muet. Une autre tendance européenne consiste à imposer une stricte similarité historique et une équivalence entre Israël et les Arabes ou les Palestiniens, alors que leur histoire et leurs institutions sont fort différentes.

Puisque le palestinisme est maintenant l’idéologie principale en Europe, il a déterminé le soutien européen aux stratégies des jihadistes. Et le jihad n’est pas n’importe quelle guerre, il constitue à lui seul un recueil guerrier complet, avec ses stratégies sacrées et ses tactiques rituelles. L’Europe a légitimé les intentions de l’OLP de détruire Israël dès les années septante, ses enlèvements et ses massacres de civils, ses détournements d’avions, son terrorisme, par le rejet de la responsabilité de ces crimes sur les victimes plutôt que sur leurs auteurs. Pour pouvoir justifier des actes si contraires aux valeurs humanistes et morales, l’Europe dût diaboliser Israël, le dépeindre comme le plus grand ennemi de la paix, et a ce faisant rajeuni sa passion de haïr Israël, lui imputant ses propres crimes.

Ce n’est pas tout. La plupart des Européens ne sont pas d’accord avec cette politique. Beaucoup l’ont dénoncée et combattue. Mais par le biais d’une campagne coordonnée et suivie des réseaux de l’Union Européenne, un système s’est mis en place ; il relie la politique, les marchés, la culture, les universités, les médias et les faiseurs d’opinion, sur l’ensemble des États membres afin d’imposer une culture méprisable du mensonge et du déni de la réalité nécessaire pour soutenir la politique étrangère pro-palestinienne de l’Europe.

FP: Tout ceci est très déprimant, Bat Ye’or. Y a-t-il quelque espoir dans la confrontation entre l’Occident et l’islam militant ? L’Europe est-elle perdue pour de bon ? Que devrions-nous faire, nous qui sommes dans le monde libre ? Que pouvons-nous faire ?

Bat Ye’or: Le seul espoir pour l’Occident réside dans sa perception des visées du jihad mondial et de ses dangers. Ce n’est pas seulement une guerre militaire, c’est aussi – et même plus – un débat spirituel, intellectuel et politique. Mais l’Union Européenne prend un chemin opposé, en imposant même un lexique[*] qui censure le mot « jihad » et l’exclut de la discussion, éliminant son historicité. La lâcheté de la position européenne déçoit de nombreux Musulmans courageux qui luttent pour la modernisation et la démocratisation de la pensée et des sociétés musulmanes. Les Européens sont si bien conditionnés par le palestinisme à haïr l’Amérique et Israël qu’ils sont non seulement en plein déni, mais aussi complètement anesthésiés.

Cox & Forkum

Que pouvons-nous faire ? D’abord, en Europe comme aux États-Unis, nous réapproprier nos universités qui sont devenues des bastions du « saïdisme ». Enracinée dans le palestinisme, cette école créée d’après l’Égyptien chrétien Edward Saïd a remplacé la science et la méthodologie orientaliste par l’ignorance et l’endoctrinement à la haine contre Israël et l’Occident. Nous devons aussi poser au grand jour le débat d’idées, le rendre public, sans censure, ni boycott ni menaces. C’est le seul moyen de prévenir un racisme né de la frustration et de l’impuissance. Mais – par-dessus tout – les Européens doivent décider de leurs valeurs, de leur futur, et défendre leurs institutions démocratiques et s’opposer à la subversion de leur culture. Ils doivent reprendre le contrôle de leur propre sécurité plutôt que de mendier la protection des jihadistes et d’accepter d’être rançonnés.

FP: Bat Ye’or, merci de vous être jointe à nous.

Bat Ye’or: Merci de m’avoir invitée, Jamie.

________________

Edité le 30/05 pour implémenter les corrections proposées par Mme Bat Ye’or. Qu’elle en soit remerciée! 

[*] On parlait déjà de ce lexique il y a un an, lorsqu’il était en cours de rédaction. J’avais déjà alors traduit une dépêche et commenté ce projet dans ce billet.

07/06/2007

Call it like it is

An article from www.washingtontimes.com

Diana West - Q: Who is winning the really important war of ideas — the one between the West and itself?

A: Not the side that understands jihad as a foundational Islamic institution.

This is nothing new. From September 11 onward, the yeoman effort of elites has been to wrench "Islam" away from all acts of jihad. But now, particularly after the London and Glasgow attacks, their efforts have achieved a deeper level of denial, and, worse, broader consensus.
The new British prime minister, Gordon Brown, has directed ministers to omit "Muslim" when discussing (Muslim) terrorism. And forget the generic "war on terror"; even that pathetic phrase is off limits. (This has absolutely nothing to do with Mr. Brown's unctuously stated goal to make Britain "the gateway for Islamic finance.") The new Home Secretary, Jacqui Smith (love that "i" ending) refers to British Muslims as "communities" — maybe a prelude to not mentioning them at all. Both have done the "perversion of a great faith" dance to enlightened applause, taking cues from the unpublished "EU Lexicon," which reportedly nixes such "offensive" phrases as "Islamic terrorism."

British literary lions couldn't agree more. Philosopher John Gray and historian Eric Hobsbawm recently said on British television that even the word "Islamist" was "unfair" because "it implied a strong link to Islam." Never mind the link is doctrinally accurate. Better to accommodate mortal threat without identifying its Islamic roots. Instead of defending their nations — for starters, stopping Islamic immigration and, with it, the progression of Islamic law into Western societies — our elites have decided to pretend Islam isn't there at all.

In the media, the effort is misleading to the point of farce. Joel Mowbray, writing at the Powerline blog, noted that the New York Times has identified Britain's Muslim terrorists as "South Asian people" — which, considering Britain's largest South Asian population is Hindu, is beyond absurd. "Diverse group allegedly in British plot," the Associated Press reported, missing that unifying Islamic thread. "All 8 detainees have ties to health service," wrote the Toronto Star, "but genesis of terror scheme still eludes investigators."

If they read Robert Spencer's jihadwatch.org, the essential daily compendium of jihad and dhimmi news, they might get a clue. But, very ominously, Mr. Spencer's Web site is being blocked by assorted organizations which, according to his readers, continue to provide access to assorted pro-jihad sites. Mr. Spencer reports he's "never received word of so many organizations banning this site all at once." These include the City of Chicago, Bank of America, Fidelity Investments, GE IT, JPMorgan Chase, Defense Finance and Accounting Services and now, a federal employee in Dallas informs him, the federal government.
Reason given? Some Internet providers deem the factually based, meticulous analysis on display at jihadwatch.org to be "hate speech." This should send Orwellian shivers up society's spine, but, alarmingly, such reactions to jihad analysis are increasingly the norm.

Case in point: Objecting to a recent column characterizing his views as being non-comprehending or indifferent to jihad, Lt. Col. David Kilcullen, senior counterinsurgency adviser to our forces in Iraq, wondered in an e-mail whether I "may not like Muslims, and that's your choice." It was a long e-mail — one of several — but even these few words convey the viewpoint, increasingly prevalent, that discounts the doctrinal centrality of Islam to jihad violence convulsing the world, from Iraq to London. In the mental no-jihad zone (and, in Lt. Col. Kilcullen's case, despite what he calls his "significant personal body count of terrorists and insurgents killed or captured"), only personal animus can explain alarm over the Islamic institution of jihad (let alone dhimmitude). "Alternatively," he wrote, "you may think Islam contains illiberal and dangerous tendencies."

I may think? I do think "tendencies" such as jihad and dhimmitude. "Again," he said, "you're entitled to that view."

"That view" is increasingly absent at the top, where Islam itself is politically and strategically beside the point. Consider current military thought, as expressed by Lt. Col. Kilcullen: Typical terrorists, he wrote, are "driven by fundamentally non-religious motivational factors." I wonder which non-religious motivational factors inspired Glasgow's terror-docs to scream "Allah, Allah" while ramming a flaming car into the airport.

Of course, it gets worse. Debate now divides the Pentagon over a new lexicon for Centcom. At stake is the Islamic term "jihad" itself, which could become officially verboten within the ranks of the fighting force that is actually supposed to defeat it.
This might leave us speechless, but it better not shut us up.

07/03/2007

Irshad Manji and insulting Muhammad

A few nights ago Irshad Manji and Bill O'Reilly had this exchange:

O'REILLY: All right, but now we have a Pakistani minister saying that hey, if somebody straps a bomb to Salman Rushdie's chest, it's OK because we have to defend Mohammed, Allah, whoever, but that rationale can be used to kill anyone.

MANJI: And you know what? It's a really mixed up rationale. And here's why. The Koran actually tells us that if somebody is mocking your religion, don't retaliate, walk away and only later engage in dialogue. So in fact, our so-called leaders are spewing prejudice that the Koran itself never asked them to.

Although Manji cites chapter and verse in speaking of another Qur'anic passage later in the interview, she doesn't say which one she has in mind here. My best guess is that she means 4:140: "Already has He sent you Word in the Book, that when ye hear the signs of Allah held in defiance and ridicule, ye are not to sit with them unless they turn to a different theme: if ye did, ye would be like them. For Allah will collect the hypocrites and those who defy faith - all in Hell." It doesn't mention the "engage in dialogue" part of Manji's assertion, and there is no explicit prohibition of retaliation, but it does say that if someone is mocking your religion, walk away.

The question is that: does that verse, or even any other verse that Manji may have in mind, establish what she intended to establish on O'Reilly -- that those Muslims who are calling for Rushdie to be killed are actually acting contrary to the Qur'an? It's a comforting thought, but as with so many comforting thoughts in this line, it is not so clear or simple as all that. Islamic law stipulates that reviling the Prophet is tantamount to apostasy (cf. 'Umdat al-Salik o8.7) and that apostasy warrants death, in accord with Muhammad's own words. Was such a law formulated by Islamic clerics who happened to overlook the verse Manji cited on O'Reilly's show? Or maybe they deliberately wanted to suppress this verse and to set up a more severe punishment for insulting Muhammad in order to discourage this kind of behavior?

I suppose such things are possible, but it seems to me that if there really were a Qur'anic verse that clearly forbade punishment of those who insulted Muhammad, there would be a significant party within Islamic tradition throughout the ages that held that punishing such people was disallowed. But there isn't. Also, Muhammad himself, the "excellent example" (uswa hasana) for Muslims (Qur'an 33:21), ordered killed many people who insulted him, as the British jihadist site Al-Ghurabaa, now offline, reminded Muslims during Cartoon Rage:

At the time of the Messenger Muhammad (saw) there were individuals like these who dishonoured and insulted him upon whom the Islamic judgement was executed. Such people were not tolerated in the past and throughout the history of Islam were dealt with according to the Shariah. Ka’ab ibn Ashraf was assassinated by Muhammad ibn Maslamah for harming the Messenger Muhammad (saw) by his words, Abu Raafi’ was killed by Abu Ateeq as the Messenger ordered in the most evil of ways for swearing at the prophet, Khalid bin Sufyaan was killed by Abdullah bin Anees who cut off his head and brought it to the prophet for harming the Messenger Muhammad (saw) by his insults, Al-Asmaa bintu Marwaan was killed by Umayr bin Adi’ al-Khatmi, a blind man, for writing poetry against the prophet and insulting him in it, Al-Aswad al-Ansi was killed by Fairuz al-Daylami and his family for insulting the Messenger Muhammad (saw) and claiming to be a prophet himself. This is the judgement of Islam upon those who violate, dishonour and insult the Messenger Muhammad (saw).

As I show in The Truth About Muhammad, these incidents weren't invented by the "extremists." They are recounted in the earliest sources about Muhammad -- sources written by pious Muslims for the benefit of their fellow Muslims.

Now, in explaining all this am I saying that Muslims cannot oppose the death fatwa against Rushdie? No, of course they should oppose it. Do I mean to say that Muslims must inevitably reject reform, and reformers like Manji, and adhere to Sharia as unchanging? Of course not. I am saying that for reform to have any chance of success it must be based on a realistic assessment of the nature of the problem. If it is based on false pretenses, on comforting fictions, it will certainly fail. Instead of flatly asserting that the Qur'an forbids retaliation against those who insult Muhammad, and ignoring Muhammad's own contrary example, as well as the unanimous consensus of traditional Islamic jurists, Manji might have done well to acknowledge all this, and outline some way for reformist Muslims to reject the traditional view.

I'd love to discuss this and related matters with Irshad Manji, but she is apparently not interested in dialogue or debate with me. Some time ago her website posted a link, "Right-wing Jihad Watch slams Irshad," to a piece here by Fjordman that thoughtfully and respectfully took issue with some aspects of her work. It would have been refreshing if Ms. Manji had replied to the points Fjordman made, rather than simply slam Jihad Watch as "right wing." I wrote to her to ask her why she thought that all that we are here could be subsumed under the sneer-phrase "right wing": because we oppose jihad violence and Islamic supremacism? Or because we oppose the quixotic and wilsonian Iraqi democracy project? Or because we call for Islamic reform? Or something else? I did not receive a reply. As Ms. Manji claims to want to foster free and open debate, I find that disappointing. Name-calling isn't dialogue, now is it? If Ms. Manji would ever wish actually to discuss these or related issues with me in any forum, public or private, instead of just calling names (as fun as it is), she knows where to reach me.

I am not interested in "slamming," and I don't believe that either Fjordman's post or this one constitute a "slam." But I rather suspect that all that will happen will be that this present post will end up linked at her site under the rubric "Right-wing Jihad Watch again slams Irshad."

ADDENDUM: Jihad Watch reminds us of a singularly apposite Qur'an verse: "Those who annoy Allah and His Messenger - Allah has cursed them in this World and in the Hereafter, and has prepared for them a humiliating Punishment" (33:57). The curse, you see, is both in this world and the hereafter.

Un domino est encore tombé !

Source : objectif-info.org - Gabriel Lévy

Qu’en pense M. Douste-Blazy, l’Iran « ce grand pays, un grand peuple et une grande civilisation, qui est respecté et qui joue un rôle de stabilisation dans la région » est-il seulement maladroit lorsqu’il fait choir les dominos ? Gaza, aujourd’hui, le Liban, demain. Bien mal inspiré également le stratège qui dessinait les lignes sinueuses de la politique étrangère française au gré de ses amitiés personnelles (1).

Cassandre aujourd’hui.

Dissimuler ou minimiser les dangers, apaiser les craintes lorsqu’elles naissent, telles sont les prétendues vertus auxquelles les dirigeants français s’emploient depuis 20 ans. Félicitons-nous alors que les Cassandre du 21ème siècle aient pour noms Ayaan Hirsi Ali (2) ou Wafa Sultan (3). Elles sont femmes, elles sont musulmanes, ou l’ont été, et elles nous décrivent clairement non seulement notre avenir, mais surtout elles crient à l’aide. Malheureusement, elles ne seront pas entendues, et encore moins écoutées, car tel est le sort de Cassandre, impuissante à empêcher la guerre de Troie, impuissante à déjouer le piège du cheval de bois.

C’est bien de piège que madame Ayaan Hirsi Ali nous entretient dans un article du Figaro (2), intitulé : « Affaire Sulman Rushdie : ce que l’occident ne veut pas comprendre ». Mais les prophéties de Cassandre sont toujours négligées et dès le lendemain, des attentats d’une grande ampleur étaient déjoués au Royaume-Uni. Son constat : « un nombre toujours croissant de musulmans de par le monde se sont engagés dans une lutte à mort avec l’occident sur le champ idéologique, pour le pouvoir, le territoire et l’accès à des ressources limitées… Les occidentaux ont trop souvent haussé les épaules quand leurs propres icônes étaient profanées… ». Son conseil : « l’ouest ne doit rien céder d’un pouce… ».

Certains prétendent qu’il s’agit d’un conflit entre la civilisation et la barbarie. Admettons, au moins, contrairement aux thèses officielles, qu’un conflit de civilisations est désormais installé. Convenons volontiers avec madame Wafaa Sultan que : « l’individu musulman n’est pas né terroriste, qu’il ne l’est pas non plus devenu du jour au lendemain, (que) ce sont les enseignements religieux qui n’ont pas permis a d’autres sources scientifiques de jouer un rôle dans son éducation. ». En effet, l’enseignement religieux s’impose depuis ces dernières années comme un moyen de ralliement avec une arme redoutable, le terrorisme, pour prétendre se venger de la perte du lustre de la civilisation arabo-islamique, ainsi que de la colonisation européenne. Tel le cyclope Polyphème, dont la rage tardive ne servît à rien, nos gouvernants, en France et en Europe, ont utilisé l’argent des contribuables pour éditer des livres scolaires enseignant la haine (4)… « ils (les capitalistes) paient même la corde pour les pendre » (Lénine).

Il est certes utile de s’interroger sur l’existence d’un Islam modéré. Pour certains, les modérés seraient les plus nombreux (80 % des adeptes), principalement lorsqu’ils vivent en occident (5), mais, craignant la vindicte et le débordement, ils se taisent le plus souvent.

Mais, pour nous, la seule question qui vaille est : notre civilisation est-elle en danger ?

Notre civilisation ? C’est une règle de vie fondée sur la laïcité, sur le respect de la vie, le respect des droits de l’homme, ceux de la femme, ainsi que ceux des enfants (à qui nous n’enseignons pas dans nos livres scolaires la haine et les vertus du meurtre et du suicide), sur la tolérance pour la religion des autres. Notre civilisation ? C’est d’abord la culture gréco-romaine, puis la culture européenne avec Hugo, Maurois, Mozart, Mahler, Mendelson, et celle du nouveau monde avec Hemingway, Roth, Gershwin, Barber. Oui, nous citons à dessein ces noms pour rappeler l’origine judéo-chrétienne de cette culture.

Pourquoi ce conflit naît-il aujourd’hui ? M. Steyn (6) en résume la raison dans le titre d’une étude : « It’s the demography, stupid » ( C’est la démographie, crétin ). Selon cet auteur, nous nous préoccupons des besoins secondaires de notre société, tels que les services assurés par l’état (soins médicaux, garderie, congés parentaux, PACS…), en négligeant les besoins prioritaires tels que la défense de la nation et le renouvellement des générations. Ainsi « l’Union Européenne aurait adopté une variante de la stratégie des Shakers (nom d’une branche sectaire protestante), qui n’étaient pas autorisés à avoir d’enfants et ne pouvaient donc augmenter leur nombre que par la conversion », ce qu’elle fait grâce à l’immigration, mais sans obtenir une « conversion » à ce que l’on peut appeler « les fondamentaux » de notre vie en société.

Or, la notion de tolérance dans le monde occidental est sans limite, alors que « la plupart des gens qui adhérent à l’idée que toutes les cultures se valent, ils ne veulent vivre dans rien d’autre qu’une société occidentale avancée » (6). Pire, la capture de terroristes de nationalité française ou canadienne, par exemple, lui inspire la réflexion suivante : « C’est vraiment merveilleux, le multiculturalisme : vous pouvez choisir dans quel camp faire cette guerre. Lorsque l’ordre d’incorporation arrive, cochez juste « équipe nationale » ou « adversaire » selon vos préférences. » Si vous avez choisi la dernière option et qu’elle vous conduit en détention, la France assurera financièrement votre défense.

Aveuglés assurément, comme le cyclope !

L’équilibre des dominos est de plus en plus précaire.

D’autres tomberont bientôt, car il n’y a pas d’exemple qui ne soit pas conforme à la théorie des dominos (7) quand il s’agit de la propagation d’une idéologie. Après la Sarre, l’Autriche, la Tchécoslovaquie, l’Europe tout entière finit par tomber aux mains d’Hitler. De même, tous les états de l’Est cédèrent au communisme de 1945 à 1948, parfois de façon apparemment démocratique (8), et Staline maintint pendant 40 ans sous sa férule la moitié de l’Europe et l’autre moitié, dans l’angoisse et la soumission ( « plutôt rouges que morts ! »). Encore pouvions-nous supposer à l’époque qu’un conflit armé, ou le fait d’en brandir la menace, viendrait à bout de l’idéologie pernicieuse.

Mais demain, quand le Moyen-Orient sera conquis, quand l’Afrique septentrionale aura à son tour cédé à un Islam conquérant (un « pléonasme ! » selon Stéphane Denis (9)), quand des postes avancés seront établis dans l’ex-Yougoslavie et les Balkans, quand l’infiltration (« la démographie, crétin !»), puis la submersion et la subversion se seront installées, il n’est pas douteux, quelle que soit la religion pratiquée par les uns et les autres, que le mode de vie dans l’Europe occidentale changera, ne serait-ce que parce que nos principes laïques voleront en éclat, que nos libertés d’expression s’étioleront, que nous supporterons des limites aux droits des femmes, à leur accès aux soins, et bien d’autres restrictions et censures. Sur ce chapitre, « l’accoutumance à l’abdication est déjà devenue la norme » (10). Il y a peu, nos dirigeants contestaient les racines judéo-chrétiennes de notre civilisation et se refusaient « à juger les régimes politiques à l’aune de nos traditions, au nom de je ne sais quel ethnocentrisme » (11). Demain, les porteurs d’idéologies funestes seront majoritaires dans nos pays et feront basculer les derniers dominos.

Malheureusement, nos dirigeants jouent contre leur camp. Nous ne pouvons probablement pas inscrire à leur débit une absence de clairvoyance. Leur louvoiement est la preuve du contraire. Mais leur détestation des États-Unis, recuite depuis 50 ans, leur « haine de soi », leur indulgence, voire leur dilection pour le monde arabo-islamique (op cit :11) ont pour conséquence notre désarmement psychologique, le refus de toute résistance, la tétanisation devant le danger.

Ainsi, M. Steyn prédit-il : « qu’une bonne partie de ce que nous appelons, de façon assez vague, le « monde occidental » survivra à ce siècle, et une bonne partie disparaîtra, dans les faits, de notre vivant, y compris un certain nombre, si ce n’est la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest ».

La vingt cinquième heure (12) ? Probablement, car « les civilisations ne meurent pas, elles se suicident » et « nous savons que nos civilisations sont mortelles ».

Notes :

1- Eric Aeschlmann et Christophe Boltanski : « Chirac d’Arabie, les mirages d’une politique française », 2006, Grasset, 430 pages.
2- Le Figaro, 29 juin 2007.
3- Interview. Al-Jazeera, 26 juillet 2005.
4- Réponse ministérielle, JO du 15/06/2004 : « Concernant les manuels scolaires palestiniens, la France, à l'instar de ce qui a été décidé par l'Union européenne, a souhaité aider le ministère palestinien de l'éducation à se doter de ses propres manuels pour remplacer des ouvrages élaborés dans des pays voisins et dont le contenu faisait l'objet de critiques récurrentes. Elle suit avec vigilance le contenu des ouvrages au financement duquel elle participe de sorte que la présentation de ces nouveaux manuels ne puisse faire l'objet des mêmes critiques ».
5- Yvan Rioufol : « La terreur, au nom de l’Islam ». Le Figaro, 15 juillet 2006.
6- "It’s the demography, stupid". Sites Wall Street Journal et UPJF, 26 juin 2007.
7 - Eisenhower : « You have a row of dominoes set up, you knock over the first one, and what will happen to the last one is the certainty that it will go over very quickly ». 7 avril 1954.
8- « Le coup de Prague », 25 Février 1948. Le dernier « domino », la Tchécoslovaquie, tombait « en douceur ».
9- Stéphane Denis. Le Figaro 14 décembre 2006.
10- Jean-François Revel : « Comment les démocraties finissent », Grasset Ed. 1983, 332 pages, page 214.
11- « Chirac d’Arabie, les mirages d’une politique française ». Op cit, p 298 : « Les dirigeants arabes ont parfois des méthodes qui ne sont pas les nôtres. Mais je me refuse à juger les régimes politiques à l’aune de nos traditions, au nom de je ne sais quel ethnocentrisme »
12- Virgil Gheorghiu : « La vingt cinquième heure ». 1945. Éditions. Le livre de poche.

07/02/2007

'We Will Try to Form an Islamic Society'

And he's off to such a wonderful start. An interview with a Hamas founder, Mahmoud Zahar, in Spiegel Online :

Mahmoud Zahar -- a founder of Hamas, and one of its most militant hardliners -- has called for an Islamic state in the Gaza Strip. After the Hamas takeover of the territory last week, he's also threatened Fatah with more violence in the West Bank.

SPIEGEL ONLINE: After heavy fighting, Hamas won control over the Gaza Strip last Saturday. But it's not clear what your party now intends to do. The assumption in the Western world is that Hamas wants to establish an Islamic state in Gaza. Is this true?

Zahar: Of course. We want to do that, but with full support of the people. At the moment we can't establish an Islamic state because we Palestinians have no state. As long as we don't have a state, we will try to form an Islamic society.

SPIEGEL ONLINE: How would a Hamas-led Islamic state look?

Zahar: There would be no difference from how it looks today, because our customs and traditions in Gaza are already Islamic. Marriage, divorce, daily business -- everything is Islamic. As soon as we have a state, then everyone will have their freedom. Christians will remain Christians, parties could be secular or even Communist.

SPIEGEL ONLINE: If an Islamic state is the ideal, why are there not more of them?

Zahar: If there were free and fair elections throughout the Arab world, Islamic forms of government would win everywhere. Islam is against the corruption, weakening, and materialism which have destroyed societies in Europe and America. Families are broken (in the West); there are AIDS and drugs. We don't have such things here.

Sure. You have little children calling for genocide. You're a very moral bunch.

SPIEGEL ONLINE: What will Hamas' future relationship to Israel be?

Zahar: We are ready to speak with everyone about everything. Of course we have to speak with the Israelis, de facto, for example over trade. We also have to speak with them about cross-border issues, like the movement of severely ill patients and protection from bird flu and how we can avoid environmental catastrophes. We won't discuss politics, because the Israelis have no political agenda with us. The political agenda of Condoleezza Rice and Ehud Olmert with President Mahmoud Abbas consists of trading kisses every two weeks -- but with empty hands. We will only talk about essential things.

Such as, how will you make it easier for us to kill you?

SPIEGEL ONLINE: In the West there is a fear that the Gaza Strip may become a playground for international terrorism. Is this danger real?

Zahar: Our people can't distinguish between resistance and terrorism. We're fighting for the liberation of our land from an occupation. When people in Europe had to fight the Nazis, they were honored, later, as freedom fighters. No one would have called Charles de Gaulle a terrorist.

Right. Did Charles de Gaulle exult in the killing of civilians and call for Germany to be wiped off the map?

SPIEGEL ONLINE: The militant wings of Fatah and Hamas have been fully armed over the last few months. Are these weapons still in circulation?

Zahar: There are naturally very many weapons around now. Two years ago, one bullet in Gaza cost around €3.50 -- now it would cost 35 cents. The American aid money has been translated into weapons. Thank you, America

Hey, don't mention it, big guy!

There is quite a bit more. Read it all.

07/01/2007

One on One with Anat Berko: What makes human bombs tick?

Ruthie Blum, THE JERUSALEM POST


Descending from the podium in a conference room at Mishkenot Sha'ananim where she has just finished a briefing to the foreign press, Anat Berko exits to the terrace. The occasion is the release of the English version of her book, The Path to Paradise: The Inner World of Suicide Bombers and Their Dispatchers [Greenwood Publishing].

Removing her jacket, she pulls her knee-length braid from behind her back to avoid sitting on her hair. The noon-day sun beating down on the walls of the Old City across the valley is like a glaring spotlight on a classical Jerusalem view - one that points to the spectacular contrasts characteristic of the capital: ancient and modern; Arab and Israeli; Muslim and Jewish; Eastern and Western. Which makes the setting eerily appropriate for the subject matter at hand - the growing radical-Muslim method of mass murder through the use of human bombs.

As Berko begins to explain the phenomenon, a barefooted boy on a donkey is honked at by the driver of a Honda Accord on the road below - a tangible testament to the "clash of civilizations" to which she attributes the war against the "infidels."

Still, says Berko, a research fellow at the International Policy Institute for Counter Terrorism at Herzliya's Interdisciplinary Center, "not all Muslims become suicide bombers."

Indeed, says the retired IDF Lt.-Col. with a PhD in criminology from Bar-Ilan University, there is something distinct about someone who is willing to blow himself up, no matter what his ideology. After all, she comments wryly, the dispatchers prefer remaining in one piece - in spite of the sexual and other pleasures awaiting them in the very Paradise they preach.

Nor do the self-exploders really resemble other kinds of killers, she asserts, claiming that they tend to lead otherwise normative lives as husbands or wives, parents, grandparents or children.

To find out what makes such terrorists tick, so to speak, Berko spent years interviewing thwarted suicide bombers and their dispatchers incarcerated in Israeli prisons - among them Hamas spiritual mentor and operative leader Sheikh Ahmed Yassin, killed in 2004 by the IDF in a targeted assassination.

In her research, Berko - whose "less-than-fluent conversational Arabic" comes from her being the child of Iraqi-born parents - was privy to hours upon hours of candid personal accounts from would-be human bombs and their handlers. This enabled the 47-year-old Ramat Gan resident entry into a mindset that is as foreign as it is unfathomable to "people like us who can see another people with different values and not necessarily want to destroy them."

In an hour-long Hebrew interview with The Jerusalem Post, Berko - a married mother-of-three, whose husband, Reuven, is a former Arab-affairs adviser to the Israel Police - describes the workings of the phenomenon she has spent the better part of her life examining for the purpose of counteracting it.

You make a distinction between suicide bombers and other types of murderers. Can you elaborate on that?

First of all, I make a distinction between suicide bombers and their dispatchers. Understanding the dispatchers is crucial to understanding the whole phenomenon. There's a very clear division of labor. In the words of one dispatcher, "Everybody has his own role. I dispatch him; he blows himself up."

The dispatcher is charismatic; a leader. The suicide bomber - the dispatcher's "missile," so to speak - is weaker and more marginal. He is often someone whose sexual identity is not quite formed. Which is one of the reasons he seeks recognition, and wants to show that he is a "man." In Arab society, there is a cult of virility. And some see suicide bombing as a way of achieving that. The shahid - the martyr - has a sense of omnipotence. It's a sense of being able to decide who lives and who dies - to decide whether to kill and maim this group of people or that. It makes him feel almost as powerful as Allah. It's a kind of satanic game that involves not only the ability to take lives, but to identify and choose the victims.

Are you saying is that "manhood" or "omnipotence" takes precedence over the supposed aim of jihad against the infidels or the promise of Paradise?

Yes, well, take the suicide bombings in Iraq, where Muslims are killing other Muslims. Is that jihad?

The phenomenon is growing, and it's both cultural and a religious. The idea is that the shahid is not dead, but will continue his life in Paradise, under much better conditions. Everything that is forbidden to him on earth is allowed in Paradise. The men dream of the 72 "eternal virgins" with translucent skin and black eyes that they will have as their women. The women [suicide bombers] dream of being able to choose their husband in Paradise. This is especially true in cases where there is some kind of blemish on a family. The suicide bomber, then, also redeems the honor of his tribe. And he envisions all the admiration poured over him and his family after his death, with posters of him hung everywhere.

But there's another point about the inner world of the suicide bombers. Their psyches resemble those of drug addicts and compulsive gamblers. Muslims talk about the " duda," - the "worm" that crawls into their heads and infiltrating their thoughts. The moment someone begins contemplating becoming a suicide bomber, it becomes an obsessive thought that takes control of his mind.

Is that similar to the psyche of a serial killer?

There are definite similarities - among them the issue of body parts. And I'm currently conducting research - with Nancy Corbin from the US and Prof. Edna Erez - on "serial killers by proxy," which is what the dispatchers are. But neither the suicide bombers nor their dispatchers are serial killers according to the strict criminological definition of the term. This is because, unlike serial killers, suicide bombers and their dispatchers are normative in their daily lives.

Take Osama bin Laden, for example - a mega-serial killer by proxy. There are different ways to view him. We can say that he is a blood-thirsty murderer; but maybe he's a devoted husband and a good father. The point is that there is a distinct split in their psyches between their murdering and the other parts of their lives. And we have to find a way to work on this split. We have to cause such people to see their victims - something they are not capable of doing.

Isn't that the definition of a sociopath? Someone who is incapable of empathy for the pain of others?

Yes, that is one characteristic of an anti-social personality. But there's a crucial difference: Suicide bombers and their dispatchers are not mentally ill. It's true that among them there are a few who could be called "borderline." And, of course, it's easier for us to say they are crazy and be done with it, because it's so hard for us to understand their rationale.

Your mentioning their rationale brings me to radical Islam. How much of their behavior is rooted in their religion, and how much a distortion of it?

The fact is that not all Muslims become suicide bombers. There are some people, among them religious leaders, who provide the moral justification for killing women and children, which is otherwise forbidden by the Koran, as is suicide. But the minute it is considered neither killing nor suicide, but rather "self-sacrifice," there's no problem doing it. In other words, as long as it's jihad against the infidels - whether they be Americans, Israelis or anyone else - it is acceptable.

As for the dispatchers: How can one expect them to feel sorry for their American or Israeli or British or Spanish victims when they don't feel sorry for their own people? Think about it. A dispatcher is capable of taking a classmate and persuading him to blow himself up.

But if the dispatcher believes he's expediting his classmate's entrance into Paradise, why should he feel sorry for him?

Note that while he is persuading someone else to commit suicide and using Paradise as an incentive, he himself isn't doing so. He himself is ready to wait to get to Paradise in due time.

You're saying that there's manipulation going on here.

Yes and it's both emotional and operative. In your briefing, you said that these young people receive much of their indoctrination to suicide bombing form the Internet, through jihadist Web sites. You also quoted a girl who said that, through TV and the Web, Arab youth witness all the freedoms the West enjoys which they are not allowed to have in their lives. Why is their exposure to TV and the Internet not influencing them in the opposite direction - that of the West?

Because they reject it. They are part of the cultural conflict that Samuel Huntington called "The Clash of Civilizations."

Even I, the daughter of Iraqi Jews who made aliya to Israel, am personally familiar with this East-West divide. As a girl growing up in such a household, I felt it very strongly. There were many things that were hard for my father to accept, such as when I became an IDF soldier. Eventually, he got used to it and even came to admire my military career. But in the beginning, he couldn't reconcile himself to it. This has nothing to do with education or a lack thereof. It's an issue of mentality.

OK, your father initially couldn't accept it. But he didn't slit your throat for dishonoring the family.

Well, that's true, but don't forget that though their background was Oriental, they were Jews - Jews who eventually became absorbed into Western, Israeli culture.

What about when they were still in Iraq? Did they behave, culturally, like the Muslims surrounding them?

Some of their culture derived from the environment, such as their style of dress and attitude towards women's modesty. But much of their behavior came from their Jewish background. Even the Arabic I know from home was more like a Jewish dialect - the way Yiddish is.

But look, even Sheikh Ahmed Yassin acknowledged that his daughter was the most successful of all his children. I interviewed him while he was in prison for five hours straight in December 1996, and he told me that he was aware of the fact that his daughter was the smartest of his children. And he said he would allow her to go abroad and study and lecture, but only under certain conditions. I asked him what those were. He said that he wouldn't let her wear a skimpy teeshirt when she gave a lecture. I wanted to tell him, "Sheikh Yassin, even Western women don't wear skimpy tee-shirts when we give lectures." Other conditions were that he would make sure she was accompanied by a chaperone. In other words, even Yassin was aware that women are capable, but still they have to be guarded.

All such cultural and religious norms are geared at achieving Paradise after death. It is a paradise in which there is an abundance of goodies, including sex and alcohol. If the Islamists consider these things desirable in the afterlife, why do they view them with such abhorrence when they see them in the West?

Because that's their culture and their religion. They perceive the West as decaying. One of the sheikhs said to me, "The West is like a watermelon. When you open it up, it looks really beautiful, because you don't see its worms."

They also think of Western women as loose and cheap. They think of the Western family unit as declining - not solid as it is in Eastern culture. In Eastern culture, the family unit is very strong and it provides a sense of empowerment to its members, who are a source of support for one another at home and outside the home. So, they think of themselves as much more moral than Westerners.

It's very complicated. They live in a pressure cooker in which everything is forbidden, and everything is "shameful." It's very hard to live like that when you look around and see the West having freedom. So, they see Western culture, that infiltrates through every satellite dish, as threatening their way of life. Radical Islam, then, perceives itself as acting in self-defense. This seems strange to people like us who can see another people with different values and not necessarily want to destroy those values and the people who espouse them.

You say that their family unit is a source of mutual support. Yet many Muslim women who escaped to the West have reported on widespread violence and incest within the Muslim-Arab family - as well as the common practice of honor killing. This fits in with what you said about everything's being "shameful," but contradicts your claims of parents protecting their children.

You're talking about incest within Arab society. But I was speaking more generally about martyrs. One young woman I had interviewed in prison was released. Suddenly, I saw her there again not long afterwards. She said she had been sexually abused by a family member and when she complained about it, she was beaten up by another family member. So, what she did was bring a knife to a checkpoint and make sure the Israeli soldiers saw it. She told me they didn't want to arrest her, but she insisted. In jail, she said, she is treated better than at home. Her jailer, she said, is nicer to her than her mother, who hit her when she complained about being raped by her brother.

Would she still be capable of blowing herself up and killing women like her jailer?

Oh yes. Look, I interviewed a suicide bomber who told me she had been in a coexistence program for Jews and Palestinians. She told me about all the Israeli girls she liked in the program. She reminisced about her friends Liat and Leah and Lilach, etc. This is a girl who was planning on blowing herself up in Israel. So I asked her if she wasn't afraid that she might have blown up Liat and Leah and Lilach. And she said, "Oh, I didn't want to kill them. I wanted to kill Jews."

How do you explain the disconnect?

There's a lack of integration. And it has to be studied and understood in order to work on it.

One of the ways different Israeli groups have tried to "work on this" is to organize joint Israeli-Palestinian coexistence programs. The point of "Seeds of Peace" and other such movements is to break the cycle of "mutual demonization" among the two peoples. Yet, here is an example of a girl who participated in such a program, who went on to become a [thwarted] suicide bomber. Apparently, such coexistence efforts don't work so well from the Palestinian side.

In the case of this particular girl, she was corresponding with someone via the Internet. He was from Kuwait. She called him "my lover," even though she'd never seen him in person. Her mother lived in Jordan; her father died when she was a baby. When she was 10, her mother remarried. This meant that she had to be moved to her paternal grandparents' home, so that a strange man wouldn't be raising her.

Muslim children belong to the father.

So, this girl was having a virtual romance on the Web, and then they began talking on their cell phones. This led to more religious indoctrination. This is a girl who was in her third year at the university - an intelligent, educated girl. When she got involved on campus with extremist groups, she was persuaded to become a suicide bomber. Before she left for her mission, her dispatchers asked her whether she had any savings, and she did. They told her she wouldn't be needing them in Paradise, so she handed over her money to them.

While recounting this story to me, she laughed at how stupid she'd been. She said, "They used me and abused me."

This sounds cult-like - with charismatic figures who persuade otherwise intelligent people to give up their money and their lives for some supposedly higher ideal.

Yes, and its indoctrination is part of a surrounding atmosphere that's very hard to escape. One female would-be suicide bomber told me that she used to take care of her nephew, her sister's little boy. In their tribe-like family structure, she was almost like a mother to him. When he was two, he began asking her about Paradise. She said she knew she could ignite him in a second by telling him about Paradise. "I could make him long for it.," she said. "But I decided against it, because I didn't want him to die."

I asked her why, if she herself was willing to become a suicide bomber, she didn't want him to become one. She answered: "Because I wanted him to live."

I told her that when her nephew was two, she had some degree of control over what he heard about Paradise. But as he gets older, he hears about it on TV, the Internet and from others around him. At that point, it becomes out of her control entirely. She agreed. The point is that even in the case of families who don't want their children to become suicide bombers, there is still this incredibly powerful surrounding atmosphere.

Palestinian Media Watch has followed the broadcasting of a film clip on PA TV of an actor playing Muhammad al-Dura, who invites other children to join him in Paradise, which looks like one big amusement park. Is this part of the atmosphere you're talking about?

Of course! Such clips are tools for recruitment. Look how often we debate about the negative effects of TV violence on our own children. There is no question that this contributes to the duda (the worm) that infiltrates their minds.

Does this influence secular Palestinians as well?

It's hard to find secular Muslims; even the secular ones are traditional. Even Arafat didn't reject Islam. He prayed occasionally, and he used religious imagery in his ideology.

Did any of your interviewees in prison express remorse for what they had been planning?

On the contrary. The longer they're in prison, the more indoctrinated they become. They are with other "political prisoners," and they conduct seminars; they learn English and Hebrew; they have classes in religion and politics. Literally. They sit in the yard and someone teaches them. It's not like in criminal prison, where it's every man for himself. This is a collective.

In other words, there is something wrong with the form their incarceration takes.

Look, you can't keep them in separate cells, the way they did for a while at Guantanamo. But it's true that those who enter as "petty" terrorists become heavy-duty ones in prison.

You got a genuine glimpse into the workings of the minds of suicide bombers. What did you learn from all of this about how to tackle this phenomenon?

Today, there is no true Western answer to all the networks that broadcast in Arabic, or even in English, to the Muslim world. The radicals are the only real players in the arena. They are conducting constant psychological warfare through their broadcasts. The Arab world needs to be exposed to alternative content in their own language.

We need to be saying to Muslim parents, "Hey, look! They're taking your children to become suicide bombers, but they're not sending their own children to do it. Their children are off in America getting degrees in political science, while yours are being turned into cannon fodder."

We have to bombard them with examples of the distinction made in their world between "masters" and "servants," and show them they are the victims of it. The fact is that their leaders are not suicide bombers, nor are their leaders' children. [Hamas prime minister Ismail] Haniyeh said in so many words that his own son wouldn't be one. Of course not. Haniyeh sends other people's sons to blow themselves into bits.

We also have to stress that this is not just Israel's problem, but rather a worldwide problem..

03/11/2007

VIOLENCE IS INHERENT IN ISLAM - IT IS A CULT OF DEATH

Human rights activist Ayaan Hirsi Ali issues a stark warning about the growing threat of Muslim extremism in Britain

• Islamic faith schools must close • Sharia law could happen here • Multiculturalism has failed • Islam is the new fascism

Evening Standard, 7 February 2007

Ayaan Hirsi Ali, never one to shrink from controversy, has some words of advice for Prime Minister Tony Blair. ‘Close the Islamic faith schools today,’ she says. ‘Britain is sleepwalking into a society that could be ruled by Sharia law within decades unless Islamic schools are shut down and young Muslims are instead made to integrate and accept Western liberal values.’

Hirsi Ali, 38, the Dutch-Somali human-rights campaigner who lives under 24-hour police protection and is in London to promote her provocative new book, Infidel, argues that Catholic and Jewish schools can stay because the values they teach are not a threat to liberal democracy. ‘I haven’t seen anybody coming out of a Catholic or Jewish school advocating violence against women or homosexuals, or wanting to murder innocent people in the name of their religion.’

Having grown up within Islam, Hirsi Ali believes she is uniquely placed to warn the British public that they are living under a ‘great deception’ about the true nature of Islam. ‘They have deceived themselves that the men arrested in the [alleged] beheading plot last week and the 7/7 bombers are a fringe group of radical Muslims who’ve hijacked Islam and that the majority of Muslims are moderate.

‘But they are not. The plot to murder Muslim soldiers in the British Army is consistent with the purest teachings of Islam, which encourages you to kill Muslims who join the infidel army. Violence is inherent in Islam - it’s a destructive, nihilistic cult of death. It legitimates murder. The police may foil plots and freeze bank accounts in the short term, but the battle against terrorism will ultimately be lost unless we realise that it‘s not just with extremist elements within Islam, but the ideology of Islam itself.’

But surely she must see, I counter, that the majority of British Muslims are moderates? Sitting in her publisher‘s office in an elegant grey-flannel trouser suit and pearl earrings, she fixes me with her lucid brown eyes. ’If the majority are moderates, why did the Muslim community never take to the streets to abhor the 7/7 bombers? Why is it that the only time we see Muslims protesting en masse is when Islam is allegedly insulted, like with the Danish cartoons, or the Pope’s comments?

’I‘ll tell you why: because Islam is the new fascism. Just like Nazism started with Hitler’s vision, the Islamic vision is a caliphate - a society ruled by Sharia law - in which women who have sex before marriage are stoned to death, homosexuals are beaten, and apostates like me are killed. Sharia law is as inimical to liberal democracy as Nazism. Young Muslims need to be persuaded that the vision of the Prophet Mohammed is a bad one, and you aren‘t going to get that in Islamic faith schools.’

Suddenly Hirsi Ali halts her no-holds-barred polemic, a quizzical look creasing her brow. ‘When will this interview be published?’ When I tell her, she breathes a sigh of relief and in a rare moment of caution, says: ‘Whew! Thankfully I’ll be out of the country! I don‘t know what’s possessed me, but I‘ve been more forthright with you than in any other interview so far.’

It is two years since I last interviewed Hirsi Ali and now, like then, I am struck by the contrast between her physicality - soft voice, waif-like figure, and perfectly manicured long fingernails - and the explosiveness of her rhetoric. If anything, she is more inflammatory and hardline now than she was then.

Yet, as she reminds me, a lot has happened since we met, including the murder of Theo van Gogh, the Dutch film-maker who made her film, Submission, in which verses from the Koran of a man‘s alleged right to beat his wife are superimposed on an actress’s body.

Van Gogh’s assassination in late 2004 propelled Hirsi Ali from being well known to world famous, because plunged into his chest by his Dutch Moroccan killer, Mohammed Bouyeri, was a knife with a letter addressed to her, warning that she was next. The political fallout from this public death threat has dramatically affected her life ever since and has made her into the new Salman Rushdie.

It costs the Dutch government about 8 3.5 million (£2.5 million) to provide armed guards for her round-the-clock protection, she says, and it means that she lives ‘in fear and looking over my shoulder’, but insists it‘s a personal price worth paying. Initially forced to flee to a safe house, her neighbours hounded her out, saying her presence put their lives (and real estate stock) in danger. The ball that began rolling that day has led, via a few detours, to her leaving Holland, where she’d served as an MP for the conservative Liberal Party, and taking a position as an analyst at the Right-of-centre American Enterprise Institute in Washington DC.

To some, like Time Magazine, which in 2005 proclaimed her one of the ‘100 most influential people in the world’, she is venerated almost as a prophet, certainly as a hero. But to others she is reviled as a troublemaker, Islamaphobe, and someone who simply transmigrated from one extreme position on Islam to another. She has certainly travelled far: from the privations of Africa to the West, from devout Muslim to apostate, from a five-year-old girl subjected to the mutilation of circumcision and arranged marriage to fervent defender of women’s rights.

But is it true, I ask, that she ‘regretted’ writing Submission, as claimed by a British national newspaper in its headline last week. She seems surprised to hear this. ‘I absolutely wish that Theo had not been killed,’ she says. ‘But I don’t regret that I made it. In fact, I‘m proud of that film. To feel otherwise would be to deny everything I stand for.’

Recently, says Hirsi Ali, she met Salman Rushdie at a writer‘s festival in Manhattan and confessed that as a Somali Muslim in 1989, she had supported the fatwa against him. ’Rushdie said that if I can believe he should be killed in 1989, and now believe what I do today, it fills him with optimism because hopefully other Muslims will follow the same path.’

When I ask Hirsi Ali why she‘s become even more outspoken since we last met, she says that it’s because she‘s realised that ’being diplomatic and politically correct‘ gets you nowhere. ’The world is now in a far more dangerous position than it was then. Hamas is in power in Palestine, Iran is ruled by Mahmoud Ahmadinejad, and in the West, we are engaged in a war against the enemy within as well as without.

‘The mistake that Blair and Bush made is that they called it a War on Terror, whereas in fact, it’s a War on Islamic Fascism. It‘s a war of values and the only way we are going to win it is to be honest about what we are fighting. This plot to behead Muslim army recruits is a warning to all potential recruits and it can be supported by what is in Islam.’

Hirsi Ali says that on current projections of immigration growth and birth rates, British Muslims will be the dominant group within the next 50 years. A recent poll, in which 40 per cent of young Muslims said they would prefer to live under Sharia law, and a majority said they were in favour of women taking the veil, should worry liberals.

‘We risk a reverse takeover. In 50 years, a majority Muslim society could democratically vote for Sharia law, and then what you face is that Britain will slowly start to look like Saudi Arabia. Women will be veiled, driven away from the public sphere, polygamy will be rife.’

She takes in my sceptical look and says: ‘You think it can’t happen? The problem with liberals is that we believe other people are as reasonable and tolerant as we are. How naive is the self-deception of the West to continue to talk of moderate Islam? We‘re trying to appease Islam, but we are headed for a terrible confrontation between fascist Islam and Right-wing fascists who will step in when liberals fail to do so. Why do Britons think that what happened in the Baltics,with fascist Right-wingers murdering Muslims, can’t happen here? It can, and it will, unless we stop burying our heads in the sand.’

But there is a glimmer of hope, she says, borne out of the increasing realisation that multiculturalism has failed in the UK. So what does she believe should be done?

‘We have to fight their values with ours,’ she says. ‘We have to persuade young Muslims that liberal democracy is superior, that what the Prophet Mohammed said is not right, that the Koran is a man-made brutal doctrine of death whose time has long passed. We have to show the next generation of Muslims, the children, that they have a choice and to do that - to have any hope whatsoever - we have to close down Islamic faith schools.’

Unsurprisingly, Hirsi Ali says she is much happier living in America than in Europe, because ‘people really appreciate what I do, and the personal risks I take, whereas here they prefer to shoot the messenger.’

When I ask how she sees her role going forward, she begins talking to me about her new book. Indeed, it is typical of her honesty - and infamous lack of tact - that, within earshot of her publishers, she tells me that Infidel, a book detailing her life story, is ‘far less interesting’ than the philosophical one she’s currently writing, called Short Cuts to Enlightenment.

‘Its about the Prophet Mohammed waking up in the New York Public Library and having his absolutist ideas challenged by John Stuart Mill, Frederick Hayek and Karl Popper, my favourite liberal thinkers,’ she says.

Do they convince him? She smiles. ‘No, they don’t. But something happens to throw the Prophet Mohammed into doubt so that by the end of the book, he‘s no longer completely convinced by his own dogma.’ She pauses. ‘I suppose that is the most I can do - creating chinks of self-doubt where previously there was none. I can start the revolution within Islam but it will be up to others to finish it.’

l Infidel, by Ayaan Hirsi Ali, is published by Free Press, Simon & Schuster, £12.99

02/20/2007

Daniel Pipes interviewé par resiliencetv

par Iris Canderson resiliencetv

Daniel Pipes est sans doute l'intellectuel le plus captivant de sa génération tant ses analyses fouillées et percutantes sur l'islam radical et la situation géostratégique mondiale tranchent avec la désinformation et l'idéologie paresseuse qui nous sont servies désormais comme mamelles de substitution depuis que la pensée émancipatrice et l'idéal du journalisme soucieux de vérité ont déserté la France, cela fait maintenant plusieurs décennies. Daniel Pipes est ainsi devenu une espèce d'air frais qui passe à travers nos barreaux de prison médiatiques que nous avons nous-mêmes mentalement instaurés (syndrome de Stockolm encore une fois).

Resiliencetv : Ne pensez-vous pas que la présence de Jane Fonda à la manifestation contre la présence des troupes américaines en Irak renforce les islamistes ? Elle aurait pu plutôt défiler devant les ambassades d'Iran et de Syrie si elle voulait vraiment la paix...

Daniel Pipes : Sans aucun doute, une telle action sape l'effort de guerre de son propre pays et ne peut qu'aider l'ennemi. La dernière fois que Jane Fonda l'a fait, elle a contribué à la défaite des USA au Vietnam. Elle aurait mieux dû en effet, comme vous le suggérez, aller protester devant les ambassades de Syrie ou d'Iran.

Resiliencetv : Plus généralement, ne croyez-vous pas que la génération de Jane Fonda a échoué à faire du monde un endroit plus agréable puisque sa conception multiculturaliste et hypercritique n'a fait qu'accroître les divisions et fragiliser la démocratie comme on le voit aujourd'hui au Royaume Uni et en Hollande ?

Daniel Pipes : Comme je l'ai défendu lors de mon dיbat avec le maire de Londres, Ken Livinstone, le mois dernier, faire en sorte que le monde devienne de plus en plus un endroit où il fasse bon vivre passe nécessairement par la défaite de l'islam radical, ce qui implique qu'il ne prospère pas grâce à un multiculturalisme de plus en plus conciliant.

Resiliencetv : N'y-a-t-il pas un vaste recyclage de l'idéologie tiersmondiste dans un millénarisme catastrophiste qui se sert par ailleurs de l'islam radical comme ultime arme pour détruire le mode de vie démocratique ?

Daniel Pipes : oui, et comme l'a écrit l'écrivain iranien Azar Nafisi dans La Nouvelle république (en février 2003), l'islam radical " est en réalité un phénomène moderne, de la même mouture que le fascisme et le communisme qui sont nés et ont grandi également en Occident.On peut même dire qu'il s'en inspire puisqu'il en endosse désormais autant les buts, les aspirations, que les pires formes d'endoctrinement et de dogmatisme que le marxisme a emprunté au religieux. Les principaux leaders de l'islam radical sont ainsi tout autant influencés par Lénine, Sartre, Staline, Fanon, qu'ils le sont par leur Prophète ".

Resiliencetv : La montée de l'islamisme radical n'est--elle pas également liée au fait que le mode de vie démocratique est en crise ? N'est-il pas en effet incapable de prendre en compte la présence exacerbée de l'image, la création d'un second monde, celui des médias, ce qui accentue la solitude et l'absence de réflexions sur les fins, laissées alors aux extrémistes? En un mot, le mode de vie démocratique n'est-il pas en fin de compte victime de son succès ? Peut-être parce qu'il n'arrive pas encore à trouver la forme politique la plus adéquate à ses transformations actuelles ?

Daniel Pipes : La grande faiblesse de l'Occident, comme Jean-François Revel l'a déjà indiqué, quelques dizaines années auparavant, consiste en cette haine de soi qui va jusqu'à rejetter les fondations philosophiques, économiques, et politiques qui ont permis l'émergence de la civilisation occidentale. Espérons que les porteurs d'une telle haine soient isolés et neutralisés, même s' il est à craindre qu'un tel confinement reste toujours provisoire.

Resiliencetv : Pensez-vous qu'il faille vraiment empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire ? Ne vaudrait-il pas mieux attendre qu'il le possède pour mieux pouvoir le dénoncer ?

Daniel Pipes : J'espère que le peuple iranien empêchera Mahmoud Ahmadinejad d'activer son programme nucléaire. Si ce n'est pas le cas, le rôle des forces armées américaines y remédiera.

Resiliencetv : Croyez-vous que les Palestiniens veulent vraiment un Etat qui vivrait en bon voisinage avec Israël ?

Daniel Pipes : 20% des Palestiniens semblent le vouloir, mais 80% pas du tout. Au contraire même puisque cette vaste majorité persiste à désirer ouvertement la destruction d'Israël.

Resiliencetv : Quel est votre philosophe préféré ?

Daniel Pipes : Karl Popper.

Resiliencetv : Vous intéressez-vous à la campagne présidentielle française ? Et si oui qu'en pensez-vous ?

Daniel Pipes : Oui, je la suis de temps à autre. Et ce qui m'a le plus impressionné, en particulier s'agissant de sujets qui me tiennent le plus à coeur (politique étrangère, action des musulmans en France), c'est bien la façon dont la plupart des leaders politiques s'ingénient à s'éloigner subrepticement de l'approche chiraquienne.

01/26/2007

Interview de Wafa Sultan

Al-jazeera TV (Qatar) 21 février 2006

http://www.youtube.com/watch ?v=2WLoasfOLpQ (sous-titres anglais)
http://www.dailymotion.com/Tazda/video/65587 (sous-titres français)

Transcription par La luciole Lucide

Wafa Sultan : la confrontation dont nous sommes témoins dans le monde n'est pas une confrontation de religions, ou une confrontation de civilisations, c'est la confrontation entre deux opposés, entre deux époques, c'est une confrontation entre une mentalité du moyen-age et une mentalité du 21ème siècle, c'est la confrontation entre une civilisation et le retour en arrière, entre les civilisés et les primitifs, entre le barbarisme et le rationel, c'est la confrontation entre la liberté et l'oppression entre la démocratie et la dictature, c'est une confrontation entre les droits de l'homme d'un coté et la violation de ces droits de l'autre coté, c'est une confrontation entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent comme des êtres humains, ce que nous voyons aujourd'hui n'est pas une confrontation de civilisations, les civilisations ne s'affrontent pas, elles se font concurrence.

Contradicteur musulman n°1 : Je comprends d'après vos paroles que ce qui arrive aujourd'hui est une confrontation entre la culture de l'ouest et les arriérés et ignorants de musulmans ?

Wafa Sultan : Oui, c'est ce que je veux dire.

Contradicteur musulman n°1 : Qui a donc employé en premier le concept de confrontation de civilisations ? n'était-ce pas Samuel Huntington ? Ce n'était pas Ben Laden. J'aimerai discuter de ce sujet si vous le voulez bien.

Wafa Sultan : Les musulmans sont ceux qui ont utilisés cette expression en premier, les musulmans sont ceux qui ont commencé cette confrontation des civilisations, le prophète de l'islam a dit : on m'a ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils croient en allah et à son méssager. Lorsque les musulmans ont divisé les gens entre musulmans et non-musulmans, et appelé à combattre les autres jusqu'à ce qu'ils croient en ce que eux même croyaient, ils ont à ce moment commencé cette confrontation et commencé cette guerre. Pour arrêter cette gerre, ils doivent rééxaminer leurs livres islamiques qui sont pleins de fatwa d'excommunications et d'appels à combattre les infidèles. Mon collègue à dit qu'il n'offence jamais les croyances des autres... qu'elle civilisation sur cette terre lui permet d'appeler les autres par des noms qu'ils n'ont pas choisis pour eux-même ? Il les appelle des "dhimmis", "les gens du livre", il les compare à des singes et à des cochons, et il dit des chrétiens : "ceux qui encours la colère d'allah". Qui lui a dit qu'ils sont les gens du livre ? Ils ne sont pas les gens du livre, ils sont les gens de multiples livres. Tous les livres scientifique que vous avez aujourd'hui et qui vous sont bien utiles, sont leurs livres, le fruit de leurs pensées libres et créatives. Qui vous donne le droit de les appeler : "ceux qui encours la colère d'allah" ou encore, "ceux qui se sont égarés" ?, et ensuite de venir ici pour dire que votre religion vous commande de ne pas offenser la croyance des autres. Je ne suis pas chétienne, musulmane ou juive, je suis un être un être humain laïc, je ne crois pas au supernaturel, mais je respecte le droit des autres d'y croire.

Contradicteur n°2 : êtes-vous une hérétique ?

Wafa Sultan : vous pouvez dire ce que vous voulez, je suis un être un être humain laïc, je ne crois pas au supernaturel

Contradicteur n°2 ; Si vous êtes une hérétique, ce n'est pas la peine que je vous corrige, car vous avez blasphémé contre l'islam, le prophète et le coran.

Wafa Sultan : Ce sont mes affaires privées et cela ne vous regarde pas. Mon frère vous avez le droit de croire aux pierres mais vous n'avez pas le droit de me les lancer.

Vous avez le droit d'adorer qui vous voulez, mais les croyances des autres ne vous regardent pas, il peuvent croirent que le Méssie est dieu, fils de Marie, ou que satan est dieu, fils de Marie. Laissez les gens avoir leurs croyances. Les Juifs sont sortis d'une tragédie (l'holocauste), et ont forcé le monde à les respecter par leurs connaissances et non pas par la terreur, par leur travail et non pas par leurs pleurs et leurs cris.

L'humanité doit aux juifs la plupart des découvertes scientifiques du 19 ème et du 20 ème siècle. 15 millions de gens unis éparpillés à travers le monde qui ont gagné leurs droits avec leur travail et leurs connaissances. Nous n'avons pas vu un seul Juif se faire exploser dans un restaurant Allemand, nous n'avons pas vu un seul Juif détruire une église, nous n'avons pas vu un seul juif protester en tuant des gens. Les musulmans ont détruit les statues de 3 Bouddas (Afganistan : précision du traducteur), nous n'avons pas vu un seul Boudhiste bruler une mosquée, tuer un musulman ou brûler une ambassade. Il n'y a que les musulmans qui défendent leurs croyances en brûlant des églises, en tuant des gens ou en détruisant des ambassades. Ce chemin n'amènera aucun résultat. Les musulmans doivent se demander ce qu'ils peuvent faire pour l'humanité avant de demander à l'humanité de les respecter.

11/28/2006

Interview / Abraham is ongeschikt als pijler voor de dialoog

Het fundament waarop veel gesprekken tussen moslim, christen en jood rusten, is Abraham, voorvader van de drie monotheïstische religies. De Duitse islamologe Ulrike Bechmann wijst die grondslag af. „Bij botsende politieke, maatschappelijke of godsdienstige belangen helpt Abraham ons niet.”

Natuurlijk, zegt Ulrike Bechmann (48), ben ik betrokken bij de interreligieuze dialoog. Ze werkt voor de Duitse rooms-katholieke Wereldgebedsdag en kent de praktijk van gesprekken tussen vertegenwoordigers van verschillende godsdiensten.

Ze kent ook de beperkingen daarvan. Bechmann analyseerde ze en komt tot een opmerkelijke conclusie: de basis van die gesprekken – Abraham – werkt de eenheid helemaal niet in de hand. Wie zich op deze aartsvader beroept, stuit namelijk op ’tegenstrijdigheden’. „Hij fungeert altijd als een grondslag voor de grote oecumene, maar hij betekent voor de betreffende religies steeds iets heel anders.”

Zitten christenen ernaast als ze Abraham tot gemeenschappelijke vader van het geloof uitroepen?

„Het moet minstens tot nadenken stemmen. Dat christenen dat doen, daar is niets op aan te merken. Maar dat de deelnemers aan de ’trialoog’ op Abraham inzetten, zou toch het begin moeten wezen van een stevig interreligieus debat. Ik vrees dat de Abrahamitische oecumene niet werkt als er grote conflicten spelen. Daarvoor zijn de verschillen tussen de godsdiensten te groot. Daar komt nog bij dat je vroeg of laat ook de vraag moet stellen welke rol de niet-Abrahamitische godsdiensten mogen vervullen. Dan sluit een beroep op Abraham anderen uit. Ik vind dat je een gemeenschappelijk startpunt moet zoeken voor een dialoog met alle religies.”

Waarom werkt die Abrahamitische oecumene volgens u niet?

„Die werkt wél – maar dan in voorspoed. Mijn echte bezwaar ertegen is dat de verschillen die de drie ’Abrahamitische’ religies van Abraham hebben, te zeer uiteenlopen. Zozeer, dat ze niet meer helpen om andere problemen – bij botsende politieke, maatschappelijke of godsdienstige belangen – het hoofd te bieden. Als er een gewapend conflict uitbreekt, wat kan het je dan nog schelen dat je net als je vijand van Abraham afstamt? Uiteindelijk kunnen godsdienstige persoonlijkheden alleen bijdragen tot een oplossing, als zulke figuren een bepaalde houding bevorderen, respect voor anderen, bereidheid tot het sluiten van vrede.”

Welke betekenis kent u toe aan persoonlijkheid Abraham?

„In het Nieuwe Testament maakt hij sterke ontwikkelingen door. Zo noemt Paulus hem Vader in het geloof – dat zegt Paulus om de nieuwe gemeenschap van joodse en heidenchristenen in die tijd van een gemeenschappelijke basis te voorzien. Paulus staat daarmee in een lange traditie die Abraham steeds van een nieuwe identiteit heeft voorzien.”

Zoals?

„Het Israël zoals beschreven in het Oude Testament leefde op zeker moment na een ballingschap in een enorm Perzisch rijk. Het volk had er behoefte aan om de volkeren van het zuiden van Palestina en het noorden van Arabië van een regionale identiteit te voorzien. Zo kwam er een genealogie die Abraham aanwijst als vader van Ismael en Isaak – en ze benadrukken dat Ismael besneden is. Het religieus-politieke doel was om aan te tonen dat óók Ismael en zijn nageslacht bij God en zijn belofte hoorden, niet alleen de nazaten van Isaak (Israel). Dat gaf een nieuwe saamhorigheid.

Later kreeg Abraham weer een ander karakter, hij werd de ’eerste Mozes’ – de verhalen over de uittocht uit Egypte werden verbonden met Abraham, zodat diens geloof gekoppeld raakte aan de Tien Geboden.

U ziet, Abraham heeft een kameleontisch karakter, dat je op allerlei manieren mag interpreteren.”

Dus ook als de oervader van het geloof.

„Ja, maar dat is maar één facet van het beeld van Abraham. Je hebt nog veel andere oervaders – en vergeet de oermoeders niet. Bovendien is hij niet alleen gelovige, maar ook twijfelaar en bange man. Hij gaf zijn vrouw Sara cadeau. Hij verstootte Hagar. Als je van hem de vader der gelovigen wilt maken, moet je andere verhalen over hem uitschakelen.”

Wat is dan wel zijn betekenis voor christenen ?

„Hij blijft natuurlijk een voorvader en voorbeeld van geloof. Maar hij staat niet in het centrum van de christelijke geloofsleer; in dat opzicht levert hij christenen geen nieuwe identiteit. Dat ligt voor joden en moslims anders.”

Hoe ligt dat bij het jodendom?

„Dat is een lastige vraag. In de Tora is Abraham stamvader, hét voorbeeld van geloof. De traditie van de besnijdenis is met hem verbonden, aan hem is het Beloofde Land beloofd, zijn nageslacht wordt gezegend, met hem sluit God een verbond dat nog altijd bestaat. Voor joden speelt Abraham een sterk identiteitsbepalende rol.”

En in de islam?

„Ook voor de identiteit van moslims is hij belangrijk. Ibrahim is voor Mohammed dé identificatiefiguur geweest. Net als hij profeteert Mohammed dat God Eén is en ondervindt hij tegenstand van een polytheïstische omgeving.

Dat wordt ook van Ibrahim in de Koran verteld. Bovendien zijn er nauwe banden tussen Ibrahim, Ismael en Hagar en de Kaaba, de heilige steen in Mekka, en de bedevaart daarheen. Ibrahim en Ismael heten bouwer en reiniger van Mekka, dáár verkondigt Ibrahim zijn geloof in de ene God. De hadj naar Mekka doet dat als het ware na.”

De laatste jaren is er sprake van een ’Abrahamitische geest’, een spiritualiteit die de dialoog tussen religies aanjaagt. Hoe typeert u dat enthousiasme?

„Het is een spiritualiteit die openstaat voor anderen, die begrip kweekt en de nadruk legt op wat joden, christen en moslims verbindt. En dan kom ik even terug op wat ik straks zei: waar blijf je dan met die andere religies?”

Waardeert u dan niet wat ’Abrahamitische teams’ doen, overal voorlichting geven?

„Natuurlijk wel, dat is hartstikke belangrijk. Daarnaast bestaan er ’Saragroepen’ en ’Hagargroepen’. Dat is wel opmerkelijk: de moeder-traditie staat voor wat onderscheidt, de vadertraditie voor wat, ondanks strijd en verschil, een nieuwe saamhorigheid vertegenwoordigt.”

Voelt u meer voor de vrouwengroepen en wilt u liever de verschillen benadrukken?

„Ik vind beide groepen van belang: de een heeft meer oog voor de verschillen, de ander voor het gemeenschappelijke. Om dat te overstijgen heb je wat anders nodig dan een Abraham. Ik verzet me tegen de gedachte dat je Abraham als gemeenschappelijke voorvader moet zien om aan oecumenische dialoog te doen. Dat zou echt noodlottig zijn!”

Volgens u hoeft de theologie niet naarstig te zoeken naar wat religies verbindt.

„De taak van monotheïstische religies is om de eigen gelovigen in te laten zien dat het geloof in één God betekent dat je in andere mensen de Ander kunt zien. Een begin daarvan zie je in de scheppingstheologie. Als God de Schepper van de wereld is, dan is het bestaan van anderen door God zo gewild. Jij bent gewild, ik ben gewild, mijn bestaan wordt dus niet bedreigd door anderen. We hoeven niet angstvallig te zoeken naar een gemeenschappelijke basis – die is er al.”

Hans Küng beschouwt met zijn ’wereld-ethos’ de godsdienstige hang naar ethiek als basis voor het samen optrekken van religies. Help dat ons verder?

„Küngs waarneming deel ik, maar ik zie ook dat ethiek voor de religies uiteenlopende betekenis en inhoud heeft. Een beroep daarop heeft op den duur weinig kans van slagen. Wat moet je met fundamentalisten die helemaal geen dialoog verdragen? Ik denk dat zulke groeperingen alleen veranderen als ze inzien dat anderen óók recht van bestaan hebben.”

Welk project spreekt u het meest aan bij de dialoog of de trialoog?

„Zelf heb ik veel gehad aan de oecumenische wereldgebedsdag voor vrouwen. In de koloniale tijd en ook tijdens de beide wereldoorlogen slaagden vrouwen erin naar andere vrouwen te luisteren zonder hen met hun eigen opvattingen lastig te vallen. Tijdens de Wereldgebedsdag in Palestina, in 1994, was die houding uiterst omstreden – en daarom bijzonder. Voor het aangaan van de interreligieuze dialoog vond ik het erg leerzaam.”

Ulrike Bechmann (48) is rooms-katholiek theologe, arabiste en islamologe. In 2004 promoveerde ze op een onderzoek naar aartsvader Abraham als grondslag voor de interreligieuze ’trialoog’. Dit artikel verscheen eerder in Publik-Forum.

11/10/2006

Bishop Criticizes Muslim Behaviour, Defends British Values

From the desk of Elaib Harvey

Bishop Nazir Ali of Rochester, the Church of England’s only Asian bishop, whose father converted from Islam, has skewered the central problem in the psyche of Islam in Europe. In a Sunday Times interview the Pakistan born Anglican cleric has spoken for the vast majority of Europeans in a way that their own leaders would never dare.

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11/03/2006

Interview van Geert Wilders en Fleur Agema in Metro

‘Wij zijn rasoptimisten’

Met alle beperkingen van dien begint Geert Wilders (43) aan de campagne van zijn Partij voor de Vrijheid. Samen met nummer twee Fleur Agema (30) trekt hij per bus het land in. Metro: sprak hen. “In Nederland houden we het liefst elkaar’s hand vast, gaat het kabinet onder de kerstboom liederen zitten zingen en schuiven we alle rotzooi onder het tapijt.”

Tekst Bas Paternotte


U trekt met een bus het land in. Lukt dat met al die beveiliging?


GW: “Als nieuwe partij moet je je gezicht laten zien, van Friesland tot Limburg. Door de beveiliging wordt dat natuurlijk een enorm circus maar ik doe het wel en vind het hartstikke leuk. Samen met Fleur en alle andere kandidaten trekken we het land in. Daar laat ik mij door niets of niemand van weerhouden.&r! dquo;

Mevrouw Agema, u bent oud-LPF’er en nu de nummer twee van de meest bedreigde politicus van het land. Waarom?

FA: “Zoals het er nu voor staat kan ik gaan en staan waar ik wil. Ik maak mij geen zorgen.”

Van de verwachte tien zetels is in de peilingen vooralsnog weinig te zien.

GW: “Het wisselt. Bij de één staan we op nul, bij de ander op vier. De campagne is nog maar net begonnen. Ik weet zeker dat die tien zetels die Metro: eergisteren voorspelde er in zitten.” FA: “Ik merk het in het land tijdens het flyeren. Er wordt ontzettend enthousiast op Geert en de rest gereageerd.”

Waar komt dat enthousiasme vandaan?

FA: “We doen niet aan koetjes en kalfjes maar hebben een heel duidelijk verhaal.”

Is Marco Pastors EénNL een bedreig! ing voor jullie?

GW: “Er zijn ov! ereenkom sten maar ook een boel verschillen. Wij willen een immigratiestop, Pastors niet. Wij willen een verbod op de dubbele nationaliteit, Pastors niet. Wij willen geen nieuwe moskeeën erbij, Pastors wil dat weer wel. Wij zeggen: jongens, we hebben nu even genoeg islam in Nederland. Dat heb ik Pastors nog niet horen zeggen.”

Jullie onderscheiden je door…

GW: “Duidelijkheid en lef. Deze campagne zoeken we niet naar het compromis.. Macht is voor ons een instrument om onze doelen te bereiken. Het gaat ons om de wensen van de kiezer. Wij zijn een partij die ergens voor staat en zullen nooit zoals D66 heeft gedaan onze ziel verkopen om alleen maar op dat pluche terecht te komen. We willen meeregeren maar wel op onze voorwaarden.” FA: “Wij staan voor een strenger immigratie- en integratiebeleid, fors lagere belastingen, fatsoenlijke zorg voor ouderen en goed onderwijs. Dat is een authentiek geluid en! daar zijn wij trots op. En ik denk dat dit veel mensen aanspreekt.”

Hoeveel mensen lopen er in Nederland rond in burka?

GW: “Dat zijn er meer dan je denkt. Het viel zelfs Rita Verdonk onlangs nog op tijdens een bezoek aan de Haagse Schilderswijk. De burka deugt qua veiligheid niet, je moet mensen meteen kunnen identificeren. Het is een middeleeuws gebruik, een middel om vrouwen in een tweederangs positie te dringen. Tevens is het een grote néé tegen de Nederlandse samenleving. Als je een burka draagt zal je nooit een baan vinden in Nederland. Als je hem toch wilt dragen ga dan alsjeblieft naar Saudi-Arabië, Jemen of Iran. Daar kun je nog kiezen tussen verschillende kleuren of maten.” FA: “Verdonk gaat zich nu toch weer buigen over een verbod. Ik heb goede hoop dat dat er komt.”

Sommigen zeggen: Wilders is altijd zo negatief.

GW: “Dat is een verkeerd beeld. Ik ben juist een rasopt! imist. N ederland is een prachtig land en kan nog zoveel beter worden. Dan zullen we alleen wel de problemen eerlijk moeten benoemen.” FA: “We moeten het hebben over de subsidies, de te grote overheid en de problemen met islam en integratie.” GW: “De hufterigheid op straat, de slechte scholen en de criminaliteit die maar niet wordt aangepakt. In Nederland houden we het liefst elkaar’s hand vast, gaat het kabinet onder de kerstboom liederen zitten zingen en schuiven we alle rotzooi onder het tapijt. Dat is heel gezellig maar het land wordt er niet beter van. We zullen problemen moeten benoemen en oplossingen aan moeten dragen. Dat noem ik optimisme.”

Wat heeft vier jaar Balkenende voor het land betekend?

GW: “Eigenlijk niet zoveel. Als ze als iets goeds hebben gedaan dan is het wellicht dat het begrotingstekort bijna is verdwenen. Wel heeft hij het thema van normen en waarden op de ag! enda gezet. En toch is het nog steeds zo dat het onfatsoen in Nederland heerst. Nog steeds kan je ongestraft hoer zeggen tegen een trambestuurster. Nog steeds zitten die ouderen in een luier omdat ze niet op tijd naar het toilet kunnen in een verzorgingstehuis. Nog steeds zijn één op de vijf Marokkaanse jongeren als verdachte bij politie geregistreerd. Nog steeds zijn die grenzen wagenwijd open. Nog steeds is het gezin niet wat het zou moeten zijn en ontsporen er nog steeds heel veel kinderen.” FA: “Het debat over normen en waarden heeft alleen holle frasen opgeleverd.”

Desondanks ziet u Balkenende graag terugkomen als premier.

GW: “Je kunt veel van Balkenende zeggen maar het is tenminste geen socialist.”

Dit interview wordt gepubliceerd op 2 november, twee jaar geleden werd Theo van Gogh vermoord.

GW: “Het was natuurlijk a! f en toe een vervelende vent maar ik was een groot fan van hem! . Hij du rfde wel op te schrijven wat hij vond. Daar heb je er nu nog maar weinig van in Nederland. Gelukkig hebben we binnenkort een debat in de Kamer om na te gaan wat is de rol geweest van de AIVD en van het kabinet. En dat is noodzakelijk, Nederland heeft namelijk nog steeds haar lesje niet geleerd. Het beleid is nog steeds niet veranderd, het terrorisme ligt nog steeds op de loer.”

U wilt dat gevangenissen strenger worden. De temperatuur omlaag naar 18 graden. Hoe belangrijk is dat?

GW: “Die temperatuur is natuurlijk niet zo belangrijk. Het gaat erom dat de tijd die iemand in detentie doorbreng de ergste tijd van z’n leven is, een hel. Je moet er op terugkijken met pijn in je hart, met tranen in je ogen en denken: daar wil ik nooit meer naar toe. Dat betekent dat mensen moeten gaan betalen voor hun eigen proces en gevangenschap. Voor mijn part gaan ze buiten werken in roze hesjes.In de gevangenis geen tv, CanalPlus ! of internet meer.” FA: “In Rotterdam is onlangs brand uitgebroken in een gevangenis omdat een gevangene een taart aan het bakken was in zijn magnetron. Dan denk ik: waar zijn we mee bezig?”

10/27/2006

Contre les chiens de garde de l'islam

Ian Buruma, journaliste d'origine néerlandaise, n'a ni sa plume ni sa langue dans sa poche. Il publie « On a tué Theo Van Gogh » (Flammarion), un essai qui n'est pas exempt d'ambiguïtés et de contradictions.

Né aux Pays-Bas, installé aux Etats-Unis, Ian Buruma est le type même du journaliste intellectuel que produit le monde anglo-saxon. L'assassinat de Theo Van Gogh, à Amsterdam, le 2 novembre 2004, est le point de départ de son enquête sur la crise que connaît le multiculturalisme néerlandais, jusque-là érigé en modèle. Curieusement, les événements effrayants que décrit et analyse Buruma n'ont pas entamé son optimisme quant à la possibilité de « vivre ensemble ».

Le Point : Les menaces proférées contre Robert Redeker sont-elles une nouvelle affaire Rushdie, ou donnons-nous trop d'importance à quelques radicaux excités ?

Ian Buruma : Les menaces contre Redeker sont assurément inacceptables. A ce que je sais, l'incitation à la violence est punie par la loi dans tous les pays européens. Aussi les auteurs de ce crime doivent-ils être sanctionnés.

Nombre de journalistes et d'intellectuels ont condamné les appels à la violence tout en estimant que Redeker avait eu tort d'offenser les musulmans. Est-ce le signe d'un état d'esprit munichois ?

Que les non-musulmans s'imposent une certaine réserve dans la discussion sur le Coran, le Prophète ou toute autre question religieuse sensible pour les croyants n'a rien à voir avec l'« apaisement ». Certes, la tradition voltairienne des Lumières suppose la liberté d'attaquer, de critiquer et de ridiculiser les croyances, mais le respect devrait sans doute conduire à une certaine retenue concernant les croyances des autres. Voltaire s'en prenait à la religion dominante de sa société, le catholicisme. Et je ne suis pas sûr qu'il se soit montré sous son meilleur jour quand il a attaqué les juifs. Quoi qu'il en soit, un certain tact vis-à-vis des religions n'a rien d'exceptionnel. Racontée par un juif, une blague juive peut-être amusante ; dans la bouche d'un non-juif, elle devient offensante. Il serait préférable que les attaques contre l'islam soient menées par des personnes issues de la culture islamique. C'est ce qui distingue Rushdie et Redeker. Rushdie ne s'est jamais embarqué dans un Kulturkampf, pas plus qu'il ne s'est appuyé sur le christianisme et le judaïsme pour attaquer l'islam. Il a écrit un roman provocant et satirique sur certains aspects de l'islam, tout comme Buñuel ou Fellini ont fait des films se moquant de l'Eglise catholique. Mis en scène par un musulman, « Viridiana » aurait été beaucoup moins drôle.

Mais non ! Je veux bien manifester pour que tout le monde ait le droit de raconter des blagues juives - souvent hilarantes. Imaginez que seuls les musulmans aient le droit de rire de l'islam, les juifs des juifs et les blondes des blondes ! Vous prônez la compréhension mutuelle, mais si elle exclut la possibilité de se payer la tête des uns des autres, si l'esprit de sérieux règne, elle n'a aucun sens. Le monde commun suppose un humour partagé.

Il y a quelques années, en Grande-Bretagne, des notables sikhs ont protesté contre une pièce de théâtre dans laquelle un meurtre avait lieu dans un temple sikh. Salman Rushdie a rappelé une distinction très pertinente : il est inacceptable d'insulter un individu en raison de sa religion, mais on a le droit de ridiculiser les croyances ou les idées. Le problème est que, pour beaucoup, la différence n'existe pas. Il faut convaincre les gens qu'être citoyen d'une démocratie libérale, c'est accepter cette distinction : critiquer l'islam n'est pas la même chose que haïr les musulmans. Or, une flopée de dirigeants communautaires s'érigent en « chiens de garde » et passent leur temps à surveiller ce qu'on dit de leur communauté, faisant régner un climat d'intimidation et d'autocensure. Ils ont compris qu'ils tenaient là un moyen de légitimer leur pouvoir. Il faudra bien négocier un compromis : sans accepter la mise sous surveillance des idées et du langage, il faut admettre que la liberté d'expression ne peut être totale. De ce point de vue, l'exemple américain peut être intéressant : la liberté de croyance vaut pour tout le monde, aussi est-elle reconnue par tout le monde. Mais une part du deal est que les gens ne s'insultent pas.

Certes, mais la tradition européenne suppose plutôt que l'on admette l'insulte - en la poursuivant éventuellement en justice - sans y répondre par la violence. En critiquant Ayaan Hirsi Ali, cette députée d'origine somalienne qui critique très durement sa religion d'origine, ne faites-vous pas le jeu des fanatiques qui la menacent de mort ?

Ayaan Hirsi Ali s'en prend à certaines pratiques sociales, concernant notamment le droit des femmes, et, sur ce point, je l'approuve sans réserve. Mais son histoire est celle d'une convertie qui a vécu dans un environnement orthodoxe. Du coup, elle a tendance, comme Redeker, à penser que le problème est l'islam lui-même, et non pas l'islam politique. Or, accuser l'islam, c'est s'aliéner tous les musulmans pacifiques, quand c'est précisément sur eux qu'il faudrait s'appuyer.

Il n'y a pas identité entre islam et islamisme, mais on peut difficilement soutenir que le second n'a rien à voir avec le premier. Passons. Quoi qu'il en soit, en 1988, l'Iran était à l'origine de la fatwa contre Rushdie. Aujourd'hui, malgré la rhétorique d'Ahmadinejad, Téhéran ne se lance pas dans de telles aventures et les mollahs ne s'indignent des attaques contre l'islam qu'une ou deux fois par semaine. Les groupes qui s'en prennent à Robert Redeker s'inspirent plutôt de ceux qui prospèrent en Irak. N'est-ce pas la preuve que nous n'avons pas affaire à des guerres de religion, mais à des conflits politiques ? L'analyse de Redeker n'est-elle pas éclairante de ce point de vue ?

Redeker a tort de comparer l'extrémisme islamiste au communisme. La Mecque n'est pas Moscou. L'islam - même politique - ne dispose pas d'un Etat et n'a donc pas le pouvoir d'imposer une doctrine dans le monde entier. L'islamisme, comme le communisme, est un mouvement révolutionnaire, mais c'est un mouvement mal structuré qui manque de cohérence, composé de groupes et d'individus dépourvus d'une organisation commune et d'une force armée. Cela dit, on n'y comprend rien si on ne réfléchit pas au terreau politique sur lequel il prospère.

L'assassinat de Theo Van Gogh est-il, comme le suggère le sous-titre de votre livre, une métaphore de la défaite des Lumières ?

Je ne dirais pas les choses comme ça. Le fait qu'il existe, au sein des populations immigrées des pays européens, des minorités radicalisées ne signifie pas nécessairement que l'intégration des minorités a intégralement échoué. Nous sommes confrontés à deux problèmes distincts mais cumulatifs. D'une part, toutes les minorités issues de l'immigration connaissent des difficultés. D'autre part, au Moyen-Orient, la faillite des régimes séculiers, c'est-à-dire des Etats gouvernés par les forces de sécurité, a entraîné l'émergence d'un mou-vement révolutionnaire qui entend imposer une remise en question de la sécularisation. Et comme toute utopie violente, celle-ci séduit des jeunes gens désemparés et attirés par la perspective de sacrifier leur vie pour une grande cause. Les hommes jeunes sont les plus dangereux : la conjugaison de la testostérone, de la frustration sociale et d'une cause pour laquelle il faut mourir peut être explosive. Il aurait été naïf de penser qu'on pouvait éviter des tragédies comme l'assas-sinat de Theo Van Gogh.

Voulez-vous dire que nous devons nous résigner à vivre avec la violence des extrémistes religieux ?

Il n'y a pas d'autre critère que la loi. Quand quelqu'un est aussi radicalisé que Mohammed Bouyeri, l'assassin de Theo Van Gogh, il n'y a rien d'autre à faire que de le mettre en prison. Vous ne pouvez pas sanctionner quelqu'un pour ses idées, mais vous pouvez l'arrêter s'il proclame qu'il faut faire sauter la gare centrale d'Amsterdam. Seulement, ce n'est pas toujours simple : quand un imam fait référence au meurtre des infidèles au IXe siècle, tout le monde comprend ce que ça veut dire mais ce n'est pas illégal. Je n'ai pas de réponse sur ce point. A mon avis, c'est sur un autre plan qu'il faut agir : il faut tout faire pour isoler les extrémistes du reste de la population musulmane, autrement dit traiter sérieusement la question de l'intégration.

Le problème est qu'on ne sait plus très bien ce qu'on entend par intégration. Y a-t-il une société d'accueil et des populations accueillies, autrement dit « nous » et « eux », ce qui suppose que les immigrants s'adaptent, ou tout citoyen est-il fondé à demander un réaménagement des valeurs communes ?

Mais le fait qu'il y ait un « eux » et un « nous », ce que ressentent nombre d'Européens de culture musulmane, est un énorme problème. S'il y a des sociétés d'accueil, elles ne sont pas suffisamment accueillantes. Ce qui est dangereux, c'est qu'un nombre croissant d'immigrés ont le sentiment de n'appartenir ni aux sociétés européennes ni à celles de leurs parents. Ils sont coincés entre les deux. Dépourvus de tout ancrage culturel local, ils sont attirés par des formes puristes de religion comme le wahhabisme. Et, dès que des leaders religieux entrent dans un processus de négociation avec l'Etat, ils sont considérés comme des traîtres par la jeunesse radicalisée.

La France est passée de l'assimilation - qui n'a jamais prétendu être totale - à l'intégration, puis au multiculturalisme, rejoignant ainsi le modèle le plus répandu en Europe. Cela signifie-t-il qu'on renonce à demander aux arrivants de devenir français, néerlandais ou britanniques ?

Il faudrait déjà être capable de définir la France ou les Pays-Bas. Mais, dans les deux cas, on peut observer un silence délibéré, voire une bonne dose d'hypocrisie. Entre l'idéal républicain français et l'idéal multiculturel néerlandais ou britannique, il y a un point commun : les deux constituent un alibi parfait pour ne pas traiter le problème de l'intégration. En France, les discours nient délibérément l'existence des différences au nom du principe de la « citoyenneté pour tous ». Quant au multiculturalisme classique, il se résume à une formule : laissez-les vivre. Qu'ils aillent à la mosquée, développent leur propre culture : tant qu'ils respectent la loi, nous n'avons pas à interférer.

Dans les faits, la France a largement renoncé à ce modèle, qui repose sur un échange : vous renoncez à obtenir des droits comme communauté, vous abandonnez certains particularismes pour devenir pleinement citoyens. Or, quand on observe, par exemple, l'accroissement du nombre de femmes entièrement voilées dans les rues de Paris, quand des enfants musulmans refusent d'étudier certaines matières, on a l'impression que nous ne demandons plus rien aux Français d'origine étrangère.

Je le répète, on ne peut s'en sortir que par la loi. Par exemple, l'Etat peut intervenir si des parents imposent certaines pratiques à leurs enfants, en particulier à leurs filles, par la violence, ou s'ils les empêchent d'aller à l'école. Mais il faut être très prudent. Si le milieu familial s'oppose aux mariages mixtes, comme c'est le cas chez les juifs orthodoxes, que voulez-vous y faire ? Je sais bien que la culture des droits de l'homme prétend que nous n'avons ni sexe, ni race, ni religion. Seulement, c'est faux : nous avons une histoire, une identité. Or, si nous sommes politiquement outillés pour défendre les droits de l'homme, nous n'avons aucun instrument pour défendre les identités culturelles.

Les Pays-Bas sont un cas particulièrement intéressant, car on a l'impression qu'ils sont passés du paradis à l'enfer multiculturel. Et, comme en France, certains intellectuels progressistes sont devenus très critiques sur l'immigration elle-même.

Les Pays-Bas sont une société privilégiée en proie à une attaque de panique. Nous étions très fiers de notre société libérale, tolérante et ouverte. Nous avions échappé aux errements révolutionnaires. Bref, notre merveilleuse société multiculturelle était à l'abri des tensions que connaissaient les Français et les Israéliens. Tout le monde aimait venir à Amsterdam, au moins pour fumer des joints. Chez nous, les femmes et les homosexuels étaient libres et nous étions prêts à nous battre pour que les nouvelles minorités aient les mêmes droits. Mais, à la première alerte, nous sommes passés du rêve au cauchemar : soudainement, le multiculturalisme est devenu une faillite absolue. Le pessimisme le plus noir a remplacé l'autosatisfaction d'hier.

Reste qu'il est insupportable, pour nombre d'Européens « de souche » - terme évidemment employé ici sans la moindre connotation autre que factuelle -, il est insupportable d'entendre en permanence leurs concitoyens mettre leur pays en accusation et imputer toutes leurs difficultés au racisme, au colonialisme...

La culture victimaire n'est pas l'apanage des musulmans. D'ailleurs, comme beaucoup de choses déplaisantes, elle vient d'Amérique. Pour certains juifs, l'Holocauste a été une religion de substitution. Cette course à la victimisation traduit une crise identitaire : quand vous ne savez plus à quelle histoire vous appartenez, il reste en commun la souffrance partagée, réelle ou mythifiée.

Pour résumer votre propos, aussi profonde que soit la crise de l'intégration, vous récusez l'idée que l'Europe est en guerre pour ses valeurs ?

Je crois en effet que cette vision est très dangereuse. Les sociétés ouvertes sont menacées par un mouve-ment révolutionnaire violent. C'est un problème global qu'il faut régler tous ensemble. Il serait dramatique de l'interpréter comme un combat de l'Occident contre ses ennemis. Le libéralisme politique est incompatible avec une vision essentialiste des nations ou de la civilisation. Le monde est trop fluide, trop ouvert pour ces thèses. Si elle cède à l'illusion du choc des civilisations, l'Europe va à sa perte

Ian Buruma

1951 Naissance à La Haye, aux Pays-Bas, de mère britannique et de père néerlandais.

Diplômé de sinologie et de théologie.

Vers 1975 S'installe au Japon et devient correspondant pour l'Asie de nombreux journaux anglo-saxons : « The New York Review of Books », « The New York Times Magazine », « The New Yorker », « The Guardian », « The Financial Times »...

1995 « The Wages of Guilt : Memories of War in Japan and Germany » (Farrar, Straus, Giroux).

1996 « The Missionary and the Libertine : Love and War in East and West » (Random House).

1999 « Anglomania : A European Love Affair » (Random House), trad. fr. : « Anglomanie » (Bartillat, 2001).

2001 « Bad Elements : Among the Rebels, Dissidents and Democrats of Greater China » (Random House, 2001) : une enquête aux quatre coins du monde sur les traces de la génération Tiananmen.

2005 S'installe à New York, où il enseigne à Bard College.

2006 « Conversations with John Schlesinger », livre d'entretiens avec son oncle maternel, le cinéaste John Schlesinger, récemment disparu (Random House).

« On a tué Theo Van Gogh - Enquête sur la fin de l'Europe des Lumières » (Flammarion, 280 pages, 21 euros)Par ailleurs, les éditions Climats viennent de publier la traduction d'un essai paru en 2003, écrit par Ian Buruma et Avishai Margalit, « L'occidentalisme. Une brève histoire de la guerre contre l'Occident » (Climats, 160 pages, 16 euros).

10/02/2006

What you need to know about the 'religion of peace', Part II

By Larry Elder

 

More facts the "spinners" and do-gooders have conveniently decided to ignore

http://www.jewishworldreview.com | Last week's column contained excerpts from my interview with Robert Spencer, author of "Onward Muslim Soldiers: How Jihad Still Threatens America and the West." (Click HERE to purchase. Sales help fund JWR. ) He makes the case that violent Islam stems from a straight reading of Islamic religious texts, and that moderate Muslims need to face up to and repudiate this so that true reform can take place.

This is Part II of the interview:

Larry Elder: You cite Koran passages that state Jews, Christians and nonbelievers have three choices: conversion, second-class citizenship or death. When people say these kinds of things are "taken out of context," you say this simply isn't true?

Robert Spencer: Yes. They're dealing from a broad tradition within Islam that mandates violence against nonbelievers. It's an unpleasant fact . . . but . . . I give abundant testimony from Islamic sources to this effect, and it's no use denying it.

Elder: These madrasas where they are teaching the Koran, teaching hatred of Jews, Christianity and the West — your argument is that they are not corrupting Islamic text, they are teaching actual text.

Spencer: They're working from very clear Islamic text. Radical Muslims around the world call Jews "monkeys" and "pigs." This comes from several very clear passages in the Koran that say Jews and Christians are under the curse of Allah, because of their disobedience and refusal to accept that Muhammad is a prophet . . . G-d turned them into monkeys and pigs. The fact that this kind of hatred is so deeply rooted in core Islamic text makes it all the more difficult to eradicate.

Elder: What does "jihad" — an essential duty of every Muslim — mean?

Spencer: When people say that jihad is a peaceful struggle — it means "struggle," literally — it means to bring the soul into line with the teachings of the Koran and the will of the law, that's true. But it's not the only meaning of jihad, or even the principal meaning. Throughout Islamic history, and Islamic theology and law, you have violent jihad being the primary understanding of what it means — this collective responsibility of the Islamic community to wage war against non-Muslims until they either convert or submit as second-class citizens under Islamic rule.

Elder: There are about 1.2 billion Muslims worldwide. What percentage subscribes to this violent jihad ideology?

Spencer: It's difficult to tell. Some people have estimated 10 percent, which sounds comforting until you realize it's 100 million people. There are also more disturbing indications. A recent poll in the Palestinian Authority indicated that 71 percent approved of suicide attacks against civilians in Israel. Noncombatants are not to be targeted . . . but if they are considered to be aiding in the war effort, then they can legitimately be fought. This is the justification that Osama bin Laden used for 9/11, and the Palestinians use for suicide bombing attacks in Israel.

Elder: If the West hadn't interfered in the Middle East, if the U.S. hadn't propped up the Shah of Iran, if we didn't have troops in Saudi Arabia, if we weren't supporting Israel, then would this part of the Arab world have it in for us?

Spencer: They might not be as stirred up as they are, but there's no doubt that they would have it in for us, nonetheless. You're talking about a group of people that gets their intellectual justification from passages such as . . . the prophet Muhammad saying, "I have been commanded to fight against people until they confess that there is no God but Allah and that I am His Messenger." The Muslim world took that seriously and acted it out for centuries. Before there was any Crusade, they overran Egypt, Syria, North Africa and the rest of the Middle East, which were all Christian lands before the Muslim conquest. For centuries, they continued to press into Europe from the west and the east, into Spain and France until they were stopped, and on the Eastern side up to Vienna, where they were ultimately turned back. . . .

No Islamic sect has ever repudiated the doctrines of violent jihad that the radicals are using today. The radicals see themselves as continuing a conflict that's gone on for 14 centuries, that doesn't ultimately have anything to do with the causes that you named. It started long before (these causes) ever existed and will continue long after they are solved.

09/19/2006

"Benoît XVI avait en partie raison"

NOUVELOBS.COM |

''Benoît XVI avait en partie raison'' par Abdelwahab Meddeb,
écrivain et poète tunisien,
animateur de l'émission "Culture d'islam"
sur France Culture,
auteur de "La maladie de l'islam" (Editions Le Seuil, 2002)

 

Pensez-vous que les regrets exprimés par Benoît XVI vont suffire à rétablir le calme dans le monde musulman ?
- A vrai dire, je regrette ces regrets. Le monde musulman a raté une très belle occasion de se remettre en question. Dans son discours de Ratisbonne, le pape a touché du doigt les germes de ce que j'appelle dans mes ouvrages "la maladie de l'islam", qui est aussi la base de l'islamisme. La question de la violence dans l'islam est une réalité. Quand le pape a évoqué le rapport très étroit de cette religion avec la violence, il a dit la vérité, même s'il ne faut pas séparer l'islam de la raison. J'aurais souhaité qu'un imam ouvert et éclairé se saisisse de son discours pour ouvrir le débat, en reconnaissant que Benoît XVI avait en partie raison. Car il n'y a pas une seule et unique doctrine islamique, mais des textes qui méritent un débat et une analyse. Le monde musulman aurait besoin de se confronter à une effervescence intellectuelle. Au lieu de cela, il n'a réagi que par l'indignation. Selon moi, Benoît XVI aurait donc mieux fait de s'abstenir de "regretter", ou du moins pas aussi rapidement.

Dans les pays où les islamistes sont les plus influents, les propos du pape ont-ils été instrumentalisés ?
- Oui, c'est évident. La branche irakienne d'Al-Qaïda, par exemple, a profité de cet épisode pour appeler à poursuivre la guerre sainte des musulmans contre l'Occident. Mais là encore, l'islam officiel -c'est-à-dire celui qui parle au nom des Etats musulmans- n'a pas joué son rôle. Les autorités islamiques sont là en principe pour mener une guerre contre l'islam intégriste ou terroriste. Dans ce cas, elles ne l'ont pas fait. Et cette guerre ne doit pas être uniquement militaire. Elle doit se faire surtout sur le plan des idées.
Par le passé, les papes s'en sont-ils déjà pris à l'islam ?
- Oui, l'histoire est remplie de conflits opposant la papauté à l'islam. L'exemple le plus significatif est celui du pape du XIe siècle, qui a appelé aux croisades contre les musulmans. Il a tenu un véritable discours de guerre, semblable à celui que les islamistes arborent aujourd'hui contre l'Occident… L'appel à la guerre a traversé les siècles et marqué l'histoire des religions.
Or, pour les chrétiens, Dieu est raison, amour, et cet amour prime sur la loi.
Il s'agit là des fondements de la foi chrétienne. Benoît XVI les a d'ailleurs bien rappelés dans son discours.
Mais à l'époque des croisades, puis de l'Inquisition, quand ils ont maltraité des musulmans et des juifs et qu'ils les ont forcés à se convertir, les chrétiens ont trahi leur "lettre évangélique". Aujourd'hui, nous sommes nombreux à attendre le moment où les musulmans vont à leur tour trahir leur propre "lettre", en laissant de côté la violence une fois pour toutes. Des théologiens de l'islam ont appelé à la suspension du Djihad dès le XIXe siècle, sans succès.
Personnellement, je suis sceptique. A mon avis, l'islam finira par sortir de ce temps de malheurs et de ténèbres, mais ce n'est certainement pas pour demain…
Propos recueillis par Chiara Penzo
(le lundi 18 septembre 2006)

06/22/2006

«Je suis dépité de voir que les Israéliens ne comprennent pas ce qui se passe»

par Ruthie Blum
Jerusalem Post
9 juin 2006

Adaptation française: Alain Jean-Mairet

Le mois dernier, alors qu'il recevait le prix du «Gardien de Sion» du Centre Ingeborg Rennert de l'université Bar-Ilan, l'auteur et expert du Moyen-Orient Daniel Pipes ne mâcha pas ses mots. Lors de son exposé prononcé à l'hôtel du Roi David devant une assemblée distinguée d'universitaires, de politiciens, d'hommes d'affaires et de représentants des médias, Pipes adopta une attitude qui, si elle traduisait certes une continuité avec son parcours récent, était à tout le moins fort peu conventionnelle. Elle s'éloignait en tout cas nettement du discours de pure forme constituant la substance des déclarations de foi envers l'État juif et sa capitale avancées par ses prédécesseurs. Plutôt que de mettre l'accent sur son affection sincère pour la terre et le peuple d'Israël, il donna un cours sur «les revendications des Musulmans sur Jérusalem».

Avec l'aisance d'expression et la fidélité aux données historiques qui sont les caractéristiques usuelles de ses écrits – parmi lesquels figurent un billet hebdomadaire dans les présentes colonnes –, Pipes exposa des preuves empiriques démontrant que chacune des revendications arabes sur «Al-Quod» n'est et n'a jamais été que purement utilitaire. Point à la ligne.

En d'autres termes, Pipes se révéla un Gardien de Sion et de Jérusalem non par le biais de déclarations d'affection, mais en réfutant les arguments fallacieux de ceux qu'il identifie, en des termes sans équivoque, comme les ennemis mortels d'Israël.

La cérémonie annuelle se distingua également de celles des années précédentes par un autre aspect – la tenue d'une séance de questions posées par l'auditoire à l'issue de l'exposé. De quoi épicer le diner de gala par la saveur d'un débat; quoique celui-ci fut plutôt dominé par l'accord serein régnant parmi les quelques centaines de personnes présentes que par le scepticisme ou l'hostilité. Et cela a certainement constitué une expérience inhabituelle pour Pipes, qui subit la critique constante de la gauche pour sa description sans fard des ambitions islamistes et son appel à prendre à partie les départements des études moyen-orientales des universités américaines – via le projet Campus Watch de son Forum du Moyen-Orient – pour ce qu'il estime être des fautes professionnelles.

Il n'a remporté aucun concours de popularité non plus auprès d'anciens alliés politiques et intellectuels de la droite – plus en tout cas depuis que les conservateurs partagèrent leurs opinions quant au bien-fondé du plan de désengagement unilatéral d'Ariel Sharon. Alors que les titulaires conservateurs de l'administration Bush – à l'image de nombreux partisans de Bush d'une manière générale – sont restés loyaux envers la politique du président américain et de l'ex-premier ministre israélien, d'autres, comme Pipes, ont sonné l'alarme à leur sujet.

Au cours d'une longue interview accordée au Jerusalem Post dans sa suite de l'hôtel du Roi David à la veille de la cérémonie de remise de prix, Pipes mit le doigt sur ce qu'il considère comme l'échec fondamental d'Israël, soit le passage d'une guerre visant la victoire à la simple gestion du conflit.

«Finalement, un camp l'emportera et l'autre perdra», dit-il, avec un léger haussement d'épaules et un ton feutré qui semble contraster avec le contenu de son message. «Il est si frappant de voir qu'Israël, un État moderne, sophistiqué, mondialisé, ne semble pas saisir cela. Très peu d'Israéliens sont conscients de la nécessité de vaincre. En tant qu'outsider, je suis dépité de voir que les Israéliens ne comprennent pas ce qui se passe.»

Avez-vous été surpris de recevoir cette distinction particulière?
Oui, c'était une surprise.

Pourquoi?
Et bien, les récipiendaires précédents sont des gens que j'admirais, et je ne pensais pas être vraiment des leurs. [Parmi les récipiendaires précédents figurent William Safire, Arthur Cohn, Ruth Wisse, Charles Krauthammer, Cynthia Ozick, Sir Martin Gilbert, A.M. Rosenthal, Herman Wouk et Elie Wiesel.]

Vous ne pensiez pas être «des leurs» ou vous ne partagiez pas leurs opinions sur Israël?
Ceux qui se sont vu décerner ce prix étaient, comme le titre l'indique, des «Gardiens de Sion» – en d'autres termes des défenseurs d'Israël. Cette description s'applique moins bien à ma position. S'il fallait la résumer, je dirais que je réprimande plutôt Israël.

Pourquoi «réprimandez»-vous Israël?
Les Israéliens se sont égarés quant à leurs relations avec les Arabes et plus particulièrement en ce qui concerne les objectifs de la guerre. Je reproche aux Israéliens – et j'entends par là le corps politique, par uniquement les dirigeants – de croire que la gestion du conflit est la meilleure chose à faire.

Au lieu de…?
Au lieu de vaincre. Au cours des 15 dernières années, nous avons vu apparaître toute une série de propositions visant à gérer le conflit. Certaines d'entre elles sont devenues des politiques gouvernementales; un grand nombre sont de simples projets. Leur point commun, de la gauche à la droite, consiste à admettre que le conflit ne peut pas déboucher sur une victoire, qu'il peut seulement être géré.

La clôture de sécurité est un bon exemple. Je suis pour. Il est évident qu'elle a – et aura d'autant plus à l'avenir, lorsqu'elle sera achevée – pour effet d'exclure du pays des candidats meurtriers. Mais un mur n'est pas une manière de remporter un conflit. Un mur est un élément tactique servant à se protéger, pas un dispositif stratégique permettant de gagner une guerre. Gagner une guerre exige de l'imagination, des perspectives, sur les moyens d'imposer sa volonté à l'ennemi. Car c'est là la signification classique de la guerre: imposer sa volonté à l'ennemi. Cela ne signifie pas le massacrer ou le paupériser, mais lui faire abandonner ses objectifs. Or cette notion est pour ainsi dire absente du débat politique israélien.

Vous dites que les Israéliens «se sont égarés» en matière de relations avec les Arabes. Cela implique un changement. De quand datez-vous ce glissement entre l'aspiration à la victoire et la simple gestion du conflit?
Un profond changement s'est opéré pendant la décennie séparant la guerre au Liban, en 1982, et les accords d'Oslo, en 1993.

La critique d'Israël est-elle la seule différence entre vous et les récipiendaires précédents du prix Rennert?
Non, il y en a une autre. Je me concentre sur les Musulmans plutôt que de défendre Israël. Je ne m'attarde pas sur le boycott britannique des universités israéliennes ou sur le parti-pris contre Israël régnant aux Nations unies. Je ne justifie pas Israël. Je sors du cadre usuel en ce sens que j'observe Israël essentiellement du point de vue palestinien, arabe, musulman. Mon travail consiste bien moins à défendre Israël qu'à suivre la Syrie, les Palestiniens, etc.

Existe-t-il vraiment un «point de vue» arabe? Après tout, il y a dans le monde une telle variété de pays arabes et musulmans.
Il y a parmi eux un très grand nombre de différences et d'exceptions, mais je pense que, d'une manière générale, il est possible de distinguer un point de vue schématique commun, oui.

Dans ce cas, quel est la conception arabe de l'imposition de sa volonté à l'ennemi?
À mes yeux, ce conflit opposant Israël et les Arabes est défini en termes d'objectifs de guerre. L'objectif de guerre d'Israël consiste à se faire accepter par ses ennemis arabes, notamment par les Palestiniens. Cela signifie ne plus faire usage de la force – ou de quelconques autres moyens – en vue d'éliminer l'État juif. L'objectif de guerre arabe, à l'inverse, consiste à éliminer l'État d'Israël. Je vois cela de manière binaire – en noir en blanc. Un camp gagne, l'autre perd. Aucun compromis ne peut intervenir. Oslo fut une grande expérience dans ce sens, et elle se solda par un échec. En fin de compte, un camp impose sa volonté à l'autre.

Maintenant, si les Arabes imposent leur volonté aux Israéliens, il n'y aura plus d'État juif souverain. Il pourrait y avoir une population juive vivant sous le règne palestinien ou arabe. Ou il se pourrait que les Juifs fuient le pays. Il se pourrait aussi qu'ils soient tués. Mais il n'y aurait plus d'État juif souverain.

Si les Israéliens l'emportent, alors les Arabes, à contrecœur, admettraient que la présence d'Israël est un fait permanent. Ils n'auraient pas pour autant à commercer avec lui ou à promouvoir l'enseignement de l'hébreu dans leurs écoles – ce serait là des choses très positives, mais pas indispensables. Une paix froide, en quelque sorte, pourrait faire l'affaire. Mais, contrairement à la situation actuelle avec l'Égypte, il faut une réelle acceptation.

Il est si frappant de voir qu'Israël, un État moderne, sophistiqué, mondialisé, ne semble pas saisir cela. Très peu d'Israéliens sont conscients de la nécessité de vaincre. En tant qu'outsider, je suis dépité de voir que les Israéliens ne comprennent pas ce qui se passe.

Et les Palestiniens?
Les Palestiniens, qui n'ont pas atteint les mêmes niveaux de sophistication, ont paradoxalement bien compris que leur objectif consiste à vaincre.

Dans quelle mesure cette situation est-elle liée à des pressions de Washington?
J'ai été régulièrement surpris depuis maintenant une quinzaine d'années du peu d'importance que Washington a pu revêtir dans les décisions fondamentales des Israéliens. En schématisant ces relations, nous voyons que jusqu'à la guerre de 1967, Washington n'exerça que peu de pression diplomatique sur Israël, car il n'y avait personne avec qui négocier dans le camp arabe. Mais ensuite, au beau milieu de la guerre des Six-Jours, le président Lyndon B. Johnson formula les grandes lignes d'une politique d'échange de terre contre la paix qui, des décennies plus tard, continue d'inspirer la diplomatie américaine sur la question du conflit israélo-arabe.

Cette attitude prit du relief avec l'entrée en fonctions [du président égyptien Anouar] El-Sadate et la diplomatie qui s'ensuivit, particulièrement en 1973.

Puis, durant une vingtaine d'années, une tension constante divisa Washington et Jérusalem. Washington recommandait à Jérusalem de se jeter à l'eau et Jérusalem répondait avec prudence, soulignant que les Arabes disaient une chose en arabe et une autre en anglais – qu'ils n'étaient pas sincères.

Cette tension finit par se dissoudre en 1993, lorsque le gouvernement israélien, alors mené par [le premier ministre] Yitzhak Rabin, déclara finalement: «D'accord les États-Unis, vous avez raison. Tentons l'expérience.»

Depuis lors, il n'y a plus guère eu de problèmes, si ce n'est quelques tensions sans gravité et passagères sous [le premier ministre Benjamin] Netanyahu.

Le degré d'accord entre Washington et Jérusalem a été remarquable, de même que l'esprit d'initiative israélien. Trois exemples: les accords d'Oslo ont été conclus à Oslo, et non à Washington, afin que les Américains n'en soient pas directement informés. Au terme des mandats [du premier ministre] Ehud Barak et [du président américain] Bill Clinton, en janvier 2001, le premier incita le second à présenter un arrangement qui réglerait finalement la question, à Taba. Et il y eut le revirement [du premier ministre Ariel] Sharon à propos de Gaza, en novembre 2003.

Qu'en est-il de l'«occupation»? Quel est son rôle dans tout ceci?
La notion d'occupation est très chère au cœur des Palestiniens, à tel point que les gestes concrets d'Israël, même le retrait total de Gaza, n'ont ici aucune importance – ils affirment que l'occupation continue. Les Israéliens tentent de «désoccuper» en termes de monnaie, d'infrastructure et à bien d'autres égards, et les Palestiniens déclarent: «Non, nous sommes votre beau-fils non désiré, et vous êtes le nôtre.»

Ils découvrirent que ce terme, ihtilal (occupation), est très utile, tant à domicile que sur la scène internationale.

Quel est donc l'objectif ultime des Palestiniens – un État ou l'élimination d'Israël?
Oh, sans aucun doute l'élimination d'Israël. C'est-à-dire qu'il existe un consensus beaucoup plus large sur ce point que sur la notion d'un État palestinien. Souvenons-nous que le projet de transformer la région contrôlée par Israël en une Syrie du sud était le moteur de la politique arabe du début des années 1950. Puis vinrent les beaux jours du nationalisme panarabe, à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Aujourd'hui, le Hamas aspire à un État islamique dont les frontières n'ont pas à suivre celles de la Palestine mandataire. Toutes ces ambitions concordent sur la nécessité d'éliminer Israël, mais elles divergent quant à ce qui devrait le remplacer.

On parle beaucoup du danger de déstabilisation qui menacerait les régimes d'Égypte et de Jordanie à la suite du chaos régnant au sein de l'autorité palestinienne. Dans ce cas, pourquoi ces pays collaborent-ils plus activement avec l'AP qu'avec Israël?
La cause palestinienne constitue un défi délicat pour la plupart des dirigeants arabes. C'est un thème qu'ils abordent à leurs risques et périls, car il peut avoir pour conséquence de compromettre leurs régimes depuis l'extérieur. Alors, ils traitent la question avec beaucoup de précautions. La plupart des dirigeants arabes, surtout ceux de Jordanie et d'Égypte, souhaitent mettre un terme à ce conflit. En fait, dans les deux cas, leurs prédécesseurs tentèrent de s'en retirer en signant des accords de paix formels avec Israël.

Pourquoi échouèrent-ils?
Dans les deux cas, la population a dit non. Celle-ci avait donné un mandat à son gouvernement, disant «vous autres dirigeants êtes chargés de promouvoir l'antisionisme».

Lorsque les dirigeants trahirent ce mandat en signant des accords de paix formels – l'Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994 –, la réaction populaire fut «nous vous retirons notre mandat; nous prenons les choses en main».

Et nous assistons alors à un regain d'animosité populaire envers Israël.

J'ai vécu en Égypte pendant trois ans avant la signature de l'accord de paix avec Israël, et Israël n'y constituait guère un thème de discussion. Les Égyptiens ne lançaient pas de boycotts économiques contre des entreprises qui traitaient avec Israël ou dont la rumeur disait qu'elles envoyaient des fonds à Israël. Aucune chanson populaire ne célébrait la haine d'Israël. Les caricatures politiques étaient certes désobligeantes envers Israël, mais uniquement politiquement, pas religieusement.

J'en conclus que nous assistons à un sentiment anti-israélien beaucoup plus profond après 1979 que dans la période précédente. Le même phénomène est présent en Jordanie, où le roi signa un accord particulièrement chaleureux avec Israël, ce à quoi la population répondit par «Non! Nous ne ferons pas de commerce avec Israël. Nous n'aurons aucune autre forme de contact avec Israël.»

Que faut-il en penser?
Que, contrairement à une opinion répandue – selon laquelle les gouvernements arabes alimentent l'hostilité contre Israël pour distraire à bon compte l'attention de leurs propres insuffisances –, la question israélienne est ancrée dans la base même de la population, et cela les inquiète. Nous l'avons vu par exemple pendant les violences de la fin 2000, début 2001, lorsque des manifestations massives se déroulèrent dans les rues arabes et que les gouvernements réagirent avec une grande circonspection. Un premier ministre a bien mené une manifestation en signe de solidarité, mais avec une nervosité évidente.

Que pensez-vous des actions récentes des gouvernements égyptien et jordanien?
Ils ont commencé à revenir à leurs rôles d'avant 1967 – l'Égypte à Gaza et la Jordanie en Cisjordanie. Ils n'exercent d'aucune manière le contrôle dont ils jouissaient avant le 5 juin 1967, mais à présent, avec le retrait d'Israël et l'arrivée au pouvoir du Hamas, les deux gouvernements sont très préoccupés par ce qui se passe dans leurs anciens territoires.

De nombreux Israéliens qui approuvaient le désengagement de Gaza disent que le succès du retrait est visible dans le chaos – voire la guerre civile – qui règne maintenant au sein de l'AP, entre le Hamas et le Fatah.
Je ne suis pas de cet avis. Premièrement, je ne vois aucune relation de cause à effet entre le retrait israélien et l'anarchie de l'AP, laquelle débuta longtemps auparavant. J'en ai documenté les signes depuis le mois de février 2004 dans un blog intitulé «The Growing Palestinian Anarchy» (L'anarchie croissante de l'Autorité palestinienne).

Deuxièmement, je ne suis pas si sûr que ces troubles profitent à Israël. Dans le court terme, l'attention est détournée d'Israël. Mais à long terme, les forces déchaînées pourraient fort bien nuire à Israël.

Troisièmement, ce n'est certainement pas la bonne manière de juger de l'impact du retrait. Celui-ci doit être évalué du point de vue israélien, selon qu'il a eu, ou non, une influence positive sur les intérêts et la sécurité des Israéliens. Je dirais qu'il y a de solides raisons d'affirmer que ce n'est pas le cas.

Y a-t-il une relation de cause à effet entre le retrait israélien du Liban et les événements qui conduisirent au désengagement de Gaza?
J'en ai la certitude. Il y a des éléments de preuve. D'abord, un certain nombre de déclarations de dirigeants palestiniens révélèrent qu'ils ont été influencés par le retrait israélien de mai 2000. Ensuite, cela justifiait l'usage de violence par les Palestiniens. Ce dernier point nécessite quelques informations de fond.

Le grand débat des Palestiniens ne concerne pas les objectifs; l'élimination d'Israël est un objectif consensuel parmi 80% de la population palestinienne, et les 20% restants n'ont guère voix au chapitre. Le débat qui occupe ces 80% depuis deux décennies porte sur la meilleure manière de traiter Israël.

L'OLP préconise de négocier. Et regardez tous les avantages qu'elle put se procurer à force de déclarations mensongères et de garanties creuses: elle obtint l'Autorité palestinienne, une ébauche de force militaire, un soutien mondial accru et bien d'autres choses.

Ce à quoi le Hamas réplique que l'OLP s'est avilie, a perdu de vue son objectif et trahi la pureté de la cause. C'est là que se situe le cœur du débat parmi les Palestiniens.

Dans cette lumière, le retrait israélien du Liban, chassé par le Hezbollah, indiqua que les Palestiniens aussi pouvaient atteindre leurs objectifs sans négociations, sans marchandage avec l'ennemi. Simplement marteler avec opiniâtreté, tuer, attaquer, année après année, allait faire fuir les Israéliens. Les négociations, les accords, l'implication internationale – tout cela n'est pas nécessaire. Cet argument puissant fit son chemin dans les milieux palestiniens.

Comment cela?
La première manifestation se fit jour à peine deux mois plus tard, en juillet 2000 à Camp David. En dépit des offres tout à fait extraordinaires de Barak, Yasser Arafat non seulement répondit non, mais ne fit aucune contre-proposition. Je veux dire par là qu'il a été forcé par le gouvernement américain à se rendre sur place. Alors, il fit une apparition. Mais il refusa tout ce qui lui était proposé, et les négociations s'écroulèrent. Deux petits mois plus tard, les violences débutèrent – inspirées en grande partie par le Hezbollah. Ces violences revêtaient des formes très différentes de celles qui avait été pratiquées auparavant: notamment celle de l'attentat-suicide à l'explosif, une tactique du Hezbollah, et l'utilisation de vidéos pour encourager les candidats à l'attentat-suicide, qui témoignent de leur projet, ou qui montrent ensuite le lieu de l'attentat. Ainsi, le Hezbollah donnait le ton, au niveau tant tactique que stratégique. Il montrait aux Palestiniens comme procéder.

Comment cela a-t-il influencé le retrait de Gaza?
Le slogan palestinien dominant était «Aujourd'hui Gaza, demain Jérusalem».

Il est incontestable qu'ils considéraient le retrait israélien de Gaza comme la justification de l'usage de la force. Et je serais bien en peine de les contredire, car il me semble évident que sans les violences de Gaza, l'armée israélienne et les civils israéliens seraient toujours là-bas. Ils quittèrent les lieux uniquement en raison des attentats.

Et la Cisjordanie?
La même explication vaut dans ce cas aussi. S'il y a un retrait en Cisjordanie, c'est parce que la situation y est trop délicate. Lorsque les choses deviennent pénibles – au Liban ou à Gaza –, les Israéliens s'en vont. Cela indique que la violence fonctionne. Il est probable qu'elle sera utilisée de même à Jérusalem, à Haïfa et à Tel-Aviv.

Comment la Maison Blanche aurait-elle réagi après le discours du président Bush du 24 juin 2002 si Sharon s'était rendu à Washington et, au lieu de proposer le désengagement, avait demandé que l'AP soit traitée comme un ennemi qu'il fallait vaincre militairement dans le cadre de la guerre contre la terreur?
C'eut été difficile à plaider. Depuis 1993, la politique américaine sur le conflit israélo-arabe est restée fondée sur l'idée que les Palestiniens et les Israéliens sont des «partenaires pour la paix» – que leur guerre appartient au passé et qu'il s'agit maintenant de fixer les modalités d'une résolution. Ainsi, les actions que le gouvernement américain entreprend à l'encontre des talibans ou d'Al-Qaida deviennent erronées, illégitimes et contreproductives si elles sont envisagées par Israël contre les Palestiniens. L'Amérique est en guerre, alors qu'Israël est en train de faire la paix.

Le gouvernement américain devrait être interpelé à ce niveau, sur le ton du «non, M. le président, nous ne sommes pas en paix; nous sommes en guerre, exactement comme vous l'êtes. Nous avons tenté de négocier, mais ces efforts ont échoué. De même que le gouvernement américain est engagé dans une guerre asymétrique, où l'immensité des États-Unis est déployée contre Al-Qaida, Israël, toutes proportions gardées, est déployé contre l'OLP, le Hamas, le Djihad islamique.»

Mais les dirigeants israéliens n'ont pas plaidé cette cause, car elle ne s'inscrit pas dans leurs visions. Au lieu de cela, Sharon approuva Bush sur les principes et le désapprouva en fait largement sur le fond, ce qui constituait une approche raisonnable – et cela a marché.

Je me suis élevé contre le discours du 24 juin, qui me semblait venir récompenser le terrorisme. Mais je comprends que le premier ministre israélien préfère éviter les différends avec le président des États-Unis. Alors, il dit «bonne idée!», au discours comme à la carte routière, puis il procéda comme il l'entendait. Moi-même, en tant qu'analyste américain de politique étrangère, je n'avais pas à faire cela.

En tant qu'analyste américain de politique étrangère, comment expliquez-vous la division apparue parmi les néoconservateurs en ce qui concerne la politique israélienne de retraits unilatéraux des territoires?
J'attribue cette division à Sharon et à son changement d'opinion. Vu son parcours personnel et sa position de premier ministre, il jouissait d'une grande crédibilité au sein de la droite. Lorsqu'il fit sa pirouette d'une attitude à l'autre – passant du refus du retrait unilatéral à son soutien –, beaucoup de gens l'accompagnèrent. En substance, ils lui dirent «Arik, tu comprends tout cela mieux que moi, tu vois les choses plus en profondeur – je te suis.»

Le monde arabe peut-il se démocratiser?
Oui. Il n'y a rien dans l'ADN arabe qui soit anti-démocratique.

Le voyez-vous réussir une telle transformation?
C'est possible, mais cela prendra du temps. Beaucoup de choses doivent changer. Le problème fondamental est que les Musulmans arabophones ont éprouvé de très grandes difficultés à gérer la vie moderne, et accusent les autres d'être à l'origine de leurs problèmes. Ils évitent toute introspection et ne sont ni productifs ni constructifs dans leur autocritique. Le rapport 2002 des Nations unies sur le développement dans le monde arabe constitue une exception notable. Mais ce n'est qu'une goutte d'eau dans un désert de conspirationnisme où il faudra que de profonds changements interviennent.

De profonds changements dans l'Islam vous voulez dire? Une sorte de Réformation?
La réforme religieuse est certainement très importante, mais des changements seront nécessaires aussi hors de la sphère religieuse. Il faut un sens de la responsabilité individuelle. Une tentative vers plus d'introspection, d'interrogation sur la nature des vrais problèmes.

Il y a des exemples positifs. Ainsi, le dirigeant de Dubaï, cheikh Muhammad Bin Rashed Al Maktoum, a récemment publié un livre intitulé Ma vision. Cela mérite l'attention, car il a bel et bien accompli quelque chose. Il resta à l'écart de toute idéologie et parvint à obtenir une réussite économique. Et cela à force d'intelligence et de bonnes pratiques.

Mais ces éléments positifs sont rares et dispersés. Le monde arabo-musulman – de même que le monde musulman dans son ensemble, et peut-être plus encore – se trouve dans un état marqué par la colère, la dénégation, la fureur, l'extrémisme et le conspirationnisme et cela crée des problèmes pour le monde entier. C'est une menace pour nous tous, y compris pour les Musulmans qui souhaitent adopter une vie moderne, civilisée.

Pensez-vous qu'ils constituent une menace démographique «pour nous tous»?
La croissance démographique musulmane est surprenante. Mais nous avons toutes les raisons de penser qu'elle est temporaire. L'Europe passa par une phase d'explosion démographique à une étape de son développement, puis sa démographie se stabilisa et elle est actuellement en train de chuter. Un certain nombre de pays musulmans traversent déjà une période de déclin démographique.

Et la population musulmane d'Europe?
C'est une autre histoire. Les femmes européennes ont en moyenne quelque chose comme 1,4 enfant, alors que le seuil de stabilité se situe à 2,1. En d'autres termes, un tiers de la population nécessaire ne vient pas au monde. Ce tiers est remplacé en majeure partie par des immigrants, essentiellement en provenance de pays musulmans, proches, ou avec qui il existe une histoire coloniale ou dont les habitants sont particulièrement désireux de se rendre en Europe pour fuir les troubles de leur propre pays. Les Européens ne maîtrisent pas vraiment ce phénomène. Ils ne prennent pas la peine d'examiner les moyens de s'adapter à leur déficit démographique ou de déterminer quels immigrants ils souhaitent accueillir.

En décembre 2002, un mois après les élections en Turquie, vous assistiez à la Conférence Herzliya, où vous avez été sermonné en raison de votre pessimisme à la vue de la montée en puissance du parti islamiste. Quelle tour prennent les choses en Turquie?
Un tour défavorable, surtout dernièrement. [Le premier ministre turc Recep Tayyip] Erdogan se révèle être un politicien habile, perspicace et prudent, qui favorise la progression des ambitions islamistes. Qu'il s'agisse des affaires étrangères, du système judiciaire, du rôle de l'armée, des relations avec les États à majorité musulmane ou encore de la position de la Turquie sur l'échiquier régional – l'influence islamiste est primordiale.

La grande question relative à la Turquie est de savoir si Erdogan et ses collègues se considèrent comme opposés à la révolution d'Atatürk – comme les cadre du mouvement anti-Atatürk – ou s'ils sont disposés à travailler au sein de la structure léguée par Atatürk.

Je ne peux pas affirmer avec certitude qu'ils sont des révolutionnaires, que leur objectif consiste à bouleverser le système. Mais cela semble plus plausible que le contraire, et de plus en plus à mesure que le temps passe.

Campus Watch est un autre de vos projets. Vous avez été accusé de pratiquer une chasse aux sorcières universitaire, de vous attaquer à la libre circulation des idées dans les hautes écoles.
Campus Watch se concentre sur les études moyen-orientales aux États-Unis et au Canada et sur ce que nous percevons comme l'échec de cette entreprise, comme l'explicite le livre de Martin Kramer Ivory Towers on Sand (Tours d'ivoire bâties sur le sable). Nous critiquons le travail indépendant, l'extrémisme et l'imposition d'opinions politiques aux étudiants. Et en signalant cela à l'attention du public, nous espérons obtenir deux résultats: premièrement, que les spécialistes du Moyen-Orient deviennent plus prudents; et deuxièmement, que les universités assurent davantage de diversité intellectuelle.

Nous avons eu beaucoup de succès avec le premier objectif – nous avons constaté à maintes reprises que les spécialistes sont conscients de la présence de Campus Watch et font preuve de plus de circonspection. Nous n'avons en revanche pas fait le moindre progrès dans le deuxième domaine – les nominations sont encore très déséquilibrées.

Comment avez-vous réussi dans le premier domaine?
En attirant l'attention sur les problèmes des études moyen-orientales. Par exemple, notre travail révéla les excès lamentables des études moyen-orientales à l'université de Columbia et nous avions remarqué Juan Cole, le professeur très en vue actuellement en raison de sa possible nomination à l'université de Yale.

Les études moyen-orientales diffèrent-elles des autres domaines universitaires à cet égard?
Non. Elles sont parfaitement représentatives de nombreuses branches des sciences sociales et humaines, qu'il s'agisse des études latino-américaines, de l'anthropologie ou de la littérature anglo-saxonne. Nous nous penchons sur le Moyen-Orient parce qu'il possède une notoriété que n'ont pas d'autres branches. Prenez un concept tel que le djihad, qui est absolument central pour la compréhension de la guerre contre la terreur – vous entendez ici des historiens de l'Islam, des experts religieux et d'autres encore déclarer presque sans exception que le djihad est un effort individuel d'amélioration morale – devenir plus prévenant, lutter pour les droits des femmes, contre l'apartheid. Ils évitent généralement de dire de quoi il s'agit vraiment, c'est-à-dire de la guerre servant à l'expansion du territoire sous contrôle musulman. C'est un concept très important et vers qui se tourne-t-on pour le comprendre? Pas vers les politiciens, ni vers les médias, mais bien vers les spécialistes. Et ils ont échoué, ils ont trahi leur profession par manque de franchise sur cette signification. C'est de la désinformation, de la dissimulation. C'est cela que nous critiquons.

Dans son discours de janvier 2005, après sa victoire, le président de l'AP Mahmoud Abbas déclara que le temps du «petit djihad était achevé et que le grand djihad [allait] commencer» – la signification de cette déclaration donna lieu à un débat animé en Israël. Certains analystes locaux dirent que le «petit djihad» était la guerre et que le «grand djihad» désignait une élévation spirituelle intérieure. Diriez-vous qu'ils faisaient de la désinformation?
Pas dans ce cas précis. Le terme djihad a une signification secondaire provenant du soufisme et qui, en effet, désigne un effort personnel d'amélioration morale. Mais lorsqu'il est utilisé dans la sphère publique – dans la bouche d'Oussama Ben Laden ou dans les déclarations du Djihad islamique –, il fait en principe référence à la guerre d'extension du territoire musulman.

Voyez-vous se dessiner une situation dans laquelle nous pourrions assister à un revirement, en Israël et en Occident, passant de la gestion des conflits à la poursuite de la victoire sur l'ennemi?
Je ne sais pas. Parfois, je suis optimiste et je pense que les échecs répétitifs dus au renoncement à la victoire vont finir par inciter les gens à comprendre ce phénomène. D'un autre côté, je vois à quel point les politiques peuvent rester mal inspirées, années après année.

Étiez-vous optimiste de cette manière après le 11 septembre? Pensiez-vous que cet événement allait «inciter les gens à comprendre ce phénomène»?
Oui, je l'étais, avec «united we stand» (tous unis) pour slogan de l'époque, avec le sentiment de détermination, la volonté de défaire le régime des talibans. Alors, je ne m'attendais pas du tout à la division 50–50 qui s'est installée entre-temps aux États-Unis, entre ceux qui comprennent que nous sommes en guerre et ceux qui nous voient engagés dans une glorieuse opération policière.

Mais en constatant cette division aujourd'hui, après avoir vu les réactions qui suivirent les attentats à la bombe de Madrid en 2004, ceux de Londres en 2005 et d'autres actions terroristes de grande envergure, je ne suis plus surpris.

Article original à l'adresse suivante: http://fr.danielpipes.org/article/3678

05/11/2006

Entretien avec Ivan Rioufol (II)

Un autre pan de notre société aussi ressent un profond malaise. Il s'agit de l'Éducation Nationale. Nous recevons à Primo un grand nombre de témoignages de professeurs, personnels d'encadrement qui disent que le couvercle de la marmite va sauter. Mais ils refusent de témoigner autrement que de manière anonyme, ne se sentant pas soutenu par leur hiérarchie.

Vous avez raison. L'école est un excellent révélateur de ce qui se passe aujourd'hui. Vous avez encore le discours dominant qui assure, avec Jack Lang en première ligne, que l'École française est parmi les meilleures et qu'il n'y a aucun problème. Il y a même eu un bouquin qui assurait: « le niveau monte! ». C'est dire !

Mais vous avez en même temps de jeunes enseignants, catastrophés par la faillite du système éducatif et l'occultation des faits, qui montent au créneau et demandent sans rougir le retour à l'autorité et aux valeurs, le respect des savoirs, des maîtres, de la hiérarchie, la réforme des IUFM, etc. Ceux-là sont d'ailleurs beaucoup moins politisés que leurs aînés.

D'ailleurs, je trouve que le ministre actuel, même s'il ne fait pas beaucoup de bruit, a lancé en douce des réformes qui auraient été inimaginables il y a un an, avec notamment la fin de la méthode globale d'apprentissage de la lecture dont on savait qu'elle était assassine pour le langage et le raisonnement, et l'apprentissage à partir de 14 ans, qui annonce la fin du collège unique.

Le fait que de jeunes enseignants osent se réclamer d'un retour en arrière, en privilégiant le travail et le mérite, est un autre motif d'espoir.

On a longtemps eu peur de ce terme : le mérite. Or, rien ne peut se faire sans travail. Le savoir ne s'acquiert pas sans peine. Ce concept était souvent assimilé à d'autres comme capitalisme effréné, libéralisme.

La France est une drôle de nation. Nous sommes le seul pays en Europe pour qui « libéralisme » est encore un gros mot. Il n'y a pas un parti politique en France qui ose se réclamer ouvertement du libéralisme, mise à part une petite organisation, Alternative libérale, qui vient de se créer dans une indifférence quasi-générale.

Si vous vous dites libéral, ce qui est mon cas, vous êtes taxé « d'ultra-libéral ». Chirac lui-même a dit récemment que « le libéralisme était aussi dangereux que le communisme ». A partir de là, comment voulez-vous que les jeunes, à qui on explique que le CPE est un premier petit pas vers le libéralisme, le voient d'un bon œil ?

Et comme on leur a généralement appris dès l'école que le patron était l'exploiteur, et que l'entreprise était un asservissement et une aliénation, ils sont naturellement portés à refuser, par méconnaissance et endoctrinement, toute réforme. Ils rêvent tous de devenir fonctionnaires.

Est-ce inexorable ?
Je ne le pense pas. Ces étudiants et lycéens qui manifestaient contre le CPE n'étaient pas forcément représentatifs de l'ensemble d'une génération. De surcroît, je crois ces jeunes, y compris ceux qui manifestaient, parfaitement capables de comprendre l'état du pays et d'entendre des discours qui leurs expliqueraient que le libéralisme n'est pas ce monstre froid décrit partout. Mais qui leur parle ainsi?

Ils vous répondront qu'il y a tout de même des patrons qui n'hésitent pas à exploiter et qu'il faut un minimum de garanties, de sécurité. On ne peut pas nier qu'il y a une exploitation, on l'a vu pour ce problème des stages, par exemple.

Il y a des abus et je ne dis pas que les patrons sont tous des anges, mais je dis que la description qui est faite des patrons et du monde entrepreneurial devrait être à tout le moins équilibrée. Pour l'instant, elle ne l'est pas. Je ne défends pas les patrons particulièrement mais leur diabolisation ne correspond pas à la réalité.

Dans les petites entreprises, lorsqu'un patron décide de former un employé pendant 2 ans, il est faux de penser qu'il va le virer juste avant l'échéance. Cela témoigne d'une méconnaissance totale de l'entreprise. Il y a des salauds et des exploiteurs chez les patrons, d'accord, mais il y a surtout des gens attachés à leur personnel, pour qui l'acte de licenciement est un acte difficile. Alors que l'on a vu les professeurs inciter leurs élèves à aller manifester, il serait plus utile d'ouvrir l'école sur le monde de l'entreprise, me semble-t-il.

Toujours cette paresse, cette peur de la complexité. On a l'impression que plus une pensée est complexe, moins elle a de chance d'être analysée.

C'est tout à fait vrai. On ne sait pas aborder la complexité, qui force souvent à penser contre soi-même. On ne raisonne que par slogans réducteurs, toujours en référence à ces idées pré-mâchées issues d'une idéologie « humaniste » se présentant comme irréfutable.

Or, la réalité est évidemment multiple. C'est aussi bête que ça : la réalité ne se range pas dans des cases, sous des étiquettes. Elle n'est ni de droite, ni de gauche.

Mon sentiment est que cette opposition droite-gauche est dépassée. Je crois qu'à terme, la véritable opposition va être entre ceux qui accepteront de voir la société partir à la dérive et se dissoudre et ceux qui vont vouloir défendre un idéal, un héritage, une culture. L'opposition se fera entre les capitulards et les résistants. Il y a des résistants à droite comme à gauche. Tous sont horrifiés par les mauvais coups qu'encaisse la France.

Vous ne décrivez pas le centre au point de vue politique ?

Par tradition, le centre est toujours flexible et mou. Je ne le trouve pas très courageux, peu porteur d'un projet nouveau. Je cherche ses propositions et ses indignations.

A propos de l'islam, maintenant. A quelques semaines de l'affaire des caricatures, avec ce qu'il faut bien appeler une démission de la classe politique française, quel regard portez vous sur cet épisode ? Je pense par exemple à Raoult et Roubault qui voulaient renforcer la loi sur le blasphème.

Cela est très décourageant. De la même manière qu'il a été décevant de voir l'état capituler devant la rue à propos du CPE, j'ai été navré de voir que Jacques Chirac et de nombreux autres hauts responsables politiques ont apporté leur caution aux plaintes orchestrées des musulmans. Il y avait une liberté d'expression à défendre avant toute chose.

Or, nous avons entendu des discours conciliants appelant à « faire preuve d'esprit de responsabilité » et plaidant même pour l'autocensure.

Au pays de Voltaire, une religion a réussi à imposer le respect au détriment de l'esprit critique. C'est grave. L'Islam est évidemment respectable, mais la liberté d'expression est notre bien sacré. Or, qui a manifesté pour elle?

J'ai été déçu de l'attitude de la France mais aussi des pays européens qui se sont inclinés devant le courroux du monde musulman. Cette affaire a cherché à tester nos résistances. Elle n'augure rien de bon sur nos capacités à faire respecter nos propres valeurs face à un monde qui ne cherche pas particulièrement à se fondre dans la culture occidentale.

A quoi attribuez-vous le silence des intellectuels musulmans ?

C'est, là aussi, une déception. On aurait aimé entendre les intellectuels musulmans modérés, au contact avec notre démocratie depuis des années, défendre la liberté d'expression. Or, ils ont tenu grosso modo, la violence en moins, des indignations semblables à celles entendues dans les pays musulmans.

J'ai attendu une réaction laïque de la part des représentants de cet Islam français dont nous on dit qu'il s'est modernisé. J'ai attendu qu'ils nous disent qu'il était insupportable de voir ces manifestations, ces ambassades brûlées.

Or, il y a eu un lourd silence, mis à part une ou deux exceptions, comme cette admirable députée néerlandaise, Ayaan Hirsi Ali, plusieurs fois menacée de mort par des islamistes radicaux et placée constamment sous protection.

Et Wafa Sultan...

Elle aussi, bien sur. Ce sont les femmes qui ont réagi le plus vigoureusement. Belle leçon !

Le Hamas remporte les élections dans les territoires, les Frères Musulmans en Egypte prennent de plus en plus de poids. Comment voyez vous l'avenir du Moyen Orient ? Etes vous optimiste ?

La réponse est évidemment très difficile. On sent bien que là bas, se déroule la répétition générale de ce qui pourrait nous arriver. C'est en cela que les événements du Moyen-Orient nous sont proches et que l'avenir qui s'y joue nous concerne aussi, en Europe.

En effet, nous assistons à ce qu'il faut bien appeler un choc des cultures, qui n'épargne pas les musulmans eux-mêmes. Ils en sont d'ailleurs les premières victimes. Un choc entre modernité et obscurantisme.

Je suis évidemment inquiet pour la survie d'Israël dans l'avenir. Comment ne pas l'être? Mais en même temps, je veux être là aussi optimiste. Je crois en la sagesse des hommes. Ils n'aspirent qu'à la liberté et à la tranquillité. Je ne peux pas imaginer que les Musulmans qui se font embrigader par le Hamas et le Hezbollah, qui s'étourdissent de discours de haine et de mort, puissent très longtemps se reconnaître là-dedans.

Concernant la multiplication des attentats en Irak par exemple, - qui sont des crimes commis par des musulmans contre des musulmans - j'imagine que cette honte doit ébranler, à la fin, plus d'un islamiste. Mais je suis peut-être trop naïf...

Les musulmans aspirent, comme tout le monde, à plus de démocratie et de liberté. Si la démocratie a tant de peine à s'installer en Irak, ce n'est pas parce que les irakiens n'en veulent pas - ils ont voté trois fois sous les bombes!- c'est parce que le totalitarisme islamiste empêche, par ses attentats, cette démocratie de fonctionner. Je suis persuadé qu'une forme de démocratie peut s'installer dans le monde arabo-musulman.

Je pense que le pari des néo-conservateurs peut encore être gagné à terme. Mais je reconnais bien volontiers que ce que je dis là est actuellement contredit par les faits, et que les Américains ont fait preuve de beaucoup d'incompétences dans la gestion de la guerre d'Irak.

Pourtant, ce que l'on entend dans les médias, et c'est devenue une doxa admise, c'est encore que Sionisme égale racisme et qu'Israël est le principal facteur de désordre. Il suffirait qu'Israël disparaisse pour que la Paix revienne sur le monde.

C'est un raisonnement qui ne résiste pas aux faits. L'islamisme n'existe pas à cause d'Israël. L'islamisme est présent partout dans le monde musulman. En Indonésie par exemple, où la question d'Israël n'est tout de même pas centrale. De surcroît, l'islamiste en tant de doctrine de reconquête est apparu bien avant la création de l'État d'Israël.

J'entends bien que l'existence d'Israël pose un problème aux musulmans, qui voient cet État comme un défi lancé au Coran et à l'inviolabilité de la terre d'islam. Mais supprimez Israël, vous ne supprimerez pas l'islamisme. Bien au contraire.

Vous ne vous sentez pas un peu seul en France à penser cela ?

Bien entendu, je me sens seul, mais en même temps, les gens ne sont pas sots. Ils voient bien cette barbarie islamiste, ces égorgeurs, ces poseurs de bombes, ces kamikazes. Ils l'ont vu spectaculairement le 11 septembre 2001.

Les gens commencent à comprendre que cette lecture littérale d'un coran guerrier qui pousse à tuer les juifs et les chrétiens est un problème qui dépasse les explications habituelles sur le sentiment de frustration et d'injustice des terroristes.

Je sais bien que cette prise de conscience est lente, mais elle arrive.

J'ai été surpris de voir la façon dont Sharon a été jugé en France. Il était taxé de lepéniste, de fasciste en 2003, 2004, tandis que le « palestinisme » était louangé. Mais tout le monde peut mesurer combien le discours a évolué après le désengagement de Gaza, puis la victoire du Hamas. Les gens, me semble-t-il, ont commencé à se rendre compte que le portrait de Sharon, brute épaisse, ne correspondait pas à la réalité. Et que le fascisme pouvait ressembler, comme deux gouttes d'eau, à l'islamisme.

Tout individu de bonne foi ne peut qu'être conscient de la difficulté qu'il y a pour Israël à obtenir une paix avec des dirigeants qui ne veulent pas en entendre parler et qui ne souhaitent, pour les plus fanatiques, que la disparition de l'État ennemi.

Je veux faire confiance à l'intelligence de mes contemporains. Je crois qu'ils se rendent compte qu'Israël est en première ligne et qu'il est en train de vivre ce qui pourrait bien nous advenir. D'ailleurs, les premières Intifadas des banlieues, en novembre dernier, nous ont donné un avant-goût de ce qui nous attend.

Certes. Rappelez vous que ceux qui tenaient un tel discours se voyaient répliquer immédiatement, « pas d'amalgame, pas de stigmatisation d'une communauté ».

Cela fait partie là encore de ce déni de la réalité qui est coutumier en France. On dénie tout. Il n'y pas un événement, visible comme le nez au milieu de la figure, dont la réalité ne soit contestée.

Il a été interdit à Finkielkraut de dire que la révolte des cités était aussi, d'évidence, ethnico-religieuse. Il est interdit de dire que l'islamisme est une menace pour la démocratie, que l'immigration de masse est une menace pour la culture d'accueil, etc.

Dés qu'il y a un problème, vous voyez se lever la cohorte des bien pensants qui clament que ce que l'on voit n'est pas ce que l'on voit. Je pense néanmoins qu'on en sortira par le bon sens. Il ne faut pas désespérer de la puissance de la Raison.

Je ne pensais pas prendre des leçons d'optimisme avec Ivan Rioufol aujourd'hui (rires)

Peut-être suis-je trop optimiste. En réalité, je suis partagé. Parfois, je pense que tout est foutu. Parfois, je pense qu'il reste de la place pour un sursaut. Son potentiel existe, mais il faut qu'il s'exprime vite. Il faut sortir maintenant de cette situation.

Je crois que nous sommes en train de vivre un temps capital. C'est aujourd'hui qu'il faut retrouver l'héritage des Lumières, de la Raison, de la tolérance et de la liberté. Si on ne le fait pas maintenant, on repartira en arrière et ce sera trop tard.

Il est urgent de désigner quels sont les dangers qui nous menacent, de faire l'inventaire de nos failles et nos faiblesses. Je pense d'ailleurs que la gauche n'est pas dans son rôle, quand elle participe à la consolidation des vieux héritages dogmatiques qui freinent la libération de la pensée.

La gauche à un rôle à jouer dans cette libération frémissante, dans cette révolution qui reste à mener. Il lui revient, en effet, d'équilibrer un certain nombre d'idées lancées.

Par exemple, la réhabilitation de la nation doit éviter de tomber dans le nationalisme. L'autorité est importante mais doit éviter l'autoritarisme. L'identité est respectable, mais la xénophobie est dangereuse, etc.

Sur cette ligne de crête, des dérapages sont possibles si la droite se trouve seule à manier ces concepts. N'oublions pas que l'extrême droite est à l'affût.

Les premiers apports de la gauche ont d'ailleurs tous été enrichissants. Des Bruckner, Taguieff, Finkielkraut, etc, ont fait beaucoup ces derniers temps pour lever des tabous sur la nation et son identité et, plus généralement, pour sortir du conformisme intellectuel. Si je ne crois plus, à terme, à l'intérêt d'une opposition droite-gauche, c'est parce que je constate, à travers ces personnalités, qu'il est possible de tenir des discours semblables sur des thèmes fédérateurs défendant la survie de notre civilisation.

Vous parlez de survie. Il n'est même plus question d'aller de l'avant, il n'est plus question de progrès.

Effectivement, ces questions me semblent dépassées. Il s'agit aujourd'hui de prendre conscience, ou non, des faiblesses qui menacent, à échéance de quelques générations seulement, la survie de notre culture, de notre civilisation. Il n'est pas déshonorant de se préoccuper de ce qui est le plus cher pour beaucoup d'entre nous.

Ivan Rioufol, je vous remercie.

Pierre Lefebvre © Primo Europe, 8 mai 2006.

04/11/2006

'Ik spreek de taal van gewone mensen'

Minister Rita Verdonk (50), definitief kandidaat-lijsttrekker voor de VVD, onthult haar ambities. 'Mensen moeten weer blij worden als ze naar hun loonstrookje kijken'

'Voor alle duidelijkheid: ik doe het,' zegt Rita Verdonk (50). Het is zondagmorgen. 'Ik heb er met familie, vrienden en partijgenoten over gesproken. Ik zeg nu luid en duidelijk: Ja, let's go.'

De aankondiging vorige week dat zij overwoog zich kandidaat te stellen, had in de VVD het effect van iemand die pardoes het licht ontstak in een kippenhok.

ELSEVIER Heeft u genoten van het verrassingseffect?

Rita Verdonk: 'Het is altijd leuk om mensen te verrassen. Het was inderdaad een donderslag bij heldere hemel voor veel mensen in de top van de partij. Da's leuk. Het leven zit vol verrassingen!'

ELSEVIER Mark Rutte heeft zich in nauw overleg met mensen uit de top van de partij kandidaat gesteld. Bent u uitdrukkelijk niet de kandidaat van het VVD-establishment?

Verdonk: 'Ik ben over de streep getrokken door gewone partijleden. Niet door de inner circle. Mensen begonnen zo sterk een beroep op me te doen dat ik er verlegen van werd. Dan gaat de energie borrelen. Er zijn twee beslissende momenten geweest. Het eerste was een bijeenkomst van vijftien mensen die tot mijn goede vrienden...

Het complete artikel Door Eric Vrijsen.

04/05/2006

Why Africa must be stabilized

After five years of a conflict (1998-2003) that claimed over 3 million lives, general and presidential elections will be held in the Democratic Republic of Congo (DRC) on 18 June. This is a real challenge for this bankrupt country where 17,000 blue helmets are trying to maintain order. On his return from the former Zaire, France's Jean-Marie Guehenno, UN assistant secretary-general for external operations, spoke about this largest of his 18 peacekeeping missions.

They have been waiting for an election for 41 years, and this is the very moving thing in the Congo now. It will also be the largest election ever to have taken place in a country emerging from a conflict. This is a huge logistical challenge, since the Congo is as large as Western Europe, and 26 million voters have been recorded there. This is a country without infrastructure, without roads and without drinking water, and where the administration no longer exists. Of course, with 17,000 blue helmets deployed there, it is the United Nations' largest peacekeeping operation, but with the lowest ratio of men per square kilometre.


[Delafon] Is this why they are being joined by a European force?


[Guehenno] The Congolese want this force; it will be a kind of assurance policy force for them during the elections. It will comprise mainly special forces in order to be very responsive and to be able to respond quickly in the event of a problem. It will comprise 1,200-1,500 men, mainly French and German, other European countries having not yet officially decided. The first of them will be deployed in June. The force will be under European command but will act in liaison with MONUC (UN Mission in the DRC) staff.


[Delafon] Why are the Europeans reluctant to deploy directly under UN command?


[Guehenno] We are still suffering as a result of the crises of the 1990s. Because of the notorious tragedies that occurred - Bosnia, Somalia, Rwanda. The countries that were very much involved with the United Nations at that time are standing somewhat aloof, convinced that our rules of engagement still paralyse us. This perception is 10 years out of date. I have seen our attack helicopter crews (Indians) in the Congo, and I can tell you that their rules of engagement are in no way inferior to those of a very robust force engaged in a multinational operation.

[Delafon] What do UN deployments represent now?


[Guehenno] There is no other structure that deploys so many troops around the world, apart from the United States. At present there are more units deployed by the UN than by NATO and the EU combined. Over 70,000 troops and just over 15,000 civilians. But they depend on a budget of less than 5bn dollars. That is not much, just 0.5 per cent of world military expenditure, which is almost 1,000bn dollars, and despite the fact that we have an influence on the fate of some 200 million people around the world.


[Delafon] The question is whether it is possible to intervene everywhere.


[Guehenno] This is a real topic of geopolitical study for the international community: How to stabilize these countries in crisis. It is a humanitarian challenge. In the [DR]Congo, millions of people have died partly because the state has collapsed and the lack of health care has caused an explosion in infant mortality. But it is also a strategic challenge because, if areas are allowed to exist where the law does not apply, then it will result in massive problems of emigration to Europe, which cannot become a fortress. Hence is the need to stabilize Africa.


This is why I hope that we will have more and more Europeans in blue helmets. We cannot live closed in on ourselves. So it is important for the Europeans to join the rest of the world. They have everything to gain from it.

by Gilles Delafon

04/03/2006

Pipes considère la guerre d'Irak comme un succès

par Bill Steigerwald Pittsburgh Tribune-Review
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

Pas étonnant que Daniel Pipes, expert du Moyen-Orient, se soit fait tant d'amis et d'ennemis politiques: ce chroniqueur conservateur, analyste de contre-terrorisme et auteur ou coauteur de 18 livres est aussi un ardent défenseur d'Israël et un critique acerbe de l'Islam radical.

Loué comme un «commentateur faisant autorité sur le Moyen-Orient» par ses alliés du Wall Street Journal, il est aussi qualifié d'«extrémiste anti-islamiste» par certains groupes arabo-américains. Il est également le fondateur du Forum du Moyen-Orient (www.meforum.org), lequel, entre autres, exploite un site Web nommé Campus Watch qui examine comment les études moyen-orientales sont enseignées dans les universités américaines.

Daniel Pipes sera l'un principaux orateurs, jeudi prochain, à la conférence de Grove City College intitulée «Mr. Jefferson Goes to the Middle East» qui réunira de très grands noms, les 5 et 6 avril, autour du thème de la promotion de la démocratie dans le monde arabe. Je me suis entretenu avec Daniel Pipe par téléphone depuis Sydney, en Australie.

Q: Étiez-vous en faveur de l'action militaire américaine en Irak et que pensez-vos de sa progression, ou de sa régression?

R: J'étais en sa faveur. Je continue d'approuver la campagne visant à éliminer le règne de Saddam Hussein et tous les dangers qu'il représentait pour les Irakiens, pour la région et pour nous. Depuis avril 2003, cependant, je plaide pour que le gouvernement américain et ses alliés poursuivent des ambitions plus modestes que ce n'est le cas actuellement. Pour que nous traitions les Irakiens comme des adultes; que nous comprenions que c'est eux, et non pas nous, qui doivent tenir les rênes de leur propre avenir, de leur propre destinée; que notre rôle en la matière est tout au plus consultatif et que nous devons être patients. Des ambitions plus modestes, donc, et davantage de temps.

Q: Cela signifie-t-il un changement notable de politique par rapport à ce que nous faisons actuellement? Devrions-nous annoncer des retraits?

R: Je ne souhaite pas parler en termes d'effectif, mais de placement et de rôle des troupes. Voilà trois ans maintenant que je critique l'affectation des troupes américaines - dans la médiation entre les tribus, l'aide à la construction de réseaux d'électricité, de supervision de construction d'écoles: tout cela me paraît constituer une utilisation inappropriée de nos forces, de notre argent. Les Irakiens devraient se charger de cela. Et nous devrions garder les troupes dans le désert, à surveiller les frontières internationales, à assurer qu'aucunes atrocités ne sont commises, que le pétrole et le gaz circulent. Et sinon laisser l'Irak aux Irakiens.

Q: Comment vous définissez-vous sur le plan politique?

R: Conservateur.

Q: N'êtes-vous pas l'un de ces néoconservateurs qui auraient convaincu Bush de partir en guerre au Moyen-Orient?

R: J'ai été qualifié de néoconservateur. Je ne sais pas en quoi exactement un néoconservateur diffère d'un conservateur.

Q: D'une manière générale, approuvez-vous la politique du président Bush au Moyen-Orient - ses objectifs, ses méthodes?

R: J'approuve les objectifs beaucoup plus que les méthodes. Je viens de donner l'exemple de l'Irak, où je pense que l'objectif qui consiste à débarrasser le pays de Saddam Hussein et tenter de promouvoir un Irak libre et prospère est tout à fait valable. Je critique la mise en œuvre. Il en est de même de la démocratie. Je pense que la démocratie est un excellent objectif pour la région. Je critique sa mise en œuvre - je pense que tout cela est trop rapide, trop américain, trop terminez-ça-pour-hier.

Q: Y a-t-il quelque chose de déterminant que l'administration Bush puisse faire pour faciliter les choses?

R: Nous avons fait une bonne chose en éliminant les talibans et en faisant chuter Saddam Hussein. Et c'est là l'ampleur de notre rôle, débarrasser le monde des régimes totalitaires malsains.

Permettez-moi d'ajouter que je considère en fait ces questions comme secondaires. Nous sommes engagés dans une guerre, une guerre profonde et longue, dans laquelle l'Afghanistan et l'Irak ne sont que des théâtres secondaires. Le véritable problème est la guerre que l'Islam radical, soit un phénomène d'envergure mondiale, a déclaré contre nous et qui dure déjà depuis de nombreuses années, et qui n'en est encore qu'à ses débuts. Voilà la vraie question centrale, majeure.

Q: J'ai parlé récemment avec Peter Galbraith et Ivan Eland, deux experts de politique étrangère qui soutiennent l'idée d'une partition en trois régions pour prévenir ou résoudre une guerre civile en Irak. Qu'en pensez-vous?

R: Et bien, les voisins sont unanimement contre cette solution, et les Irakiens la craignent, de sorte que je ne crois pas qu'elle ait des chances sérieuses.

Q: Quelle devrait être la politique des États-Unis au Moyen-Orient?

R: J'approuve la vision qu'a le président d'un Moyen-Orient qui ne serait plus, comme aujourd'hui, sous le joug de tyrans ou de despotes - d'autorités non élues dans le meilleur des cas. Mais c'est un projet de longue haleine, qui prendra des décennies, pas des mois, et qui doit être abordé dans cet esprit.

Deuxièmement, en allant trop vite, comme nous le faisons actuellement, nous favorisons l'arrivée au pouvoir de nos plus ardents ennemis, comme nous l'avons constaté de la manière la plus spectaculaire dans les territoires palestiniens, ou une organisation terroriste (le Hamas) remporta une majorité des voix palestiniennes. On peut aussi voir ce phénomène à l'œuvre en Afghanistan, en Irak, au Liban, en Libye, en Égypte, en Algérie.

Nous devons être très prudents et ne pas forcer la mise en route d'un processus avant que la population concernée ne soit vraiment prête à s'en servir - avant qu'elle n'ait dépassé ce que j'appelle la «tentation totalitaire», de sorte que s'y installe une vision du monde plus équilibrée, plus modérée, que celle qui y prévaut actuellement.

Q: Ils ont un grand retard à rattraper?

R: Pour prendre une analogie imparfaite: l'Allemagne traversa une période très malsaine entre 1933 et 1945. La situation du monde musulman n'est pas aussi mauvaise, mais elle est comparable. Ce monde traverse une période particulièrement malsaine. (...) Notre objectif est d'aider le monde musulman à dépasser cette guerre par des programmes éducatifs et autres. Au fond, nous sommes en guerre contre une forte minorité du monde musulman et nous sommes en guerre contre elle parce qu'elle a nous a déclaré la guerre et que nous devons répliquer.

Q: Quelle est la principale leçon que vous avez tirée de la guerre d'Irak?

R: L'ingratitude des Irakiens pour le service extraordinaire que nous leur avons rendu en les libérant de la tyrannie de Saddam Hussein. Ils ont très vite interprété cela comme le résultat de leur propre action, où nous aurions joué un rôle accessoire. Ils nous ont plus ou moins effacés du tableau.

Q: Quand saurons-nous si l'occupation ou l'invasion de l'Irak a été un succès ou un échec?

R: Oh, c'était bel et bien un succès. Nous avons éliminé Saddam Hussein. Le reste est décoration.

Article original à l'adresse suivante: http://fr.danielpipes.org/article/3493

Pipes calls war a success

by Bill Steigerwald Pittsburgh Tribune-Review

It's no surprise Middle East scholar Daniel Pipes has made so many political friends and enemies. A conservative columnist, counter-terrorism analyst and author or co-author of 18 books, he's a staunch supporter of Israel and a harsh critic of radical Islam.

Praised as an "authoritative commentator on the Middle East" by his allies at the Wall Street Journal, he's been branded "an anti-Islamist extremist" by some Arab-American groups. He's also the founder of the Middle East Forum (www.meforum.org), which, among other things, has a Web site called Campus Watch that monitors how Middle East studies are taught at U.S. colleges.

Pipes will be a keynote speaker Thursday night at Grove City College's star-studded conference on the prospects of spreading democracy in the Arab world, "Mr. Jefferson Goes to the Middle East," April 5-6 (Info: 724-458-3302). I talked to Pipes by phone Tuesday from Sydney, Australia.

Q: Were you in favor of going to war in Iraq, and how do you think it's progressing or regressing?

A: I was in favor. I continue to be in favor of the campaign to eliminate the rule of Saddam Hussein, with all the dangers to the Iraqis, to the region and to ourselves. From April 2003 on, I have argued that the U.S. government and its allies should have lower expectations than actually is the case. That we should treat the Iraqis like adults; that we should understand that they are going to run their own future, their own destiny, not us; that our role there is at best advisory, and that we should be patient. So lower expectations and a longer time horizon.

Q: Does that mean a significant change in what we are doing now, in terms of policy. Should we announce withdrawals?

A: The number of troops is not my issue. It's the placement and role of the troops. For three years now I have been protesting the use of American troops to mediate between tribes, help rebuild electricity grids, oversee school construction, which seems to me to be a wrong use of our forces, of our money. The Iraqis should be in charge of that. We should keep the troops there, in the desert, looking after the international boundaries, making sure there are no atrocities, making sure oil and gas goes out, otherwise leaving Iraq to the Iraqis.

Q: How do you define your politics?

A: Conservative.

Q: You're not one of those neocons who allegedly talked President Bush into going to war in the Middle East?

A: I have been called a neoconservative. I don't exactly know how a neoconservative differs from a conservative.

Q: Do you generally agree with President Bush's Middle East policy -- its goals and its methods?

A: I agree with the goals much more than the methods. I just gave an example of Iraq, where I believe the goal of getting rid of Saddam Hussein and trying to have a free and prosperous Iraq are worthy goals. I criticize the implementation. The same goes with democracy. I think democracy is a great goal for the region. I criticize the implementation; I think it's too fast, too American, too get-it-done yesterday.

Q: Is there anything major that the Bush administration should do now to make things go smoother?

A: We did something good in getting rid of the Taliban and getting rid of Saddam Hussein. That is really the extent of our role, to get rid of the hideous totalitarian regimes.

Let me add that I see these issues as basically sidelines. We are engaged in a war, a profound war and long-term war, in which Afghanistan and Iraq are sideshows. The real issue is the war that radical Islam, a global phenomenon, has declared on us and that has already been underway for many years, and we're still at the beginning of it. That's the really major issue.

Q: Recently I talked to Peter Galbraith and Ivan Eland, foreign policy experts who both favor a three-part partition of Iraq as a way to forestall or make a civil war in Iraq go away. Any thoughts on that?

A: Well, the neighborhood is unanimously against it and Iraqis are fearful of it, so I don't think there is much of a chance.

Q: What should U.S. policy be in the Middle East?

A: Well, I endorse the president's vision of a Middle East that is no longer under the control of tyrants, as it is today, or despots -- unelected officials, at best. But it is a long-term project that's going to take decades, not months, and has to be approached with that in mind.

Secondly, if we go too fast, as is the case, we bring our most fervent enemies to power, as we've seen most dramatically in the Palestinian territories, where a terrorist organization (Hamas) won a majority of Palestinian support. One can see that also in Afghanistan, Iraq, Lebanon, Libya, Egypt, Algeria.

We have to be very cautious about pushing a process before the people of the area are really quite ready for it -- until they've gone beyond what I call the "totalitarian temptation," so that they have a more balanced, moderate view of the world than they do at this time.

Q: Do they have a lot of catching up to do?

A: To give an imperfect analogy: Germany went through a hideous period between 1933 and 1945. The condition of the Muslim world is not that bad but it's comparable. It's going through a particularly bad time. ... Our goal is to help the Muslim world move beyond this war through educational programs and other means. Fundamentally, we're at war with a substantial minority of the Muslim world and we are at war with them because they have declared war on us and we have to answer that.

Q: What is the biggest lesson you have learned from the Iraq war?

A: The ingratitude of the Iraqis for the extraordinary favor we gave them -- to release them from the bondage of Saddam Hussein's tyranny. They have rapidly interpreted it as something they did and that we were incidental to it. They've more or less written us out of the picture.

Q: How will we know when the occupation or the invasion of Iraq was a success or a failure?

A: Oh, it was a success. We got rid of Saddam Hussein. Beyond that is icing.

Original article available at: www.danielpipes.org/article/3490

03/16/2006

Anne-M Delcambre : « Il n'y a pas d'islam modéré

Quel est le plus grand non-dit ou le plus grand mensonge qui circule autour de l'islam aujourd'hui ?
Dire que l'islam est paix et tolérance.Qu'aimeriez-vous dire à Nicolas Sarkozy qui souhaite mettre sur pied « un islam de France » ?

Il n'y a pas l'islam de France. Il y a l'islam tout court.

Lors d'un entretien radiophonique vous avez déclaré : « l'islam est un plagiat du judaïsme ». Pouvez-vous expliquer ce propos ?

Je veux dire qu'il y a une étrange proximité entre les deux religions au point qu'un rabbin (Haï Bar-Zeev) s'est demandé si, à la Mecque, Mahomet n'avait pas voulu prêcher aux Arabes la loi de Moïse.

D'après vous, pourquoi est-il si difficile dans notre pays, et plus généralement en Europe, d'avoir un débat sans faux-semblants autour de l'islam ?

Parce qu'il est interdit de critiquer le Coran et le prophète de l'islam.

Que vous inspire l'accusation d'islamophobie ?

R.I.D.I.C.U.L.E.

Quels sont les points développés dans le Coran qui sont incompatibles avec la modernité démocratique ?

Le Coran est contre l'égalité entre l'homme et la femme, contre l'égalité entre le musulman et le non-musulman. Il est contre la liberté de choisir sa religion, contre la liberté de sortir de l'islam. Il est contre la fraternité entre le musulman et le non-musulman.

L'islam modéré : une vue de l'esprit ou une réalité possible ?

Il n'y a pas d'islam modéré. Il y a seulement des musulmans modérés.

Vous avez refusé de discuter avec Malek Chebel. Pourquoi cette décision ?

Il nie (volontairement ?) les évidences. Il fait de la désinformation en présentant un « islam des lumières » qui n'est pas l'islam pratiqué par l'ensemble des musulmans.

Sur qui doit-on s'appuyer pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons ?

Sur ceux qui n'acceptent pas de faire de la démagogie à propos de l'islam.

Comment jugez-vous l'attitude de nos compatriotes dans ce domaine ?

D'une grande lâcheté.

Pour vous exprimer, vous devez passer par la télévision belge ou les ondes du Québec. Comme en 1940, la Résistance doit-elle s'organiser de l'étranger ?

En France on risque d'être attaqué pour incitation à la haine, racisme, xénophobie et payer des amendes exorbitantes.

Avec quelles attitudes doivent absolument rompre les politiques français ?

Ils doivent cesser de se coucher à plat ventre devant les musulmans. En le faisant, ils se soumettent et la soumission pour l'islam c'est la conversion.

Vous enseignez à Louis-le-Grand, comment vos élèves perçoivent-ils vos positions ?

Je suis perçue comme laïque et agnostique et pour une européenne, c'est normal.

Avez-vous suivi l'affaire Louis Chagnon ? Si oui, qu'en avez-vous pensé ?

Sans me vanter j'ai aidé Chagnon à sortir du pétrin, en allant le défendre devant le recteur de Versailles.

Entretien réalisé par Maurice Gendre

http://www.surlering.com/article.php/id/5031

(1) Auteur de Mahomet, La parole d'Allah, Gallimard, Paris 1987 ; L'islam, La Découverte, Paris 1990, 2001 ; Mahomet, Desclée de Brouwer, Paris 1999, 2003 ; L'islam des interdits, Desclée de Brouwer, Paris 2003. Dernier ouvrage paru : La schizophrénie de l'islam.

03/14/2006

"L'Occident est aveugle

"L'Occident est aveugle sur les effets de la mondialisation de l'économie et des moeurs"
LE MONDE |


Vous qui aviez décrit, dans les années 1980, la venue d'un monde "désenchanté", n'êtes-vous pas surpris par le retour brutal de la religion sur la scène politique internationale ?


Non. J'avais été étonné, comme tout le monde, par la révolution islamique en Iran, mais depuis, j'ai toujours pensé que nous n'étions pas au bout de nos surprises avec ce double mouvement paradoxal de la "sortie" de la religion, qui s'accélère en Occident - le cas des Etats-Unis étant atypique - et de la réactivation des identités religieuses dans le reste du monde, spécialement le monde islamique. J'insiste : ce n'est pas à un "retour" de la religion en bonne et due forme que nous assistons, mais à une reviviscence des identités à caractère religieux.

Le problème des Européens est qu'ils ne parviennent plus à comprendre ce que la religion veut dire dans des sociétés où elle garde une force très structurante. Ils ont oublié leur propre passé. Pour eux, la religion est devenue un système de croyances individuelles et privées. Or le reste du monde ne fonctionne pas ainsi. Il n'est pas épargné par la "sortie" de la religion, qui s'accélère, au contraire, avec la mondialisation. Mais cette "sortie" d'une organisation religieuse du monde, détruite par l'urbanisation, l'économisme de type occidental, le raisonnement libéral, l'efficacité technique et la consommation, cohabite avec l'aspiration à retrouver la religion traditionnelle.

On aboutit ainsi à une réactivation qui s'explique également par l'échec des formes antérieures de modernisation ...


En effet. L'occidentalisation à marche forcée, le développement, le nationalisme arabe, le panarabisme, le socialisme, tout cela a échoué. Que reste-t-il ? L'identité religieuse, la conscience collective ordonnée autour de l'acquis d'une tradition. Poussez ce mouvement de ressaisie jusqu'au bout, et vous avez le fondamentalisme, où il ne s'agit plus seulement de retrouver la religiosité coutumière, mais la vérité des origines détournée par la corruption du présent.

L'affaire-prétexte des caricatures de Mahomet a montré l'immense ressentiment de populations qui se sentent méprisées, laissées pour compte de l'histoire, en situation d'échec perpétuel par rapport à un Occident qui ne mesure pas combien la pénétration de ses façons de faire et de penser est destructrice pour les rapports sociaux en place, notamment dans cet islam qui, autant qu'une foi, est une règle de vie. L'Occident est aveugle sur les effets de cette mondialisation de l'économie et des moeurs, en termes de désagrégation de la famille traditionnelle, de changement violent dans le rapport entre hommes et femmes, entre générations. C'est d'un soulèvement existentiel qu'il s'agit.


Comment expliquez-vous cet "aveuglement" des Occidentaux ?

De la première guerre mondiale à la fin de la décolonisation, les Européens ont connu un moment de crise de leur bonne conscience de dominateurs. Ils ont essayé de comprendre ces autres cultures et civilisations qu'ils avaient si longtemps piétinées. Aujourd'hui, c'en est fini de cette remise en question. Ils sont globalement réconciliés avec leur histoire. Ils n'ont plus de prétention impériale, ils sont partisans de la coexistence pacifique des cultures, ils célèbrent la différence, mais ils ne s'intéressent pas beaucoup à ce qui n'est pas eux.

L'échec du projet de révolution socialiste et l'écroulement du bloc soviétique ont, en outre, imposé l'idée que la démocratie est un système indépassable et que le capitalisme de marché a fait ses preuves. Ce consensus sur le fonctionnement de nos sociétés ne pousse pas à la relativité du regard vis-à-vis du reste du monde. Il n'y a qu'une manière d'être moderne... Que ceux qui n'ont pas encore la chance de posséder la démocratie, la liberté d'expression, le marché, les droits de l'homme y passent d'urgence !


Pourquoi le ressentiment est-il plus vif qu'ailleurs en terre d'islam ?


Parce que la proximité fonctionne comme un facteur aggravant. C'est le troisième monothéisme, une religion qui se pense dans la suite du judaïsme et du christianisme et qui se veut comme le sceau de la Prophétie, la révélation ultime et définitive. Or aujourd'hui les fidèles du Prophète se trouvent, inexplicablement, dans une situation de vaincus, de dominés, et à plus d'un titre. Ils ont subi la colonisation. Le conflit israélo-palestinien est vécu comme le symbole de la perpétuation de cette humiliation coloniale. Par surcroît, ce développement à l'occidentale qu'ils subissent comme une agression ne marche pas.

C'est la différence avec des pays comme la Chine ou l'Inde. Le ressentiment nationaliste n'y est sûrement pas moindre, mais ces pays peuvent compter sur une cohésion collective et des structures politiques qui permettent de s'approprier avec succès, comme le Japon l'avait fait auparavant, la technique occidentale et le mode de raisonnement économique qui va avec. Il leur est possible de nourrir l'ambition de battre les Occidentaux sur leur propre terrain, tout en maîtrisant le processus et en restant eux-mêmes.

On ne trouve rien de pareil dans le monde arabo-musulman. Les Etats y sont à la fois faibles et tyranniques. Les outils de modernisation manquent. Dans ces conditions, on subit les dégâts d'une occidentalisation rampante sans en recueillir les bénéfices. L'impression de dépossession en est démultipliée. Comment ne pas voir l'incertitude profonde sur la solidité de sa religion qui anime la prétention de la mettre à l'abri de toute discussion ?


La liberté d'expression, dont l'Occident fait un absolu, doit-elle être limitée pour des motifs religieux ?

Non, ce serait hypocrite et inutile. L'Occident resterait ce qu'il est, nonobstant les limites qu'il ferait semblant de s'imposer. On ne peut pas plus demander aux musulmans de renoncer à ce qu'ils sont que demander aux Occidentaux de renoncer à leur bien le plus symbolique et le plus précieux : la liberté de pensée et d'expression.

Encadrer la liberté d'expression, légitimer des exceptions pour des motifs religieux serait une mauvaise réponse à une bonne question. Les gouvernements occidentaux ont d'abord à témoigner, par des actes tangibles, de leur capacité de prendre en compte la situation d'un monde islamique vis-à-vis duquel, il faut bien le dire, notre attitude se réduit à une indifférence globale, mâtinée de peurs ponctuelles. Précisément parce que nous sommes la civilisation de l'autocritique, nous avons à montrer que, si nous sommes ce que nous sommes, nous sommes aussi disposés à nous mettre à la place des autres. C'est une question de responsabilité politique à l'échelle de la conscience collective. Entre autres initiatives, une institutionnalisation européenne, conséquente et ouverte, de la connaissance de l'islam aurait valeur de signe exemplaire : nous sommes la terre de la connaissance critique - inutile de nous cacher derrière notre petit doigt -, mais dans ce cadre nous sommes prêts à faire droit à ce qui n'est pas nous.


N'êtes-vous pas frappé par la montée de la dérision qui vise toutes les religions ?

Oui. Il y a une nouveauté dans la dérision telle qu'elle est pratiquée depuis, disons, deux ou trois décennies en Europe. Elle illustre l'accélération de la "sortie" de la religion dont nous avons parlé. Nous sommes passés au-delà de la critique antireligieuse telle que nous l'avons connue autrefois. Celle-ci exprimait l'hostilité de principe à un système que l'on combat comme contraire à l'esprit de la liberté. L'opposition pouvait être très violente, mais elle supposait une sorte d'accord : vous, vous croyez à l'autorité de la révélation, nous, nous croyons à l'autonomie de la raison. Le dissensus était inexpiable, mais il y avait consensus implicite sur l'enjeu de l'affrontement - y compris dans le recours au ridicule qui tue.

Avec la dérision, on sort de cet accord implicite. Ce qui est récusé, c'est le terrain même où se situe la croyance. C'est ce qui la rend plus blessante pour une conscience religieuse que l'anticléricalisme ou l'athéisme traditionnels, qui pouvaient heurter, mais qui avaient une forte raison d'être. Avec la dérision, la conscience religieuse est malmenée dans ce qu'elle a de plus profond : le sentiment d'une certaine gravité de l'existence, le sens des interrogations ultimes devant la mort, l'au-delà, le salut. Ils sont bafoués par une superficialité satisfaite.


Le monde politique n'y échappe pas...


Non, bien sûr. Rien de ce qui est tenu pour sérieux n'est épargné. La dérision est devenue une sorte de critère de l'hyper-modernité. Sans doute faut-il y voir un réflexe d'enfant gâté pour sociétés de très haute prospérité. Elle est un épiphénomène idéologique poussant à la limite la foi libérale de nos sociétés : tout roule tout seul, alors pourquoi se poser des questions dramatiques ? La gravité n'est plus de saison... Il va de soi que plus on est engagé dans sa foi ou dans son action politique, plus ce refus du sérieux vous heurte de front. Alors que dire de la réaction dans des sociétés où la difficulté de l'existence conserve tout son poids...


La consigne du respect des croyances est-elle suffisante ?


Elle est à côté du sujet. Je crois même que l'expression est dangereuse. Elle confond deux choses. Ce que nous avons à respecter, ce sont les croyants. Mais autre chose est le droit intangible à l'irrespect pour les croyances, c'est-à-dire le droit de les soumettre à l'examen critique, comme tout système de pensée. Rien ne peut être soustrait à cet acide de la discussion publique. C'est la règle de notre monde. Vouloir lui assigner des limites est absurde. C'est se renier sans avoir la moindre chance d'aboutir.
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Marcel Gauchet est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et rédacteur en chef de la revue "Le Débat". Il a notamment écrit "Le Désenchantement du monde : une histoire politique de la religion". (Gallimard, 1985, réédité en "Folio" en 2005)

Propos recueillis par Henri Tincq

03/10/2006

Les jeunes consomment l'islam comme de la drogue

Propos recueillis par Cécilia Gabizon
Radicalisme L'ancienne éducatrice du ministère de la Justice analyse l'islam radical chez les jeunes.

LE FIGARO. - Ce radicalisme est-il un phénomène nouveau ?

Dounia BOUZAR. - Face à ces jeunes, chaque jour plus nombreux, emportés par le radicalisme, travailleurs sociaux et professeurs ne savaient pas comment réagir. Beaucoup se sentaient impuissants, car ils considèrent que la pratique de l'islam mène au radicalisme. Et qu'il faut cesser d'être musulman pour en sortir ! Certains ont tenté de contrer ces dérives par des arguments religieux, en opposant un «islam modéré». Sans succès, puisque dans le fond la religion n'est qu'un prétexte pour ces jeunes en très grande difficulté, un écran de fumée pour s'arroger du pouvoir, pour refuser de se soumettre à la loi.

Leur démarche n'est-elle pas religieuse ?

Normalement, les pratiquants se soumettent à l'autorité des religions et des religieux. Ces jeunes radicalisés s'approprient l'autorité de la religion pour se mettre à la place de Dieu, au-dessus de tous les hommes. Ils récusent imams ou aumôniers qui les contrarient. Former des imams républicains, comme le souhaite le gouvernement, n'endiguera pas le radicalisme. Car le phénomène est d'une autre nature.

S'agit-il d'un mouvement de contestation ?

Pendant des années, les sociologues ont expliqué le radicalisme par la perte d'espoir social. Or les terroristes de Londres étaient parfois ingénieurs et bien insérés. En réalité, les jeunes radicalisés n'ont pas de projet, mais ils cherchent la toute puissance, la supériorité et l'extase. Ils se servent de la surenchère religieuse pour souder leur groupe, pour s'imposer aux autres. Leur idée de la religion est tellement absolue, inaccessible que la seule façon de l'atteindre est de ressembler au gourou. Ils fonctionnent exactement comme une secte.

Quels sont les facteurs qui conduisent au radicalisme ?

Tous ces jeunes ont en point commun de se sentir de nulle part. Ni marseillais, ni arabe, ni kabyle, ni parisien, ni roubaisien. Ce qu'ils vivaient comme une errance est soudain valorisé par le discours d'un Ben Laden. Ils ne sont plus des êtres sans racines, mais des soldats de la révolution mondiale, supérieurs aux autres. Ils trouvent une place et une fonction. Tous les intervenants l'ont dit : ils consomment de l'islam comme de la drogue, comme leurs aînés étaient toxicomanes.

Comment contrer le radicalisme ?

Ce livre est déjà un tournant, puisque des travailleurs sociaux, mais aussi des religieux disent publiquement que ce radicalisme n'est pas de l'islam. Nous allons pouvoir contourner l'écran religieux et revenir au droit commun. Il faut s'étonner du comportement de ces jeunes, et comprendre leur version de l'islam comme un simple symptôme.

La France doit aussi cesser de mettre tous les musulmans dans un grand sac, comme le voudraient les intégristes. Enfin, et ce n'est pas un gadget, l'école doit proposer une histoire partagée. Car faute de récit commun, certains de ces jeunes, issus de l'immigration, ne comprennent plus quelle place ils ont en France. Alors ils se fabriquent leur mémoire, leur monde, contre les autres.

n (1) «Quelle éducation face au radicalisme religieux», Dounia Bouzar, éditions Dunod.

03/07/2006

LA Psychologist Wafa Sultan

LA Psychologist Wafa Sultan Clashes with Algerian Islamist Ahmad bin Muhammad over Islamic Teachings and Terrorism

The following are excerpts from a debate between Wafa Sultan, a psychologist from Los Angeles and Dr. Ahmad Bin Muhammad, an Algerian professor of religious politics. Al-Jazeera TV aired this debate on July 26, 2005.

Wafa Sultan: Why does a young Muslim man, in the prime of life, with a full life ahead, go and blow himself up? How and why does he blow himself up in a bus full of innocent passengers?

In our countries, religion is the sole source of education, and is the only spring from which that terrorist drank until his thirst was quenched. He was not born a terrorist, and did not become a terrorist overnight. Islamic teachings played a role in weaving his ideological fabric, thread by thread, and did not allow other sources - I am referring to scientific sources - to play a role. It was these teachings that distorted this terrorist and killed his humanity. It was not (the terrorist) who distorted the religious teachings and misunderstood them, as some ignorant people claim.

When you recite to a child still in his early years the verse: "They will be killed or crucified, or have their hands and feet on alternate sides cut off," regardless of this verse's interpretation, and regardless of the reasons it was conveyed or its time - you have made the first step towards creating a great terrorist...

Bin Muhammad: The guest from America asked how a young man could blow up a bus. If only she had asked how a president could blow up a peaceful nation in Iraq. How does a president help the arch-killer of occupied Palestine? Why doesn't she ask from where Hitler was brought up - Hitler, who murdered 50 million innocent people. Why doesn't she ask where the people who dropped two atom bombs on Japan were educated? Who killed three million innocent Vietnamese? Who annihilated the Indians? Who maintained imperialism to this day? Who waged the Spanish civil war, which exacted a toll of 600,000 in 36 months? Why don't we ask these questions? Who has over 15,000 nuclear warheads - Muslims or the non-Muslims? The Muslims or the Americans? The Muslims or the Europeans? We want an answer. Where was Bush educated - if education is really what makes a person a criminal?...

Wafa Sultan: Murder is terrorism regardless of time or place, but when it is committed as a decree from Allah, this is another matter...

The Crusader wars about which the professor is talking - these wars came after the Islamic religious teachings, and as a response to these teachings. This is the law of action and reaction. The Islamic religious teachings have incited to the rejection of the other, to the denial of the other, and to the killing of the other. Have they not incited to the killing of Jews and Christians? If we had heard that a tribe in a distant corner of China has a holy book and religious teachings calling to kill Muslims - would the Muslims stand idly by in the face of such teachings?

The Crusader wars came after these Islamic religious teachings. When these Islamic teachings were delivered, America did not exist on the face of the earth, nor was Israel in Palestine...

Why doesn't he talk about the Muslim conquests that preceded all the wars he is talking about? Why doesn't he mention that when Tariq bin Ziyyad entered Andalusia with his armies, he said to his people: "The sea is behind you, and the enemy is in front"? How can you storm a peaceful country, and consider all its peaceful inhabitants to be your enemies, merely because you have the right to spread your religion? Should the religion be spread by the sword and through fighting?...

Bin Muhammad: Who invented slavery in recent centuries? Who colonized the other - us or them? Did Algeria colonize France, or vice versa? Did Egypt colonize England, or vice versa? We are the victims...

I am not saying that killing innocent people is nice. I say that all innocent people should be protected. But at the same time, we must start with the innocent among the Muslims. There are millions of innocent people among us, while the innocent among you - and innocent they are - number only dozens, hundreds, or thousands, at the most...

Wafa Sultan: Can you explain to me the killing of a hundred thousand children, women and men in Algeria, using the most abominable killing methods? Can you explain to me the killing of 15,000 Syrian civilians? Can you explain to me the abominable crime in the military artillery school in Aleppo? Can you explain the crime in Al-Asbaqiya neighborhood of Damascus, Syria? Can you explain the attack of the terrorists on the peaceful village of Al-Kisheh in Upper Egypt, and the massacre of 21 Coptic peasants? Can you explain to me what is going on in Indonesia, Turkey, and Egypt, even though these are Islamic countries which opposed the American intervention in Iraq, and which don't have armies in Iraq, yet were not spared by the terrorists? Can you explain these phenomena, which took place in Arab countries? Was all this revenge on America or Israel? Or were they merely to satisfy bestial wild instincts aroused in them by religious teachings, which incite to rejection of the other, to the killing of the other, and to the denial of the other. When Saddam Hussein buried 300,000 Shiites and Kurds alive, we did not hear a single Muslim protesting. Your silence served to acknowledge the legitimacy of these killings, didn't it?...

What do you want from me? To speak evil of the American society? I've never said that America is the eternal city of Plato, but I did say it was the eternal city of Wafa Sultan. The idealism of American society was enough to allow me to realize my humanity. I came to this country with fear.

Bin Muhammad:Along with the Indians? Along with the Indians? What was left of the Indians? What do you have to say about the Indians?

Wafa Sultan: Christopher Columbus discovered American in 1492. America was founded in 1776, approximately 300 years later. You cannot blame America - as a constitution, a regime, and a state - for killing the Indians.

Quelle relation entre l'Islam et le terrorisme ?

Par Masri Feki © Primo-Europe

Depuis le onze septembre 2001, le débat sur le l'Islam, en tant que religion et système de valeurs, suscite chez les Occidentaux des interrogations légitimes.


Dans les pays de l'Islam, l'honneur et la fierté l'emportent sur la morale et la vérité. La raison est simple : il n'y a point de vérité en dehors de l'Islam, il n'y a pas de morale en dehors de la religion de Mahomet qui constitue la source principale de l'éducation dans les sociétés musulmanes.

Certains occidentaux soutiennent que l'islam est une religion d'amour et de tolérance et que, comme leurs aînés, les chrétiens, les musulmans sauront s'intégrer à la modernité à travers leur propre processus de sécularisation.

Pour d'autres, prétendre que l'islam est une religion pacifique revient à ne pas regarder la réalité en face ou manier la langue de bois.

Pour les uns, il ne faut pas confondre islam et islamisme, le second présentant une interprétation extrémiste de la religion et une vision rétrograde du monde.

Pour les autres, cette distinction - entre islam et islamisme - n'est qu'une pure construction intellectuelle née en Occident [1], une fausse conscience de la réalité, un artifice cynique et complètement inutile.

Après tout, n'est-il pas vrai que le Coran recèle une centaine de versets qui sont un véritable appel au meurtre ? Comment peut-on dire que l'islam n'aurait aucun rapport avec l'Internationale terroriste ?

C'est en tout cas ce qu'a affirmé récemment une intellectuelle arabe sur une chaîne de télévision arabe, face à des téléspectateurs arabes, lesquels ont été d'ailleurs très nombreux à lui donner raison, toujours en arabe.

En réaction à cette émission, 36% des téléspectateurs d'Al-Jazeera pensent que l'islamisme n'est qu'une construction intellectuelle occidentale et que le terrorisme est le produit de la religion musulmane. Du jamais vu jusqu'à présent !

Le 26 juillet 2005, l'émission Al-Itijah Al-Mouakes (Le sens inverse) de la chaîne qatarie arabophone Al-Jazeera a permis à une islamologue arabe d'exprimer une vision défendue par une partie de l'opinion publique arabe.

Wafaa Sultan est écrivain et psychologue de formation. Elle se bat contre « une religion qui prêche le rejet et l'élimination de l'autre ».

Contrairement à ce qu'affirment certains intellectuels qui voudraient que le terrorisme et l'intolérance constituent une déviation par rapport au « vrai islam », Wafaa Sultan pense que c'est le pacifisme et la tolérance qui sont une déviation par rapport aux textes fondateurs de cette religion.

Pour Madame Sultan, l'islam est une religion de destruction massive, une théocratie digne du nom de totalitarisme.

Pendant que les Occidentaux, principales cibles de ladite nébuleuse islamiste, se prosternent devant les gourous de l'Islam au nom d'un politiquement correct hypocrite et dénué de sens, les esprits libres des pays de l'Islam sont visiblement en voie d'expansion.

Pour l'invitée d'Al-Jazeera, contrairement à ce que soutiennent les défaitistes de la bien-pensance universelle, les fous d'Allah seraient à l'agonie. Ils n'ont pas d'avenir parce qu'ils n'ont pas de projet. Ils ne sont pas porteur d'un message destiné au monde, mais d'un appel au meurtre et à la destruction lequel demeure avant tout un appel au suicide.

Face à des êtres fanatisés qui considèrent le progrès comme un mal, la tolérance comme une faiblesse, le pacifisme comme un péché, Waffa Sultan met en avant l'importance de l'éducation qui constitue à la fois le problème et la solution.


Extraits de l'émission

I - Le rôle de l'éducation dans la fabrication des « bombes humaines »

« L'individu musulman n'est pas né terroriste, insiste Wafaa Sultan, il ne l'est pas non plus devenu du jour au lendemain, ce sont les enseignements (religieux) musulmans qui n'ont pas permis a d'autres sources scientifiques de jouer un rôle dans son éducation. »

Soutenant que « la religion dans les pays de l'Islam est la seule source d'éducation », Wafaa Sultan constate que les musulmans manquent d'éducation !

« Ce sont les enseignements musulmans, dit elle, qui ont mutilé le corps de ce terroriste et tué son humanité, et ce n'est pas lui (le terroriste) qui l'a falsifié ou mal compris comme le prétendent les ignorants. Lorsque vous lisez à un enfant de sept ans le verset qui dit : « Qu'ils soient tués, crucifiés, que leurs mains soit coupées, leurs jambes mutilés », quelque soit l'interprétation de ce verset et quelque soit la cause ou le contexte de sa révélation, c'est le premier pas dans la fabrication d'un terroriste potentiel. Au nom de quelle justice dans le ciel est-il possible de justifier cette terreur ? »

Fayçal Al-Qassim (l'animateur) : « Vous voulez dire que le terrorisme émane des enseignements musulmans ? »

« Bien sûr. » Puis elle affirme ne pas être étonnée car, d'après elle, l'islam est une religion fondamentalement guerrière et belliqueuse. Elle prend pour exemples les conquêtes en Afrique du Nord pour affirmer que l'islam s'est répandu par le sabre et qu'il est bien naturel que ses adeptes ne connaissent que le langage de la force. Le terrorisme est le fruit naturel des enseignements musulmans.

II - Bassam Darwich : « la religion musulmane est particulièrement raciste et intolérante »

Fidèle à sa tradition, l'animateur Fayçal Al-Qassim consacre une partie de l'émission aux interventions des téléspectateurs.


Bassam Darwich a été le premier intervenant de l'émission :
« Nous (les Arabes) sommes habitués à incomber aux Juifs et à l'Occident la responsabilité de nos problèmes ; le terrorisme est un malheur qui leur a été infligé malheureusement par nous. Les racines de la terreur islamique sont profondes, elles remontent à une époque où l'Occident, le sionisme et Israël n'existaient pas.

Certes, l'injustice provoque une résistance ; mais beaucoup de nations dans le monde ont été victimes d'injustice et se sont révoltés pour défendre leurs droits sans tuer des écoliers et des ecclésiastiques, sans détruire des gares et des centres commerciaux.

Si des non-musulmans se livraient à des actes terroristes au nom de textes religieux, cela aurait été sûrement condamné à l'échelle planétaire. Mais cela n'a pas lieu car la religion musulmane, seule parmi les autres grandes religions, est particulièrement raciste et intolérante ; les Occidentaux qui pensent que l'islam prêche la haine d'autrui et la terreur ont raison. »

Puis monsieur Darwich se met à réciter quelques versets du Coran : « Le Coran dit dans la sourate de la Tawba : « Allah a acheté aux croyants leurs âmes et leurs fortunes en leur offrant le paradis, qu'ils tuent au nom d'Allah et qu'ils se fassent tuer », puis il récite le fameux verset du Djihad : « Tuez ceux qui ne croient pas en Allah et au jour du Jugement, ceux qui n'interdisent pas ce qu'ont interdit Allah et son Messager, ceux qui n'ont pas pour religion la religion de la vérité. »

III - Les musulmans et l'agression des innocents

Wafaa Sultan reprend la parole et interroge ceux qui, d'après elle, prétendent que la position que l'Islam (radical) adopte vis à vis de l'Occident est la conséquence de l'hostilité des Occidentaux et leur haine de l'islam :

« Comment expliquer le massacre de cent mille enfants, hommes et femmes en Algérie de la manière la plus abominable ? Comment expliquer le massacre de quinze mille civils en Syrie ? Comment expliquer les pogroms anti-coptes en Haute-Egypte ? Tout cela est à cause de l'Amérique et d'Israël ?

Comment expliquer les massacres barbares qui sont commis tous les jours sans penser aux textes (religieux) musulmans ? »

Wafaa Sultan reprend la parole et se demande comment il peut se faire que trois-cent mille chiites et kurdes aient été massacrés par Saddam Hussein sans qu'une seule voix musulmane ne dénonce l'injustice.

L'injustice, selon elle, n'est dénoncée que lorsqu'elle est commise par des non-musulmans, non par soif de justice, mais par soif de sang ennemi et de prétexte pour justifier la haine qui anime la personnalité musulmane.

« L'éducation de l'individu, dit-elle, passe par le langage. Il n'y a pas un seul lieu de culte en Amérique que je n'ai pas visité, et je n'ai jamais trouvé un langage aussi négatif que celui utilisé par les hommes de religion musulmane. »

Mais avant qu'elle ne puisse conclure sa phrase, elle est interrompue par un islamiste algérien, Ahmed Ben Mohamed, diplômé de la Sorbonne et professeur de charia [2] en Algérie, qui l'accuse d'être à la solde des kouffars (les infidèles) et de servir les intérêts des américano-sionistes !

Lorsque l'animateur lui demande si elle n'est pas déçue qu'il n'y ait que 36% des téléspectateurs de l'émission à lui donner raison, elle répond : « Au contraire, je suis très encouragée par ce chiffre, moi qui n'espérait pas convaincre 10% de vos téléspectateurs ; si malgré la propagande permanente 36% de vos téléspectateurs sont d'accord avec moi, c'est que nous sommes sur la bonne voie. Ne pas affronter la vérité ne la supprime pas, la vérité est toujours douloureuse lorsqu'elle touche les sentiments mais il semble que nous n'ayons pas d'autres choix. »

Notes :
[1] Ce qui est vrai d'ailleurs puisque le terme « islamisme » a été inventé par le politologue français Bruno Etienne.
[2] Jurisprudence islamique.

Traduit, commenté et condensé par Masri Feki © Primo-Europe

Interview de Wafa Sultan dènonçant le totalitarism

Voici une interview de Wafa Sultan psychologue américano-arabe, sur Al Jazeera. Elle y dénonce la nature belliqueuse de l'Islam.


Après Oriana Fallaci, Charhdortt Djavann, Taslima Nasreen, Brigitte Bardot, Ayaan Hirsi Ali...c'est encore une femme qui à le courage de montrer le vrai visage de la doctrine de Mahomet. Si la délivrance de l'islam se fera par les peuples ou ne se fera pas, les femmes auront sûrement un grand rôle dans cette libération.

"Le choc que nous voyons dans le monde n'est pas un choc des religions ou un choc des civilisations ; c'est un choc entre deux opposés, entre deux ères. C'est un choc entre une mentalité qui appartient au temps médiévaux et une autre mentalité qui appartient au XXI° siècle. C'est un choc entre la civilisation et l'arriération, entre le civilisé et le primitif, entre la barbarie et la rationalité.

C'est un choc entre la liberté et l'oppression, entre la démocratie et la dictature. C'est un choc entre les droits de l'Homme d'une part, et la violation de ces droits d'autre part. C'est un choc entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes, et ceux qui les traitent comme des êtres humains. Ce que nous voyons aujourd'hui n'est pas un choc des civilisations. Les civilisations ne se heurtent pas, elles rivalisent.

Si je vous comprends bien, ce qui se produit aujourd'hui est un choc entre la culture occidentale et l'arriération et l'ignorance des musulmans ?

Oui, c'est ce que je veux dire.

Qui proposa le concept du choc des civilisations ? N'est-ce pas Samuel Huntington ? Ce n'est pas Ben Laden. Je voudrais discuter de ceci, si vous le voulez bien.

Les musulmans sont ceux qui ont commencé à utiliser cette expression. Les musulmans sont ceux qui ont entamé le choc des civilisations. Le prophète de l'Islam a dit : « j'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils en Allah et en son messager. ». Quand les musulmans devisèrent les peuples en musulmans et non-musulmans et appelèrent à combattre les autres jusqu'à qu'ils partagent leurs croyances, ils déclenchèrent ce choc et débuta cette guerre. Pour mettre fin à cette guerre, ils doivent réexaminer leurs Textes et leurs plans islamiques, qui sont remplis d'appels au Takfirs (accusation de mécréance) et à combattre les infidèles.

Mon collègue a dit qu'il n'insulte et jamais les croyances des autres. Quelle civilisation de cette terre lui permet d'appeler d'autres gens par des noms qu'ils n'ont pas choisis par eux-mêmes ? Tantôl, il les appelle Ahl al -Dhimma (le peuple des Dhimmis), tantôt il les appelle « les gens du Livre », et tantôt il les compare à des singes ou à des porcs, ou bien nomme les chrétiens « ceux qui encourent la colère d'Allah ». Qui vous a raconté qu'ils sont les « gens du Livre » ? Il ne sont pas les gens d'un livre, ils les gens de beaucoup de livres.

Tous les livres scientifiques salutaires que vous avez aujourd'hui sont les leurs, le fruit de leur pensée, libre et créatrice. Qui vous donne le droit de les appeler « ceux qui encourent la colère d'Allah » ou « Ceux qui se sont égarés » et puis de venir ici et dire que votre religion vous commande de vous abstenir d'offenser la croyance des autres ??

Je ne suis pas une chrétienne, une musulmane ou une juive. Je suis un être humain laic. Je ne crois pas au surnaturel, mais je respecte le droit des autres à y croire.

Etes vous une hérétique ? demande le Dr Al Khouli.

Vous pouvez dire ce que vous voulez. Je suis un être humain laïc qui ne croit pas au surnaturel...

Si vous êtes une hérétique, cela ne sert à rien de vous admonester, puisque vous avez blasphémez contre l'Islam, le prophète et le Coran....

Ce sont des choses personnelles qui ne vous regardent pas.

Frères, vous pouvez croire aux pierres (ref. aux rituels mecquois), tant que vous ne me les jetez pas. Vous êtes libres d'adorer qui vous voulez, mais les croyances des autres, ce ne sont pas vos affaires, qu'ils croient que le Messie est Dieu fils de Marie, ou que Satan est Dieu fils de Marie. Laissez les gens avoir leurs croyances.

Les juifs sont sortis de la tragédie (l'Holocauste) et ont forcés le monde à les respecter avec leur connaissance pas avec la terreur, avec leur travail pas avec leurs lamentations et leurs cris. L'Humanité doit une majeure partie des découvertes scientifique des 19° et 20° siècles à des scientifiques juifs. 15 millions de personnes dispersées de par le monde se sont unies et ont gagné leurs droits par le travail et la connaissance. Nous n'avons pas vu un seul juif se faire exploser dans un restaurant allemand ! Nous n'avons pas vu un seul juif détruire une église, nous n'avons pas vu un seul juif protester en tuant des gens. Les musulmans ont transformé trois statuts de Bouddha en gravats ; nous n'avons pas vu un seul bouddhiste brûler une mosquée, tuer un musulman ou incendier une ambassade.

Seuls les musulmans défendent leurs croyances en brûlant des églises, en tuant des gens et en détruisant des ambassades. Cette façon de faire ne donnera aucun résultat. Les musulmans doivent se demander ce qu'ils peuvent faire pour l'humanité, avant d'exiger que l'humanité les respecte."

http://switch5.castup.net/frames/20041020_MemriTV_Popup/video_480x360.asp?ai=214&ar=1050wmv&ak=null

http://www.dailymotion.com/Tazda/video/65587

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03/06/2006

"L'Université Libre de Bruxelles

"L'Université Libre de Bruxelles devrait sérieusement reconsidérer son appellation car il semble que la liberté de pensée et d'expression s'y porte mal"

Interview de Alan Dershowitz, Professeur de Droit à l'Université de Harvard

Atlantis Institute - Vous êtes en Europe pour quelques jours dans le cadre du European Tour for Democracy II. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Alan Dershowitz - C'est avec beaucoup d'émotion que je me retrouve ici en Europe. D'autant plus que je succède à mon ami Nathan Sharansky, orateur de la première édition du European Tour for Democracy. Je suis ici pour faire entendre une autre voix. C'est important car il semble bien qu'une sorte de lavage de cerveau collectif, principalement dans les milieux universitaires mais aussi médiatiques et politiques, s'empare des esprits. Certains acteurs européens sont aujourd'hui devenus des obstacles à la paix plutôt que des soutiens à la paix.

Je suis ici pour défendre le dossier de la paix et tenter de mettre en lumière les différentes dimensions du conflit. Je suis ici pour débattre et dialoguer de manière constructive avec ceux-là mêmes qui constituent des obstacles à la paix.

Vous allez, ce soir, débattre à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) avec le professeur de Droit international Eric David. Dans Le droit d'Israël et Le dossier de la paix, vous évoquez l'antisionisme et l'antisémitisme qui se propagent sur les campus américains et européens. Chez nous, en 2004, une étudiante de confession juive qui fréquentait l'Ecole de Commerce Solvay - probablement la plus prestigieuse des facultés de l'ULB - participait à une discussion sur les élections américaines en classe d'anglais. Pour avoir suggéré que George Bush n'était pas aussi mauvais que ce que l'on en disait, elle s'est vue asséner par son professeur un retentissant "You bloody Jew!". Personne n'a réagi, l'étudiante a quitté le cours en larmes. Sur ce même campus, plusieurs étudiants juifs ont été la cible de menaces de mort. Pensez-vous que cette situation est réversible ?

Avant tout, l'Université Libre de Bruxelles devrait sérieusement reconsidérer son appellation car il semble que la liberté de pensée et d'expression s'y porte mal, du moins dans certaines sections où cette liberté n'est apparemment reconnue qu'à certains.

La situation est bien sûr réversible, même si ce n'est pas chose aisée. Quand des étudiants sont endoctrinés, quand on ne leur enseigne qu'une seule manière d'appréhender le problème voire une conception erronée du conflit, un long processus est ensuite nécessaire pour rétablir une approche équilibrée. Je pense que, vu la facilité d'accès aux médias internationaux via Internet, les étudiants désireux de connaître la vérité n'ont que peu d'excuses. La vérité est à portée de main. Si, par exemple, un professeur dit à ses étudiants qu'Israël n'a pas accepté la résolution 242 de l'ONU, il est facile de vérifier sur le net que le professeur ne dit pas la vérité.

Il est très important que tout universitaire fasse preuve d'esprit critique à l'égard de ses professeurs et comprenne que certains d'entre eux puissent enseigner une version biaisée de l'Histoire. Les étudiants doivent se fier à leur propre capacité d'analyse et rechercher la vérité dans les bibliothèques.

Mais ce n'est pas toujours chose aisée. Prenons justement le cas de la résolution 242. Si, en anglais, il est stipulé qu'Israël doit se retirer "de territoires occupés lors du récent conflit", la version française dit qu'Israël doit se retirer "des territoires occupés lors du récent conflit". Voilà de quoi dérouter plus d'un étudiant.

L'interprétation erronée de la 242 est imputable à l'ignorance, mais elle reflète aussi la manipulation de ceux qui tablent sur cette ignorance
Les résolutions de l'ONU sont traduites dans différentes langues, et lorsqu'il y a litige, c'est la version anglaise qui prime. La raison pour laquelle la version française utilise l'article "des" résulte de l'insistance de de Gaulle sur ce point, mais la version anglaise, qui utilise l'article "de", est sans conteste la traduction qui fait autorité. Les Etats-Unis auraient opposé leur veto à la résolution 242 si celle-ci stipulait qu'Israël devait se retirer "des territoires" et non "de territoires".

Les termes utilisés dans la version anglaise de cette résolution ont créé un grand débat au sein du Conseil de sécurité. Les Russes aussi voulaient imposer une interprétation basée sur l'article "des" mais ils ont échoué. Ce sont les positions britannique et américaine qui l'ont emporté. Le président Lyndon Johnson, l'ambassadeur américain à l'ONU Arthur Goldberg et son homologue britannique Lord Carrington ont tous les trois spécifiquement déclaré qu'Israël ne devrait pas revenir aux frontières du 5 juin 1967.

L'interprétation erronée que certains font de la résolution 242 est généralement imputable à l'ignorance, mais elle reflète aussi la manipulation de certains professeurs qui tablent justement sur l'ignorance de leurs étudiants.

Dans "Le dossier de la paix", vous semblez plutôt optimiste quant à l'issue du conflit israélo-palestinien, pour autant que ceux que vous dénommez les "plus Palestiniens que les Palestiniens" et les "plus Israéliens que les Israéliens" soient mis à l'écart. Aujourd'hui, l'un des acteurs que vous classez parmi les "plus Palestiniens que les Palestiniens", en l'occurrence le Hamas, est au pouvoir. L'optimisme reste-t-il de mise ?

On ne fait pas la paix avec ses amis, on la fait avec ses ennemis. Bien que le processus de paix sera plus difficile à mener avec le Hamas, je reste tout de même confiant dans le fait qu'on puisse déboucher sur une paix relative. Israël devra davantage compter sur une paix basée sur la sécurité que sur la confiance. Prenons le cas de l'Egypte : malgré les espoirs déçus quant à la possibilité d'échanges chaleureux entre Israéliens et Egyptiens, une paix froide s'est installée entre les deux pays. Une mauvaise paix vaut mieux qu'une bonne guerre.

Les citoyens israéliens seront appelés aux urnes à la fin de ce mois. Les resultats de ces élections auont-ils une réelle importance sur la suite des événements sachant que, côté palestinien, c'est le Hamas qui mène la danse ?

Quelle serait la réaction d'un Iran nucléaire à l'affaire des caricatures ?
Si le parti Kadima remporte les élections et arrive à constituer un gouvernement de coalition solide, je pense que l'on risque d'être agréablement surpris par la générosité des propositions israéliennes de paix. Cela étant dit, tout va dépendre de la capacité du Hamas à rejeter le terrorisme, à reconnaître Israël et à accepter de s'asseoir à la table des négociations. On peut faire la paix avec un ennemi, mais la chose n'est guère possible avec un gouvernement aspirant à la destruction de son interlocuteur. En ce cas, la paix ne peut survenir que si on l'impose unilatéralement.

Le president iranien declare vouloir rayer Israël de la carte. Au même moment, Téhéran défie la communauté internationale en brisant les scellés de l'AIEA de plusieurs de ses centres d'enrichissement d'uranium. Comment gérer cette situation ?

Aucune option ne doit être écartée. Les Etats-Unis et Israël ont dit, et les Européens l'ont chuchoté, qu'un Iran nucléaire était inacceptable. L'Iran a déjà les missiles, elle ne peut donc avoir la bombe. Quelle serait par exemple la réaction d'un Iran nucléaire à l'affaire des caricatures ? Imaginons que ce soit La Stampa qui ait publié les caricatures à la place du Jyllands-Posten. Qui sait ce qu'un fondamentaliste cinglé ferait dans cette situation avec une Italie à portée de missiles ?

Il y a aussi le risque que l'Iran transmette l'arme nucléaire à une organisation terroriste, ou même qu'un groupe terroriste ne s'empare de la bombe, avec la complicité d'un mollah, à l'insu du régime iranien. C'est tout simplement trop risqué pour la paix planétaire, pour les Etats-Unis, pour la Grande-Bretagne, pour tous ceux qui sont opposés aux visées du régime iranien.

Il faut d'abord privilégier les négociations, la diplomatie, les sanctions économiques, l'isolement sur la scène internationale. Si tous ces moyens échouent, une intervention militaire préemptive doit être envisagée, mais en ultime ressort uniquement. Cela sera bien plus difficile que lors de l'attaque préemptive en Irak en 1981, mais j'ai parlé avec suffisamment de responsables militaires américains et israéliens pour savoir qu'une telle intervention reste faisable. J'espère que l'on n'en arrivera pas là.


Propos recueillis le 5 mars 2006 par Joël Rubinfeld

Né en 1938, Alan M. Dershowitz est professeur à la Harvard Law School où il est titulaire de la chaire Felix Frankfurter. Impliqué dès sa jeunesse dans la défense active des droits civiques et des libertés fondamentales, il est devenu professeur à Harvard à l'âge de 28 ans, ce qui fit de lui le plus jeune professeur de l'histoire de la faculté de droit de cette université.

Avocat pénaliste talentueux, il a notamment défendu Patricia Hearst, Mike Tyson, O.J. Simpson mais aussi Claus von Bülow qu'il parvint à innocenter. Il a écrit un livre, Reversal of Fortune, retraçant l'histoire du procès, livre dont l'on a tiré un film (Le Mystère von Bulow).

Engagé dans la défense de l'Etat d'Israël et prônant de longue date la création d'un Etat palestinien démocratique et pacifique, il est, notamment, l'auteur de Le droit d'Israël et Le dossier de la paix.

03/03/2006

«La France et l'irruption de la férocité»

LE FIGARO. - Vous avez participé, dimanche, à la manifestation organisée à la mémoire d'Ilan Halimi. Comment réagissez-vous aux commentaires qui soulignent la motivation «crapuleuse» du crime de Bagneux ?

Alain FINKIELKRAUT. - Le «gang des barbares» avait une prédilection pour les proies juives, parce que, selon ses membres, les Juifs «ont de l'argent». Vieille affaire, ancestral cliché. Mais cette conjonction, dans l'antisémitisme traditionnel, repose sur la haine de l'«équivalent général» (2). L'argent est accusé de dissoudre les liens communautaires dans l'abstraction de l'échange, de sacrifier l'héroïsme et toute forme de transcendance aux valeurs purement matérielles et de réduire l'esprit à l'esprit pratique. Le judaïsme, religion terrestre, et les Juifs, race du désert, sont accusés d'incarner la trivialité, la bassesse, la laideur d'une civilisation sans âme.

Nulle trace de ce spiritualisme dévoyé dans la bande de Bagneux : ces jeunes aiment la «thune», ils n'aiment même que cela. Ils n'en veulent pas aux Juifs parce qu'ils en veulent à l'argent ; ils s'en prennent aux Juifs parce qu'ils veulent de l'argent. Le rappeur Fifty Cent est leur modèle, et ils ont pour devise «Get rich or die trying», c'est-à-dire - traduction atténuée - «réussir ou mourir». Non pas spiritualisme dévoyé, donc, mais matérialisme d'autant plus déchaîné qu'aucune mémoire historique ne peut avoir barre sur lui. Pour dire les choses brutalement : le souvenir de l'extermination des Juifs n'inhibe la violence antijuive que pour une partie de l'humanité. C'est un crime contre l'humanité dans le droit, non dans les faits, hélas : il y a tout un monde qui, entre négationnisme, indifférence et ignorance, oppose une fin de non-recevoir à la Shoah. Comme les deux individus qui ont roué de coups une assistante sociale à Schiltigheim et inscrit «Sale juif !» sur le mur, le «gang des barbares» fait clairement partie de ce monde, malfaisant car innocent : on aura beau gratter, on ne trouvera pas chez eux le plus petit embryon de mauvaise conscience.

Rejoignez-vous les psychanalystes qui pointent l'émergence d'un type humain inaccessible à la «mauvaise conscience»?

Ces psychanalystes ont raison. Tout à la fois archéotribale et cybermoderne, l'ultraviolence que nous voyons s'installer n'a pas que les Juifs pour cible. Il y a quelque chose d'irréductiblement atroce dans la séquestration, la torture et l'assassinat d'Ilan Halimi. Mais cet événement a quelque chose de commun avec les violences ordinaires qui frappent aujourd'hui des professeurs, des assistantes sociales, des infirmières, des médecins, des pompiers dans l'exercice de leurs fonctions. Le 12 février, c'est-à-dire la veille du jour de la découverte d'Ilan Halimi nu et agonisant près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne, un gendarme français, Raphaël Clin, est mort sur l'île de Saint-Martin, aux Antilles, dans des conditions révoltantes.

Ce gendarme intervenait avec un collègue pour faire cesser un rodéo de motos improvisé sur une route empruntée par tous. Il a été percuté par un bolide qui roulait à très vive allure. Son collègue affolé a alors demandé de l'aide à la quarantaine de spectateurs présents. Personne n'a bougé. Au contraire, les insultes fusaient. L'épouse du gendarme raconte qu'elle a croisé à l'hôpital des proches du motard blessé et qu'ils ont crié victoire quand ils ont appris le décès de son mari : «On a tué un Blanc !» Cette histoire est insoutenable. Insoutenable, aussi, la discrétion qui l'accompagne.

La ministre de la Défense va se rendre très prochainement à Saint-Martin...

Le premier ministre aurait dû assister aux obsèques ! Mais les autorités et les médias pensent surtout à ne pas faire de vagues. Pourquoi ? Parce que l'antiracisme officiel ne veut pas entendre parler du racisme antifrançais ou anti-Blancs ? Parce que l'humeur est à la repentance, à la dénonciation des crimes de l'esclavage ou de la colonisation, non à la stigmatisation des descendants des victimes ? Parce que nous entrons en période électorale, que, comme l'ont montré les récentes manifestations contre le ministre de l'Intérieur, les Antillais sont en effervescence et que l'on ne veut pas les «braquer» davantage ? Sans doute...

Le résultat, c'est que ce fait horrible risque de n'être qu'un fait divers furtif et très vite oublié. Imaginez la stupeur et l'amertume des gendarmes de Saint-Martin, mais aussi de tous les militaires.

La France a commémoré du bout des lèvres la bataille d'Austerlitz ; Claude Ribbe, l'écrivain qui fait de Napoléon l'inventeur des chambres à gaz, a été récompensé par une nomination à la Commission nationale consultative des droits de l'homme ; et voici qu'un gendarme de 31 ans est victime, dans l'exercice de ses fonctions, d'un lynchage passif digne des prouesses du Ku Klux Klan, sans que l'opinion soit mobilisée. La pusillanimité de l'Etat constitue un véritable trouble à l'ordre public.

Cela dit, la notion de «racisme anti-Blancs» est plus que maladroite, et sa sémantique renvoie aux thèses de l'extrême droite !

Non ! L'aubaine pour Le Pen, c'est de donner encore et toujours à ce racisme devenu quotidien l'alibi de la rébellion contre les brimades et les comportements discriminatoires. Aucune «race» n'a le monopole de l'immonde. Si l'on veut combattre l'extrême droite - et non simplement se regarder la combattre -, il faut éviter de lui faire le cadeau du réel. Le déni a conduit le Front national au second tour de l'élection présidentielle, il y a quatre ans. Ne recommençons pas !

Soyons attentifs également à ne peut pas laisser s'insinuer en France l'idée, pernicieuse entre toutes, du «deux poids, deux mesures». Je suis allé à la manifestation du dimanche 26 février pour honorer ensemble la mémoire d'Ilan Halimi et celle de Raphaël Clin. Et je n'étais sûrement pas le seul.

Reste que la manifestation de dimanche n'a pas forcément remporté le succès escompté. Pourquoi ?

Les Juifs doivent résister à la tentation paranoïaque et mégalomaniaque de se croire les victimes exclusives de la nouvelle férocité. La gauche doit sortir de ses vieux schémas et accepter de dénoncer le racisme, d'où qu'il vienne. Je parlais de trouble à l'ordre public. C'est à nous, citoyens de la métropole et de l'outre-mer, quelles que soient notre origine, notre appartenance, notre couleur de peau, d'y remédier maintenant et de prendre en charge l'appel de l'épouse de Raphaël Clin qui parlait créole et qui en était fier : «Vous rendez-vous compte de la mentalité des gens d'ici ? Une minorité (mais une grosse minorité) de personnes fait tout pour détruire notre belle île ! Battez-vous pour votre île, sinon, elle sera perdue !» Il ne s'agit pas seulement de cette île.

En consacrant la manifestation de dimanche à la lutte contre l'antisémitisme, sans faire référence à l'«ultraviolence», les institutions juives n'ont-elles pas donné des arguments aux champion anglo-saxons du french bashing?

Ce n'est pas la faute des Juifs si cette manifestation contre la barbarie a tourné au rassemblement communautaire. Où étaient les autres ? Avaient-ils trop froid ? Se seraient-ils sentis politiquement plus concernés par la mort d'Ilan Halimi s'ils avaient pu l'imputer, comme la profanation du cimetière de Carpentras, à des «fachos» ?

Pour que la France fasse front, il faudrait qu'elle soit réconciliée avec elle-même. C'est loin d'être le cas. Et le french bashing ne fait qu'aggraver les choses.

Propos recueillis par Alexis Lacroix

(1) Il vient de publier chez Verdier Le Livre et les livres, où il dialogue avec Benny Lévy.

(2) Karl Marx, Le Capital.

03/01/2006

Caricatures : vers une politisation de la crise ?

L'intégralité du débat avec François Burgat, chercheur au CNRS et spécialiste de l'islam, mardi 7 février, à 11 h .

anaxav: Quelle est votre opinion personnelle sur les caricatures incriminées ? Une telle réaction était-elle prévisible ?

François Burgat : Peut-être faut-il préciser la notion de "caricature". Une chose est de représenter par l'image le prophète des musulmans et d'enfreindre supposément ainsi un précepte, qui s'applique aux adeptes de la religion musulmane et à eux seuls ; une autre est de donner de ce symbole d'une communauté religieuse une représentation humoristique ou irrévérencieuse. Une troisième est de publier une représentation clairement stigmatisante, voire criminalisante, ce qui était bien le cas pour l'assimilation "Mahomet = terrorisme".

Cette "caricature" cautionnait une explication essentialiste et unilatérale de la violence dans le monde, elle avait valeur d'accusation, les réactions étaient prévisibles. Ce distinguo n'a pas été fait assez systématiquement. Il est par exemple occulté, et c'est très regrettable, par le dessin de Plantu sur la couverture du Monde daté du 3 février.

Pierre-Olivier : Sans faire référence directement à la thèse de Huntington, est-il possible d'affirmer que cette crise se positionne sur un fond de crise préexistante entre l'Occident et les pays arabes, le monde musulman dans une plus large mesure ?

François Burgat : Oui, cela me paraît une évidence. Cet épisode est la "cerise sur le gâteau" d'une longue tension dont les racines plongent à l'évidence jusque dans notre histoire coloniale partagée.

Croumie : Y a-t-il une législation sur le respect des cultes ? Quelles sont les limites à ne pas dépasser ?

François Burgat : Disons qu'il existe à tout le moins un exemple historique essentiel. Il va de soi que les caricatures qui stigmatisaient dans les années 1930 le judaïsme et la judaïté n'ont jamais été qualifiées, fort heureusement, de témoignages de la liberté d'expression. C'est en fait cette géométrie variable de la protection des marqueurs identitaires des différentes communautés du monde qui doit être aujourd'hui soulignée et, bien évidemment, dénoncée.

Zorlak : Ne fait-on pas une redondance lors de l'emploi du terme "politisation" - de la crise, l'islam étant déjà de fait une croyance à caractère politico-religieux ? Dès lors, ne s'enlève-t-on pas les moyens de comprendre la crise par des vues prenant pour référence ce que nous considérons être une religion en Occident ? Ne péchons-nous pas par optimisme ?

François Burgat : Oui, bien évidemment, cette affaire est politisée. Elle est politisée à cause de cette vieille proximité entre le religieux et le politique que vous rappelez à juste titre, même si elle ne caractérise pas seulement l'aire musulmane.

Elle est politisée également du fait du rôle évident d'un certain nombre d'acteurs étatiques dans cette tempête dite "religieuse". Plus surprenant peut-être, il faudra également décrypter le rôle que pourraient avoir joué d'autres acteurs étatiques majeurs, tels les Etats-Unis, dans une crise dont les effets vont surtout affecter les relations entre le monde musulman et l'Europe. De toute évidence, il est inefficace d'aborder les tensions du monde avec les instruments de la théologie des différents acteurs. Derrière le voile du religieux, partout et toujours, pas seulement en terre d'islam, nous trouvons bien le politique.

UNE CRISE PRÉMÉDITÉE ?

Ali : On parle beaucoup de la manipulation de la "rue arabe " pour expliquer les réactions observées ici et là, mais ne pensez-vous pas que les médias occidentaux (et donc la "rue occidentale") aient eux-même été manipulés ?

Zaou: Selon vous, quel est le but recherché par certains Etats arabes en envenimant la crise ?

François Burgat : Plusieurs indices accréditent la thèse que ce sont des acteurs étatiques, et non les "rues", qui ont relancé cette crise, qui était déjà ancienne. Du côté des régimes arabes, à un moment où le camouflet des urnes palestiniennes était tout particulièrement déstabilisant, il n'est pas invraisemblable du tout qu'ils aient voulu se faire à bon compte une provision des dividendes religieux de leurs opposants islamistes. Il est manifeste que les ministres de l'intérieur de toute une série de pays arabes ont littéralement anticipé la colère de leur rue.

Dans le cas de la Syrie, dont le régime est menacé par les pressions occidentales, le message de ces manifestations encouragées était également : "prenez garde, si vous nous poussez vers la sortie, il faut que vous soyez conscients que ce sont les 'hordes islamistes' qui prendront notre suite".

Pour les acteurs occidentaux, il n'est pas impossible que ce retour à une lecture strictement théologique des tensions au Proche-Orient soit une façon de masquer une fois de plus la matrice strictement politique d'un vieux conflit qui entre plus logiquement dans les catégories d'une guerre de type colonial que d'une guerre des religions.

Pascale : Pensez-vous que l'ensemble de la crise est prémédité par les mouvements islamistes radicaux ?

François Burgat : Je ne puis que confirmer ma réponse précédente. La relance de cette crise s'est opérée d'une façon tout particulièrement suspecte. L'importance du rôle d'acteurs proches des régimes nous incite à l'évidence à la plus grande prudence. Les informations sont convergentes pour montrer que les groupes radicaux n'ont aucunement été liés à cet épisode de la montée en puissance de la tension entre le monde "musulman" et le monde "occidental".

Senta : Quels sont les indices qui font dire que ce sont les Etats du Moyen-Orient qui ont relancé la crise ? Quel est leur intérêt véritable ?

François Burgat : Le principal indice, c'est le rôle des acteurs institutionnels : ministres de l'intérieur, hommes d'affaires proches du pouvoir, relais habituels des milieux gouvernementaux. Quel était leur intérêt ? Il était d'aider à faire passer la pilule du message monté des urnes palestiniennes. Ce message était double : aucun régime ne pourrait sans doute survivre à un scrutin organisé dans des conditions satisfaisantes de régularité. Ce sont les courants dits "islamistes" qui supplanteraient les régimes plus naturellement que leurs concurrents issus de la gauche laïque.

Les régimes arabes pourraient ainsi avoir voulu "botter en touche" en créant artificiellement une crise bilatérale qui allait leur permettre de puiser dans le plus profond des réservoirs de ressources politiques dans cette région du monde, à savoir le réservoir du nationalisme.

Diarry : Quelle raison, selon vous, a poussé les journalistes à publier ces caricatures ?

François Burgat : Je ne dispose pas d'informations privilégiées sur les circonstances de la publication initiale. On connaît en revanche assez bien l'imaginaire politique de ceux qui ont publié et republié ces caricatures en affirmant vouloir défendre la liberté de la presse. J'accepte la nécessité de "briser les tabous".

Toutefois, à mes yeux, en matière de liberté de presse, le tabou le plus dangereux n'est certainement pas le respect du prophète des dominés, mais plus vraisemblablement la force du mur d'argent des dominants. Or force est de constater que ce tabou-là laisse le courage de nos défenseurs de la liberté d'expression bien vacillant.

LES "EFFETS PERVERS DE LA CONCENTRATION DE LA PRESSE"

Chantal : Est-ce que l'Europe doit se mobiliser pour garder son droit à la liberté d'expression, afin de faire face aux acteurs étatiques, et en a-t-elle la possibilité ?

François Burgat : Oui, bien sûr, l'Europe doit se mobiliser pour garder sa liberté d'expression. Encore faut-il, quitte à me répéter, identifier soigneusement les vraies limites actuelles à la liberté d'expression des Européens.

J'ai pour ma part tendance à les voir dans les effets extrêmement pervers du processus de concentration de la presse, qui fait que les groupes industriels s'approprient de plus en plus systématiquement la capacité de toutes les familles politiques, de toutes les sensibilités, de toutes les tribus de la nation ou du monde à exprimer leur pluralisme et leurs différences. C'est ce déséquilibre de la répartition de la parole publique, chaque jour plus flagrant, qui entretient à mon sens les pires frustrations et nourrit toutes les radicalisations. Pourquoi nos "impertinents briseurs de tabous" n'exercent-ils jamais leurs talents contre ce scandale-là ?

Marie : Les droits à la liberté de la presse et à la liberté d'expression revendiqués par les journalistes ne sont-ils pas une simple façade pour s'innocenter ?

François Burgat : Vous me donnez l'occasion de redire que la liberté de presse et d'expression, ce bien qui justifie tous les combats, ne saurait se résumer au droit de stigmatiser une partie de la communauté nationale ou mondiale. Il réside plus largement dans la garantie accordée à tous d'exprimer, dans le respect des autres, leurs ambitions et leurs différences.

Rembrandt : Avez-vous entendu parler du concours des caricatures sur l'Holocauste organisé par un journal iranien ? Pensez-vous que l'Occident aura la même réaction que pour les caricatures sur le prophète Mahomet ? Dans une plus large mesure, pensez-vous que s'il y avait une caricature contre l'homosexualité ou sur le sionisme les tenant de la liberté d'expressions auraient la même réaction avec les mêmes arguments ?

François Burgat : Si ce n'était pas le cas, si l'Occident ne se mobilisait pas unanimement pour condamner les débordements anti-humanistes de l'autre, sa capacité à fabriquer de l'universel pourrait être mise en doute.

Permettez-moi tout de même de constater que les dérives, bien réelles et qu'il ne s'agit pas de nier ou de minimiser, de certaines fractions de l'opinion publique musulmane, font l'objet d'une surveillance et d'une vigilance auxquelles il me paraît pour l'heure difficile d'apporter quelque chose. Si cette vigilance venait à faire défaut, comptez sur moi pour renforcer les rangs de ceux qui feront tout pour lui redonner le niveau requis.

Redsmith : J'ai du mal à croire que "France Soir", journal en grande difficulté financière, ait publié ces caricatures uniquement en signe de solidarité avec les journalistes danois. Le limogeage du directeur de la publication qui a suivi a également choqué. Pensez-vous que ce limogeage soit lié à la nationalité du propriétaire du journal. En clair, pensez-vous que M. Lakah ait fait cela pour se protéger ?

François Burgat : Les dérapages récents de l'institution judiciaire française m'ont au moins appris quelque chose : on ne juge pas sans une enquête approfondie. N'ayant pas les moyens de connaître le fond de la pensée du directeur de "France Soir", je me garderai de commenter le sens de ses décisions récentes.

Marc Aurèle : J'ai lu, cet été, un grand dossier dans l'hebdomadaire brésilien "Vejà", qui recensait, pays par pays, l'origine religieuse des victimes du terrorisme. Pas de surprise pour vous, j'imagine, la religion la "plus touchée" était bien sûr l'islam. Ne vous semble-t-il pas étonnant qu'aucun grand groupe de presse européen n'ait fait ni publié l'étude ? L'opinion publique n'oublie-t-elle pas trop facilement que le terrorisme islamique tue en premier lieu des musulmans ? Caricaturer Mahomet comme un poseur de bombes ne participe-t-il pas de cette amnésie collective au service d'un prétendu choc des civilisations ?

François Burgat : Revenons à l'"essence" de l'analyse. La violence politique dans le monde n'est pas explicable par le vocabulaire ("islamique") qu'emploie une partie des acteurs de la confrontation. L'explication de cette violence peut être rapportée à trois grands dysfonctionnements politiques ou à trois niveaux de "déni de représentation" dont seraient victimes ceux qui arrivent à la conclusion que seule la violence peut leur rendre justice.

Le premier dysfonctionnement est celui de l'ordre mondial né en 1990 de l'effondrement de l'URSS et l'espace sans limite qu'il donne à l'interventionnisme et à l'unilatéralisme des Etats-Unis d'Amérique. Le deuxième grand échec du politique est le conflit israélo-arabe et la persistance du camp dominant à vouloir à la fois la paix et la terre. Le troisième déni de représentation, la troisième filière de fabrication de la radicalisation politique, ce sont ces régimes que je qualifie de "Pinochet arabes" pour exprimer l'idée que l'environnement occidental leur permet de s'abstenir de toutes les règles les plus élémentaires de respect des droits de l'homme, à charge pour eux de contenir, y compris par la plus extrême violence, les protestations montantes de la périphérie contre les méthodes qu'emploie le centre pour maintenir son hégémonie.

COMMENT LA CRISE SE RÉSOUDRA-T-ELLE ?

Jacques : Connaissez-vous l'orientation politique du journal danois et de l'auteur des dessins ? Car tout cela a un relent d'extrême droite qui a tout à gagner dans cette affaire.

Steph : Bonjour, pensez-vous que l'extrême droite européenne va bénéficier de ces évènements ?

François Burgat : Je ne suis pas spécialiste de la presse danoise. J'ai lu, comme vous sans doute, que ce journal était placé sur l'échiquier politique quelque part entre droite musclée et extrême droite. Il est absolument évident que les progrès fulgurants de nos "briseurs de tabous", en libérant la parole stigmatisante, font faire des progrès au pire de ce que contiennent nos tripes, au détriment du plus noble de ce que contiennent nos cerveaux.

Khettaoui : Ne sommes-nous pas arrivés à un moment charnière (où tout peut basculer dans le pire) de la relation entre certains Etats arabes et l'Occident ?

Zaou : Comment voyez-vous la fin de cette crise ? Renversement des régimes arabes par une montée islamique ? Vague de terrorisme en Europe ? Crise mondiale ? ou bien... crise de nerf passagère et apaisement rapide ?

François Burgat : J'aimerais pouvoir vous dire que je suis optimiste. Disons que je le suis sans réserve s'agissant de la capacité des sociétés du monde musulman à évoluer vers des modes de fonctionnement politique et des formes d'organisation sociale en parfaite compatibilité avec ce que nous considérons présentement comme la "modernité" au sens universel du terme.

Je suis en revanche très franchement pessimiste sur notre capacité d'"Occidentaux" à gérer calmement cette phase difficile de notre histoire, où nous devons apprendre à jouer le rôle plus modeste et plus réaliste qui est celui de l'une des tribus du monde, et non du producteur monopolistique de l'universel.

J'ai peur que les performances de nos "briseurs de tabous à géométrie variable", qui stigmatisent de façon inacceptable cette partie du monde dont on peut dire qu'elle n'est pas aujourd'hui la plus influente, ait valeur de ce que les Anglais appellent des "self fulfilling prophecies", des prophéties autoréalisatrices.
J'espère toutefois très sincèrement être sur ce terrain-là dans l'erreur, et que ce sont les cerveaux de la raison et non les tripes de la peur et de la haine qui, à court ou moyen terme, vont l'emporter.

Chat modéré par Stéphane Mazzorato et Edouard Pflimlin

02/20/2006

On peut assister en 2007 à une forme de révolte

Vous analysez, au sein de l'Observatoire du débat public, les représentations sociales des Français. Quelle est celle qui domine ces cinq dernières années ?


Ce qui domine, dans toutes les enquêtes qualitatives et les entretiens individuels qui servent de support à nos travaux, c'est l'idée que notre pays, mais aussi le monde, se présente de plus en plus comme un champ de ruines. Le 11-Septembre en a offert l'illustration concrète avec l'effondrement du World Trade Center. Mais, en l'espace de deux ans, le sentiment de menace global pesant sur les Français a encore grandi. L'été 2003 avait été marqué par la canicule. L'année 2005 s'est ouverte sur le tsunami, puis la crise pétrolière, les attentats de Londres ou le virus de la grippe aviaire. Ce n'est donc pas seulement la crise française qui s'exprime, mais une véritable "catastrophisation" du monde qui fait irruption dans notre quotidien. Le réchauffement de la planète peut ainsi provoquer la canicule et des milliers de morts dont nos propres parents. La présence d'images venues du monde entier sur nos télévisions pousse pourtant chacun à évaluer continuellement le niveau de danger et cette connexion aux médias alimente ce sentiment d'insécurité. Mieux, les images nous poussent à créer des analogies : on a parlé lors des émeutes de banlieues "d'Intifada" parce qu'un bus qui brûle à Jénine ressemble à un bus qui brûle à Clichy. Vu de France, le "champ de ruines" est désormais global, ou plus exactement glo-cal, à la fois planétaire et hyper-local. Et la globalisation des problèmes produit un affaissement de la double référence à la nation et à l'Europe.

Notamment parce qu'il se conjugue à une impuissance des dirigeants politiques ?


Oui. Et je ne parle pas seulement de nos dirigeants, mais des figures de recours en général, car n'oubliez pas que chacun est désormais informé immédiatement de la marche du monde entier. Or chaque nouvelle crise, chaque nouvelle catastrophe montre à quel point les pouvoirs institués sont incapables tant de prévenir que de réagir. Ni les Etats ni les organisations internationales. L'impuissance de George W. Bush face au cyclone Katrina a été perçue comme un élément très révélateur de l'impuissance publique. Enfin, certains événements ont marqué pour nous la fin de l'immunité française.


Vous voulez dire la fin de notre préservation ?

La contradiction, en tout cas, entre nos choix et la réalité. Ainsi, la France refuse de faire la guerre en Irak, mais Florence Aubenas est tout de même enlevée. Nous croyons avoir un modèle social, et soudain nos usines sont délocalisées. Le tsunami se passe à l'autre bout du monde, mais nos touristes sont touchés. C'est la théorie du chaos appliquée : un battement d'aile de papillon au bout du monde a des effets jusque chez nous. Du coup, le sentiment d'insécurité individuelle que l'on a vu notamment s'exprimer en 2002 s'est élargi à un sentiment d'insécurité globale.


Sentiment d'insécurité qui s'est exprimé dans le refus de la Constitution européenne, le 29 mai 2005 ?


Oui, et qui a fait que ce président, Jacques Chirac, qui tentait de rassurer, "N'ayez pas peur", a paru si décalé. En moins d'une année, des élections européennes du printemps 2004 au référendum du printemps suivant, l'Union élargie à vingt-cinq pays est passée, dans les esprits, du statut de projet mal défini à celui d'enjeu, puis de refus.

Ce non au référendum n'était-il pas aussi un élément supplémentaire de la contestation désormais systématique du pouvoir en place...

On note en effet une forme de mutinerie permanente, désormais. Entre le 21 avril, les régionales, le référendum, on assiste non pas tant à une protestation qu'à un usage stratégique de son bulletin de vote pour ébranler le système. J'appellerais cela un "vote d'armement", plutôt qu'un vote protestataire.


Plus qu'une alerte aux dirigeants, il y aurait donc la volonté de les renverser ?

Tout se passe en tout cas comme si un nombre de plus en plus important de nos concitoyens, ne se retrouvant pas dans le clivage droite-gauche, avaient décidé de se transférer brutalement de bâbord à tribord du navire devenu tanguant de la politique, pour jeter à la mer, scrutin après scrutin, leurs capitaines, quels qu'ils soient. Parallèlement, on constate depuis le 21 avril ce que j'appelle une "tentation romantique de la ruine" : puisque tout se vaut, puisque rien n'empêche la catastrophe, cela veut donc dire que rien n'est possible par la voie institutionnelle classique. La certitude, qui peu à peu s'installe, que la ruine est inéluctable et, parallèlement, ce désir de mutinerie permanente peuvent aboutir à ce que certains qualifient de situation préinsurrectionnelle.


Y a-t-il des valeurs ou des lieux qui paraissent des refuges ?

Lors du tsunami, des millions de gens ont fait des dons, mais on a vu aussi des Français partir sur place pour se muer en infirmiers. De la même façon, lors des émeutes de banlieues, de simples citoyens se sont organisés pour faire des rondes avec extincteurs contre les incendies de leurs voitures ou de leurs écoles. Mais c'est surtout la famille qui est désormais perçue comme le seul espace qui compte vraiment. Car c'est bien là que les Français ont le sentiment qu'il faut commencer à réapprendre les règles et les valeurs de la vie en société.

La canicule a souligné que l'on avait délaissé nos parents et la révolte des banlieues que l'on ne savait plus s'occuper de nos enfants. Dans ce cadre-là, la famille n'est-elle pas symboliquement très ébranlée ?

La vision de médias débordés, de politiques à la remorque, l'improvisation des institutions face à un événement qu'elles ne comprenaient pas ont eu pour résultat de renvoyer la réponse de la sphère publique vers celle du privé. Derrière la "peur du jeune" est ainsi posée la question du rapport entre les parents et les enfants, appréhendée comme la cause de fond d'une déliquescence générale qui nourrit le désarroi des uns et des autres. La crise des banlieues a montré que des enfants livrés à eux-mêmes peuvent mettre la société en danger.


Ainsi, la jeunesse représente aussi une menace ?


Ces "enfants terribles" des banlieues, renvoient aux désordres de "nos" enfants censés être "bien élevés", mais dont certaines réactions nous échappent. Et la crise des banlieues est interprétée comme une crise de l'autorité et des valeurs pénétrant aussi bien la sphère privée que publique. Désormais, on a à la fois peur pour nos enfants et peur de nos enfants. Et, à droite comme à gauche, nous avons pu constater clairement la même attente de reprise en main qui a conduit la plupart, par-delà les clivages partisans, à accepter l'état d'urgence et le couvre-feu pour les mineurs et à dire vouloir revenir soi-même à plus de sanctions et d'autorité.


La crise des banlieues est-elle pour autant perçue comme une des formes efficaces de la mutinerie politique que vous décriviez plus tôt ?

Ce fut une forme d'événement inédite, non seulement parce qu'elle a été ultra-médiatique, mais parce qu'elle n'a eu aucune revendication officielle et personne pour porter la parole d'un mouvement tout entier réduit à des actes violents. Or le mouvement des banlieues s'est révélé très efficace, malgré son absence de parole, alors que l'on voit des dirigeants politiques qui ne cessent de parler, mais ne mobilisent personne. Le mouvement a en tout cas posé toutes les questions que l'opposition ne parvenait pas à formuler : sur les choix économiques du gouvernement comme sur le rôle de Nicolas Sarkozy.


Si la peur du chaos global, la volonté d'ébranler le système, le désir d'un retour à l'autorité sont des lignes de fond de la société, quelle traduction politique peut-on en attendre en 2007 ?


Deux logiques sont à l'oeuvre, que l'on pourrait appeler la logique des gardiens et la logique des mutants. L'entrechoquement de ces deux logiques, parfois chez une même personne, fait que l'on peut assister en 2007 à une forme de révolte conservatrice, à une demande de retour à l'ordre sur le fond et à un renouvellement sur la forme. En tout cas, cela explique le succès actuel de Nicolas Sarkozy. Sa posture correspond à une demande sociale. Je dis bien sa posture. Ce ne sont pas ses idées qui sont forcément majoritaires : il était pour l'intervention en Irak, contrairement à la majorité des Français, et son libéralisme économique est loin de correspondre à ce que veut réellement le pays. Mais il présente l'avantage de se positionner sur la sanction et sur les valeurs. Ségolène Royal peut peut-être, elle aussi, correspondre à un besoin de réassurance, notamment familial, allié au sentiment de nouveauté. Mais un candidat qui aurait pour programme une certaine forme de dépassement pourrait lui aussi rencontrer le succès.


Le vote de mutinerie peut-il s'exercer par "anticipation" contre ceux qui sont plébiscités par les sondages ?

C'est pire que cela : ceux qui paraissent être portés par les médias et le système - plus encore que par les sondages - ont de grands risques d'être battus, tant est fort le désir de s'autonomiser et de sortir de cette massification étouffante de la société. C'est cela que les médias et les élites ne s'avouent jamais tout à fait : à chaque fois qu'ils supportent un candidat, celui-ci est balayé. Nous ne devons pas sous-estimer non plus la force des électeurs, qui, à chaque élection, choisissent d'abord le candidat "refusant", celui qui dit "non" : des Jean-Marie Le Pen, des José Bové ou des Olivier Besancenot. Et, plus généralement, le nombre très important de Français qui attendent désormais une divine surprise. Il reste cependant une dernière question d'importance : vu les mouvements sociaux et les crises que connaît très régulièrement notre société, le système réussira-t-il à faire patienter les Français jusqu'en 2007 ?

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué

02/16/2006

La prison fabrique des gens asociaux

Gabriel Mouesca : "La prison fabrique des gens asociaux, habités par la haine"

Vous êtes président de l'Observatoire international des prisons (OIP). Ancien responsable de l'organisation autonomiste basque dissoute Iparretarrak, vous avez passé dix-sept ans en prison, dont trois en cellule d'isolement. Comment réagissez-vous au rapport du commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, rendu public mercredi 15 février et qui affirme avoir assisté à des "scènes très dures et très choquantes" dans les prisons françaises ?

Je remarque d'abord le ton de ce rapport qui est extrêmement dur, mais juste. Les constats faits par M. Gil-Robles sont conformes à la réalité des prisons françaises. La grande majorité des détenus, incarcérés dans les maisons d'arrêt notamment, vivent une profonde désocialisation au quotidien. Le fonctionnement même de l'institution carcérale conduit les personnes à être infantilisées, déresponsabilisées. On les amène sur un versant de l'humanité totalement incompatible avec l'idée de réinsertion dans la société, inscrite pourtant dans les missions de la prison. Au quotidien, la prison casse tout ressort humain : on ne vous demande pas de penser, on ne vous demande pas d'agir, vous n'avez aucune marge d'initiative individuelle. Or, avec le temps, les mois, les années qui passent, certaines facultés humaines, sous-utilisées, sont tout bonnement anéanties.

Par ailleurs, la prison est un lieu extrêmement violent, dans lequel les personnes ne connaissent que le rapport de forces, le mensonge, les pressions physiques et psychologiques. Elle fabrique des gens asociaux, habités par la haine, et ce n'est certainement pas sur ce terreau-là qu'on peut construire les citoyens que la loi appelle de ses voeux dans l'objectif de réinsertion.


M. Gil-Robles dénonce la durée maximale du placement au quartier disciplinaire, de quarante-cinq jours, et la procédure d'isolement, laissée à la discrétion des directeurs de prison. Qu'en pensez-vous, vous qui avez connu l'un et l'autre ?

Le rapport de Gil-Robles pointe la question du quartier disciplinaire et de l'isolement dans leur réelle dureté. Le mitard est un des lieux les plus suicidogènes en prison, où la vie est totalement insupportable. Plonger les personnes, pendant quarante-cinq jours, dans une situation où le contact humain est quasi nul, sauf pour la distribution du repas trois fois par jour, et pour une promenade solitaire où vous n'avez pas le droit de parler, c'est le summum du manque d'humanité de tout le système.

Même chose pour le placement à l'isolement, qui relève du droit divin du directeur sur des centaines de personnes, et ce à l'heure du troisième millénaire. Il faut que cette procédure soit extrêmement encadrée, pour qu'on ne voie plus les abus commis aujourd'hui de placement au quartier d'isolement de détenus pendant des années. On rend ces personnes totalement incapables d'avoir une attitude non seulement citoyenne mais même fraternelle à l'égard de leurs contemporains.


M. Gil-Robles insiste sur la "surpopulation carcérale chronique" en France. Comment remédier à cette situation ?

La responsabilité de cette situation revient aux élus de ce pays. Aujourd'hui, on voit comment l'ambiance générale ultrasécuritaire produit ses effets. L'idée d'anéantir toute forme de troubles, quel que soit leur niveau, aboutit à ce que les magistrats aient le réflexe facile et dangereux du recours à la prison. C'est l'impact d'un discours extrêmement clair, qui fait que tout ce qui n'est pas conforme à la loi est susceptible de finir en prison.


En 2000, deux commissions d'enquête parlementaires dénonçaient les conditions "indignes" de la détention en France. Comment expliquer, six ans après, que rien n'ait changé ?

En 2000, la France avait regardé, dans les yeux, la situation des prisons de son pays et avait affirmé que la situation ne pouvait plus durer. Un projet de loi pénitentiaire avait été élaboré, qui n'a pas abouti, car la gauche l'a abandonné, en 2001-2002, pour des raisons électoralistes. Ensuite, la droite a renié totalement ces orientations, ce qui a conduit à une politique extrêmement répressive avec la systématisation de l'outil carcéral.

Rien, pourtant, ne sera possible sans véritable courage politique. L'utilisation de la torture a été abolie il y a quelques siècles, comme la peine de mort, en 1981. Aujourd'hui, il faut en finir avec la prison placée au centre du dispositif répressif de la société. Il faut mettre en place des peines qui font sens, qui fassent appel à l'intelligence des condamnés, qui relèvent les personnes et non les abaissent. Les peines privatives de liberté ont fait la preuve de leur échec : il faut que le personnel politique en prenne acte et qu'au nom de l'intérêt de la société, au nom de la sécurité, on en finisse avec l'incarcération massive.

Propos recueillis par Cécile Prieur

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M. Clément : un rapport "injuste"

Le ministre de la justice, Pascal Clément, a jugé, mercredi 15 février, que le rapport du Conseil de l'Europe ne reflétait pas "la réalité des efforts sans précédent pour moderniser le parc pénitentiaire" des gouvernements appartenant à l'actuelle majorité. Même si le rapport contient des éléments "incontestables", le ministre le qualifie d'"injuste" et de "difficile", rappelant qu'un programme de "plus de 13 300 places de prison et 3 000 places de réhabilitation de prison" a été lancé par le gouvernement en 2002.

Par ailleurs, dans une lettre adressée à Alvaro Gil-Robles, auteur du rapport, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, annonce la fermeture du centre de rétention pour hommes du palais de justice de Paris, en juin, et celui de Marseille-Arenc, en mai.


02/10/2006

La liberté d'opinion version "Charlie Hebdo"

A la Une des titres ce mercredi, les caricatures de Mahomet sont dans "Charlie Hebdo". Egalement dans le journal, c'est le grand jour pour le juge Fabrice Burgaud. Et enfin, un méthode made in USA qui se développe pour capturer les criminels. C'est dans le journal aux Etats-Unis.

C'est dans le Journal. D'abord, les fameuses caricatures de Mahomet sont dans le journal, ce matin, en l'occurrence "Charlie Hebdo".
Oui, tous les dessins du scandale tels qu'ils se trouvaient dans le journal danois sont reproduits dans le numéro de cette semaine de "Charlie", qui met un point d'honneur à braver toute restriction en la matière, et qui fait de la liberté d'opinion indivisible un principe, pour le coup, provocateur. En égratignant l'Islam, mais pas seulement, car le même genre d'aventure était arrivé jadis au journal avec les milieux catholiques, ce qui vaut une rafale de dessins "multi-religieux", dans le journal, dont aucun dieu, si j'ose dire, ne sort indemne.

Et plusieurs personnalités du journal ont pris la plume, pour défendre la ligne adoptée.

Oui, comme Cavanna, comme Philippe Lançon, comme Siné, et Philippe Val écrit dans son éditorial cette semaine que "toutes les religions du monde interdisent ou prescrivent un nombre incalculable de choses. Si chacune d'entre elles prétendait vouloir imposer toutes ses prescriptions à tout le monde, nous ne pourrions jamais manger, boire ou dormir, ni nous habiller, ni nous raser, ni dessiner, ni vivre en somme. Les tabous des religions ne concernent que leurs fidèles". C'est dans "Charlie Hebdo".

Sinon, grand sujet du jour : l'audition du juge Burgaud.

Oui, ce matin, les unes se partagent entre cet événement médiatico-judiciaire et les manifestations d'hier contre le CPE, avec cette belle diversité d'appréciation dans le journal, puisque le titre du "Figaro", c'est je cite le grand titre "CPE : l'échec de la mobilisation", et pour "l'Humanité", c'est "CPE : Villepin désavoué". Donc une chose et le contraire. Voilà. Sinon, en effet, c'est le juge Burgaud qui mobilise pas mal de unes. "A vous de le juger", titre de "France-Soir". "Le juge Burgaud va devoir s'expliquer" pour "La Voix du Nord", "La téléjustice", pour "le Parisien-Aujourd'hui en France". Le caractère très inhabituel de la retransmission en direct sur les chaînes de télé fait naître quelques commentaires, comme dans "La Croix", Dominique Quinio, qui, dans son éditorial intitulé "reality procès" écrit ceci : "Il y a quelque chose de terrible dans cette retransmission qui va livrer en pâture à l'opinion, un coupable, entre guillemets, coupable, portant comme un bouc émissaire tous les pêchés du monde et de la justice". C'est là-dessus que portent beaucoup de commentaires et d'enquêtes dans le journal. Car s'il a commis de lourdes fautes, le juge n'était pas seul à gérer ce dossier. D'ailleurs, dans une travail d'investigation détaillé, Yves Bordenave et Jacques Follorou, du "Monde", ont remonté toute la chaîne, si ce n'est de décision, au moins de connaissance qui reliait de nombreux magistrats au dessus de Burgaud, jusqu'au cabinet du ou des Gardes de Sceaux, devrait-on dire, car deux ministres se sont succédés tout au long de cette instruction. Bref, 64 magistrats en tout, 64, ont eu connaissance du dossier. Pour Patrick Sabatier, de "Libération", la commission parlementaire qui entendra cet après midi Fabrice Burgaud "devra éviter deux écueils. L'un serait d'occulter la responsabilité du juge, en arguant que tout le monde, donc personne, n'est coupable des errements d'Outreau. L'autre serait de le clouer au pilori, oubliant qu'il n'a été qu'un exécutant aux ordres d'un système à la dérive parce qu'il oublie la présomption d'innocence, donc l'esprit de la loi. Cette commission", écrit encore Sabatier, "n'est ni un show, ni un tribunal". Et dans "Le Havre Presse", Jean-Marie Gautier ajoute que "l'on attend de cette ultra médiatique audition autre chose qu'un surprenant moment de télévision. On ose espérer de la lumière, des explications, de la compréhension et, peut être de l'émotion, surtout que puissent être franchis quelques pas décisifs vers une justice plus humaine".

Et puis, un peu discutable, mais rudement efficace, cette méthode qui se développe pour capturer les criminels. C'est dans le journal aux Etats-Unis.

Oui, sur le bord des routes américaines, ou au dessus des grandes artères de circulation en ville aussi, on n'a jamais tant vu de panneaux, avec, au lieu d'une publicité, la photo en très grandes dimensions d'un criminel recherché, ainsi qu'un numéro de téléphone et la récompense offerte pour un renseignement qui permettra de l'arrêter. Ca existe depuis la grande époque du Far West, et ça n'a jamais eu autant de succès. C'est dans le journal "USA Today" que l'on nous décrit en détail la vogue grandissante de cette méthode en effet extrêmement efficace. Dans une ville comme Kansas City, par exemple, en deux ans, sur 10 fugitifs dont la photo était ainsi exposée au public, 8 ont été capturés, dont sept directement grâce aux informations données par les passants ou les automobilistes qui avaient vu les panneaux. C'est un des patrons de la police locale qui le dit fièrement au journaliste de "USA Today". On nous explique aussi qu'il y a débat parmi les juristes sur le bien-fondé de telle méthode, mais l'efficacité est telle qu'elle emporte toutes réserves. Dans le conté de Yakima près de Washington, sept évadés d'une prison ont pu être repris comme ça. A Dallas, on a construit un de ces panneaux géants pour le suspect d'un meurtre avec vol à main armé. Moins de deux semaines plus tard, il s'est rendu, exaspéré sans doute de voir son portrait en trois mètres sur quatre au coin de la rue. Il est en prison, et l'expression "photo-maton", n'a jamais si bien porté son nom.


02/03/2006

A Danish Muslim activist speaks

David Rennie has been the Europe Correspondent of The Daily Telegraph since January 2005. He was previously posted to Sydney, Beijing and Washington DC. He lives in Brussels with his wife and two young children

Last night, for the newspaper edition, I spoke at length to a spokesman for the group of Danish imams and activists who have done more than anyone else to bring the Mohammed cartoon row to international prominence.

As this blog has reported in the last couple of days, there have been sharp questions in Denmark about the role played by these Danish Muslim delegations that made repeated trips to the Middle East late last year. There have been still sharper questions about the 43 page dossier on "Danish racism and Islamophobia" they carried with them, in meetings with scholars, officials of the Arab League and senior clerics in Cairo and Beirut.

The delegations were publicly criticised by the Danish prime minister, Anders Fogh Rasmussen, who said he was "speechless" that his fellow countrymen could tour the Arab world "inciting antipathy towards Denmark".

Above all, there have been serious concerns about three mysterious cartoons that were included in the dossier, in addition to the 12 images that started the row when they were published by a Danish newspaper, Jyllands-Posten, in September.

The extra cartoons, whose origins remain obscure, included an image of Mohammed with a pig's snout, one of a dog raping a praying Muslim, and one depicting Mohammed as a "Paedophile demon".

As I report in today's Daily Telegraph, several media organisations, some in the Arab world but also including the BBC and the Australian SBS television network, have mistakenly reported that the pig-snouted cartoon was one of those published in "Jyllands-Posten."

To an extent, this entire blog is an experiment - as some readers have made very clear, one of the touchstones of the blogosphere is the shared belief that the mainstream media sometimes (often?) does a lousy job of reporting news, at least at anything more than the most superficial level.

I do not entirely agree - you would not expect me to. But where does that leave MSM bloggers like me?

I propose an experiment. It is clear from blogs worldwide that there is a great interest in knowing more about the cartoon row, and its origins, so bloggers can then subject that information to their own analysis.

As a staff reporter for a big newspaper, I enjoy certain privileges - one of which is the chance to get people at the heart of stories to speak to me. I cannot deny that one of the limitations of print media is we then only have room to carry some of what we learn from such interviews.

So I propose to print here more or less the entire contents of my notebook, after speaking to the spokesman for this Danish Muslim group. I do not have time to polish it, please feel free to quarry it for your own thoughts. His name is Ahmed Akkari, he told me he is "about 30", and he told me his side of the story about the three extra cartoons, and gave me his version of the row.

I do not endorse or condemn what he says by printing it here. I have spoken to Danish reporters who complain that some of the things Mr Akkari has told them have not always checked out. In particular, when they asked to meet the Muslims supposedly sent the three extra cartoons as hate mail (see below), he did not agree to the request.

This is going to be an unusual and long posting. If readers feel this a worthwhile experiment, or inappropriate for this blog, do let me know.

Q: I would like to ask you about the delegations that traveled to the Middle East, and the dossier with the cartoons. I wanted to clarify the origins of the extra three cartoons.

Amhed Akkari: Actually, these three cartoons weren't in the newspaper, that was written in the dossier that the persons took with them. The dossier had the 12 newspaper pictures in colour, these three (extra) cartoons came very much later in the dossier. They were inside, but separated from the newspaper cartoons by a lot of letters, letters that had been sent to the minister of culture and so on.

[The extras] were in white and black, and there was no address on them.

Amur Musa [secretary-general of the Arab League, one of the leaders shown the dossier] is not a small child, to think that this is "Jyllands-Posten" when he sees an amateur picture like this one, and neither is the mufti of Egypt, and the others. They are not people who can be quickly made tense by seeing such a picture. Neither is the cardinal of the Maronite church in Lebanon, we also visited him and showed him the same dossier.

The problem is that some Danish newspaper has made a sandstorm about these three, but an expert, several Danish experts, one of them is called Nina Smith, she had this dossier in front of her on television, live in Denmark, and she said there is no manipulation in this dossier, and she had all the cartoons before her. So it is actually a minor false information that is out there.

I was with one of the delegation, and I can inform you that we were four or five educated persons with an academic background, it wasn't people who are illiterate or something like that.

We have given this dossier to all the Danish newspapers, we haven't hidden it, if there was something wrong you should hide it. Danish television, their journalists told me they could see very clearly it was written in this appendix, what is in the dossier, one, two, three, and it was written very clearly that these were anonymous letters that Muslims got after participating in the debate.

We have written this in two places, and our lawyer he is called Heverman [?] if you like you can phone him, and he told us: "Your case is very clear, because you have made clear exactly about these cartoons. We have been accused falsely, and he said it is very easy to make it clear, and you can call him, he's from a big lawyer company here in Copenhagen.

Q: Were your visits the main reason for the interest in the cartoons? Why have they suddenly become a big issue?

A: I think because it was only by now that the average Muslim in the world heard about the cartoons. If you remember, Pakistan was one of the countries who very quickly responded. But we haven't been in Pakistan, we haven't sent any dossier, we haven't shown them any pictures. In Kashmir, they closed their shops, and there were protests.

I think why there is a strong attention on the case now is there has been the pilgrimage, there has been the Hajj to Mecca, you know the Hajj is where 2.5 million Muslims meet, there are conferences and small talks here and there, and I think that it was just in the Hajj that for example Saudi and other countries may have heard about the case, and thought it was very, very bad, and they began to react.

We haven't been in Saudi Arabia, we haven't been in Iran or Iraq, or visited any funny, let us say terror cells, or any people of that kind. We have visited the same mufti [of Egypt] that was visited by the French prime minister a year ago, you remember what he said then?

This mufti said then he could not interfere in French affairs about the headscarf [law]. This same mufti, we showed him the cartoons of Jyllands-Posten, he reacted and said this is unacceptable. The same man.

Q: What do you think about the current reaction in the Muslim world? Is it excessive, or appropriate?

A: I think it is natural, actually, because you know Jyllands-Posten has stepped on the feelings of one billion Muslims in the world, by drawing their prophet with a bomb in his head, and by making him ugly and a criminal with one eye.

You know, we Muslims love Mohammed very much, Muslims [can be] cultural, moderate, fundamental, radical, but everybody goes back to Mohammed, and they say, I am connected with Mohammed.

The most calm and cultural Muslim cannot accept that I am accused of following a man who has a bomb in his head that is going to blow up in a second, this is what makes the reactions, believe me.

Here in Denmark we have a debate right now about freedom of speech, we have a debate about drawing Mohammed or not. But I have seen some history books in the library, where they have some drawings of Mohammed, from Iranian and Persian ancient times.

Why didn't Muslims protest on those, if the problem was drawings? The problem was the way he has been drawn, and the negative attitude it leaves in the eyes of the viewer.

Q: So do you support the right of Western authors to use respectful drawings of Mohammed?

A: I actually think we should take this debate later. This has been a debate between Muslim scholars for many hundred years and so on. Let us just get to a point where we can understand each other, us and this newspaper. We had two newspapers, did you know that?

I was there, and we told the chief editor very clearly, we said Carsten, please, when you talk about freedom of speech and censorship, because he said to us they were making a test to see if they was any censorship. We told him please, as well as we are informed, historically, the freedom of speech has been there to stand up to leaders, to dictators, when governments close the mouths of the people.

But we never understood that you should try to test the freedom of speech on one of the most exhausted, and discriminated against and weak communities in Europe, everybody knows that about the Muslim community. We have criminal youngsters, we have fanatics, we have social and economic problems, we have a large number of people who are illiterate and have low qualifications.

Trying to test the freedom of speech against a group like that? And using the character of someone like Mohammed who is a worldwide character, that is very well respected by many non-Muslims, as a person who had great influence in history. They can criticise, but to put a bomb in his head, like that, it was very bad.

Q: What do you think about threats to Danes, and the death threats to the original cartoonists?

A: We set out our views very clearly at a press conference two days ago. I am the spokesman of this group. The European Committee for Honouring the Prophet. 27 organisations, and I said clearly on behalf of them, we do not accept that any Danish citizen should be hurt, and burning the flag is not anything that makes good. I am a Danish citizen, we also have some 5,000 Muslims who are ethnic Danish, and the flag is their flag.

Q: Is the flag your flag?

A: Yes, and I said for us Muslims that [Rasmussen] is also our prime minister, I haven't made any revolution against him.

Q: Do you support the consumer boycott?

A: I was surprised it got so far. We haven't had any influence on what has happened, so I cannot say any negative or positive thing about it. I have an understanding of the anger, because we knew, we knew that what the newspaper did will bring this anger.

I was also surprised it went so far very quickly. The latest developments are very dangerous. If some militant group goes to church and does something wrong it can really escalate, and make a danger in the European community. I am afraid if we do not try to make this case end, and talk to the Arab world in a good way, make the newspapers take their responsibility at the same time, it will perhaps be possible for some average person...

You know in Denmark we have some right wing extremists, and we have in the Muslim world also average people who maybe do not have a reasonable mind. Tomorrow [Friday], I am going to speak on one of the largest satellite programmes in the Muslim world, on Orbit.

I have a message for the Arab world, they cannot say to the Queen in Denmark that she should come and make an apology. You know, I just laughed and slapped my head [when I heard that demand]. It is not fair, because she has no political powers, and they must understand.

You know, al-Jazeera, on their news they said 79 per cent of Danes does not want an apology [for the cartoons]. But this was only an opinion poll of 500 Danes, so the message on al-Jazeera is totally wrong, it will give the wrong impression of the Danish population.

Q: Is there a danger of violence?

A: For four months, we have been trying to take this conflict in hand politically, through the legal system, so we should not see any case, any scenario like Holland.

Q: Like the killing of Theo van Gogh?

A: Yes. I can tell you, if just one person does anything wrong in Denmark, I think our mosques, our institutions, our women, our girls will be a target for some right-wing extremists here in Denmark. It isn't in any Muslims' interests that this case will escalate.

Q: Do you think it will happen?

A: I am afraid, we had a meeting with the Danish intelligence service two days ago, we came out with a common press release, and other Muslims and imams. At that meeting, they said that the situation is very, very tense, and they asked that we should participate, to talk to people, we said we would.

Right now we have an SMS going round between our contacts, telling people not to react to provocations from right-wing extremists, like burning the Koran, but I know some Muslims will not listen to our message.

If you follow our steps from the beginning, you can see we did not start our movement by traveling to the Middle East, we started in Denmark by contacting several officials and newspapers, and the next step was contacting ambassadors.

You know, if we really wanted war and to make people angry, we should have traveled to Pakistan and Saudi Arabia from the beginning, because the people there react in another way than they do in Egypt or the Lebanon.

Lebanon there are maybe 20 different religions and ethnic groups. If we wanted a purely Muslim community we should have chosen Saudi Arabia, or Iran, or Pakistan.

Our good intentions are very clear, we go to countries that we know can make a good influence, but unfortunately the case has gone out of hand because the newspaper has not accepted that they have to take a responsibility in this case, and they have made a great mistake.

Q: What do you think about the other European newspapers that have printed the cartoons?

A: I think they do not know what they are doing, actually, and I do not hope they are going to fulfil the [Samuel] Huntington prophecy of the "Clash of Civilisations". They are saying, ok, let's clash, we have our values and so on.

Q: Do you think there will be a clash of civilizations?

A: I hope not. I have read the Huntington book, and he has some points, but I hope that what others say will be true.

Q: I have read you are an imam?

A: No, I am a spokesman for 27 organisations. I am a Danish citizen, I have some theological background, but I am educated in sociology and pedagogy.

Q: Do those include Hizb al-Tahrir? [a radical Islamic group present in Denmark].

A: No, they are not with us. I was very astonished they did not react, but I was afraid that this group, of all groups, would use this chance to do something. I am really astonished by this reaction.

Q: You are linked to Ahmed Abu Laban? [a leading Danish imam, accused in the Danish media of saying one thing at home, and another to the Arab world]

A: No, Abu Laban and his mosque is one of the 27 organisations,. We also have Turkish communities, and Pakistani groups and so on.

Q: Do you feel some violence is more likely than not?

A: It is more likely. I have actually received threats on my phone. Also, one of the other leaders of a delegation, some people came to his home and asked his neighbours which was his home.

It is more likely right now, here and now, any minute that we will hear of violence, unless the police can keep an eye on it, and God protects us.

Q: Do you think the violence will come from one side, or either side?

A: I am sure it could come from both sides, because many Europeans are not so well aware about the dangers from right-wing extremists. They are just as dangerous as Muslim extremists. But they are very organised, and working under the table, so you cannot see them.

Q: What is the level of anger among young Muslims you know. High enough for them to do something stupid?

A: It is very high. But not so much in Denmark, I think a lot of the young people [here] have shown us fortunately for four months now that they are not going to do something illegal. Hopefully they will keep to that.

Q: But outside Denmark?

A: You can watch the news, like me. I have just seen some Iraqi group threatening Denmark, and some Qa'eda group threatening Denmark. We saw pictures from Gaza some moments ago.

01/10/2006

,,Sterke leider nodig om vrede te sluiten''

De reacties op de politieke dood van Ariel Sharon in de Belgische joodse gemeenschap zijn even divers als die gemeenschap is. Joël Rubinfeld, voorzitter van de in Brussel gevestigde denktank Atlantis Institute, kijkt vooral naar de weerslag in het Nabije Oosten.

Hoe reageert u persoonlijk op de zware beroerte die Ariel Sharon heeft getroffen?

Met een gevoel van droefheid ten aanzien van het personage dat hij geweest is, en vooral ten aanzien van de weg die hij nog af te leggen had. Hij verlaat het politieke toneel op een cruciaal moment. Met de terugtrekking uit Gaza toonde hij dat hij fundamentele beslissingen kon nemen.

Men zegt dat er vaak een havik nodig is om vrede te kunnen sluiten. Gold dat voor Sharon?

Ik hou niet zo erg van de term havik omdat die zo beladen is geraakt. Maar wat u zegt is zeker toepasselijk in het Nabije Oosten. Als een leider zoals Sharon een vredesdaad stelt, heeft dat in Israël en bij de Arabische buren een heel andere impact dan wanneer een linkse politicus dat doet.

De Israëli's snakken naar vrede. Maar ze willen ook zeker zijn dat ze beschermd worden tegen terrorisme, dat het bestaan van hun staat verzekerd is. Met Sharon geloofden velen dat hij hen naar vrede kon leiden, en waren ze tegelijk zeker dat hij hard zou terugslaan tegen aanvallen of bedreigingen.

En wat de Arabische wereld betreft, daar bestaat een cultuur van eerbied voor macht en kracht. Een gesprekspartner kan er maar iets bereiken als hij gerespecteerd en enigszins gevreesd wordt.

Kijk naar de ,,havik'' Menachem Begin. Hij is het die vrede heeft gesloten met Eygpte, dat altijd de oorlogen tegen Israël had aangevoerd, en die de Israëli's de teruggave van Sinaï wist te doen aanvaarden.

Net nu Sharon uitgeschakeld is, hervat Iran zijn werk aan nucleaire brandstof. De president van datzelfde land zegt dat Israël van de wereldbol moet geveegd worden.

Dat is een enorm probleem. Maar weet u, wat president Ahmadinejad zegt, dat zegt Iran al sinds de islamitische revolutie van Khomeini in 1979. De verklaringen van Ahmadinejad hebben tenminste het voordeel dat alles nu duidelijk is. Niemand zal nog kunnen zeggen dat ze het niet wisten.

Het is goed dat ditmaal de VN gereageerd hebben. De Veiligheidsraad heeft eenparig de negationistische en antisemitische verklaringen van Ahmadinejad veroordeeld. Ook Algerije stemde mee.

Hoe schat u de kansen in van de Europese Unie om Iran tot andere gedachten te brengen over het nucleaire?

Het ideologische regime is Europa al drie jaar aan het lijntje aan het houden. Het speelt op tijd, tot het op een dag met een kernproef in zijn woestijn de wereld voor een voldongen feit zal zetten. En dan zal Israël natuurlijk het zwaarst bedreigd zijn. Maar dan zal ook de rest van de wereld een groot nieuw probleem hebben.

Europa heeft vijftig jaar in een Koude Oorlogssfeer geleefd tussen de atoomstrijdmachten van de Verenigde Staten en de Sovjet-Unie. Een ramp is uitgebleven, onder meer door het overlevingsinstinct van beide mogendheden, die wisten dat ze met een kernaanval een vernietigende terugslag riskeerden. Maar wat als het atoomwapen in handen komt van een regime dat de dood verheerlijkt als martelaarschap? Een Iran met tien atoomwapens is gevaarlijker dan een Sovjet-Unie met vijfduizend, en dat niet alleen voor Israël.

Het Zweeds parlement heeft een voorbeeld gegeven door zijn relaties met het Iraanse te verbreken uit protest tegen de verklaringen van Ahmadinejad. In andere Europese landen zie ik alleen woorden.

Eind deze maand dreigt de Hamas, die ook de vernietiging van Israël wil, goed te scoren in de Palestijnse verkiezingen. Maakt dat de situatie nog explosiever?

Indien Hamas aan de macht zou komen, zou dat catastrofaal zijn, om te beginnen voor de Palestijnen zelf. Het zou ook het vredesproces voor lange tijd blokkeren. Op termijn is het natuurlijk mogelijk dat Hamas, als het aan de macht is, zijn standpunten onder druk van de realiteit aanpast, zoals ook de PLO gedaan heeft.

Een groot probleem is dat president Mahmoud Abbas zich niet heeft kunnen opwerpen als een sterke leider. Voor vrede tussen Israël en de Palestijnen zijn aan beide zijden leiders als een Washington of Lincoln of Churchill nodig.

In Israël blijkt nu hoezeer Ariel Sharon het politieke toneel domineerde. Is dat niet vreemd in een democratie?

Ja, het is niet gezond dat in een democratie alles zozeer van één man afhangt. Maar vergeet niet dat Sharon vijf jaar geleden ook niet het statuut had dat hij nu heeft. Het is goed mogelijk dat Ehud Olmert, die toch al tien jaar burgemeester van Jeruzalem is, in zijn nieuwe rol zal groeien. Dat Sharon hem als zijn opvolger heeft aangeduid, wil toch iets zeggen.

Van onze redactrice Mia Doornaert

Des hommes forts pour conclure la paix

Propos recueillis par Mia Doornaert pour De Standaard

De Standaard - Comment réagissez-vous à la grave attaque cérébrale qui a frappé Ariel Sharon ?

Joël Rubinfeld - Avec un sentiment de tristesse eu égard à ses accomplissements et au chemin qu'il lui restait à parcourir. Il quitte la scène politique à un moment crucial. Il a, avec le retrait de Gaza, démontré qu'il savait prendre des décisions cruciales.

On dit souvent qu'il faut un faucon pour conclure la paix. Cela vaut-il pour Sharon ?

Je n'aime pas tellement le terme « faucon » à cause de sa connotation péjorative. Mais ce que vous dites est certainement d'application pour le Proche-Orient. Lorsqu'un dirigeant comme Sharon pose un acte pour la paix, cela a, en Israël et auprès de ses voisins arabes, un tout autre impact que s'il était posé par un homme politique de gauche.

Ariel Sharon a démontré qu'il savait prendre des décisions cruciales
Les Israéliens aspirent à la paix. Mais ils veulent aussi être défendus avec efficacité face au terrorisme et savoir que la pérennité de leur Etat est assurée. Nombreux sont ceux qui voyaient en Sharon la personne qui pouvait tout à la fois les mener vers la paix et répondre avec fermeté aux attentats et menaces.

Dans le monde arabe prévaut une culture basée sur le respect, l'autorité et la force. Pour y obtenir des résultats lors de négociations, il faut être respecté voire craint. Prenons l'exemple du « faucon » Menahem Begin. C'est lui qui a conclu la paix avec l'Egypte - pays qui a toujours mené les guerres contre Israël - et qui a su faire accepter aux Israéliens la restitution du Sinaï.

Alors même que Sharon est hors de combat l'Iran reprend l'enrichissement nucléaire. Le président de ce même pays dit qu'Israël doit être rayé de la carte.

C'est un énorme problème. Il convient de rappeler que ce que dit le président Ahmadinejad au sujet d'Israël n'est rien d'autre que ce que proclame l'Iran depuis la révolution islamique de Khomeiny en 1979. Les déclarations d'Ahmadinejad ont au moins le mérite de lever toute ambiguïté. Nul ne pourra désormais dire qu'il ne savait pas. C'est une bonne chose que, cette fois, les Nations unies aient réagi. Le Conseil de sécurité a condamné à l'unanimité les déclarations négationnistes et antisémites d'Ahmadinejad. L'Algérie a également voté en faveur de la condamnation.

Comment évaluez-vous les chances de l'Union européenne à modifier l'approche de l'Iran sur le nucléaire ?

Cela fait trois ans que le régime iranien tourne l'Europe en bourrique. Il temporise jusqu'au jour où, par un essai nucléaire dans le désert iranien, il nous mettra devant le fait accompli. Dès lors, Israël sera évidemment aux premières loges des nations menacées. Mais le reste du monde devra également faire face à un problème de taille.

Un Iran avec dix têtes nucléaires est plus dangereux qu'une Union soviétique avec 5.000 bombes, et pas que pour Israël
L'Europe a, cinquante années durant, vécu dans une atmosphère de guerre froide au milieu des superpuissances atomiques américaine et soviétique. La catastrophe n'est pas survenue, notamment grâce à l'instinct de survie des deux protagonistes qui savaient qu'une attaque nucléaire de leur part faisait courir le risque de leur propre anéantissement. Mais quid si la bombe atomique tombe entre les mains d'un régime qui glorifie la mort en « martyre » ? Un Iran avec dix têtes nucléaires est plus dangereux qu'une Union soviétique avec 5.000 bombes, et pas que pour Israël.

Le Parlement suédois a donné l'exemple en rompant ses relations avec l'Iran suite aux déclarations d'Ahmadinejad. Pour les autres pays européens, il n'y a eu, à ce jour, que des mots.

Le Hamas, qui lui aussi veut la destruction d'Israël, risque d'obtenir de bons résultats aux élections palestiniennes qui se tiendront à la fin de ce mois. Cela rend-t-il la situation encore plus explosive ?

Les conséquences d'un Hamas au pouvoir seraient catastrophiques. Le peuple palestinien sera d'ailleurs le premier à en pâtir. Un tel cas de figure aura notamment pour effet de bloquer durablement le processus de paix. Ceci dit, il n'est pas impossible que le Hamas, s'il arrive au pouvoir, modifie graduellement ses positions comme l'a fait l'OLP par le passé.

En fait, le problème est que le président Mahmoud Abbas ne se soit pas imposé comme un homme fort. La paix entre Israéliens et Palestiniens nécessite qu'il y ait, des deux côtés, des leaders de l'envergure d'un Washington, d'un Lincoln ou d'un Churchill.

L'état de santé d'Ariel Sharon révèle à quel point ce dernier dominait la scène politique. N'est-ce pas étrange pour une démocratie ?

Oui, il n'est pas bon que dans une démocratie tant de choses reposent sur les épaules d'un seul homme. Mais n'oublions pas que Sharon n'était pas, il y a cinq années à peine, perçu comme il l'est aujourd'hui. Il est bien possible qu'Ehud Olmert, qui a tout de même été maire de Jérusalem une décennie durant, acquière une autre dimension à l'exercice de sa nouvelle fonction. Que Sharon l'ait lui-même désigné comme son héritier politique est en soi significatif.

Joël Rubinfeld est président de l'Atlantis Institute

Esclavage, quelle place dans la mémoire collective

L'intégralité du débat avec Christiane Taubira (Parti radical de gauche), députée de Guyane, lundi 9 mai, à 12 h .

akari : Bonjour. Tout d'abord, une question concernant les "Indigènes de la République". Avez-vous signé la pétition, et pourquoi ?

Christiane Taubira : Non, je n'ai pas signé cette pétition. Je n'ai pas éprouvé le besoin de la signer car même si le contenu de ce texte, pour l'essentiel, me paraît juste, le ton ne l'est pas. Je ne pense pas qu'il soit mobilisateur. Par contre, j'espère qu'ils seront capables d'aller au-delà pour inscrire dans l'ensemble des revendications d'égalité le sentiment particulier de ceux qui portent en charge l'histoire coloniale de la France.

Abelus : Que pensez-vous de certaines personnes, comme M. Finkielkraut, qui disent que nous nous installons, nous Antillais, dans une compétition victimaire ?

Christiane Taubira : Autant je refuse la guerre des mémoires, autant je refuse les stigmatisations globales. La vie ensemble suppose le respect mutuel. M. Finkielkraut a plusieurs fois énoncé quelques égarements. Je pense que ce n'est pas contre lui que doit se construire un discours d'appartenance à la communauté française de la part des Antillais. Ce discours doit s'articuler à l'identité nationale, à la fois par rapport à l'Histoire et par rapport à l'idéal partagé.

"UNE PLACE TRÈS AMBIGUË DANS NOS MÉMOIRES"

JLB : Quelle place occupe l'esclavage dans la mémoire créole antillaise et dans la mémoire créole guyanaise ?

Christiane Taubira : L'esclavage occupe une place très ambiguë dans nos mémoires. Elle est à la fois envahissante et absente. Elle est envahissante par rapport à notre environnement et à la connaissance empirique que nous en avons. Elle l'est aussi par l'engouement populaire autour des initiatives de célébrations, notamment associatives. Je parle des Antillais de la Guyane. Mais elle est absente parce qu'elle ne traverse pas de façon consciente et réfléchie ni la définition de nous-mêmes, ni notre rapport aux autres, ni la façon de construire un avenir en surmontant lucidement les pesanteurs de cette histoire.

Gabriel : La classe politique semble-t-elle réceptive ou largement indifférente à votre combat pour la reconnaissance de l'esclavage dans la mémoire collective ?

Gabriel : Avez-vous le sentiment d'un changement d'attitude de la part des pouvoirs publics depuis quelques années ou d'un immobilisme complet ?

Christiane Taubira : Ce n'est pas une indifférence, mais probablement une sous-estimation de l'importance de cette question pour les gens qui eux-mêmes ont besoin de comprendre pourquoi ils vivent encore dans une économie de plantation, pourquoi il est plus facile de venir en Europe que d'aller dans les pays voisins, pourquoi l'attachement aux langues créoles, aux cultures, aux arts est si fort mais s'obstine dans une espèce de marronnage (évasion du système dominant). Ils croient que les gens n'ont besoin que de réponses matérielles au quotidien. Et ils sous-estiment la dimension symbolique de l'identité et ses capacités créatrices. Un changement d'attitude ne se mesure pas seulement à une légère amélioration de l'écoute, comme c'est actuellement le cas. Il faut des actes tangibles tels que l'enseignement, des politiques culturelles, l'accompagnement d'une économie plus diversifiée.

Crunky97123 : Comment instaurer l'esclavage dans les mémoires collectives ?

Hr : La mémoire collective ne devrait-elle pas passer par la création de journées de commémoration , à l'instar du génocide de la seconde guerre mondiale ? De plus, comment expliquez-vous que l'on informe si peu les gens sur la réalité de l'esclavage, sur le nombre total de morts, sur les conséquences désatreuses que cela a engendrées sur le comportement de l'Afrique dans son ensemble ?

Christiane Taubira : L'esclavage dans la mémoire collective, à travers des représentations souvent fortement négatives : il s'agit de changer sa place dans la mémoire collective. La commémoration en est un moyen, mais si c'est le plus fort symboliquement, c'est aussi le plus faible pédagogiquement. Il faut effectivement enseigner l'histoire dans toutes ses vérités, mais pas seulement l'histoire, la géographie aussi, parce que la mémoire de l'esclavage est dans l'espace (exemple : les villes portuaires françaises : Nantes, Bordeaux, Le Havre...). Il faut également enseigner la philosophie, qui a été fortement imprégnée dans cette économie. Quant à l'Afrique, on doit de l'extérieur expliquer l'impact considérable de la très longue saignée de ses générations productrices, mais l'Afrique elle-même doit accomplir une lecture endogène de l'histoire du continent, lecture précoloniale, coloniale et postcoloniale, et construire elle-même les moyens de surmonter les conséquences de cette histoire ; de l'extérieur, il faudra veiller à ce que cette démarche-là ne soit pas contrariée.

Kg21 : Alors qu'on discute d'une date "anniversaire" pour l'abolition de l'esclavage, ne pensez-vous pas que ce noble combat a d'autres priorités (excuses aux pays colonisés et ou victimes de l'esclavage, lois condamnant ouvertement le racisme, chapitre concernant l'esclavage dans les livres scolaires) ?

Christiane Taubira : La date est importante parce qu'elle inscrit officiellement dans la conscience collective l'importance de cette histoire. Pour ma part, je ne réclame pas d'excuses, même si je comprends ceux qui ont besoin de cette parole de regret pour retrouver leurs propres forces. Je me situe dans la lutte contre les inégalités, les injustices, et dans l'exigence auprès des pouvoirs publics pour qu'ils mettent en œuvre les politiques nécessaires pour corriger les conséquences actuelles de la traite négrière, de l'esclavage et de la colonisation. Concernant le racisme, la législation française contient de nombreuses dispositions de lutte contre le racisme. Il faut s'organiser pour les mettre en œuvre en accompagnant les victimes. Quant au reste, sur l'enseignement, le Comité pour la mémoire de l'esclavage fait de très bonnes propositions dans son rapport au premier ministre, pour appliquer l'article 2 de la loi de 2001.

BeYondeR : La reconnaissance, par la France, de l'esclavage et de la traite des Noirs comme crime contre l'humanité sans désignation effective de coupables et (donc ?) sans possibilité de réparations n'est-elle pas paradoxale ?

Christiane Taubira : Il est certain qu'il eût été plus réconfortant de voir nommées dans la loi les puissances-Etats qui se sont livrées à ce commerce et à cette activité. Quant aux coupables particuliers, admettons qu'ils ne sont plus de ce monde et que l'hérédité en cette matière est inconcevable. Il faut rappeler que le crime contre l'humanité est imprescriptible, et même si les coupables ne sont pas nommés (les puissances-Etats), leurs équivalents aujourd'hui ont la responsabilité de réparer les effets de ce crime. A nous d'être capables de formuler les réparations utiles à la fois à notre construction identitaire, à une réelle égalité et à une capacité à prendre part aussi bien à l'épanouissement de nos sociétés outre-mer ou ailleurs qu'à la nation française.

Blackpharao : Est-il normal de célébrer l'abolition (valorisant l'homme blanc) alors qu'on occulte les luttes de libération des esclaves (valorisant l'homme noir) ?

Sfth : Pensez-vous que la perception de l'esclavage soit différente selon qu'on soit issu d'une culture qui a subi l'esclavage, ou d'une culture qui l'a conduit ? Si oui, comment combler la différence ?
Jusqu'à l'adoption de la loi de 2001, on célébrait à l'occasion (centenaire, cent cinquantenaire) l'abolition.

Christiane Taubira : La reconnaissance du crime contre l'humanité déplace la problématique et la situe non plus au niveau de l'acte d'abolition, mais au niveau du crime dans sa durée et dans son ampleur. Les propositions du Comité pour la mémoire de l'esclavage concernent, conformément à la loi, une célébration non de l'abolition, mais de l'esclavage des mémoires et des abolitions. C'est dans le contenu de cette célébration que nous devons faire émerger à la fois les grands personnages qui ont mené des insurrections, ceux qui ont organisé des communautés de nègres marrons, ceux qui ont su saboter le système esclavagiste. Cela a commencé avec Toussaint Louverture et Delgrès au Panthéon. Il est temps de faire place aux femmes, comme Dandarah, Solitude, Aqualtune, Harriet Tubman, etc. L'histoire de l'esclavage est complexe. Il n'y a pas tout du long un camp qui l'a subi et un autre, homogène, qui l'a conduit. Il y eut sans arrêt des luttes et il y eut aussi de belles solidarités : d'abolitionnistes, d'ouvriers, de tisserands, de paysans. Lorsque nous enseignons la violence de cette histoire, il faut aussi enseigner ses fraternités magnifiques.

Princehall : Comment pacifier les relations Africains/Antillais par rapport à l'esclavage ?

Christiane Taubira : Les ingrédients de paix sont contenus dans l'Histoire. Seuls ceux qui ont une vision partielle, inexacte et sans doute idéologique de l'histoire peuvent s'amuser à inventer ou conforter des conflits entre Antillais et Africains. D'abord, parce que cela n'a pas de sens de dire qu'à l'égard des puissances européennes, on ne reconnaît pas d'hérédité dans la culpabilité des familles ou des personnes, et en même temps reprocher aux Africains d'aujourd'hui quelques méfaits ou collaborations effectués par le passé. Il y a eu, sur le continent africain, de très belles résistances dans des villages, des soulèvements de solidarité dans les villages traversés par les esclaves enchaînés conduits par leurs esclavagistes, et aujourd'hui, nous avons des luttes communes à mener pour un monde plus juste. Les Antillais ne peuvent arracher leur part d'origine africaine, les Africains ne peuvent se passer de ce que les peuples nouveaux des Amériques et des Caraïbes apportent au monde et à l'Afrique.

"DES PRÉJUGÉS ET DES CLICHÉS"

BeYondeR : Que pensez-vous de cette loi qui semble vouloir établir comme fait historique le prétendu 'rôle bienfaiteur' de la colonisation, alors même que l'histoire de celle-ci n'est pas encore soldée par la République ?

Christiane Taubira : Il y a dans cette loi une révélation et un danger. La révélation, c'est la cohérence du gouvernement actuel dans son approche impérialiste du reste du monde et sa bonne conscience inébranlable sur la supériorité des civilisations européennes. En 1996, déjà, le chef de l'Etat disait que la France devait être fière de ce qu'elle avait fait dans les colonies. Il y a deux ans, le ministre de la santé voulait déjà reconnaître ce rôle positif. Même le vocabulaire du chef de l'Etat est marqué par des préjugés et des clichés. On en a eu un exemple récemment sur la Constitution européenne, lorsqu'il expliquait que si la France votait non, elle serait le mouton noir et le mauvais mouton.
Il y a quelques années, il nous avait fait une partition sur les "odeurs". C'est donc un état d'esprit. Nous devons l'affronter. Quant au danger, ce texte nous fera reculer parce que face au rôle positif de la France, je pense qu'on verra fleurir des concentrés de dégâts dévastateurs de la colonisation, avec alignement de massacres, confiscation des territoires, pillage des ressources, santé publique déplorable, etc. Au lieu d'avancer vers l'histoire-vérité, donc nuancée, on aura une guerre de tranchées d'histoires idéologiques.

Roni971 : Comment réagissez-vous aux polémiques récentes qui ont semblé opposer les souffrances de deux peuples ayant subi le génocide, à savoir le peuple juif et le peuple noir, et qui ont été relayées par des personnalités telles que MM. Dieudonné et Finkielkraut ?

Christiane Taubira : Cette guerre est à la fois stérile et nauséabonde. L'homme, malheureusement, sur tous les continents, a montré, en Europe, en Afrique, en Asie, aux Amériques, sa capacité à se livrer à des génocides et à des crimes contre ceux qui sont différents, mais aussi contre ceux qui lui ressemblent. Face à cette espèce d'universalité de l'horreur, je plaide pour une fraternité et pour une universalité de la vigilance, de la confiance et de la solidarité. L'une des conditions, c'est la rencontre des cultures et des histoires, le dialogue entre les peuples et les communautés.
En partageant nos récits, nous partagerons notre humanité.

Amilcar : Excusez-moi, mais les luttes anticoloniales en Afrique ont été un peu plus que des soulèvements de village. Je suis étonné de vous entendre sous-estimer les résistances constantes contre les colons...

Christiane Taubira : Je répondais à une question sur la pacification entre Antillais et Africains. Je sais que cette question est fondée sur l'argument de la collaboration des Africains à l'esclavage et j'apportais en regard les solidarités plus fréquentes, plus nombreuses et plus importantes que la contribution de quelques rabatteurs africains. S'il s'agit de la période coloniale qui a suivi l'esclavage, évidemment, on n'est plus ni dans la même configuration ni dans les mêmes formes de lutte.

Brice : Sur la question du vocabulaire, ne pensez-vous pas que vous allez trop loin ? Le terme "mouton noir" n'a rien à voir avec des préjugés racistes ...

Christiane Taubira : J'observe simplement que lorsque l'on veut exprimer des choses extrêmement négatives, on parle de "mouton noir", de "trou noir", de "jeudi noir", de "septembre noir", de "frayeur noire", de "dépression noire", etc. Tant que ce sont des propos de comptoir, je n'y vois qu'une mauvaise habitude dans la langue française. Lorsqu'ils sont utilisés par le chef de l'Etat, je me sens en droit de lui demander un peu d'attention.

Elisa : Bonjour, pensez-vous que le livre de Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, soit encore d'actualité ? A cause de l'esclavage et de ses conséquences, reste-t-il dans la mentalité des Noirs cette idée d'infériorité plus ou moins consciente par rapport aux Blancs ?

Christiane Taubira : Oui, le livre de Fanon est encore d'actualité. Non seulement pour cela, mais aussi et surtout pour toutes ces injonctions qu'il fait à l'homme - et à l'homme tout court - de s'évader de toutes les aliénations. Il dit que la vocation de l'homme est d'être lâché. Il dit qu'il n'existe ni homme blanc ni homme noir, et que ce sont là des inventions de l'Europe. Oui, son livre reste d'une cuisante actualité, mais le sentiment d'infériorité est entretenu par des représentations et par des inégalités objectives. Nous avons notre part à prendre pour casser ces inégalités et pour nous lâcher, comme nous y invite Fanon.

Bashug : Quelle est l'attitude des pouvoirs publics quant à l'esclavage moderne qui se cache partout en France, notamment dans les familles diplomatiques ? Le Comité contre l'esclavage moderne semble lutter seul, contre vents et marées...

Christiane Taubira : Le Comité contre l'esclavage moderne accomplit un travail fabuleux. Nous avions en 2001 adopté à l'Assemblée nationale une loi contre l'esclavage moderne. Elle n'a pas été confirmée au Sénat, et certaines de ses dispositions ont été reprises dans la deuxième loi de sécurité de M. Sarkozy. Parmi les dispositions reprises, la création d'un délit spécifique lié à cet esclavage moderne. Malheureusement, de nombreuses mesures ont été abandonnées, telles que l'hébergement des victimes, la facilitation de leurs rapports avec le ministère des affaires étrangères (il s'agit souvent de jeunes étrangères à qui les papiers d'identité ont été confisqués). Et il reste encore beaucoup à faire. La vigilance de chacun s'impose car ces situations de servitude sont punies par la loi. Cela étant, tout en soutenant sans réserve le travail colossal de ce comité, je pense que les termes "esclavage moderne" sont impropres. Il a au moins permis d'aboutir à l'inscription d'un nouveau délit dans le code pénal. Pour la précision des réalités humaines douloureuses, il faut savoir distinguer l'esclavage historique, l'esclavage contemporain, qui a des caractéristiques analogues à l'esclavage historique, les traites contemporaines et les situations de servitude, de surexploitation qui frappent des personnes. Il y a des lieux où l'esclavage se pratique encore officiellement. Il y a d'autres lieux, comme en France, où, interdit par la loi, il est pratiqué sous des formes d'asservissement, de séquestration. Les moyens de lutte sont différents. Sachant que tout confondu, on estime à cent millions le nombre de personnes concernées dans le monde. Nous ne devons laisser aucun répit à ceux qui se livrent à ces commerces et à ces asservissements.

Harvey : Je pense que les Africains francophones sont maintenus dans un état de dépendance vis-à-vis de la France et exploités de fait à travers des mécanismes tels que le "franc CFA", des "pactes de coopération et de défense militaires", etc. Qu'en pensez-vous ?

Christiane Taubira : Je pense que l'Afrique francophone est effectivement dans un rapport de dépendance à l'égard des anciennes puissances coloniales à travers certaines conventions internationales qui ont consolidé l'économie de rentes. Mais l'Afrique n'est pas totalement passive. Ces conventions sont signées par des chefs d'Etat africains, et les conséquences (appauvrissement, crises économiques, migrations humaines...) sont effectivement subies par les peuples africains et par ceux qui sont obligés soit de venir vendre leur force de travail en Europe, soit, de désespoir, de risquer leur vie dans une émigration clandestine et périlleuse. Je veux espérer que l'Union africaine et l'émergence de pays tels que la République d'Afrique du Sud seront de nature à créer une vraie diplomatie africaine, des solidarités durables, une recomposition par grandes régions et un rééquilibrage des rapports de forces dans les relations internationales. La nouvelle génération des Africains, qu'il s'agisse des élites ou des peuples, affranchie des pesanteurs coloniales, devrait y contribuer.

Batman : Pourquoi n'êtes-vous plus indépendantiste ? Ne pensez-vous pas qu'il existe un lien entre reconnaissance de l'esclavage et reconnaissance politique des Antilles ?

Christiane Taubira : Qu'est-ce que la reconnaissance des Antilles ? Elles sont institutionnellement des départements français. J'observe que les mouvements indépendantistes ne sont pas sur une revendication de rupture avec la France. Le conseil régional de Martinique est présidé par un indépendantiste qui a une majorité absolue. Je n'entends aucune revendication de rupture. En Guadeloupe, où s'était tenue la Conférence des dernières colonies il y a une douzaine d'années, je n'entends pas non plus cette revendication de rupture. En Guyane, les mouvements indépendantistes affichés se sont beaucoup engagés sur une réforme institutionnelle à peine équivalente au statut des territoires d'outre-mer (choix de l'article 74 de la Constitution). Par conséquent, ou bien nous sommes dans un échange d'états d'âme individuels, et dans ce cas, je suis prête à vous rencontrer et à partager avec vous mes rêves passés et présents, et à entendre les vôtres. Ou bien nous sommes dans une dynamique démocratique, et dans ce cas, j'interroge les forces politiques constituées outre-mer ou en France, et je suis prête à accorder la plus grande attention aux revendications politiques qui s'expriment. Si vous avez connaissance de choses que j'ignore, merci de me les faire savoir. Quant à l'esclavage, la réalité du passé ne se transforme pas selon les désirs du présent. D'autres régions de l'empire colonial français ont choisi la rupture : violente, comme l'Algérie et l'Indochine, négociée, comme l'Afrique, à part le cas particulier de la Guinée. L'outre-mer a fait un autre choix. Quelles que soient mes nostalgies personnelles, c'est aux peuples de choisir leur destin.

Chat modéré par Constance Baudry et Stéphane Mazzorato

12/27/2005

Violences urbaines, l'autre exception Corse

D'origine corse et algérienne, Aziz Sahiri est expertès violences urbaines. Il décrypte les similitudes entre la situation des banlieues françaises et la Corse.

Comment expliquez-vous que la Corse soit la seule région épargnée par les émeutes urbaines ?
D'abord, les populations d'origine maghrébine et africaine sont beaucoup moins nombreuses et concentrées en Corse que dans les cités des grandes agglomérations sur le continent. Et puis, en Corse, il y a un climat général : avant d'entrer dans une logique d'opposition, ces populations savent, qu'en retour, une réaction de la population corse est toujours possible. D'où, probablement, une attitude de retenue avant de passer à l'acte.

Pourquoi la situation a-t-elle dégénéré précisément ces dernières semaines ?
C'est la conséquence d'un long processus... Il y a encore une vingtaine d'années, le Parti communiste assumait encore un rôle de régulateur social et politique. Il existait quand même une solidarité collective. Depuis l'effondrement du PCF, notamment grâce à l'aide de François Mitterrand, on a aujourd'hui les islamistes et le Front national. Mais ce qui m'inquiète, c'est qu'il existe aujourd'hui une tendance à parler de certaines populations qui habitent le territoire national comme s'il s'agissait d'une communauté étrangère sur le sol français. Comme si une puissance étrangère était en train d'essayer d'en déstabiliser une autre. Je vois d'ailleurs dans cette tendance de fortes similitudes avec la Corse... C'est complètement irresponsable ! Il ne faut pas oublier que nous sommes dans le cas d'une rébellion sociale, pas politique. Leur comportement relève plus du nihilisme, voire de l'autodestruction, que de la revendication politique. Les jeunes des cités veulent vivre comme les autres, pas transformer la société française, mais en profiter : avoir un boulot, etc. Il suffit de les regarder, ils ne sont pas habillés comme des islamistes, mais comme des Américains ou des Européens, ils ne veulent pas des bagnoles comme on en trouve au bled, ils veulent des BMW !

Quelle est la part de responsabilité de l'État ?
L'Etat est responsable à 100 %. En 1974, on a commencé par parler d'arrêter l'immigration. Puis, dès l'année suivante, les pouvoirs publics ont signé des conventions pour permettre à la main-d'œuvre étrangère, en particulier maghrébine et africaine, de venir travailler en France. Aujourd'hui, on nous ressort la question des quotas... Mais les quotas existent depuis longtemps ; pour les étudiants, notamment. Le problème, c'est que les gens ne repartent plus, qu'au lieu de retourner chez eux faire profiter leur pays de leur expérience acquise en France, ils restent ici pour essayer de grappiller le peu de miettes qu'il leur reste. Le processus est identique dans l'histoire de la Corse : c'est parce qu'il y avait de la misère dans l'île que les gens ont dû partir sur le continent et dans les colonies. Bilan : quand ces débouchés se referment, on se retrouve dans une situation impossible.

Sarkozy a trébuché en Corse et l'explosion des banlieues risque de lui coûter cher politiquement. Pensez-vous qu'il s'agisse d'un problème de méthode ?
Vous savez, on ne devient pas Napoléon parce qu'on a lu des bouquins sur lui. Quand on a été maire de Neuilly et élu au Conseil général des Hauts-de-Seine, qu'on se prend déjà pour le président de la République, les dérapages sont inévitables. Ça fait vingt ans que les flics savent et disent ce qu'il faudrait faire dans les banlieues. Et vingt ans que les pouvoirs publics ne les écoutent pas, laissent s'installer toutes sortes de trafics, notamment de stupéfiants. Ils savent que c'est un moyen de réguler les gangs. Mais entre la toxicomanie et le sida, ça a fini par causer un double désastre économique et humain. Et personne n'en parle jamais !

Zones franches ou CRS, on a le sentiment que les gouvernements successifs ont privilégié les mêmes solutions en Corse comme dans les banlieues...
C'est le cas ! En filigrane de ce type de mesures se profile toujours une sorte d'état d'exception. Les zones franches pour les cités de banlieue, qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie ? Pendant deux générations, les gens pouvaient toujours trouver du travail dans les usines d'industrie automobile par exemple, qui n'ont jamais eu besoin de mesures dérogatoires pour s'implanter quelque part. Mais pour les jeunes d'aujourd'hui, il n'y a plus de boulot, car ces mêmes usines ont fermé. Idem pour l'école, on aborde la question de l'éducation en envoyant des profs qu'on forme à une sorte d'idéologie missionnaire, comme s'ils étaient envoyés en banlieue évangéliser les sauvages !

N'est-ce pas le signe que l'État ignore comment traiter les périphéries ?
Oui, car il agit comme un bulldozer : tout ce qui n'est pas dans la cabine de l'engin est écrasé. En réalité, la France n'a jamais su aborder sereinement la question de ses minorités culturelles et l'État continue à considérer une partie de la population issue de l'immigration comme des fruits exotiques. Moi, je suis né dans le quartier de La Tronche, à Grenoble ! Je ne suis ni une banane, ni une papaye, je suis Français ! Dans ces conditions, il est inévitable que cela finisse par coincer et que les intéressés se disent : ça suffit, on arrête tout et on bloque. C'est ce qui se passe actuellement dans les banlieues. En Corse, cela dure depuis plus longtemps.

La Corse a été montrée du doigt à la suite d'actes racistes... Compte tenu de votre double origine, est-ce que cela vous a touché ?
Je suis de très près la situation dans l'île et je pense en connaître un peu la réalité. Pour moi, le racisme existe peut-être, mais comme partout ailleurs... J'ai trouvé ça bizarroïde que des incidents comme ceux de l'année dernière soient montés en épingle. A mon avis, ça peut aussi relever de règlements de compte sur fond de trafic de came. Je me suis dit : si ça défouraille comme ça, c'est peut-être que certains Maghrébins ont dû aller trop loin...

Il existe aussi des trafiquants corses !
Évidemment, mais encore une fois, et comme partout ailleurs, on se trouve dans une logique de territoires, avec des « autochtones » qui cherchent à préserver leur zone d'influence. C'est pareil dans les banlieues : les jeunes des cités font la même chose avec les gens de l'extérieur qui empiètent sur leur territoire. Il faut d'abord passer par le rite initiatique, etc.

Selon vous, il n'y a pas de phénomène de rejet de l'autre ?
Ce sont des phénomènes humains. Dans une moindre mesure, je suppose que c'est identique si vous venez de Bastia et que vous vous installez dans un village de l'intérieur : on va vous jauger, vous tester... Je vous renvoie à la lecture de Lévi-Strauss : le totem du clan et de la famille et le tabou de l'étranger sont des données universelles...

Antoine Albertini
Copyright 2005 Corsica

12/26/2005

"On passe d'un "racisme tranquille" à un racisme..

"On passe d'un "racisme tranquille" à un racisme inquiet, plus loquace et plus agressif"
LE MONDE | 26.12.05 |


Vous êtes coauteur, avec Sylvie Tissot, du Dictionnaire de la lepénisation des esprits (L'Esprit frappeur, 2002). Depuis combien de temps notez-vous une "lepénisation des esprits" ?

Je suis tenté de répondre : depuis que Le Pen existe. Notre dictionnaire, qui couvre la période 1982-2002, donne des centaines de citations qui attestent de cette dérive sur presque tout l'échiquier politique, mais aussi dans les médias. Il y a certes des "pics", comme la période 1989-1991 ou les "années Pasqua" (1993-1994) : c'est à cette époque que Mitterrand parle de "seuil de tolérance dépassé", Chirac d'"overdose d'immigrés", Giscard d'"invasion".

Dès 1983, les grands partis de droite et de gauche adoptent une même attitude : dénonciation de "l'extrémisme" des leaders FN, mais "écoute" et compréhension à l'égard des "inquiétudes" de l'électorat. Cette attitude est bien résumée par la fameuse formule de Laurent Fabius, selon laquelle Le Pen apporterait de mauvaises réponses à de "bonnes questions", alors que ce qui pose problème est justement la manière de poser les questions, qui place l'immigré en position de perpétuel accusé.

Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que les schémas de pensée xénophobes comme la "préférence nationale" ou le "seuil de tolérance" ont en réalité précédé — et favorisé — le phénomène Le Pen. Dès 1976 et 1978, les premiers ministres Chirac puis Barre associent explicitement immigration et chômage et appellent à "substituer la main-d'oeuvre nationale à la main-d'oeuvre immigrée".


Y a-t-il une évolution dans les thématiques ?

Oui, bien sûr, notamment du fait des résistances qui existent au sein de la société civile. Par exemple, le mouvement des sans-papiers de 1996 a fortement contribué à dédiaboliser "l'immigration clandestine" et même à susciter une certaine sympathie pour les sans-papiers. En accédant à la visibilité et en prenant la parole, ils cessent d'être des spectres menaçants ; ils sont enfin reconnus, au lendemain de la mobilisation sociale de décembre 1995, comme des précaires parmi les précaires.

Les discours de stigmatisation se réorientent alors vers une nouvelle cible : le "jeune de banlieue", violent et "incivil". Cet "ennemi de l'intérieur" est omniprésent dans le débat politique à partir de 1998, avec le résultat qu'on connaît le 21 avril 2002. Enfin, à la suite du 11 septembre 2001, on observe une montée en puissance du thème de la menace "islamiste", qui jette le soupçon sur tout ce qui est "islamique" ou présumé tel.


Y a-t-il eu une accélération ces dernières années ?


C'est difficile à évaluer, justement du fait de ces constantes reformulations et recompositions. Le discours sécuritaire d'un Sarkozy va plus loin encore que celui d'un Chevènement, et il oppose aux populations stigmatisées une figure d'homme providentiel ou de chef viril, typique de la rhétorique lepéniste. Là où Chevènement déclarait : "NOUS allons débarrasser nos quartiers des bandes ethniques qui y sèment le désordre", Sarkozy dit : "JE vais vous débarrasser de ces racailles." Cela dit, l'épisode Chevènement a joué un rôle primordial — et funeste — dans cette escalade.


Comment interprétez-vous la loi sur le "rôle positif" de la présence française dans les anciennes colonies ?

Ce type de loi n'aurait pas pu être voté il y a dix ans. Non pas parce que la nostalgie coloniale était moins forte mais, au contraire, parce qu'elle était moins faible, car moins contestée. Ce sont les fortes mobilisations de la société civile (débat sur la torture, reconnaissance du 17 octobre 1961, revendications mémorielles concernant la traite et la colonisation) qui ont suscité, dans une partie des élites politiques, une peur panique, et donc un besoin de réaffirmer ce qui, dix ans plus tôt, "allait sans dire".

Cette dialectique entre revendications de la société civile et crispation des élites est, à mon sens, la véritable explication de tout ce qu'on peut appeler "lepénisation". Plutôt qu'une "montée du racisme", nous assistons à une libération de la parole raciste, qui n'est que l'expression plus franche d'un racisme latent.

Ce qui explique cette radicalisation, c'est précisément la panique face à la mise en cause croissante de l'inégalité raciste par la société civile et, notamment, par ceux qui la subissent. On passe en quelque sorte d'un "racisme tranquille" à un racisme inquiet, donc plus loquace et plus agressif. Par exemple, la radicalisation des propos islamophobes exprime une peur panique face à la visibilité, l'enracinement et la banalisation de la pratique de l'islam en France.

De même, la radicalisation des propos homophobes est une réaction de panique face aux acquis, comme le pacs, et au recul relatif des préjugés homophobes au sein de la société française. Bref, les dirigeants qui se "lepénisent" sont loin d'être, comme ils le prétendent, "à l'écoute du pays réel".

Propos recueillis par Christiane Chombeau

12/16/2005

Carlson interview

CARLSON: You want to eliminate the human race. How unhappy was your
childhood?

LES KNIGHT: I wish to clarify at the onset that we do not want to
eliminate human race. We are a movement of volunteers who have chosen
not to breed. We hope if everyone becomes a VHEMT volunteer, which is
likely impossible, we can have a peaceful die off instead of painful
extinction of human species. Oh, and I had a very happy childhood in a
large family.

CARLSON: It's an obvious conclusion. Why would you want to do that?
What would you want to be-want people to become extinct?

KNIGHT: How is it an obvious conclusion? According to you every
unhappy child should grow up to be a VHEMTer, but most of us have had
happy childhoods, whereas ones who had unhappy childhood are busy
reproducing blindly. We don't want people to do anything. We only wish
they understood what our development as homo sapiens has done to other
species.

CARLSON: Right.

KNIGHT: We're not advocating...

CARLSON: You're not calling for genocide.

KNIGHT: No, or any kind of increase in death. We're calling for a
decrease in death, actually.

CARLSON: OK. But you're calling for people to go away. I guess the
obvious answer is what if we prefer our species to those other
species? Right? I mean, isn't it fair for human beings to want to
perpetuate their own species?

KNIGHT: Well, it would be fair if that's all we did and if we let the
others also survive and exist, if we could peacefully coexist. But
ever since we became homo sapiens, we haven't been able to do that.
Tigers and other beasts too kill other species for food, but that's
the end of it. They don't go a step further and have gala dinners of
deer meat or make coats out of fur, or carry out inventions which
produce toxic waste and cause extinction of numerous species.

CARLSON: What do you mean? I mean, there are many species of plant
and animal that are thriving.

KNIGHT: Not as many as there would be if we hadn't "developed" so
mindlessly. We still haven't gotten to the ones existing yet. We're
working on it though.

CARLSON: But that's literally true. I mean, there are all sorts of,
you know, insects and algae.

KNIGHT: You bet. That's because you don't see the ones that are
extinct.

CARLSON: There are a lot of living things on this Earth, and a lot of
them are doing quite well.

KNIGHT: They are, yes, especially the ones that can adapt to our
civilizations, like pigeons and rats. But there are many species
which have gone extinct, due to our increase. There are so many of
us. Wherever we live, not much else lives.

CARLSON: So what's the point of saving the earth if there would be
people around to enjoy it?

KNIGHT: What is the point of blindly reproducing and letting our
offsprings die out in great suffering?

CARLSON: Of course it's human centered. We're humans. Now you
apparently, I was reading that there are parents in this group?

KNIGHT: Sure.

CARLSON: What do your children say? What do you say to your kids?
"Yes, I joined a group that is opposed to you"?

KNIGHT: We're not opposed to already existing children. In fact,
that's a large part of it. We're not taking care of the children that
are already here. How can we, in good conscience, create more
children when so many are dying of preventable cause?

CARLSON: But wait a second. What do you mean you're not against
children? If I'm-if I hire an exterminator to kill the rats in my
basement, I'm against rats. You're against having more children come
into the world, so you're anti-children. I mean, how are you not?

KNIGHT: You are talking as if children are a separate species.
"Children" are not different from human beings. Eventually children
turn into mindless adults - and that is what we are opposed to. We
wish there were less of us. But we can't force others to think like
us, so we have chosen not to procreate, and the movement is growing
slowly. Trust us, we love children as much as anyone else.

CARLSON: That is so wildly anti-human. I mean, don't you see beauty
in the creation of human life?

KNIGHT: Well, I see beauty in the creation of almost all lives.
There's a trade off here. The more of us, the fewer of them. I mean,
baby humans are cute, but so are baby pandas.

CARLSON: I don't know, how about baby maggots? Are they as cute as a
baby child?

KNIGHT: Depends on how you define cute. They may not be as cute, but
you know, their existence is far more essential to the Earth's
biosphere than homo sapiens.

CARLSON: OK. So you see a moral equivalence between the birth of a
maggot baby and the birth of a human baby?

KNIGHT: Well, that's twisting it a bit. There is no morality involved
here. Birth of any new life is equally fascinating.

CARLSON: I don't know. I'm trying to listen to what you think.

KNIGHT: When you think of the biosphere as a whole and how ecosystems
interact with each other, when an exotic invader comes in, as we are,
and starts disrupting the other species...

CARLSON: Exotic. Are you a Scientologist? What do you mean,
invader? We're not invaders. We're from here.

KNIGHT: Well, we've only been on the North American continent about
20,000 years, which is pretty recent. Each time homo sapiens move
into a continent, a spasm of extinctions occur. And we are continuing
it today.

CARLSON: If you don't mind my asking, who did you vote for in the
last election?

KNIGHT: You know, I can't remember. Anyway, I don't see any
connection between my political preference and VHEMT.

CARLSON: Yes. What are your politics, generally?

KNIGHT: I'm an anarchist. But you know, the full range of political
thought exists within the movement.

CARLSON: Interesting. And there are children in the movement, too?

KNIGHT: Yes. You know, I think the youngest is about 10. There
aren't really very many. But a lot of people who are in the movement
think -- have said that they thought of this when they were 6 or 7.
It's not a really complicated thing to realize that Earth's biosphere
is being disrupted by one species, and that one species is us.

CARLSON: I will say, that is the sickest thing I think I've ever
heard, but you are one of the cheeriest guests we've ever had. I
don't know how to-how the two fit together, but I appreciate you
coming on. Thanks a lot.

KNIGHT: Thank you, Tucker. Give it some thought, and probably it
won't appear as sick as it does now.

12/08/2005

Abu Talha the Dutchman

Interviews met islamitische terroristen op de Saoedische televisie, via MEMRI.

"I asked to go to a training camp. I asked what the next stage was. I was told I had to go to a training camp, and to undergo training, to be patient, and not to ask too many questions. I went there, and had training in small arms. I went in, and met a group of men, Arabs and non-Arabs, Daghestanis, French, British, German, American, all Muslim mujahideen. I liked them. There were Pakistanis, Africans, Indonesians, from all over the world.

"Once a Yemenite said to me: 'Allah willing, we will enter Riyadh as conquerors.' I resented this. I asked him: 'Why should you enter as conquerors? Our people are there, our brothers and sisters are there.' He said to me: 'You don't understand.' There was one Algerian who used to talk with contempt. I was hurt by him. It was the first time I had heard such things. I was shocked, I was angry, I was mad - what kind of talk is this? I went to talk with the Emir of the training camp, who was Eritrean. He said: 'Don't mix with them, leave them alone. We've had trouble with them too.'

"This was the Khaldan camp of Abdallah Azzam. In that camp there was a group of Egyptians, Algerians, Tunisians, Libyans, Moroccans, Saudis, Yemenites, Daghestanis, Chechens, Dutch... Abu Talha the Dutchman, was there, and so was Abu Khaled the Frenchman, who was black. He talked in classical Arabic. We had disagreements. They used to say bad things about the clerics and sheikhs."

Nederlanders die trainingskampen in het Midden-Oosten bezoeken komen vroeg of laat vanzelf in de politiek terecht.

12/06/2005

Finkielkraut veut faire "dérailler" internet

Cette nouvelle interwiew d'Alain Finkielkraut fera certainement moins de bruit que la précédente, sauf dans la médiasphère, la première concernée. Où l'on voit que le philosophe ne craint pas d'enfoncer le clou, quitte à se faire définitivement cataloguer comme « néo-réac », ce dont il se fiche à juste titre. Car sous la colle des étiquettes, les idées demeurent et elles seules valent d'être analysées nonobstant les catégories dans lesquelles on se hâte de les ranger.

L'entretien en question paraît ces jours-ci dans le numéro de décembre de La Revue littéraire (No21, 256 pages, Editions Léo Scheer). Il s'intitule "Après la défaite" et il est conduit par deux piliers de la revue, Vincent Roy et Florent Georgesco. Consacrés principalement au dernier livre d'Alain Finkielkraut (Nous autres, modernes), les propos ont été recueillis le 14 octobre dernier, soit avant le scandale déclenché par l'article de Haaretz. En voici des morceaux choisis, selon un nécessaire « montage » réalisé par ma pomme avec rigueur et honnêteté, ce qui va sans dire mais va mieux en le disant en un temps où la moindre virgule déplacée vaut un procès d'intention :

Question : (...) On entend partout que vous êtes un conservateur. Mais je crois plutôt que vous êtes moderne au point de réinventer la modernité. Vous dites : regardons ce qui se passe derrière nous pour exister aujourd'hui

Réponse : Oui, j'entends bien -il faudrait être sourd pour ne pas l'entendre !- qu'on me traite de conservateur, voire de réactionnaire. Je suis considéré par toute une intelligentsia progressiste comme un personnage pas fréquentable (...) On connaît aujourd'hui un durcissement, une radicalisation politique. Et, comme d'autres, j'en fais les frais (...)

Question : Vous semblez ne pas avoir renoncé à l'idée qu'en philosophie, la vérité ne peut exister en dehors d'une forme de beauté. Mais n'est-il pas trop tard ? (...)

Réponse : La poésie consiste à rendre grâce. La célébration est sa tonalité fondamentale. Or, l'une des tendances de la modernité est de substituer à la gratitude envers le donné un ressentiment illimité à son encontre. Ce ressentiment conduit à la création de ce que le philosophe Rüdiger Safranski appelle une « cité tautologique », c'est-à-dire un monde où l'homme ne rencontre que lui-même, à travers ses produits, ses instruments, où l'homme, tout harnaché de prothèses, vit dans une connexion perpétuelle, au milieu des écrans. On assiste à une éclipse de la nature - une disparition progressive du donné (...)

Question : Vous connaissez les blogs, où tant de gens, qui parfois ne s'adressent plus à personne, se répandent. Eh bien, j'ai entendu récemment un mot nouveau : blogosphère, dont je ne sais pas ce qu'il désigne au juste, sinon peut-être ce bavardage permanent, ce bruit de fond de l'expression universelle où tout attention, et toute contemplation, est devenue impossible.

Réponse : Vous avez raison. L'avenir de la culture, ce n'est pas le désert du silence total sous un pouvoir écrasant, mais, en effet, la glossolalie, la volubilité exubérante d'une blogosphère planétaire. (...) Voyez-vous, internet est une thèse sur l'être : l'être est information, et une information, disponible, malléable (...) L'information, internet noient les œuvres dans un flux textuel informe, sans contenu. Et cela satisfait une certaine forme d'égalitarisme. On nous parle beaucoup d'humiliation à l'école : l'humiliation par les notes ; l'humiliation, aussi, par ces œuvres trop belles, trop transcendantes pour reprendre votre terme, et qui manifestent un écart insupportable entre leurs auteurs et ceux qui les lisent. Cet écart doit être comblé et c'est à cela que la technologie moderne, ou hypermoderne, se voue. Je ne vois pas bien comment résister à ce phénomène, car il a pour lui une double légitimité : celle du progrès technique et celle de la démocratie triomphante.

Question : En somme, ce processus consiste, pour combler l'écart entre les œuvres et ceux qui étaient censés les recevoir, à détruire les œuvres.

Réponse : Oui. »

Ailleurs dans l'interwiew, Alain Finkielkraut évoque la fameuse métaphore de Walter Benjamin selon laquelle la révolution n'est pas une locomotive conduisant le train de l'histoire, mais la main de l'espèce humaine tirant l'alarme afin de stopper ce train fourvoyé dans la mauvaise direction. Plus loin, il la reprend à nouveau et dit : « Si le sens de l'histoire, c'est la blogosphère, internet et les jeux vidéos, il faut vraiment essayer de faire dérailler le train ».

Au fond, il en est de la philosophie comme du chemin de fer : il n'y a pas que les trains qui y déraillent. Ce qui, soit dit entre nous, ne m'empêchera pas de continuer à être un lecteur et un auditeur attentifs d'Alain Finkielkraut, de prendre ses écrits et ses déclarations au sérieux, d'apprécier son style, d'estimer son intelligence, de reconnaître son travail sur les idées, d'admirer sa culture, de reconnaître sa sincérité et son indépendance, de lui savoir gré de nous faire réfléchir et de nous bousculer, ce qu'on attend en principe d'un intellectuel. Quitte, dans le même temps, à lui reprocher son manque de sang-froid, son incapacité à résister au piège des formules trop brillantes, sa tendance à être le principal invité de sa propre émission, sa facilité à se laisser griser par sa propre rhétorique, une hystérisation des débats, son sens tragique de la vie abusif et un certain goût du martyr, toutes choses préjudiciables à la dispute intellectuelle.

12/05/2005

Le communautarisme, un danger pour la France ?

Pour Alain-Gérard Slama, le fait communautaire est dangereux. Pour Manuel Aeschlimann, proche de Nicolas Sarkozy, le modèle républicain a échoué.
PHOTOS : J.TORREGANO
PROPOS RECUEILLIS PAR SÉBASTIEN LE FOL ET AZIZ ZEMOURI

La crise des banlieues interroge le modèle français d'intégration et remet au goût du jour la question des communautés et de la discrimination positive.

Le communautarisme crée de nouveaux clivages. Si la gauche est discrète sur le sujet, le débat fait rage à droite. Témoin la confrontation que Le Figaro Magazine a organisée entre Manuel Aeschlimann, député-maire UMP d'Asnières, proche de Nicolas Sarkozy, et Alain-Gérard Slama, auteur du Siècle de monsieur Pétain (Perrin).

Le Figaro Magazine - Les émeutes urbaines signifient-elles la faillite du modèle français d'intégration ?
Alain-Gérard Slama - Le problème est moins l'inefficacité du modèle français que le fait qu'il n'est pas appliqué. Si on parle d'échec français, alors on doit aussi parler des échecs anglais et néerlandais. En Grande-Bretagne, les terroristes se promènent comme des poissons dans l'eau et aux Pays-Bas, des fanatiques assassinent un cinéaste. Tous les modèles sont déstabilisés. En revanche, lorsque j'entends les Français issus de l'immigration, je n'entends que des demandes d'identification au modèle français, d'indifférenciation, de participation plus grande à la vie politique. Ils aspirent à être reconnus comme des citoyens à part entière. Or ils souffrent de la non-application de notre droit : délit de faciès, de nom, etc. Trop de blocages subsistent dans notre pays : ce sont toujours les mêmes qui se partagent les places partout. La société française n'est pas assez mobile.


Manuel Aeschlimann - Je pense, contrairement à vous, que nous assistons à la faillite du système français. Vous refusez de voir l'évidence : la France est une société multiculturelle. Je serais enclin à entendre un discours sur l'intégration républicaine si notre fonctionnement démocratique était exemplaire. Or ce n'est pas le cas. Le ressentiment et l'amertume existent moins dans des pays comme le Canada, où le multiculturalisme est reconnu.


Qu'est-ce que le communautarisme pour vous ?
A.-G. S. - Je ne crois pas que le débat des dix ans à venir va porter sur le communautarisme, mais sur l'identitarisme. Le communautarisme n'existe pas vraiment en France. Je ne connais pas de communautés où tout le monde s'allie comme à l'intérieur d'une tribu sur ordre du chef. Il y a des voyous qui obéissent à des caïds, ce n'est pas la même chose. Le problème, c'est le fait communautaire, c'est-à-dire l'organisation de groupes qui sont demandeurs de droits et qui se rassemblent en vue de faire valoir des droits. L'identitarisme est un phénomène d'atomisation dangereux. Il n'est pas vrai qu'il induise l'estime et la compréhension réciproques. L'expérience historique est très importante. Si vous reproduisez le modèle canadien en France, vous reconstituez un agrégat constitué de peuples désunis. C'est très grave. Quant aux religions, le propre d'une religion c'est d'avoir raison. Il est très difficile de mettre en présence des groupes qui prétendent chacun avoir raison. Le principe même de la laïcité, c'est effectivement d'essayer de faire en sorte que ce qui relève du public soit le plus possible du côté du rationnel et que ce qui est d'un autre ordre reste dans son ordre.


M. A. - Je suis d'accord : les gens sont de plus en plus individualistes et pour cette raison, ils désirent que leur spécificité soit davantage reconnue. Il y a un corpus commun auquel les gens se conforment, qui sont les lois votées par les députés. Mais il y a aussi un certain nombre de cas précis, de demandes de groupes, qui sont peu ou mal traités par le système actuel. Pourquoi ? Sans doute n'ont-ils pas leur porte-parole avéré. Dans ma ville, tout le monde se conforme aux différents arrêtés communaux, mais un certain nombre de groupes d'origines ethniques diverses et variées viennent aussi vers moi pour me parler de difficultés particulières. Ils attendent de moi des réponses précises et ciblées. Pour eux, c'est un plus démocratique. Vous parlez d'un modèle républicain d'intégration idéal, mais finalement assez peu concret. A la mairie d'Asnières, nous veillons à ce que les salariés qui travaillent pour la collectivité reflètent la diversité de la population asniéroise.


Alain-Gérard Slama, n'avez-vous pas l'impression d'être un idéaliste déconnecté de la réalité française d'aujourd'hui ?
A.-G. S. - Manuel Aeschlimann, vous me parlez d'une expérience de terrain forte et légitime. Ce n'est pas une raison pour la traduire dans le droit. Quand je suis arrivé en France, j'ai joué moi aussi du truc des pieds-noirs. Lorsque j'ai passé mon permis de conduire, j'ai dit à l'inspecteur : «Vous me posez des questions difficiles, vous voulez me mettre dans une situation difficile»... Et ça a marché ! Il faut savoir résister à cela. Quand je veux apporter la preuve par l'histoire, quand j'évoque les principes des Lumières, l'universalisme, l'autonomie d'un individu responsable, c'est un projet pour plusieurs siècles.


M. A. - Le mode de fonctionnement national devrait prendre plus en compte l'agrégation des demandes individuelles. Qu'il y ait des garde-fous pour éviter tout dérapage, c'est bien. Mais il faut aussi valoriser les gens. Chaque Français doit se sentir reconnu dans ses origines. Or, aujourd'hui, trop de Français d'origine étrangère se renferment sur eux-mêmes, ont presque honte d'avouer d'où ils viennent. Cette absence de reconnaissance est une des raisons de la crise que nous venons de traverser. Travailler avec les groupes c'est laisser l'idéologie de côté. Je n'ai pas besoin de lois pour répondre à des problèmes concrets de communautés car je les traite déjà au niveau de ma commune : emploi, entretien des lieux de culte...

A.-G. S. - Dans un pays aussi individualiste et divisé que la France, vous ne pourrez créer un espace public sur la base d'appartenances revendiquées.


Pensez-vous, comme Nicolas Sarkozy, que «l'égalité réelle des chances passe par la discrimination positive» ?
M. A. - Soit on se pose la question idéologique de savoir si le principe même de la discrimination positive est compatible avec la République, soit on se dit qu'il y a un dysfonctionnement et qu'il faut agir concrètement. Selon moi, le seul moyen dont nous disposons pour vaincre l'inégalité des chances dans notre pays, en attendant les bienfaits d'une intégration magique, c'est la discrimination positive.

Cette discrimination positive passe-t-elle, selon vous, par l'instauration de quotas ?
M. A. - Ce serait effectivement des quotas, par poste et par type de fonction notamment. En France, nous crevons de ne pas nous donner les moyens de résoudre les problèmes qui se posent. Depuis trente ans, c'est le même robinet d'eau tiède qui coule et n'aboutit à rien. Peut-être la discrimination positive ne fonctionnera-t-elle pas. Mais actuellement, on ne connaît pas d'autres moyens pour parvenir à des résultats concrets.


A.-G. S. - Aux Etats-Unis, ce ne sont pas les discriminations positives qui ont permis Condoleezza Rice. C'est le travail de la Cour suprême en faveur des droits civiques. Les discriminations positives ont, au contraire, conduit à un réenracinement dans l'ethnicité et la couleur, ce que Jacques Chirac appelle la stigmatisation. Nos deux thèses s'opposent sur ce point. Vous, vous dites : «N'importe qui doit pouvoir se réenraciner n'importe où.» Moi je dis : plus vous survalorisez les racines, plus vous provoquez de causes de conflits.

Les adversaires de la discrimination positive ne se signalent-ils pas par leur absence de solutions alternatives ?
A.-G. S. - Une bien meilleure solution que la discrimination positive serait l'école. Vous voulez m'enfermer dans l'idéalisme. La discrimination positive, c'est la contrainte. Prétendre que la loi puisse changer profondément les moeurs, je n'y crois pas. Faire des opérations renforcées de remise à niveau, ça oui. Ce n'est pas la même chose qu'une discrimination positive. Car pour aider les uns on ne pénalise pas les autres. Voilà le problème. Dès qu'on discrimine, on crée des situations de repli et de ressentiment. C'est vous qui êtes idéaliste car vous rêvez d'une humanité sans ressentiment. Moi, je prends les gens comme ils sont.

M. A. - La discrimination positive ne consiste pas à aller chercher un mauvais Black ou un mauvais Beur et à le faire passer devant quelqu'un de meilleur. C'est au contraire, à capacités égales, permettre à celui qui, de par ses origines, a moins de potentiel d'accès aux institutions et au travail notamment, d'y arriver. Il faut laisser les idéologies de côté.

A.-G. S. - Voilà une ligne de partage claire. Vous dites : «Le réalisme c'est de traiter les problèmes ici et maintenant.» Moi je dis : le réalisme c'est de penser aux conséquences. Quand on transgresse un principe comme celui de l'égalité, on provoque des frustrations et des ressentiments.

M. A. - Etre fier de ses racines, cela ne veut pas dire être fermé aux autres. Prenons une expérience locale : à Asnières, nous avons créé un Conseil de communautés qui regroupe les cinquante nationalités présentes dans la ville. Celui-ci a contribué non seulement à faire tomber bien des fantasmes mais aussi, sur le plan purement politique, à un résultat spectaculaire : l'extrême droite est passée de 22% à 1,5%.

11/30/2005

La vie privée telle qu'on la définit

Dans dix ans, la vie privée telle qu'on la définit n'existera plus
LE MONDE

En 2015, la planète sera-t-elle totalement connectée grâce au téléphone mobile ?

On peut le supposer. La plupart des gens disposeront d'appareils nomades — entre le téléphone mobile actuel et l'ordinateur — capables de se connecter à Internet. Actuellement, environ 2 milliards de téléphones mobiles sont en service. Près de 600 millions d'unités supplémentaires sont prévues en 2006. Ce qui représente, au total, plus du tiers de la population mondiale.

Le téléphone portable est moins cher que l'ordinateur et accessible à un plus grand nombre, notamment dans les pays émergents. Comparée au télégraphe au XIXe siècle ou au téléphone au XXe, jamais une technologie ne s'est répandue aussi rapidement.

La puissance de ces appareils sera immense. Déjà, les PDA (Personal Digital Assistant, ou assistant personnel numérique, comme Palm ou BlackBerry) sont 10 000 fois plus puissants que les premiers Macintosh, apparus dans les années 1980, pour un prix cinq fois inférieur. Imaginez les actions collectives, politiques, économiques et sociales que pourront mener, dans un proche avenir, plusieurs milliards d'individus connectés grâce à des appareils mobiles plus puissants que nos ordinateurs actuels.

Vous liez nouvelles technologies et pouvoir accru des individus. A Pékin, en mai 2005, les téléphones mobiles ont surtout servi au gouvernement chinois à tenter de contrôler la population. Un SMS a été envoyé à des milliers de citoyens pour les dissuader de se rendre à une "manifestation illégale"...

Je n'ai pas une vision simpliste. Le pouvoir des Etats et des multinationales va s'accroître car les nouvelles technologies vont leur permettre de connaître plus finement nos comportements et nos croyances.

Déjà sur Internet, les entreprises surveillent nos habitudes pour nous proposer des offres commerciales en adéquation avec nos centres d'intérêt. Regardez ce que fait Google qui scanne nos courriels pour nous envoyer des propositions publicitaires ciblées. Cependant, je reste persuadé que les citoyens découvriront de nouvelles façons de se réunir et de résister.


Pourquoi un tel optimisme ?


L'apport des nouvelles technologies (informatique personnelle, Internet...) peut se lire dans les deux sens. Le gouvernement chinois a certes tenté de contrôler les populations par SMS. Mais regardez l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). Environ 115 millions de SMS ont été échangés les trois premiers jours de son apparition. Le gouvernement chinois, très doué pour cacher ce qui se passe sur son territoire, n'a pas pu garder le silence.


Avez-vous d'autres exemples de résistance au pouvoir politique ?


Aux Philippines, en 2000, l'échange de millions de SMS a permis l'organisation des manifestations qui ont fait chuter le régime Estrada. En mars 2004, après les attentats de Madrid, c'est le même processus qui a amené les gens à se réunir spontanément pour protester contre José-Maria Aznar. Même chose aux Etats-Unis. Howard Dean a réussi en 2004 à exister dans la campagne présidentielle alors qu'il n'avait pas d'argent, n'était pas connu et n'avait pas la stature d'un candidat de premier plan... Seul atout, il était le candidat de la cyber-génération et a pu bénéficier, à ce titre, de l'intense activité de la blogosphère. Ses partisans se sont mobilisés rapidement et ont organisé des événements en ligne. Depuis quatre ans, de nombreux événements de la sorte, plus ou moins importants, ont eu lieu sur la planète, en Hongrie, en Corée du Sud, au Kenya, au Koweït...


Selon vous, les foules ayant accès aux technologies seront donc de plus en plus vertueuses...


Ne soyons pas naïfs. Dans l'avenir, tout le monde aura le pouvoir d'espionner, de surveiller son voisin. Déjà, les téléphones mobiles de nouvelle génération sont dotés de petites caméras et les séquences vidéo peuvent être publiées sur Internet... Dans dix ans, la notion de vie privée telle que nous la définissons n'existera plus.


Comment nos vies vont-elles changer ?

Où que nous soyons, nous aurons des appareils mobiles qui nous connecteront en permanence avec des gens que nous ne connaissons pas, mais avec qui nous partagerons un intérêt commun. Que ce soit parce que nous nous trouvons dans le même aéroport, que nous voulons aller dans la même direction, que l'un de nous cherche à vendre un vélo que l'autre veut acheter... Les conséquences seront également économiques : si 20 personnes se retrouvent devant un magasin à vouloir acquérir le même bien, elles pourront plus facilement en négocier l'achat... Ces pratiques apparaissent déjà, rendues possibles car la technologie fait baisser considérablement le prix de la transmission de la connaissance.


Le consommateur va-t-il acquérir plus de pouvoir ?

Je suis convaincu que le prix d'un billet d'avion ou d'une nuit d'hôtel ne sera plus fixé uniquement par le vendeur. L'acheteur va pouvoir fixer ses conditions : "Je veux aller de tel endroit à tel autre, mais pour tel prix maximum ; et je suis prêt à dépenser telle somme pour une nuit d'hôtel." Ce système appelé d'"enchères inversées" existe déjà. Il va se généraliser grâce à la rapidité et à la gratuité des flux d'informations.


La société est-elle prête à tant de bouleversements ?


L'accélération des innovations technologiques va accroître, dans dix à quinze ans, le fossé entre générations. Actuellement, coexistent déjà cinq générations dont chacune a une approche différente des nouvelles technologies et des objets informatiques et électroniques.

Grâce à ces nouveaux outils, les jeunes qui ont entre 15 et 20 ans peuvent pour la première fois échanger avec leurs pairs — chercher ou propager de l'information, tisser des relations sociales — sans que leurs aînés aient la moindre connaissance de ce qu'ils font. A l'avenir, tout cela va changer profondément les relations entre générations dans la société.

Propos recueillis par Laure Belot et Stéphane Foucart

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CHIFFRES
En 2004, 1,751 milliard de personnes avaient un téléphone mobile dans le monde contre 740 millions en 2000.

Dans les 63 pays les plus pauvres de la planète (dont le PIB par habitant est

inférieur à 735 dollars), le nombre d'abonnés au téléphone mobile était de 128 millions en 2004. Ce chiffre a augmenté de 79,9 % par an depuis 2000.

Source : Union internationale des télécommunications (UIT).

À lire : Foules intelligentes, Howard Rheingold, M2 Editions, 300 p., 2005, 20 €.


Il faut lire la charte du Hamas ....

Il faut lire la charte du Hamas pour mesurer l'ampleur du problème
Interview de Jehudi Kinar, Ambassadeur d'Israël auprès de la Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg

Atlantis Institute - Deux mois après le retrait complet de la bande de Gaza, quel premier bilan pouvez-vous tirer ? Cet événement historique a-t-il ouvert une nouvelle ère dans les relations entre Israéliens et Palestiniens ?

Jehudi Kinar - En Israël, on s'attendait à de meilleurs résultats. On était conscients que tout ne s'arrangerait pas en 24 heures avec les Palestiniens, mais on avait l'espoir que Mahmoud Abbas gère la situation avec plus d'énergie.

Notre principale préoccupation repose sur le fait que, jusqu'ici, on n'a pas vu dans le chef de l'Autorité palestinienne d'aptitude à neutraliser les organisations terroristes. Mais la vraie question est de savoir s'il en a la volonté. Il ne faut pas oublier qu'il y a tout de même 30.000 policiers palestiniens payés, notamment par l'Union européenne, pour faire régner l'ordre, face à 4.000 à 5.000 « militants » du Hamas et du Djihad islamique.

Ariel Sharon, souvent décrié par le passé, apparaît aujourd'hui comme l'homme providentiel pour le règlement du conflit israélo-palestinien. Pensez-vous que Mahmoud Abbas puisse en être le pendant palestinien ?

Selon la charte du Hamas, les juifs tirent les ficelles des « groupes d'espionnage sionistes » : la franc-maçonnerie, le Rotary, le Lion's, etc.

Je l'espérais. La différence entre les deux hommes tient en ce qu'Ariel Sharon a fait tout ce qu'il voulait faire, tout en sachant qu'il mettait son avenir politique en jeu. Et, même si 70% de la population israélienne était en faveur du retrait, il savait qu'il allait rencontrer une opposition interne importante. Mais cela ne l'a pas empêché d'aller de l'avant. Mahmoud Abbas a quant à lui tout fait pour rester le président palestinien sans pour autant remplir ses engagements. En d'autres mots, il n'a pas pris les mesures pour désarmer les terroristes.

La situation est paradoxale. D'une part, la feuille de route requiert, comme première étape du côté palestinien, le démantèlement des organisations terroristes tandis que, d'autre part, le Hamas, qui a revendiqué près de la moitié des attentats des dernières années et dont la charte appelle à la destruction d'Israël, pourrait présenter ses candidats et, le cas échéant, glaner un nombre conséquent de suffrages. Comment sortir de cette impasse ?

Il faut lire la charte du Hamas pour mesurer l'ampleur du problème. Ce n'est qu'il y a quelques semaines que je l'ai lue dans son intégralité, et ce qu'on y lit est tout bonnement affreux. C'est de l'antisémitisme à l'état pur ! Les juifs sont responsables de tous les maux : sont reprises les thèses des Protocoles des sages de Sion, celles soutenant que les juifs tirent les ficelles de « groupes d'espionnage sionistes » : la franc-maçonnerie, le Rotary, le Lion's, etc.

Ce qu'il faut bien comprendre c'est que pour le Hamas il n'existe aucune solution politique. De quoi peut-on dès lors parler avec des gens qui appellent à notre destruction ? Maintenant, si le Hamas présente ses candidats, je veux dire aux Palestiniens qui voteraient pour eux qu'ils votent également pour la fin des discussions avec Israël.

L'Iran cherche à se doter de la bombe atomique et devrait, selon les estimations, y parvenir dans les 2 à 10 prochaines années. Parallèlement, dans le cadre d'un conférence intitulée « Le monde sans sionisme » qui s'est récemment tenue à Téhéran, le président iranien a appelé à « rayer Israël de la carte ». Ces propos ont suscité une vague d'indignation à travers le monde. Qu'attendez-vous de la communauté internationale ? Israël envisage-t-il de réitérer les frappes préventives lancées en 1981 sur la centrale nucléaire irakienne de Tamuz ?

Je n'ai pas été surpris par les propos du président iranien. Rafsandjani et Khomeiny ont dit la même chose. La différence est qu'aujourd'hui on en parle dans les médias
Bien que je vienne d'une ville de prophètes (ndlr. Jérusalem), je n'en suis pas un...

Il est clair que ces propos sont inquiétants. Les Américains et les Européens ont immédiatement réagi. L'ONU a condamné les propos d'Ahmadinejad. Mais ensuite ? Ce qui m'intéresse surtout est de savoir ce que les Russes et les Chinois vont faire. Car ce sont tout de même eux qui fournissent les Iraniens en matériel. Quant aux Iraniens, je ne pense pas qu'ils abandonneront leurs projets. La seule chose c'est que, vu les réactions de la communauté internationale suite aux propos d'Ahmadinejad, je pense qu'ils seront plus prudents à l'avenir .

Enfin, concernant votre question sur l'éventualité de frappes israéliennes préventives, vous comprendrez que je ne me prononcerai pas sur ce point. En tout cas, je ne voudrais pas qu'Israël se retrouve dans la même position qu'en 1981 : après avoir détruit la centrale nucléaire irakienne, le monde entier nous a condamné pour, dix ans plus tard, nous remercier.

Ceci étant dit, je n'ai pas vraiment été surpris par les propos du président iranien. Rafsandjani a dit la même chose il y a quatre ans. Tout comme Khomeiny il y a vingt ans. La seule différence est qu'aujourd'hui on en parle dans les médias.

Sur le front libanais également, l'Iran attise les tensions en soutenant militairement et financièrement le Hezbollah qui, aujourd'hui, dispose d'un arsenal de plus de 10.000 missiles et roquettes. Le Hezbollah est également actif dans les territoires palestiniens où, pas plus tard qu'hier, a été démantelé en Cisjordanie un réseau de fabrication de roquettes Kassam financé par lui. Avec la récente redistribution des cartes au Liban, vous attendez-vous à des changements ?

Vendredi passé, des milliers de partisans du Hezbollah ont investi les rues de Beyrouth. Les slogans des manifestants étaient les mêmes que ceux que l'on pouvait entendre à Téhéran. Et le gouvernement libanais laisse faire. On ne parle plus là du Hezbollah présent dans le sud Liban. C'est dans la capitale aussi qu'ils font ce qu'ils veulent, et ce en totale contradiction avec la résolution 1559 de l'ONU promue par les Français et les Américains.

En Israël, on pense que l'application de la 1559 est un pas vers la paix. C'est pour cela que nous souhaitons que Français et Américains poursuivent leurs efforts avec le gouvernement libanais, car c'est l'armée régulière libanaise, et non le Hezbollah, qui devrait être déployée dans le sud Liban. Entre-temps, bien que le Hezbollah n'ait pas désarmé, il a fait, il y a quelques mois, son entrée dans le gouvernement libanais !

La France a, jusqu'ici, opposé son veto à l'inscription du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Quelle est la position de la Belgique à ce sujet ?

La France, surtout, et l'Espagne bloquent l'inscription du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes
La Belgique, d'après ce que j'ai compris, semble assez convaincue, mais elle hésite encore et veut réunir quelques informations supplémentaires. Mais tant que persiste la règle de l'unanimité à l'Union européenne, cela ne veut rien dire. J'en veux pour exemple la position luxembourgeoise : le Luxembourg, qui vient de présider l'Union européenne, était très favorable à l'inscription du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes, mais la France, surtout, et l'Espagne ont systématiquement bloqué la situation. De nombreux pays européens sont favorables à l'inscription du Hezbollah : l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Tchécoslovaquie, la Pologne, etc. Mais, comme je l'ai déjà dit, la décision doit être prise à l'unanimité.

Les relations entre Israël et la Belgique ont été assez houleuses suite au dépôt de plainte à Bruxelles contre le Premier ministre israélien en 2000, en vertu de la loi dite de compétence universelle. La page est-elle aujourd'hui définitivement tournée ? Reste-t-il des séquelles de cette affaire ?

Non. Je dois dire que, surtout ces derniers mois, on sent un réel changement. Dans le passé, on a rencontré des problèmes, notamment au niveau des Régions qui avaient gelé les accords culturels et commerciaux. Aujourd'hui, on assiste au dégel.

Je me rappelle, il y a environ un an, lorsque le Parlement bruxellois a rejeté une résolution qui visait à relancer les accords culturels et commerciaux entre Bruxelles et Israël et a, le même jour, voté un accord pour renouer les relations économiques avec la Libye... Mais aujourd'hui, la page est tournée. On sent la différence. Le Premier ministre Verhofstadt a d'ailleurs invité Ariel Sharon en Belgique pour une visite officielle.


Propos recueillis le 31 octobre 2005 par Joël Rubinfeld et Corentin de Salle

Fighting the War on Islamic Terrorism

  • Liberté, j'écris ton nom.Vrijheid, jouw naam schrijf ik. 

    Ce weblog est fait pour secouer les consciences musulmanes {et la paresse compacte des intellectuels occidentaux;, surtout de gauche...}pour les inciter à repenser leur foi, dans une attitude active et personnelle, et non, passive, dirigée à la fois par la peur et par le conformisme. Car les jours de la complaisance, ou de l'ignorance bienveillante face à l'islam sont révolus.

    L'islam n'est nullement la Religion de Paix comme d'aucuns voudraient faire croire, en dépit des faits historiques. Les arguments; des musulmans ont toujours été les mêmes : la ruse, le feu et le sang. La conquête, la contrainte des femmes et du ventre des femmes, la destruction de l' Autre. Tout cela pour la plus grande gloire d' Allah et de la Peur qu'Il inspire à longueur de sourates d'un Coran apocryphe. La soumission aveugle et sans scrupule à l'Oumma (Communauté des croyants) censée être l'émanation d' Allah. 

    Dès que les musulmans commencent à être nombreux dans une cité, c'est le début de l'imposition de règles religieuses obscurantistes, de l'oppression des femmes, des filles, de l'intimidation, des violences, des tournantes, des voilées, de la régression en tout… puis de l'intifada. 

    L'islam n'a nulle part créé de société avancée, démocratique, égalitaire, progressiste, créative, inventive (aucune invention, aucun progrès depuis près de 1000 ans), mais partout où l'islam a le moindre pouvoir, il instaure automatiquement une société obscurantiste, anti féminine, fasciste, intolérante, laveuse de cerveau/crétinisante, régressive, répressive, moyenâgeuse, aberrante, et il n'y a pas de contre exemple : Si la Turquie par exemple a progressé, c'est en combattant l'islam (Atatruk), pas en le favorisant.

    Si on laisse l'islam se développer, on obtient : Afghanistan, Pakistan, Algérie, Iran, Arabie Saoudite, Soudan, Somalie, nord du Nigéria, Sud de la Thaïlande, Bali, Egypte, Turquie version Erdogan, Beslan, Palestine (qui ne vit que de l'aide internationale, et qui enseigne la haine et l'islam à l'école, et non la liberté, les sciences, la philosophie ou encore la technologie).

    Si l'on veut que l'occident ressemble à la Palestine, sans industrie, ni technologie, ni art, ni culture, ni médecine, ni création, ni liberté, mais avec des zones sans droit, ne vivant que grâce à l'aide et ne créant aucune richesse, ni progrès, ni intelligence, laissons l'islam avancer : c'est le système le plus destructeur de tout ordre, liberté et progrès au monde. C'est aussi le fascisme le plus absolu. 

    We are being challenged by Islam these years - globally as well as locally. It is a challenge we have to take seriously. We have let this issue float about for too long because we are tolerant and lazy. We have to show our opposition to Islam and we have to, at times, run the risk of having unflattering labels placed on us because there are some things for which we should display no tolerance. And when we are tolerant, we must know whether it is because of convenience or conviction." = Queen Margrethe of Denmark =

     "There will be no significant material and economic progress [in Muslim communities] until the Muslim mind is allowed to challenge the status quo of Muslim conventions and even their most cherished shibboleths." = Lord Carey of Clifton =

    "I don't believe there are moderate Muslims. Because in Islam you have to believe in every teaching as a holy teaching you cannot change, you have to accept it the way it is, because otherwise simply you are not a Muslim." = Wafa Sultan =

    "The Koran remains for all Muslims, not just 'fundamentalists,' the uncreated word of God Himself. It is valid for all times and places; its ideas are absolutely true and beyond all criticism. To question it is to question the very word of God, and hence blasphemous. A Muslim's duty is to believe it and obey its divine commands." = Ibn Warraq =

    "OBL has NOT bastardized his faith, as George W keeps telling us; rather, he is following his faith to the letter. His version of Islam is the real thing. Just as much the "real thing" to Islam as Coke is to cola!" = Mark Alexander=

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